En fait Khé Sanh est devenu un enjeu militaire et politique.
Militaire parce que Westmoreland, le général des forces américaines au Vietnam, était persuadé que les Nord-Vietnamiens allaient attaquer la frontière du 17ème Parallèle pour renforcer leurs positions dans les provinces centrale du Vietnam. Il n'imaginait pas ses ennemis s'organiser en masse pour s'introduire comme ils l'ont fait lors du Têt Mau Than, en janvier - février 1968.
Pourquoi Khé Sanh ? Proche de la frontière avec le Nord-Vietnam, c'était un poste avancé capable de déployer rapidement les forces américaines vers la piste Ho Chi Minh, quelque centaines de km de la frontière lao. Westmoreland escomptait bien un jour obtenir l'autorisation de raids au Laos pour détruire les sanctuaires des Vietcong.
Politique parce que les médias ont tôt fait de Khé Sanh un symbole du combat américain au Vietnam. Un "second Diên Biên Phu" américain où toute la presse et les TV étaient concentrés la dessus. L'analogie est aussi un amalgame car Khé Sanh connaît un support aérien de fer et reste une victoire des Américains.
Mais dans les esprits, l'analogie est tôt faites. Johnson aurait lui même dit : I don't want any damn Dinbinphoo !
La transposition de la défaite française transcende les mémoires et hante toujours l'Etat major US durant le Vietnam.