Tu as raison pour les batailles de Scipion, mais J´ai évité de l´inclure au rang d´une réforme car les historiens sont encore très divisés sur se point de vu là. En effet certains pense qu´il est abusif de qualifier de réforme une adaptation tactique temporaire sans changement organisationel décisif. Je crois même que c´est Luciano Canfora dans son bouquin sur César qui balance une vieille phrase ironique du genre: "si certains historiens de l´expansion républicaine s´interessaient plus à la fin de cette période, il qualifieraient à coup sûr César de réformateur chronique".
Enfin bon, les deux points de vu se respectent dans tous les cas.
Pour l´armée sous le Bas-Empire qui constitu un très gros morceau, je pense que je vais attendre demain pour faire un bilan (sinon mon encéphale risque d´exploser
).
Bah merde alors! Je suis à Paris IV et j´ai même pas remarqué qu´il y enseignait! Par contre pour Hinard je savais.
T´es en quelle année ? ![]()
1ère. Tu es à Paris IV?
Oui, en 3ème année.
Comme le monde est petit...
Et j´ai pris comme cours "Le Haut-Empire romain" comme il se doit. ![]()
Pareil pour moi, l´intitulé c´est "initiation à l´histoire romaine" mais on étudi les Haut Empire des Julio-Claudiens aux Flaviens.
Aaah bah je suis pas le seul a avoir un peu étudié le monde romain ![]()
Ca doit être intéressant, ces cours...
Mes connaissances en histoire romaine résultent d´un gros livre d´histoire romaine édité aux PUF.
J´étais à l´école primaire et, passionné de mythologie, j´avais supplié ma mère de me l´acheter (au départ, elle ne voulait pas, car elle ne pensait pas que je le lirais (c´était de niveau universitaire)). Ca remonte aux années 1980...
J´en lisais des passages de temps en temps, au fil des années (surtout les parties relatives aux adversaires de Rome, et à l´armée)...
Bah en fait, le cour d´histoire médiévale est encore plus interessant
(en même temps, mon prof est médiéviste....)
Si tu veux lire plus de trucs sur le monde Romai, y´a nicolet qui a fait pleins de bouquins (mais c´est quand même un peu des monstres, et en plus c´est cher. Mais après ça sert à tout, même à caler les meubles. Perso j´ai photocopié tout le livre "Le métier de citoyen à Rome" ... il me sert ps à grand chose.)
Autrement y´a un manuel d´histoire romaine de premier cycle universitaire (les trucs verts) qui est bien et assez général.
Et si tu veux aller plus loin, y´a la collection Seuil, qui reprend en poche pas mal de trucs.
Seulement, le papier est pourri, c´est cher quand même, et dans 10 ans le bouquin est complètement détruit.
Mais bon, c´est moins cher que les bouquins à 30 euros ...
D´ailleurs ça coute cher les bouquins, je m´en rend compte maintenant ... ![]()
Merci ! Je retiens tes références (pour le jour où j´aurai du temps libre pour me consacrer à l´histoire).
Je viens de téléphoner à ma mère pour demander les références de mon livre :
C´est "Histoire générale des civilisations ; tome 2 : Rome et son empire" de André aymard et Jeannine Auboyer (sous la direction de Maurice Crouzet), publié aux PUF.
Mon édition date de 1980 (sur le net, ils marquent 1ère édition de 1959).
Je ne sais pas ce qu´il vaut par rapport aux autres (si certains le connaissent)...
Je suis en Licence 3 à Paris IV également.
L´intitulé de son cours est "Rome et le monde", j´avais le choix entre ça et l´Empire, mais j´ai toujours eu un faible pour la période républicaine...
Par contre si vous aviez une biblio potable pour l´organisation militaire de l´empire vers le milieu du IInd siècle, ou les opérations en Orient autour de la fameuse "frontière" (jusqu´à Commode), ça m´aiderait bien
. J´avais songé à John Scheid dans la nouvelle clio, mais il y a sans doute d´autres bons bouquins sur la période...
Pour les bouquins d´introduction, celui d´Hinard, Brizzi and cie est pas mal sur le fond et la forme, mais il tape dans les 40 euros... J´ai pas bouffé le midi pendant deux semaines pour me le payer
.
Décidemment tout le monde est à Paris IV ici. Je ne me poserais plus la question de savoir qui chippe tous les bouquins sur l´armée romaine à la bibliothèque de Michelet... (au faite tu sais ou s´inscrire pour les cours d´archéologie en option ?)
Donc voici, comme il l´a été réclamé, un bilan sur l´armée romaine sous le Bas Empire. Vu que l´idée de la "barbarisation" de l´armée a été de nombreuses fois évoquée sur ce topic, je pense que je vais lui conscrer une parti entière, en parallèle des réformes organisationelles.
Dans un premier, il convient de constater que l´organisation de l´armée telle que je l´ai décrite sous le Haut Empire est restée, à peu de choses près, ce qu´elle était jusqu´au règne de Gallien (260-268). Arrivé à cette période, plusieurs problèmes commencent à se faire sentir et à rendre imminent l´idée d´une réforme du système défensif de l´empire.
Tout d´abord, les effectifs de l´armée romaine (à peu près 350 000 soldats) font pâle figure face au dynamisme démographique des peuplades barbares qui entourent l´empire et qui, au contact de celui-ci, ont opéré une réorganisation de leur appareil militaire.
D´autre part, les troupes sont étalées le long limes (système défensif frontalier) et ne constituent qu´une fine barrière d´autant plus vulnérable que la reserve de soldats répartie autour de Rome se trouvent bien loin du front.
En outre, un problème quant à la question du commandement se pose: les officiers, notamment les sénateurs que nous avons vu plus haut (légat, tribun laticlave...), n´exercent qu´épisodiquement des charges dans l´armée que leur cursus mêle à d´autres charges d´ordre civil (questure, édilité...). Ils n´ont ni le temps de s´intégrer correctement au sein de leur corps, ni de s´approprier une expérience militaire durable.
Dans son soucis de remédier à ces failles, Gallien va accentuer la disponibilité de l´armée romaine en façonnant une ébauche d´armée intérieure mobile, ainsi qu´en dotant l´empire d´une nouvelle cavalerie autonome. Il va aussi opérer une réforme complète du commandement.
Pour ce faire, il développe dans un premier temps l´usage d´une armée de manoeuvre (d´expédition/de campagne) qu´il constitue en rassemblant de vexillations (détachements) prélevés à l´armée des frontières ainsi que des effectifs issus de la garnison de romaine. Bien qu´il ne s´agissent pas d´une armée officielle, elle a tendance à devenir permanente (les détachement ne reintègre que très rarement leur unité d´origine. Ce corps accompagnant l´Empereur en campagne est complété par la création des protectores augusti, chargés de sa garde rapprochée sur le terrain. Gallien multiplie aussi les effectifs d´unités montées. Outre la cavalerie prétorienne (qui rest peu nombreuse)et les equites singulares (garde personelle des officiers), il recourt systématiquement aux ailes auxiliaires ainsi qu´aux numeri (troupes non-permanentes d´étrangers à l´empire) de cavaliers barbares (notamment orientaux). Des sources obscures mentionnent aussi qu´il aurait fait passé les effectifs de la cavalerie légionnaire de 120 à 726 unités, ce qui aurait ainsi permi aux détachements prélévé de dispenser plus de cavaliers. Cependant un tel accroissement parait peu probable.
Ce qui peu permettre assez informel jusqu´ici est supplanté par une véritable réforme du commandement: l´exclusion de l´ordre sénatorial de toute carrière militaire, domaine qui devient désormais exclusivement celui des chevaliers, deuxième ordre d´Etat. A partir de 262, tous les légats de légion et les tribuns laticlave (précédemment cités) sont remplacés par le préfet de camp qui devient un préfet de légion obligatoirement équestre. L´armée d´expédition ainsi que toutes les fractions qui en sont détachées sont commandées par des praepositi souvent sous le commandement d´un dux angusticlave (équestre).
Dioclétien (285-305) poursuit l´effort de Gallien en augmentant les effectifs militaire d´un quart à un tiers (environ 500 000 soldats à la fin de la tétrarchie). Pour ce faire, il recourt au traditionnel volontariat, mais aussi à l´hérédité du métier des armes (en enrolant systématiquement tout fils de soldat), au recrutement de Barbares (nous développeront plus tard) et à la conscription à l´égard des propriétaires qui sont désormais contraints de fournir une ou plusieurs recrues temporairement en fonction de leur possessions foncières.
Le comitatus (armée de manoeuvre) qui accompagne l´empereur en déplacement permettent de fournir une réserve à l´armée frontalière en cas de problème. Ce type de réserve a aussi pour effet de fractionner les légions qui acquièrent pour la plupart d´entre elles des effectifs inférieur à 5000 soldats.
Par la suite, Constantin et ses fils poursuivent la réorganisation de l´armée en développant une tripartion de l´armée.
Ce dernier dissout les cohortes prétorienne pour leur substituer des troupes destinées à l´accompagner en permanence: les scholes palatines.
Désormais, deux types d´armées se distinguent.
L´armée comitatensis, héritière du comitatus gallienien, est officialisée et acquiert une dignité ainsi que des effectifs supérieur à l´armée des frontières (nommée ripenses puis limitanei) qui lui livre nombre de soldats. Les comitatenses sont établis dans une serie de villes de l´intérieur, près à porter secours au ripenses en cas de besoin, et peuvent être réuni pour former une grande armée d´intervention (contre les Perses en 337 par exemple).
Quant à l´armée du limes, les ripenses, elle acquiert donc un statut inférieur. Composée d´anciennes légions aux effectifs réduits, elle dispose d´un équipement moins riche.
Le fait d´avoir retirer une grande parti des soldats de la frontière pour en placer un grand nombre dans "des villes qui n´avaient pas besoin de protection" (Zosime) a valu à Constantin de nombreuses critique, notamment celles d´avoir affaibli le limes, dérangé la vie civile ainsi que d´avoir corrompu l´efficacité de soldats profitant de plus en plus du confort urbain.
D´autre part, Constantin a aussi réformer une nouvelle fois le commandement, mais la plupart des nouveaux officiers institués sont la conséquence directes de la création des nouveaux corps.
Les scholes palatines sont commandées par un maître des offices sous les ordres de l´empereur lui-même.
Les comitatenses dirigés par des tribuns de cohortes, sous les ordres du préfet de légion qui dépend lui-même d´un magister equitum (pour la cavalerie) et d´un magister peditum (pour l´infanterie).Les vexillations sont toujours menées par des praepositi.
Les ripenses des frontières sont encadrée par des comtes militaires (au niveau du diocèse), des dux provinciae (au niveau de la province) et par des tribuns (un par unité).
Au cours de la fin du VIe siècle, la tripartition de l´armée est conservée mais beaucoup de transfert d´unités (les pseudocomitatenses) des limitanei (=ripenses) aux comitatenses sont effectués.
Ces derniers sont divisés en deux armée distinctes: les palatini prioritairment affecté aux expéditions et les comitatenses proproment dits, fixés dans des garnisons provinciales.
Voilà tout pour l´organisation, maintenant évoquons le problème de la "barbarisation" de l´armée.
Bien évidemment, elle ne date pas du IVe siècle. On trouve des contingents du numeri des le Ier siècle et les auxiliaires offrent dès le début des troupes peu romanisées. En revanche, on constate une accélerration du mouvement au cours du règne de Gallien pour des raisons diverses.
Tout d´abord, celui-ci, en accord avec sa politique d´accroissement des effectifs montés, engage de plus en plus d´ailes auxiliaires et de numeri cavaliers.
Dioclétien, en inaugurant de nouveaux procédés de recrutement, ouvre de nouvelle portes à cette "barbarisation". Sous son règne, l´engagement de troupes fournies par des chef barbares vaincu, avec qui a été passé un foedus, devient courant.
Le coup décisif est porté par Constantin qui accentue considérablement l´intégration de soldats Barbares. Ceux-ci, lorsqu´ils passent un foedus (traité) avec l´empire sont autorisés à s´établir sur une portion déserte du territoire romain mais doivent en contrepartie le service des armes. Des propriétaires soumis à la conscription depuis Dioclétien fournissent de plus en plus de colons Barbares (plutôt que leur main d´oeuvre romaine) à l´armée, d´autres remplacent la fourniture de soldats par le paiement d´une taxe avec laquelle l´Empire engage des volontaires presque toujours barbares.
Cependant, on ne peut réellement parler de "barbarisation" de l´armée romaine qu´à partir de la période de 363-395. En effet, certaines troupes barbares on tendance à constituer des corps autonomes se dotant de leur propres généraux (Alaric par exemple). Elles ne sont plus de simples numeri sous les ordres d´un tribun romain. Des lois du code théodosien institutionnalisent les aspects de la conscription des propriétaire qui s´étaient développés sous Constantin (recrutement des colons barbares, taxes...). D´un autre côté, un nombre croissant de Barbares se présente aux frontières, poussé par d´autres peuplades. Désireux de pénétrer dans l´Empire, ceux-ci n´hésitent pas à s´engager dans l´armée romaine pour y parvenir. En outre, leur coût moindre comparé aux soldats romains incite l´Etat à les engager massivement et les officiers barbares à la tête de contingents romains deviennent monnaie courante. Cependant, ce processus de barbarisation est à relativiser: l´armée reste majoritairement romaine, notamment grâce à l´hérédité des métier que nécessite une société paralysée par la fin des conquêtes.
Voilà comment on en arrive, au début du Ve siècle, à "une armée qui est déjà aux mains des envahisseurs" selon l´expression de nombreux historiens du Haut Moyen-Age.
Désolé pour les fautes d´orthographes mais j´ai pas pris la peine de me relire ![]()
Ca c´est pas moi qui pique les bouquins, c´est clair, j´en ai pas lu un seul. ![]()
![]()
une sujet sur l´armée romaine
voilà, l´année passée, j´ai fait un mémoire sur :" les légions romaines vues par Tite-LIve, des réformes de Sevius Tullius à la chute de Carthage"
pour ceux que ça intéresses...
Non tout le monde n´est pas à Paris IV
Je sais pas si ça a été fait, mais il convient peut-être de parler de la réforme de la conscription par Marius, ce qui détermine pas mal à mon sens, l´orientation que prend l´armée et l´apparition des différents hommes providentiels (Sylla, Pompée, Crassus, César et Auguste)...
Salut kossolax!
Pour ton mémoire ça m´interesse pas qu´un peu!
En ce qui concerne la réforme marianique, j´en ai déjà parlé dans le post sur l´armée romaine sous la république. Après, si tu veux que je développe, pourquoi pas?
A part ça y´a un autre sujet qui interesserait, notamment sous le Haut Empire?
sujet polémique: "les raisons de la chute de l´empire romain"...