Sans doute les longbowmen anglais.
La flèche tirée d'un longbow n'a pas de différence de portée majeure avec des mousquets du XVIIIème, et tendrait même à tirer plus loin en gardant une puissance plus élevée. De plus, la cadence de tir est infiniment supérieure: 10 à 12 flèches à la minute pour des archers bien entraînés contre un maximum de 3 coups par minute, 4 dans certains cas, pour un fantassin napoléonien bien entraîné (ce sont les plus hautes cadences de toute la période moderne). Les fusils les plus précis et puissants étaient limités à 1 coup par minute (exemple typique avec le Baker anglais). Et surtout, bien plus que tout, l'indice de pénétration, la puissance de la flèche, est restée terriblement supérieure à celle des armes à feu jusqu'à l'introduction des premiers fusils à culasse et canons rayés, soit au milieu du XIXème siècle.
Une unité un peu nombreuse de longbowmen peut donc créer un véritable barrage d'artillerie là où une unité équivalente, ou même 3 fois supérieure, de type tercio aurait du mal à créer une "boule de feu". Protégeons les archers par un rideau de piquiers, voire leur habituel dispositif de pieux, et le résultat me semble potentiellement infiniment plus ravageur que la puissance de feu des tercios.
Le fait est que les unités de piquiers-arquebusiers des XVIème-XVIIème siècle (jusqu'aux réformes Louvois) n'ont que peu de protections autre qu'un buffle (cuir épais) ou une légère cuirasse pour les officiers. Quand on pense que la puissance de rentrée d'une tête de flèche de longbowmen perce sans problème un harnois blanc, hors quelques angles sur le haubert lui-même qui peuvent dévier leur trajectoire.
A 200m commencent les premières touches significatives, avec une certaine concentration de tirs et une faible cadence; à 120-130m commence leur zone mortelle, avec une bonne cadence et une puissance de rentrée optimale. Entre 100 et 10m, c'est l'enfer sur terre.
Face à des unités type tercio, voire face à des bataillons XVIIème-XVIIIème ou même à des formations napoléoniennes, cette puissance de feu est sans la moindre comparaison en termes de cadence et de portée, surtout sur des soldats habillés de toile ou, au mieux, de cuir ou de faible métal. Je ne parle bien sûr pas d'aligner uniquement des archers: ils doivent faire partie d'un dispositif plus équilibré.
De telles confrontations de "vieilles" techniques dans une époque où elles paraissaient anachroniques sont déjà arrivées: rien que pendant la période napoléonienne, on mentionnera les lanciers polonais qui ont fait école alors qu'au début de la période, on les jugeait inadaptés et antédiluviens. La lance fit pourtant son grand retour avec une efficacité démultipliée par sa portée.