"Certaines années en France, il y a plus de tombeaux que de berceau"
Je ne sais plus de qui c'est, mais c'est approprié et je ressors du cours de L1, un chouette polycop' plein de stats ! J'espère pouvoir approter quelques éléments, qui vont dans le sens de Daminalilus
LA TENDANCE FRANCAISE
A la fin du XVIIIème et au début du XIXème, la France est en effet l'un des pays les plus puissants d'Europe. Si Napoléon a pu enchainer les campagnes militaires, c'est bien qu'il avait un vivier important dans lequel puiser ses soldats. La France de 1820 compte près de 30 millions d'habitants. Elle rivalise avec la Russie.
Jusqu'en 1850, on observe une première phase, durant laquelle se dégage une tendance : la croissance démographique. La France atteint 35 millions d'habitants, sa population continue donc à croitre, dans le même temps, le taux de mortalité diminue (de 27,7 en 1800 à 22,3 en 1850 - pour 1000h), tout comme le taux de natalité (32,9 en 1800 à 27,1 en 1850). Le taux d'accroissement naturel diminue donc déjà, il passe de 5.5 (1820) à 4 (1850).
A partir de 1850, les évolutions démographiques sont plus difficiles à saisir, pas mal de causes viennent interférer. Il y a des guerre (en Crimée, contre la Prusse) des mouvements territoriaux (Alsace cédée, plus d'1,5 millions d'hab - Annexion Savoie, Nice...), des révolutions et les troubles qui s'en suivent.
Cependant, en 1890, les chiffres de la natalité passent en dessous de ceux de la mortalité ! En France, on triche déjà et l'on a recours à l'immigration.
Natalité 1890 : 22,9 Mortalité à la même période: 22,8.
Pendant ce temps, dans les autres pays européens, la tendance est à la croissance.
Angleterre en 1820 : Natalité 36,6 Mortalité 21,1
Angleterre en 1890 : natalité 32,4 Mortalité 19,1
Donc effectivement, la France par rapport à d'autres pays européens voit sa croissance démographique fortement ralentir tandis que la population européenne double.
QUELQUES ELEMENTS D'EXPLICATION
De meilleures conditions de vie permettent en fait un allongement de la vie. Meilleure hygiène, médecine plus efficace, nourriture plus variée permettent une diminution de la mortalité infantile (quel intéret alors de faire plein de gosses ? Sans compter qu'avec l'instauration de l'école obligatoire un enfant devient un poids et devient, moins rentable).
En fait la croissance démographique s'avère être un phénomène très lié à l'expansion des villes. Au XIXème. Alors qu'en Angleterre et en Allemagne, la population rurale est vite minoritaire , elle reste majoritaire en France. Dans notre patrie, au XIXème, on défend encore beaucoup la Terre, et on ne favorise pas l'exode rural, même s'il est un fait. En Angleterre en revanche, le phénomène est assumé. La mise en place d'un système de libre échange et de mondialisation permet l'importation de grains et nécéssite encore moins qu'avant qu'un pays soit autosuffisant.
La France a abordé les industrialisations à reculons, et était moins préparée aux problèmes sociaux qui n'ont pas manqué de voir le jour. Chez les pauvres et les enfants, dans les villes, la mortalité a été grande . Les logements insalubres, les conditions de travail et les épidémies(dysenterie, syphillis, choléra et surtout tuberculose), malgré les progrès médicaux ont fait des ravages chez ces populations faibles et mal soignées.
La France n'était peut être pas aussi préparée à cette croissance, mais peut être qu'elle ne la voulait pas. J'ai dit plus haut que le pays restait profondément rural, et en effet, des courants de pensées voient le jour et s'inquiètent d'une croissance :
Les classes pauvres sont fécondes et sont la cause de révolutions, c'est de plus en plus vrai au cours du XIXème, siècle durant lequel la France se forge une solide réputation d'agitatrice.
On comprend alors que les politiques n'aient pas favorisé une forte natalité, jusqu'au moment où les tensions belliqueuses se sont développées et que la France ait eu besoin de soldat, mais là, le plus gros du XIXème est déjà passé.