Tout doux, Zheng He n'était asbolument pas un empereur.
La Chine n'avait pas faim en ressources ni en territoire. Elle préférait (enfin, il, puisqu'on parle de l'empereur) son système de tribut entre les divers petits royaumes autour (les îles Ryukyu, une partie du Vietnam, la Mongolie, le Tibet, le Xingjian...). Ces petits royaumes doivent payer ses respects à la Chine, considérée comme le centre mondial de la civilisation.
Avec ce système, la Chine n'avait pas à être très agressive dans l'ensemble de son Histoire (bien qu'il y ait eu quelques épisodes assez sanglants) et ne faisait que recevoir des ressources précieuses.
De plus, une autre anecdote très TRES intéressante, c'est le sinocentrisme exprimé sous la forme du concept de "tianxia".
Tianxia, en mandarin chinois, c'est "en-dessous du ciel". C'est à dire que, la Chine est céleste, c'est le ciel ; le reste, c'est terrestre, peu civilisé, "barbare". Et donc tout ce qui est terrestre appartient à la Chine, même les terres inexplorées, qui seraient encore plus sauvages. L'empereur savait d'avance que de toute façon, tout était à lui, même l'Occident (ce qui a produit des incidents : par exemple, l'empereur a exigé le kowtow de la part des visiteurs européens ; ces derniers le refusant). De plus, l'Occident était plus ou moins relié par les routes de la soie ainsi que par des voies maritimes. Cela dit, chaque visite se devait absolument être accompagnée des cadeaux officiels les plus fastueux.
Ce n'est qu'autour de 1860 que la Chine, défaite par la deuxième guerre d'opium, qu'elle reconnait pour la première fois un état souverain qui est le Royaume-Uni, mettant fin à ce concept...
A noter, que de façon intéressante, l'anthropologie (s'intéresser - de façon plus ou moins hiérarchique - à "l'autre" ) n'existait pas en Chine avant les années 50, contrairement au Japon, qui en avait fait une grande discipline dès la fin du XIXème siècle, ce qui s'est traduit par un empire conquérant au XXème...