". De manière générale, faut voir dans toute la presse Völkisch des années 10-20; l'éducation nationaliste ET scientiste de l'époque. Hitler n'a pas eu à chercher bien loin son idéologie. "
Faut aussi préciser la crise identitaire allemande de l'après guerre mondiale (sans doute antérieure mais revivifier avec la Grande Guerre). Saignée à blanc, défaite, diktat de Versailles considéré comme une humiliation. L'Allemagne et les Allemands doutent d'eux-même... qui sommes-nous ? avons-nous mérité tout cela ?
C'est vrai, dès la fin du XIXème siècle, les théories racistes afflues sur l'identité germanique. Hitler n'invente rien, on lui lègue toute une série d'études faites par des scientifiques universitaires allemands sur les origines pseudo-scientifique du peuple allemand. C'est juste de dire que le völkisch diffère de l'Etat-nation français. Le peuple Allemand existe comme une sorte de "diaspora" en Europe centrale et orientale et à la différence de la France forme cette entité nationale que très tardivement. La France se pose en digne héritière de l'empire romain avec l'Italie. L'Allemagne a connu une période culturelle très riche au Moyen-Age mais qu'en est-il du passé antique du peuple germanique ?
C'est entre autre une question essentielle posée par Hitler. D'où son obsession à se référer à la race nordique, affiliée aux civilisations romaine et grecque de l'antiquité pour légitimer la pureté de la race allemande. En claire, les Aryens sont un peuple affilié aux Romains et aux Grecs, donc le seul peuple capable de créer une riche civilisation. Le lien est défini par le sang, non par l'héritage intellectuel ou culturel. Hitler disait même que si l'on demandait à un Allemand qui sont ces ancêtres, il fallait répondre que ce sont les Grecs.
Pour dire qu'avec la crise identitaire vivifier par la défaite de 1918, le diktat de Versailles, la crise de 1929 ... la politique hitlérienne à de quoi séduire plus d'un Allemand en recherche d'identité.
Je vous conseille de lire ce livre de Johann Chapoutot, le nazisme et l'Antiquité, Puf, Quadrige, 2012.
« Nous n’avons pas de passé », affirme Hitler, qui déplore que les archéologues SS s’obstinent à fouiller les bois de Germanie pour n’y exhumer que des mauvaises cruches. Le passé de la race, celui qui doit remplir de fierté les Allemands, se trouve en Grèce et à Rome. Quoi de mieux que Sparte pour construire une société et un homme nouveaux ? Quel meilleur exemple que Rome pour édifier un Empire ? Quel meilleur avertissement que les guerres qui opposèrent la race nordique aux assauts de la Perse et de Carthage ? Le Reich a succédé à Athènes et à Rome dans ce combat racial millénaire, où il fait face aux mêmes ennemis et au même péril. Johann Chapoutot explore le cœur du projet totalitaire nazi : dominer le présent et l’avenir, mais aussi un passé récrit et instrumentalisé.
