Et je vais donc développer une activité purement rurale et très répandue dans les forêts, il s´agit du
Braconnage au XVIIIe en France
Ainsi, je vous propose une petite réflexion sur le braconnage au XVIIIe siècle vis-à-vis de la société et de la justice. Car vous le savez tous, le braconnage est une pratique interdite de longue date. Cela remonte en effet au Moyen Âge avec le monopole de la chasse et de la pêche réservées à la noblesse car seuls les nobles ont le droit au port d’armure. Braconner est alors puni de la peine capitale
. Seuls les seigneurs nobles ont le droit à la violence, ils sont les garants de l’ordre social. Néanmoins, en 1669 le code forestier interdit la peine de mort pour braconnage, ce sera désormais en grande majorité de simples amendes adressées par le garde forestier.
Cet individu possède un pouvoir juridique mais il ne peut qu’adresser un procès verbal qu’il transmet ensuite à la justice, il ne peut emprisonner ou désarmer le braconnier. C’est donc des tribunaux seigneuriaux ou les capitaineries et la maréchaussée en ce qui concerne le domaine royale, qui statuent sur le montant des amendes selon en général la quantité du braconnage, l’arme utilisée (distinction entre le fusil et le piège), la récidive et surtout sur l’animal chassé, le cerf par exemple est un animal à connotation religieuse (gibier royal) et donc son braconnage est plus durement puni. La mort n’est requise au XVIIIe siècle uniquement pour les meurtres de gardes.
Le métier de garde forestier est une profession difficile car c’est à lui qu’incombe de faire respecter l’ordre social et il est parfois détesté par la communauté pour une raison précise répondant à cette question : qui braconne ?
La réponse est tout simplement un peu tout le monde, il arrive à chacun de braconner un jour ou l’autre, les femmes font principalement du recel avec la ville, forte consommatrice de gibier (la viande est un aliment de luxe). De facto, nous pouvons dire que le braconnage est un fait social, c’est une réalité courante dans la France du XVIIIe siècle, beaucoup de gens braconnent à titre occasionnel, au sein d’un village, ce genre d’acte est connu et la communauté se protège elle-même de la justice est restant unie. Il y a également des professionnels de cet acte, souvent des gens marginaux vivant en dehors de la communauté villageoise, ces derniers en revanche quand la justice cherche un coupable sont facilement dénoncés par les villageois, puisqu’ils vivent en dehors de l’ordre établi, de la société (le marginal fait peur même s’il est parfois utile).
Remarquons également que la justice pourchasse de moins en moins et la mise en place d’amende se révèle à long terme un échec. A la fin du XVIIIe siècle, la société ne comprend plus la chasse comme un privilège réservé aux nobles, et le braconnage devient de plus en plus monnaie courante jusqu’à la Révolution et l’abolition des privilèges dont celui de chasse.
