je viens de terminer un essai sur le fer et la métallurgie dans le domaine carolingien, basé principalement sur les descriptions des fiscs de l´abbaye de Saint Germain des Près, accessoirement qq autre aussi ( Prum, saint maure des fossés etc)
voici mes conclusions pour Saint Germain, j alimenterai peut etre un peu plus si ca intéresse
L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés est propriétaire de très nombreuses terres aux alentours de Paris, sur les deux rives de la Seine, et ses possessions s’étendent bien au-delà encore. Un très grand nombre de paysans et de familles dépendent de son administration. Toutefois, je ne peux décider d’établir un modèle d’activité métallurgique sur base du seul polyptyque qui serait adaptable à l’ensemble des domaines carolingiens, il faudrait pour cela constituer un dossier bien plus important, et s’intéresser d’avantage à d’autres domaines de type carolingien à travers toute l’Europe.
L’on pourrait aussi s’intéresser de plus près à l’utilisation des objets produits par la forge, cependant ces informations précisément ne se trouvent pas dans le polyptyque. Une attention plus particulière aurait éventuellement pu être portée à la redevance en tant que telle. A savoir que la société médiévale consomme énormément de vin aux alentours des grandes fêtes religieuses… Est-il possible dès lors que les redevances concernant les tonneaux soient à remettre en même temps que ces rendez-vous importants de la vie de l’époque ? Il serait possible d’admettre, si tel était le cas, que la production métallurgique ait aussi son rôle à jouer dans la vie religieuse.
Cette recherche m’aura tout de même permis d’établir une conclusion intéressante, non sans rapport avec le vagabondage du paragraphe précédent : le fer et la métallurgie sont incroyablement présents dans l’organisation socio-économique médiévale. En effet, depuis l’extraction jusqu’à l’utilisation du produit fini, la production d’objets en fer touche à tous les domaines d’activités ainsi qu’à toutes les « classes sociales ». Il y a de fortes chances, aux vues des textes que j’ai pu parcourir en plus de celui du polyptyque, que se soit le cas aussi dans les autres seigneuries carolingiennes.
L’extraction et la réduction du fer sont faites par les serfs, travail pénible et éreintant. Les cheminements des matières et des produits finis se font sans doute par charrois, or ceux-ci font parties des redevances dues par les colons et les serfs. La transformation est le fait d’artisans reconnus, les forgerons. Les produits finis prennent ensuite de nombreux chemins différents. Ils seront utilisés par les paysans dans les champs, pour l’agriculture ; par les vignobles, pour stocker le vin ; par les bûcherons dans les bois ; le domaine militaire est touché lui aussi avec les lances ; le fer pénètre également la cuisine grâce aux poêles et aux landiers… A nouveau cette énumération est sans doute loin d’être exhaustive.
Une activité d’abord collective donc, où chacun fournira un travail depuis l’extraction jusqu’à l’administration, en passant, bien sûr, par le travail de la matière. Et ensuite profitable à tous, tant la production métallurgique est présente, dans chaque foyer, dans chaque cave, dans chaque cuisine… Une ressource nécessaire et indispensable donc à la vie socio-économique médiévale.