J´ai parcouru le forum à la recherche de topic concernant l´époque grecque classique, et à ma grande surprise je n´en ai trouvé aucun...
Comme c´est mon sujet d´étude pendant un semestre, et que je me suis farci quelques bouquins sur les périodes préclassiques et classiques (de la préhistoire [ça c´est une erreur de ma part
] à la fin de la guerre du péloponnèse, c´est à dire en 404 avant Jésus Christ ) je me proposais, à la fois pour vous faire partager la chose qui se révèle au fond interessante, et aussi par l´occasion vérifier si je connais à peu près mon cours, de vous faire un petit topo sur les cités Etat de grèce (enfin la grèce en général pendant le V° Siècle av. J.C. ) et sur leur organisation.
Avant toute chose, il faut définir ce qu´est le citoyen. Il y´en a deux. Dans "Les Politiques" Aristote le définit comme celui qui possède, ou peut posséder, une part du pouvoir. C´est le citoyen au sens restreint (il exclut les femmes et les enfants de la citoyenneté. Il ne concerne pas non plus les "citoyens passifs" des oligarchie que l´on nomme ainsi pour mieux les abuser. Il ne concerne pas non plus les hommes des tyrans. Bref c´est pas très très large (d´ou son nom...). En fait, les citoyens forment surtout une comunauté de sang et de religion. La citoyenneté, n´en déplaise au penseur, s´attribue par la naissance. Les citoyens au sens large du terme sont le plus souvent désignés par le terme les "astos" (ce qui signifie en somme : citoyen de souche ). Et les cités fonctionnent plus comme une grande famille que comme un cadre juridique précis. Cette définition au sens large permet d´intégrer au rang de citoyens les sujets des tyrans. Aussi,il est assez difficille pour les cités d´intégrer de nouveaux citoyens (des étrangers). Athènes se chiera dans son projet panhéllénique parce qu´elle ne veut pas attribuer la citoyenneté aux gens de l´empire [loi sur la citoyenneté de -451]. La définition traditionelle de la citoyenneté c´est donc la naissance.
A côté de ces hommes, il y´en a d´autres qui sont tout aussi libres. On les apelle métèques à Athènes et ils y constituent une part très importante de la cité (dans d´autres cités, au contraire ils sont une part très restreinte). Dans certaines cités, telles que Sparte, ou Elie, ils sont installés à la périphérie de la cité et sont apellés les périèques.
Le troisième groupe est celui des dépendants, que l´on regroupe généralement sous la dénomination d´esclaves apparentant soit à des personnes privées, soit à la cité. Et là aussi il faut en distinguer de deux sortes, les esclaves-marchandises qui sont généralement des prisonniers de guerre, de piraterie, ou bien des hommes ne pouvant rembourser leurs dettes (plus rare depuis l´époque de Solon). Dans les deux premiers cas, ce sont des barbares donc. Et il y´a aussi les hilotes qui sont une catégorie d´esclave que l´on retrouve à Sparte. Ce sont les populations locales asservies et attachés à une terre. En Grèce Propre, ce sont donc des grecs; et dans les colonies ce sont des Barbares. Ce qui fait qu´ils sont souvent socialement et ethniquement homogène et ça les rend suceptibles de se révolter (cela arrive d´ailleurs de nombreuses fois, provoquant pas mal de tensions).
Bref, je vais essayer de vous montrer ces catégories dans leur environnement. D´abord à Athènes (car c´est la mieux connue) puis à Sparte (puisqu´elle présente un mode d´organisation très particulier) et si j´en ai le courage et la mémoire à Gortyne (dont on a retrouvé un code de lois très complet), en Béotie et en Thessalie (ayant fait le choix du fédéralisme).
Donc on commence par Athènes, qur laquelle reste quand même bien des zones d´ombres.
Pour avoir une idée de son peuplement, on a cherché à utiliser la superficie et les importations de blés.
L´ensemble Athènes, le Pirée et les longs murs a une surface de 2500km²; on peut y loger du monde (tous les Athéniens y seront logés lors de la guerre du péloponnèse, même si entassés; ce qui sera un des facteurs de la diffusion de la "peste" ) même si selon Thucydide, les citoyens vivent encore à la campagne. Ce n´est pas le cas des métèques ni des esclaves (ce qui fait tout de même une grande portion de la population).
L´Attique a de grande capacités productives, mais il le fournit que très peu Athènes. Demosthène présente ça comme une évidence. Les céréales viennent d´ailleurs : des clérouchies de Lemnos et d´Imbros qui à elles seulent fournissent 400 000 médimnes de blés annuels [1 médimne =52 litres] auxquels ils faut ajouter ceux d´Eubée, et du Pont Euxin. Le Prince du Pont Euxin envoie pour sa part 400 000 médimnes en temps normal. Lors des disette, il en a vendu pour 15 talents : 1 200 000 médimnes. Athènes importe aussi d´Egypte ou de Sicile. Bref, Athènes en a pour 2 000 000 médimnes, à 2 500 000 par ans. Si l´on correspond que la consommation par habitant est de 6 médimnes (sans doute supérieur à la réalité); ça fait qu´Athènes peut facilement nourrir 400 000 habitant; ce qui en fait la seule à être qualifiée de "mégalopolis" (avec Syracuse 200 000 habitants à son apogée).
Son rôle au sein de l´empire lui permet de jouir d´ennormes moyens financiers (ce qui lui permettra de bâtir sa thallassocratie). Le tribut est en moyenne de 400 talents par ans (duf fait des découvertes des mines d´argent chez les alliés ) auxquel il faut ajouter les contributions des 40 000 citoyens (60 drachmes par ans. 1 talent = 60 mines= 6000 drachmes. 1 drachme =6oboles c´est à dire un bon salaire journalier à Athènes). Même pas besoin de calculs compliqués pour se rendre compte du développement des ressources et des activités.
Le nombre de citoyens (18 ans révolus, habitant de l´Attique => Pas les clérouques) est plus compliqué à calculer. Pour bien des auteurs le chiffre est de 30 000 : Hérodote, Aristophane, Platon. Mais pour Hérodote il s´agit d´effets oratoires, pour Aristophane d´une plaisanterie, et Platon se moque d´Agaton dans le Banquet ( ce dernier lui répond "tu fais preuve d´hubris" c´est à dire, tu te fous de moi et tu exagère la chose). En fait, le chiffre des 30 000 correspond au chiffre "normal" des citoyens à Athènes. C´est ce que disent Diodore, Isocrate et d´autres. Or, on n´est pas dans une époque "normale"... Le corps civique s´est considérablement élargi. Et les contemporains le savaient : la loi de 451 et les réductions du corps civique de 445 sont autant de réaction face à cette grande augmentation. De même, le fait que les tragédiens présentent la guerre comme un moyen de virer les excès du corps civique (Electre il me semble) sont des preuves. Plus pragmatiquement, le fait que les Athéniens envoient des milliers de clérouques au travers de l´empire, qu´ils aient les moyens de continuer la guerre après la "peste" (qui détruit en tout 1/3 de leur armée et de leur population....), qu´après bien des années de guerre il y´ait encore des jeunes pour aller en découdre en Sicile (ce sont eux qui veulent la guerre. Les vieux groupés autours de Nicias cherchent la prudence); montrent qu´Athène a joui (on ne sait quand, ni pour quelles raisons) d´une très grande population de citoyens entre les guerres médiques et celle du péloponnèse. La dernière preuve en est les forces armées. Aux guerres médiques, Athènes dispose de 9000 hoplites d´actives; et peut être dès 457 (au pire en 431) elle en a 13 000 .... Ce sont ces chiffres d´effectif qui permettent d´évaluer la population athénienne.
Pour Thucydide, il y´avais lors de la guerre du péloponèse 13 000 hoplites d´active sans compter ceux qui se trouvaient derrière les remparts : 16 000 composés de vétérans (presbutatoi) et de conscrits (18-19 ans : néotatoi). [ce nombre est justifié par la taille des remparts : 27 Km à surveiller]. Diodore dit la même chose : 12000 hoplites, plus les gens des fortins et les métèques : en tout cela dépasse 17 000. Le problème est quant à l´interprétation. On ne sait pas si Thucydide compte les hommes des fortins comme hoplites; alors que Diodore ne les compte pas comme tel. En tous cas, la défense des remparts est assurée par les métèques. Les autres sont une force d´appoint.
Il reste les 13 000 hoplites d´active (20 à 49 ans) [Athènes en enverra 10000 en mégaride, et 3000 à Potidée]. Il faut ajouter 1000 cavaliers et 400 triérarques plus les conscrits et les vétérans. Ce qui pourrait ajouter en gros 3000-4000 hommes => 18 000 hommes en tout.
Plus les magistrats (1400) et les bouleutes (400) et les réformés (indéterminé) on doit arriver à 23 000 à 24 000 citoyens mobilisables appartenant aux trois premières catégories soloniennes. [par ordre décroissant "pentacosiomédimnes"; "chevaliers"; "zeugites" et les "thètes"]
Pour être sur, il faudrait connaître le nombre de thètes. On ne peut pas le faire par les effectifs militaires : dans la marine et l´infanterie légère on ne fait aucune distinction entre thètes et métèques. Donc tout ce que vais dire est contestable.
On peut se baser sur la distribution de blé de 445. Une révision des lois civiques (j´en ai parlé) fait radier 4 760 personnes tandis qu´il resterait 14 240 bénéficiaires. Ca ne peut pas correspondre avec la totalité d´Athènes.
Le blé peut avoir été distribué uniquement par chefs de famille; mais les listes radiaient pas uniquement ces personnes là. Donc on peut faire une autre hypothèse. La quantité à distribuer était de 40 000 médimnes. Ce qui fait à peine plus de 2 médimnes par personne. Les riches n´ayant pas besoin d´un sac de blé, on peut conjectuer qu´il s´agit uniquement des thètes. (hypothèse de claude Vatin, dans "Citoyens et non-citoyens dans le monde Grec). Les thètes seraient donc passés de 19000 (à la base : 14 240 + 4760) à 14 000 ?
L´addition suggère surtout qu´un des chiffres a été calculé à partir du total de 19 000 qui aurait constitué une estimation du nombre de thètes.
Divers auteurs s´accordent à dire qu´Athènes peut supporter (grace à l´empire) les besoins de 20 000 hommes.
Il semble qu´ils aient étés estimés à 19 000 hommes mais que le scholiaste ait fait une erreur. Au lieu d´ajouter 4760 à 14240, il les a retirés....
A la veille de la guerre, le nombre de thètes devait être d´à peu près 20 000 hommes.
Donc, très hypothétiquement, il y´aurait 42 000 ou 43 000 citoyens.
C´est encore pire de les définir au sens large (incluant femmes et enfants. S´il y´a sans doute à peu près autant de femme que d´hommes, qu´en est-il des enfants....)Vu l´accroissement de la population, il doit y avoir pas mal d´enfants. Mais du fait de la loi périclès (celle de 451), il y´a sans doute un déficit des citoyens de moins de 20 ans.
En très très gros, il y´a 130 000 citoyens au sens large.
J´écrirais la suite une prochaine fois, mon estomac crie famine. On verra le nombre de métèques, celui des esclaves; et enfin le rôle des femmes puis des esclaves dans la société athénienne.
Si vous avez des précisions, des interprétations différentes moi je suis preneur...
Sujet super intéressant, sauf que pour moi le contexte est assez déplaisant. Mon cours d´antropologie que j´ai dû repasser pendant ma seconde session (qui est encore en cours
), est une analyse du travail de Hannah Arendt. Et elle retourne justement aux soûches de la démocratie pour sauver la Modernité sans abandonner la critique dessus. (je sais c´est brouillon mais je vois ce cours en néerlandais)
Et j´ai quelques remarques sur le système politique des grecs justement. C´est pas vraiment tout de moi, c´est beaucoup d´interprétation de vrais philosophes/antropologues, mais ça en devient justement plus intéressant!
Tout d´abord, le système politique est la démocratie sous sa forme idéale, c´est-à-dire en petite communauté avec un dialogue ouvert pour tous les citoyens. Ce qui est à nuancer, comme vous le savez ce n´était pas ouvert aux femmes, esclaves et étrangers. Le système n´est malheureusement qu´applicable en petite communauté, comme le voulait Rousseau, un peu à l´image du système suisse, très proche des gens.
Ce qui est bien dans le système grec, c´est qu´il y a une vraie différence entre la plate-forme publique et la plate-forme privée. On ne participait à la vie politique que quand on pouvait se le permettre, donc seulement à partir du moment où on ne devait plus se soucier du "matériel", qu´on avait assez d´esclaves qui travaillaient pour soi.
De nos jours, l´érosion entre le privé et le public a fait en sorte qu´on attende du pouvoir public qu´il règle nos problèmes privés. Et on en arrive à un système d´assistés.
D´un côté, il faut admettre que c´était nécessaire, mais c´est l´évolution même de notre société depuis la Modernité qui a créé ce groupe de personnes qui a besoin d´assistance.
Je conçois que je ne me suis pas exprimé tout à fait clairement, mais j´ai fait vite pcq je dois retourner à mes bouquins, je repasserai à ma prochaine pause
C´est à cause de mes examens que je traîne souvent sur les forums ces temps-ci... je reviendrai débattre plus tard...
Le dialogue ouvert entre citoyens fait le plus souvent place au machiavélisme et parfois au terrorisme. Ainsi, pendant les guerres médiques, après la bataille de Salamine. Mardonios fait passer par un bouleute ses avantageuses propositions (c´est la seconde foi, la première c´était par l´intermédiaire du roi de Macédoine). Le bouleute en question s´est fait assassiner, lui et sa famille...
Quant aux femmes, en fait leur place est particulière (mais je détaillerai ça demain). Elles sont des citoyennes entières mais frappées d´incapacité juridique et militaire cependant elle joue un grand role dans l´économie domestique et la religion.
(bonne chance pour les exams ^^)
Maintenant, passons donc aux métèques. Pour calculer leur nombre, il suffit d´appliquer la même methode qu´avant avec les indications données par Thucydide. Il y´a 16 000 hommes sur les remparts; en enlevant les conscrits et les vétérans (3 -4000 hommes) on tombe au nombre de 12 000 - 13 000 métèques de classe hoplites (ayant donc suffisamment de richesses). C´est un grand nombre, et certains chercheurs, surpris, ont tenté de corriger le chiffre. Belloch en changeant le 16 000 en 6000 et Jones en augmentant le nombre de vétérans. Il est plus probable que le chiffre de 12 000 hoplites métèques vétérans et conscrits (tout le monde donc). D´autre part, la loi de Périclès -parce qu´elle fait que les enfants d´un couple mixte : citoyen-autre chose, sont métques- fait que le nombre de métèques hoplites entre 18 et 38 ans est plus élevé. Ainsi, en comptant tout le monde on arrive sans doute à un total de 18 000 hoplites métèques.
L´évaluation est plus dure pour les classes inférieures. D´autant plus que leur structure sociale pose problème : on ne sait toujours pas s´il s´agit de riches commerçants (comme la famille de Lysias), d´artisans; ou bien si c´est le prolétariat du Pirée, et les employés des artisans. Cependant, le rôle des métèques pauvres dans l´armée suggère leur grand nombre. A Délion, en 424, les Béotiens ont alignés 10 000 fantassins. Face à eux, les athéniens ont déployé une infanterie légère composée d´étrangers et de métèques "de nombreuses fois supérieures en nombre" (Thuc : c´est à dire 4-5 fois supérieure). Donc les citoyens plus les métèques (les étrangers sont très peu) sont entre 40 000 et 50 000 hommes. Si l´on enlève les thètes (soit un maximum de 19 000 hommes; chose impossible) ils sont de 20 000 à 30 000 alors même que la "peste" les a déja durement touché. Cette position est confirmée par la marine : au début de la guerre du péloponnèse, les Athéniens réeussissent à armer plus de 250 trières -c´est à dire 50 000 hommes-. D´autre part, ils ont un statut à part et privilégié. En Sicile, il ne reste plus qu´eux (les étrangers et esclaves ont fait défection) et Nicias les loue pour cela. Formant le gros de la flotte, ils manoeuvrent à eux seuls les 110 navires. La fin de l´expédition [massacre et esclavage] explique pourquoi il n´y en aura plus jamais autant. On peut estimer qu´ils constituent 25 000 hommes pour les classes inférieurs. Plus les 15 000 hoplites; ça nous fait 40 000 métèques à Athènes. Leur poid démographique contrebalance celui des citoyens.
Le nombre global est encore pire à établir. Cependant tous les grecs ont le désir de fonder une famille (ne serait-ce que pour perpétuer le culte des ancêtres) et on peut penser qu´ils sont à peu près 120 000.
Pour déterminer le nombre d´esclaves, c´est encore pire. Les esclaves publics sont très peu nombreux, tandis que les autres dépendent entièrement de la richesse des propriétaires [les citoyens, les métèques, les esclaves domiciliés] et donc de la situation économique. On peut quand même faire une fourchette. Thucydide, à propos d´un épisode en Décélie à partir de 413 mentionne la défection de 20 000 esclaves. Cela semble important : c´est en second lieu après la perte du territoire. Mais pas tant que ça, il y insiste autant que sur les difficultés de la cavalerie.... Athènes a donc plus de 20 000 esclaves et ne perd pas là, ni la moitié, ni le tiers de son troupeau servile. Toujours selon le même auteur, les villes à avoir le plus d´esclaves sont d´abord Chios et ensuite Sparte. Athènes est donc troisième, au mieux alors que c´est la cité la plus riche et la plus peuplée. On ne connaît pas le nombre d´esclaves de Chios et de Sparte (bien que certains avancent 130 000- 150 000 hilotes).
Il est possible de faire une estimation par catégories sociales. Sauf chez les indigents, tout le monde dispose de son esclave. Aristote définit la maison comportant par nature des domestiques. Lysias suppose que tout le monde à un esclave; de même pour Demosthène.Mais si tout le monde a son esclave, il n´est pas de bon ton d´en faire étalage : au IV, s´afficher avec 3-4 esclaves est une ostentation condamnable.
Ces derniers ont un rôle économique [c´est sans doute là que naissent les "placements capitalistes"
]. Les 1000 esclaves de Nicias, les 600 d´Hipponicos, les 300 de philomidés sont loués aux mines du Laurion (pour 1 obole/esclave/jour). Ils sont aussi utilisés dans l´artisanat. Lysias et son frère possèdent par exemple 120 esclaves pour faire tourner leur fabrique de bouclier. etc etc.. L´artisanat ne réeunit jamais, pendant tout le siècle, plus de 250 esclaves.
Le plus interessant, est sans doute de savoir combien d´esclavent possédaient les paysans moyens (zeugites). Edmond Levy a essayé de le calculer à partir des pièces d´Aristophane qui recèlent souvent une part de vérité. Un paysan moyen a plus d´esclaves avant la guerre (Acharniens ; Cavaliers) qu´après (Assemblée des femmes; Ploutos). Mais il ne les dénombre jamais que lorsque c´est nécessaire à l´action. Et c´est toujours un minimum qu´il faut corriger. Lorsqu´il parle de plusieurs esclaves masculins, levy en rajoute un féminin. Ainsi, on arrive à 3-4 esclaves par paysan moyen même en période difficile. Et à 4-5 quand tout va bien.
Quant aux artisans des classes moyennes, ils doivent en avoir autant.Ils en bénéficient toute l´année, et peuvent les placer, le cas échéant, aux mines. Ce qui leur rapportera sans risque 60 drachmes par ans.
Les philosophes sont négligeables. Platon laisse 5 esclaves; Aristote 20 dont 7 enfants.
Ce qui nous fait : pour les 38-39 000 citoyens des classes hoplitiques : 3-4 esclaves Ce qui fait 90 000 à 100 000 esclaves.
Pour les 44 000 citoyens et métèques : 1-2 esclaves par famille. Au moins 30 000 esclave, plus les esclaves du Lausion, plus les 1000 esclaves publics (inculant les archers scythes : 700) ça nous fait 120 000 130 000 esclaves.
Ce qui nous fait donc trois groupes sociaux équilibrés : 130 000 citoyens, 120 000 métèques,120 000 130 000 esclaves [c´est seulement après le désastre de Sicile et les persécutions des Trentes que pour les remplacer les morts on fera appel aux esclaves).
Demain la place et le rôle des femmes; et la même chose pour les métèques : D