mardi 22 mai 2007, 21h54
FRANCE, Paris.
Décès du Prix Nobel de physique Pierre-Gilles de Gennes.
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Le physicien français Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de Physique 1991, est décédé vendredi à Orsay (Essonne) à l´âge de 74 ans, a annoncé mardi sa famille, et sa mort a suscité une reconnaissance unanime des milieux politique et scientifique.
L´inhumation a eu lieu dans la plus stricte intimité, indique sans plus de détail l´annonce parue dans le quotidien Le Monde de mardi.
Le Pr de Gennes a reçu le Nobel de physique en 1991 pour ses travaux sur les cristaux liquides, utilisés par la suite largement pour les écrans. Ce "touche-à-tout" a également travaillé sur le magnétisme, les supraconducteurs, l´hydrodynamique, les polymères, les cristaux liquides, les gels, les colles...
Qualifié d´"Isaac Newton de notre temps" par l´Académie suédoise lors de l´attribution du Prix Nobel, membre de l´Académie des Sciences et professeur honoraire au Collège de France, il avait à coeur de partager son savoir avec les jeunes.
Une fois Prix Nobel, il entreprit ainsi une série de conférences dans les collèges ou lycées, une aventure de dix-huit mois dont il tira un livre : "Les Objets fragiles".
Jugeant l´enseignement trop théorique, voire "dogmatique", il défendait une pédagogie concrète, s´appuyant notamment sur l´activité manuelle. Ainsi n´hésitait-il pas à comparer les cristaux à des... pommes, bien rangées dans un panier, puis bousculées lorsque l´on secoue le panier.
Autant de facettes de sa personnalités saluées lors des nombreuses réactions à son décès mardi. Le président Nicolas Sarkozy a exprimé sa "grande tristesse" et rendu hommage à "son talent et son immense intelligence".
"C´est dans la fidélité à ceux-ci que la France engagera de toutes ses forces la réforme de l´enseignement supérieur et de la recherche dont elle a besoin et qui permettra à notre pays de libérer pleinement l´excellence (...)", a ajouté le chef de l´Etat.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui avait travaillé avec lui lorsqu´il était ministre de la Santé, "conserve le souvenir d´un chercheur passionné, couronné par le Prix Nobel, mais peut-être plus encore celui d´un esprit curieux, éclectique et généreux".
Pour le Premier ministre François Fillon, Pierre-Gilles de Gennes "a illustré mieux que quiconque non seulement l´excellence académique de la recherche fondamentale française, mais l´importance des liens entre celle-ci et le monde de l´entreprise pour conforter la compétitivité de notre économie".
Il "a marqué des générations de chercheurs et d´étudiants", a souligné pour sa part Valérie Pécresse, ministre de l´Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le président de l´UDF et fondateur du Mouvement démocrate François Bayrou a estimé qu´il "n´était pas seulement un immense savant" mais qu´il "était d´abord un esprit libre".
A gauche, Jean-Pierre Chevènement "n´oublie pas le soutien qu´il (lui) apporta lors de la campagne présidentielle de 2002". François Hollande évoque "un chercheur brillant, exigeant et passionné", qui aura permis à l’école française de physique de "rayonner dans le monde entier".
"Son décès crée un vide immense pour la communauté scientifique française et internationale, et pour l´Institut Curie en particulier", a indiqué un communiqué de l´Institut où le chercheur s´était investi depuis 2002.
L´Ecole supérieure de Physique et de Chimie industrielles de la Ville de Paris (ESPCI), que Pierre-Gilles de Gennes a dirigée pendant 26 ans, a salué un homme qui "a marqué de son empreinte la pédagogie de l´école, en introduisant plusieurs innovations pionnières comme le préceptorat et l´enseignement de la biologie".
http://fr.news.yahoo.com/22052007/202/deces-du-prix-nobel-de-physique-pierre-gilles-de-gennes.html