Je t´accorde que ma réponse était pour le moins lapidaire, mais je ne pense pas que la question ait appelé de grands développements théoriques à la base.
Puisque ma première réponse ne te plaît pas, prenons un autre exemple : à faits équivalents, penses-tu qu´un jeune américain et un jeune russe apprennent la même histoire ?
les faits sont la et sensés etre rapportés d une certaine manière. l instrumentalisation se voit de moins en moins en histoire.
Le mot clé de ta phrase est " sensé". Si tu t´imagines que l´histoire est objective, tu fais preuve de naïveté. A un moment où à un autre les convictions de l´auteur refont surface dans le texte, même involontairement.
Je mets de côté les cas où l´histoire est orientée sciemment, pour juste mettre en lumière un fait qui a son importance : comme tu l´as souligné, la façon de faire de l´histoire change selon les époques et les cultures. Chacun étant persuadé que sa méthode est la plus adaptée. Maintenant, qui te dit que ce que TU juges objectif ne sera pas, dans 50 ans, considéré comme un ramassis de préjugés et d´approximations ? Quand tu lis les historiens du XIX°, tu dois voir gros comme une maison les différences avec la " bonne" façon de faire, celle que l´on t´a apprise. Mais arrives-tu vraiment à te persuader que cette méthode est incritiquable ?
Tu me permettras de te signaler que l´historien et l´histoire sont influencés, ne serait-ce que par les lois : en France, le révisionisme et le négationisme sont des crimes. Et pas uniquement sur des bases historiques : si c´était le cas, toute tentative de contestation ou de détournement de l´histoire " officielle" serait passible des mêmes peines. La vérité, c´est qu´il y a un jugement d´ordre moral qui entre en jeu. De la même façon que lorsque tu écris l´histoire de l´esclavage ou de l´apartheid.
Tu parles de l´histoire des femmes à un moment. Pour répondre à ta question, oui celle-ci aussi est dans une certaine mesure écrite par les vainqueurs : la notion d´histoire de la femme n´a un sens que parce que le statut de la femme au sein de la société s´y prête. A certaines périodes, ou dans certains sociétés, " histoire de la femme" a à peu près autant de sens que " urbanistique tzigane".
Pour reprendre ta conclusion : l´histoire est écrite par ceux qui en ont le pouvoir. Dans le cas de gouvernements à peu près démocratiques, ça peut se passer comme tu le décris.