Le soleil se levait.
Ses fins rayons lumineux balayaient les ombres vers d’autres horizons.
Loin au nord les cimes des plus hauts chênes rougeoyaient.
Placide, la surface du lac était paisible, pas une seul ride, sombre miroir ou se reflétait une flore uniforme.
L’éther embaumait les saveurs du matin : l’odeur de la sève, de l’herbe fraiche et du pain chaud.
Lélio contemplait l’aurore, vide, uni, perdu.
Bien qu’emmitouflé dans son blouson de fourrure, son visage était froid.
Ses yeux étaient fatigués.
Il bailla.
Saddy tremblait.
Calme et sereins, le matin les berçait.
Des colibris chantaient de temps à autres.
La rivière Odrim s’échappait du lac et descendait silencieusement vers Stholm.
Le village était plongé dans une fine brume d’où seuls quelques lueurs ou fumées s’échappaient.
« J’ai froid ! Dit Saddy.
Sans un mot, Lélio prit sa sœur dans ses bras.
Elle pointa le campement des soldats du doigt :
- Où vont-ils aller ?
Lélio s’éveilla de ses rêves.
- En guerre, dit-il.
La nouvelle était parvenue au village, il y avait cinq jours: Les affrontements consumaient le pays.
C’était le mardi et le marché du matin, la ville était en désordre :
Comme si soudainement tout stholm était de sortit, les rues débordaient, ensevelies par une foule bruyante.
Criards, les commerçants et les badauds négociaient, tandis que les femmes chantaient, penchées sur leurs balcons.
Une mer agitée.
Des vagues allants et venants.
On poussait, bousculait, piétinait, courrait, marchait ; un épais nuage de poussières s’élevait.
Les odeurs s’entremêlaient, et imprégné la ville tout entière : le sang de la chair rouge, le poisson au soleil, les fruits frais.
Les charrettes, véritable fourretout, présentaient tout ce que l’on pouvait recherché, quantités d’étoffes, soie et laine, raffinées , rapiécées, de la nourriture, viennoiseries élégantes et tas de viandes charcutés.
Orange, jaune et noir, un ballet de plumes.
Des corbeaux se querellaient pour des bouts de chairs sanglantes ; affolaient, les coqs s’égosillaient dans leurs cages, et des canards se faisaient tranchés la tête.
Au milieu de ce bazar grouillant, hasardaient Lélio et Thomas.
Ils peinaient à se frayer un chemin dans la foule. Un enfant chétif, un bonnet sur le crane, sortit de nulle part et interpella les deux frères :
- Oh les Mactall ! Cria-t-il.
Son intervention froissa Thomas :
- Combien de fois t’ais je dis de ne pas m’appeler par mon nom de famille, dit’ il.
- Le p’tit Jimi ! S’exclama Lélio en lui prenant son bonnet.
- Rends-moi ca ! S’écria l’enfant en lui arrachant des mains.
- Bon, qu’a tu à nous dire, qu’on en finisse ? demanda Thomas.
- Il y a des types qui sont arrivés aujourd’hui, une armée tout entière, de soldats.
- Il en passe régulièrement ces temps ci, mais il ne reste jamais bien longtemps, dit Lélio.
- Oui, mais ceux-ci, ont ramenés des monstres, je les ais vu ce matin
- Des monstres ? fit Thomas.
- Oui, des diables rouges, j’en ai vus passait des choses ici, mais pas de tel sortes, ils sont horribles.
- Dans quelle galère nous embarques-tu encore ? Dit Thomas.
Jimi prit une pomme dans un chariot et la croqua.
- Il n’y a rien à craindre, Monsieur Olly les tient fermement, venez suivez moi ! Dit’ il avant de détaler comme un lapin.
- Mais attends, qui c’est cet Olly ?
Un gros bonhomme se précipita sur Thomas et Lélio, c’était le commerçant, mais déséquilibré, il chancela, puis s’écroula de tout son poids sur son étalage, il y eut une avalanche de pomme.
- On ferait mieux de s’en aller, le gros à pas l’air content.
Ils s’enfuirent en courant.
Ce ne fut pas chose aisée, de suivre le p’tit Jimi fin et souple, il se faufilait avec habilité entre les paires de jambes, eux, Ils se cognèrent contre de passants et manquèrent de se faire renverser par un cheval.
Essoufflés, ils rejoignirent l’enfant sur la place centrale du village, au pied de la statue de L’Homme tordu, une stature en fil de fer dans une étrange position.
Il y avait beaucoup de monde, ils s’entassaient tous autour d’une estrade, et d’une chariote, dont l’intérieur était caché par un rideau bleu.
Sur la scène, gesticulait un drôle de bonhomme, il portait son grand chapeau de travers, et sa veste était d’un rouge vif. Sa bouche était surmontée d’une moustache bien entretenue. Il avait un gros ventre qui l’obligeait à ne pas fermer les derniers boutons de sa chemise.
- Mesdames et monsieur. Je me présente, Ollash Moly, mais tout le monde m’appelle Monsieur Olly.
Vendeur itinérant, du tout et n’importe quoi, animateur, médium, mais aussi organisateur de cérémonies en tout genre.
Aujourd’hui je viens vous faire dons de mes talents et de mes produits miracles, et ce sont de vrais produits miracles, pour sûr.
Ils proviennent des vielles tribus de sauvages, je les ai rencontrés alors que je voyagés à travers le monde.
Voyez-vous ces êtres, mi animales mi Hommes, sont capables des barbaries les plus extrêmes, mais par ailleurs possède un savoir mystique.
- Génial, je suis sur que c’est eux que j’ai vus ce matin, dit Jimi.
Mais moi dans mon désir de savoir, là ou d’autres se seraient enfuis de terreur, je décidai d’aller à leur rencontre au péril de ma vie, ils auraient pus me dévorer tout crus.
Olly cabotinait sur son estrade et ses mimiques ainsi que sa voix entrainante, le rendaient amicale.
- J’ai parlé à plusieurs de leurs chefs, leurs sorciers vaudous, et je les ais contraints à me livrer leurs grand secrets, les recettes de leurs potions miracles.
Elles ont toutes des pouvoir fabuleux, d’ailleurs l’une d’elles m’à alloué le pouvoir de divination.
Il mit soudainement sa main sur son front.
- Oh ! Attendez, une vision, je vois, je vois, …
- Que voyez-vous Monsieur Olly ? Cria-t-on.
- Je vous prédis que d’ici cinq années, l’homme aura marché sur la lune.
La foule était stupéfaite, il y eut des tonnerres d’applaudissements.
- Ne sous estimez jamais le pouvoir de ces potions. A présent il est temps de vous faire dons de mes merveilles.
Il sortit des fioles de ses poches.
- Aujourd’hui tout a dix balles on n’est pas des cannibales. « Concentré de cheveux pour crane luisant » « Fluo de luciole pour être vu dans la nuit » « Chocolat en poudre » « Lait en poudre » « Eau en poudre » « Graines de jambes pour cul-de-jatte » « Liqueur anti mal de crane à 50% d’alcool »
« Encre invisible »« Peinture invisible» » « Détartrant » « Entartrant » et bien d’autre.
Mais laissez moi vous présentez le produit du jour.
Il exposa un flacon devant son public.
- Les gélules revigorantes ! Ce sont des petites merveilles. Vous vous sentez fatigués, souffrant, au bout du rouleau et bien avec les gélules revigorantes s’en est finit, à vous la joie de la jeunesse retrouvée.
Avec les gélules revigorantes de chez Monsieur Olly, dans cent trente ans vous être toujours en vie, Chantonna-t-il. Vous, monsieur, venez sur l’estrade.
Il désigna un petit homme, vouté et chétif, ses aisselles bien posées sur ses deux cannes.
- Moi ? demanda le vieil homme.
- Oui, vous ! Venez changer votre vie
bon texte ![]()
pas de faute, univers inédit, langagae amusant
mais on ne voit pas ou tu veux nous emmener
en tout cas, un seul mot : continue, c´est du lourd ![]()
Réveil et pas reveille... ![]()
Même si peu s’en rappelait à présent, l’histoire de Stholm était intimement lié avec les indiens.
Petit village et pourtant prospère, il avait était battit il y avait bien longtemps au temps de la colonisation.
A cette époque, l’île de Palladium était partagée en deux par l’immense forêt d’Hadène. Les colons qui avaient conquis le nord et le sud, décidèrent de relier les deux pôles à des fins politiques et économiques ; et cette liaison se traduisit par la construction d’une route qui traverserait l’Hadène.
Envieux de nouer des liens avec les hommes blancs, de nombreux indiens s’enrôlèrent dans le projet.
On les fit travailler jour et nuit à la force du fouet, et des milliers moururent de faim ou sous les coups.
Toutefois on alloua à la route le nom de La Route Des Plumes Noires, en référence aux indiens pour leurs « sens du sacrifice ».
A mi chemin, au lac Onolim où la rivière Odrim prenait racine, les colons décrétèrent qu’il fallait construire une ville ; celle-ci dut son nom à un ancien chef de la tribu des Koaram, Stholm Moéva.
Ce vénérable maitre de guerre qui portait toujours une peau de bête sur son dos mourut sur le chantier, effectivement un soldat ivre croyant avoir eut affaire avec un ours brun, l’avait abattu d’une balle en pleine tête.
Devenu le seul point de relai entre les deux parties de La Palladium, Stholm prospéra.
Isolé, elle subit l’influence des voyageurs qui la traversèrent devenant peu à peu un village très hétéroclite, mélange des courants artistiques de différentes villes à différentes époques.
Ainsi on pouvait y voir une église toute blanche garnis de gargouilles comme on en faisait il y avait mille ans en Orléane, des maisons construites en pallier à la mode actuel d’Andorn, des rues pavés et des maisons en granit de Cogane, et même des vitraux colorés en vieux Okley.
juste un petit conseil ![]()
évite de poster avant d´avoir des avis (sinon tes lecteurs décrochent et ne veulent plus continuer)
sinon, pour ton texte :
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Oki je vais attendre un peu avant de mettre la suite et merci pour les coms, j´éspère que la suite vous plaira.
Comment on fait pour demander à un admin de supprimer un de ses messages ?
On demande au modéro directement sur "Le cahier du modéro"
.
Sinon pour le texte, une efficacité cinématographique et beaucoup de cisèlement dans la construction dramatique. Le nom des personnages est bien choisi et l´action ne ralentit pas. Les descriptions sont confectionnées sans trop de verbillages, avec naturel, sincérité, et sans recherche d´effet. C´est intéressant, quoique perfectible ^^.
En attendant que le modo efface la dernière partie de mon texte, je vous mets la version definitive ( enfin je pense
)
LA SUITE les gamins.
C’était une petite salle teintée de marron et de jaune.
Outre cette flopée de gamin qu’on entendait bavarder, il y avait aussi l’instructrice, une femme aussi ronde qu’une boule de pétanque, elle s’appelait Irène.
Elle était si laide que même un verrat n’en n’aurait pas voulu pour goret : ses cheveux de suifs coulaient le long de son visage froissé, son nez était écrasé, ses oreilles, décollées et ses yeux, globuleux.
Elle était repoussante de la tête au pied.
Quand elle parlait, son corps, cet amas de chair négligé se dressait comme un piquet et on entendait toutes ses entrailles vibrer, se qui donnait un terrible vrombissement organique.
« Commençons par le commencement, chapitre un, la conquête de l’île. Petit un, l’arrivée des colons. Lorsque les colons atteignirent cette île qu’ils nommèrent la Palladium, ils rencontrèrent les indiens. Les indiens étaient des êtres hostiles et sauvages qui haïssaient plus que tous les hommes blancs… »
Au fil des heures la chaleur augmentait dans la pièce.
Lélio était rongé à petit feu par l’ennuie.
Il baillait.
Comme il aurait voulu que son grand père instruise l’histoire au lieu de cette carcasse rouillée, c’est sûr, il aurait sut s’y pendre lui; peut être que cela n’aurait pas tout le temps était la vérité vraie mais qu’est ce que c’aurait été captivant; il serait venu chaque jour en cours jusqu’à la fin de sa vie, mais là rien qu’une heure paraissait l’éternité alors toute une vie.
Cette femme était si inintéressante, elle parlait si lentement, lentement, prenant le temps de détacher méthodiquement chaque syllabes comme si elle vivait constamment au ralentie.
Arrivé à un tel stade de désespérance, jouer avec l’ombre d’un crayon devenait distrayant, faire un concours de grimace, amusant, et jeter une gomme, hilarant.
Son corps se tassait sur lui-même, il se sentait tout petit et pourtant terriblement lourd, ses fesses s’engourdissaient.
Il s’asphyxiait, les murs de cette prison se resserrées à chaque instant, lui compressant le cou.
Il sentait tout son sang lui remonter à la tête.
Puis il posa son regard sur la fenêtre et une bouffée d’air frais vint lui purifier l’âme : l’herbe se courbant sous le vent, la forêt hautaine sous le ciel paisible ; la vision de la nature l’inspira.
Des histoires merveilleuses, une flore étrange, un chevalier noir et une princesse désenvoûtant un crapaud.
Une alchimie complexe d’amour et de plaisir se forma dans les sinueuses cavités de son cerveau.
La classe s’évanouie dans la caverne de son esprit.
- Eh toi !
Lélio se retourna, il n’en revenait pas, c’était un animal qui l’avait appelé, il était trapu et sa fourrure était blanche avec des taches noires.
- Oh, tiens un panda !
- Comment tu sais que je suis un panda ?
- J’en ai déjà vu dans des bouquins ; je ne comptais pas en voir un dans ma vie et encore moins en classe.
- A vrais dire je ne pensais pas moi-même me retrouver dans une classe d’humain ; dans quelle ais je bien pus me fourrer ?
- Ca tu peux le dire ! Je m’appelle Lélio.
- Enchanté, moi c’est Odãn.
- Tu viens de quelle forêt comme cela, la jungle ?
Le panda s’indigna.
- De la jungle ? Tu me prends pour un péon ? Je suis un panda civilisé, j’habite à Panda Ville.
- Panda Ville ! s’exclama Lélio. Je ne savais pas du tout que cela existé.
- Cela peut paraitre étonnant, mais nous sommes très prolifiques et nous procédons à des échanges commerciaux très importants avec la Palladium ?
- Ah bon !
- Mais il ne faut pas le répéter, si cela s’ébruité se serait la panique dans…
- Silence ! Fit l’institutrice avant de se remettre à écrire sur son tableau.
- Bon il faut que je sorte d’ici ! Fit le panda.
- Mais comment ? Il n’y a pas moyens de s’échapper, tu vas devoir attendre la fin.
- Je n’ai pas le temps il faut que je parte, les soldats me recherchent.
- Les soldats ?
- Ma marâtre m’a engagé dans l’armée dans l’espoir que je meurs au champ de bataille, et qu’elle puisse rafler la cagnotte de mon paternel.
Mais n’étant pas un panda de guerre, j’ai déserté ce matin même. J’ai bien vu que le général s’intéressait d’un peu trop près à mon pelage, si je me fais prendre il ne se privera pas pour me tanner et se faire une jolie parka pour ses vieux os.
- Tu es dans un sacré pétrin d’autant plus que tu as négligé un point primordial dans ton plan, Irène. Avec ses énormes binocles c’est un vrai mirador ambulant, il n’y a pas moyen de s’échapper sans se faire repérer.
- Rassures-toi, un panda réserve toujours son lot de surprise dans sa besace.
Il sortit de sa fourrure un petit sac de cuir.
- Qu’est ce ? Demanda Lélio.
- De la poudre de perception.
- A quoi ca sert ?
- Ne vous ais je pas déjà dis de vous taire Lélio Mactall ? D’ailleurs à qui parlez-vous ? Demanda Irène.
- Avec qui je parle ? Moi ? En voila une question et bien avec Odãn?
- Odãn, Tiens donc ? Qui est ce ?
- C’est le panda derrière moi !
Toute la classe se mit à rire.
- Le panda ? Décidément votre stupidité n’as pas de limite!
- Je ne suis pas stupide ! Cria Lélio.
La grosse femme faisait siffler sa langue derrière ses dents pointues.
-Flemmards, paresseux, fainéant, vous finirez dans la rue et vous tiendrez compagnie aux rats.
Le professeur s’était métamorphosé en une bête hideuse, de la bave verdâtre coulait entre ses crocs acérés, dans ses petits yeux sournois brulaient les brasiers de l’enfer et sur sa crinière crasseuse sautaient toutes sortes de vermines.
Odãn ouvrit son petit sac, et jeta de la poussière jaune contre le mur.
- Que la perception soit notre !
- Arrêtez de taper contre la fenêtre ou cela va très mal se terminer pour vous! Cria la bête furieuse.
- Tais-toi sale hyène ! Hurla Lélio.
Irène devint folle furieuse et émit un hurlement strident avant de bondir.
Une porte était apparut sur le mur.
- Viens partons, dit Odãn en enclenchant la poigner.
Lélio sortit précipitamment, manquant de justesse de se faire avaler tout cru par la hyène.
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Ils se retrouvèrent dans une ruelle, un endroit sombre où les échos de la rue venaient mourir.
Le sol était huileux, le tapis de dalles grises couvert de détritus.
Odãn s’assit et posa sa tête entre ses mains.
« Mais où est il ? Qu’est ce que cet imbécile à encore fait, ça va lui couter très cher, et vous arrêtez de rire, très bien, heure de colle général »
« Oooh »
« C’est encore à cause de ce fumier, la grande tempête, les heures de colles, et il trouve encore le moyen de s’en tirer. »
Lélio tapa contre le mur.
- Je les hais ! Je les hais tous ! J’aurais leurs peaux.
- Tu mourras jeune si tu continues comme ca, Tu sais ? Dit le panda.
Lélio avait le souffle coupé par la colère, il prit un moment pour se ressaisir.
- Tu saurais m’amener au lac ?
- Oui, mais tu oublies les soldats.
Odãn plongea dans une réflexion silencieuse, il observait tout autour de lui avec un regard malicieux.
- Vois tu l’homme assit là bas ? Demanda-t-il.
Il désignait un personnage tapis dans l’obscurité.
- Le clochard ?
- Oui, tu va aller le voir et me ramener son manteau, il me le faut absolument ; ensuite nous irons au lac, dit’ il.
Lélio regarda la ruelle, elle était plus longue, plus étroite mais aussi plus sombre qu’elle ne lui avait parue, ses murs s’encraient de noir et se resserrés comme des étaux.
Outre cela, il y avait ces cris étouffés, des distorsions vocales, et cette odeur pestilentiel, arôme de putréfaction ; autant de missives de douleurs qui s’imprimaient dans le vide.
Entre deux poubelles débordantes de déchets violets, la case du pauvre, une bouche de tôles froissées et d’étoffes crasseuses vomissant des radiations vertes, le lit, une langue de tissus inondés d’immondice.
Lélio distinguait vaguement la stature, ca avait le visage pansé de bandes roussies et humides, il n’y avait plus que ces deux globes imprégnés de vide, ce corps et ses bras ondulaient comme des serpents hypnotisés.
La crainte était une aiguille qui s’enfonçait lentement dans la cervelle de Lélio, il se retourna et lança un dernier regard au panda.
- Bon…Bonjour, je me demandais si vous pouviez faire preuve de générosité, une vie est en jeu et vous pourriez la sauver rien qu’en me prêtant votre manteau. Je… Enfin s’il vous plait, dit-il d’une voix inaudible.
Le corps continuait ses ondulations magnétiques.
- Je peux ?
Lélio tira le haillon du bout des doigts, l’autre émit un chuintement.
- Est-ce que…
Le corps se cambra soudainement en poussant un cri strident.
- Alors peut être que ce gilet vert ?
Le corps tourna la tête et lui adressa un regard, vide, dénué d’expression.
Longs, continues, les chuintements reprirent.
Lélio ne respirait plus, il était annihilé dans ce monde monochromatique, ce vert intense s’intensifiant.
Les ondulations du temps et du corps s’évaporèrent ; il sentit le vide de sa tête s’engouffrer dans les abymes de la peur, primale.
Les deux globes saignèrent.
Le corps gronda,
Puis saisit les bras de Lélio.
Il se débâtit en se convulsant, en tirant, en poussant, le haillon se déchira de haut en bas.
Lélio, libéré, aperçut alors le corps dans toute son effrayante constitution, de la paille, un être de paille.
Des milliers d’aiguilles lui transpercèrent d’un coup le cerveau.
Allez quoi, lachez des commentaires svp.
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