Des chercheurs de l´Institut des sciences du vivant de Keio, au Japon, affirment avoir réussi à mettre au point un procédé qui permettrait de stocker des informations de façon pérenne dans les cellules d´un organisme vivant. Il serait ainsi possible d´envisager de conserver d´importantes quantités de données sur des dizaines d´années, celles-ci étant directement inscrites dans les gènes de l´organisme en question. Une première expérimentation a déjà été conduite sur une bactérie, Bacillus subtilis.
L´objectif est donc de parvenir à utiliser des organismes très simples, se reproduisant à l´identique, pour conserver des informations sur le très long terme. Pour ce faire, les chercheurs de Keio ont commencé par mettre au point un « code » permettant de convertir des informations telles qu´une suite de caractères en composés chimiques. Ils ont ensuite placé ces composés chimiques à différents niveaux des gènes de la bactérie Bacillus subtilis. Pour lire ces informations, il suffit ensuite de séquencer les gènes de la bactérie et de les comparer à l´ADN original afin d´isoler les molécules modifiées, puis de décoder ces dernières.
Les bactéries ont bien sûr une durée de vie limitée, mais elles se reproduisent rapidement et simplement, à partir de leur séquence génétique. Une bactérie génétiquement modifiée à des fins de stockage donnera donc naissance à d´autres bactéries qui partageront ses gènes, et véhiculeront donc les mêmes informations. Ainsi, la conservation des données serait parfaitement assurée dans le temps, si l´ADN n´était pas amené à subir des mutations et des altérations. Une fois modifié, celui-ci pourrait ne plus permettre de retrouver les séquences contenant les informations. Afin d´éviter leur corruption, les données devront donc été répliquées, puis placées à différents emplacements du génome de la bactérie.
A partir de simulations effectuées sur ordinateur, les chercheurs responsables de ce projet estiment qu´il devrait être possible de stocker, au moyen de cette méthode, des données pendant plusieurs centaines, voire milliers d´années, la seule contrainte étant de s´assurer que les bactéries qui portent les informations soient conservées dans un environnement adéquat. Notons qu´un autre projet, conduit cette fois-ci par un chercheur indien, étudie la possibilité de stocker des données sur un disque à l´aide de protéines sensibles à la lumière.
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Bon bah voilà...
c´était sur clubic ce matin