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D'ombres et de lumières...

pacmangold
pacmangold
Niveau 4
06 octobre 2006 à 07:40:08

D´ombres et de lumières...
J´avais chaud... et j´étais fatigué. Une fin de soirée comme beaucoup d´autres. Je m´étais donné à fond comme à chaque fois. J´avais donné le meilleur de moi-même à mes amis, et ils avaient, un temps, oublié leurs soucis. Comme à chaque fois ma joie de vivre, ma convivialité, mon énergie avaient transcendé ces gens. Grâce à moi ils se sentaient à nouveau vivant... enfin. J´avais dansé presque toute la nuit en faisant ce que je faisais le mieux, l’imbécile... je m´étais vidé physiquement et mentalement. Et j´ai eu soif... normal. Le monde et mes mouvements excessifs avaient fais monter la température.

Je sirotais mon verre en regardant cette foule qui se trémoussait on ne sait comment ni pourquoi, sans conviction. Ils viennent pour s´amuser, et ils dansent pour tromper leurs ennuis. Cette foule avait ceci de particulier. Ils donnaient, pour la plus part, l´impression de remuer de manière solitaire, presque pour se cacher, tous anonyme dans la foule. Et mon regard parcourait ces gens, à la recherche d´une histoire à découvrir, en espérant une vision qui ferait réagir mes sens, en me persuadant que je pourrais ne pas finir la nuit tout seul, comme tous les samedis soirs... Même entouré d´amis, de copains de virées, de quelques jolies filles trop belles pour moi, j´étais finalement seul. Ma personnalité y était pour beaucoup... j´étais le grand frère, je transpirais la fraternité pour tous les gens que je rencontrais... j´étais le père ou la mère idéale qui faisaient défaut, il était donc logique que personne ne puisse avoir autre chose qu´un profond sentiment d´amitié envers moi. Je faisais cet effet là, à chaque fois, malgré moi, et ça me pesait...

Je rêvais donc à une quelconque rencontre tendre et câline. Et puis elle se fixa dans mon champ de vision. Elle ne représentait pas mon idéal féminin mais l´inventaire de sa personne me convenait pour une première approche. Une jolie poitrine, une superbe chevelure, un visage agréable, une ligne qui sans être parfaite me satisfaisait. Cela peut paraître basique comme description, mais je suis un homme... Elle était là, à quelques mètres de moi et ma timidité m´interdisait tout actes d´un quelconque contact. Je la trouvais jolie et cela me suffisait Comme à chaque fois, ça me suffisait. Je pense que si je m´étais senti normal, j´aurai réfléchi avec mon sexe et il y aurait eu peu de fin de soirée solitaire. Mais je ne l´étais pas, je ne me trouvais pas dans la normalité, j´étais et je suis toujours incapable de draguer comme d´autres peuvent le faire. C´était, c´est et ce sera toujours mon drame...

Et nos regards se sont croisés… Et puis on s´est mutuellement souris, presque par politesse. J´en espérais plus. D´un coup j´ai eu envie de tenter ma chance moi aussi, et sans m´en apercevoir je me retrouvais à quelques centimètres d´elle. Mais rien, juste un ou deux regards polis, j´étais incapable d´aligner quelques mots assez cohérents pour faire connaissance. Ce n´était pas la première fois, et cette fois là, elle ne serait pas la dernière qui me ferait réagir comme ça... Les week-ends se succédaient, nous nous reconnaissions, et nous restions toujours aussi polis, n´apprenant rien de plus l´un sur l´autre, se disant à chaque fois que l´on se reverrait une fois prochaine. Et ça n´avait aucune importance. Je ramais dans ma vie sentimentale et il n´y avait pas de place pour elle dans mes pensées, mis à part peut être dans mes fantasmes... le destin aurai du s´en tenir là, pour nous deux.
Je ne sais pas toujours pas pourquoi l´amour m´est tombé dessus. Avec le temps, je me dis qu´elle m´avait surtout touché par son histoire, mais elle ne m´avait pas eu. Pour m´avoir, il faut être capable de m´aimer. Et elle ne m´aimait pas. Pas encore. Elle ne me connaissait pas. Elle ne m´a découvert que petit à petit, au gré de mon bon vouloir, en ne me dévoilant que par petits bouts. Car malgré mon amour grandissant, elle me faisait peur... et j´avais besoin de reconstruire une vie plus heureuse que celle dont je sortais... Nos problèmes nous ont sûrement rapprochés, mais ils n´ont fait aussi qu´accroître la difficulté de notre histoire.

On s´est accroché l´un à l´autre en entraînant des vies dans notre sillage. Certaines innocentes, d´autres qui n´ont récolté que la souffrance devant cet amour inéluctable que rien ne pouvait empêcher, même émailler de mensonges grossiers, d´actes de trahisons involontaires, de paroles dites trop vite dans le seul but de frapper là où ça fait mal... et on s´est finalement aimer, peut être à jamais, en gravant dans chacun de nous deux des sensations si fortes... Je ne me souviens pas d´avoir aimer comme ça auparavant, pourtant il ne me semble pas avoir aimer moins que ça. L´oublie fait des ravages, et l´amour est toujours capable de réveiller ces sentiments certes illusoires, mais indispensables pour se sentir exister...
Tout cela je l´ai presque su la première fois. Au premier regard. Malgré le bruit, l´excès de boisson, la fatigue. Je savais que notre histoire, si j´avais envisagé une histoire, ne serait pas comme les autres. Elle n´avait pourtant rien d´exceptionnelle. C´était une fille banale dans un cadre tout aussi banale. Et elle devint pour moi le plus beau des joyaux. Je savais déjà au premier sourire qu´elle était dangereuse pour ma santé mentale, que m´approcher brûlerait mes ailes. Elle a fait le premier pas et je me suis consumé.
Tout cela peut paraître compliqué, incompréhensible, voir exagérer. Mais il n´y a rien à comprendre, tout est parfaitement clair. Ce n´est qu´une histoire d´amour fait d´ombres et de lumières, de pleurs et de bonheurs partagés. De la perspective d´un avenir encore possible, les fondations d´une famille si tant est que cela soit concevable. De l´union de deux corps pour la création d´un seul tout aussi fragile, baigné dans l´amour de deux êtres que le destin à choisi de se faire s´affronter, se réconcilier avec la vie, d´unir sur un chemin tortueux mais qui vaut la peine d´être parcouru à deux... C´est l´histoire d´une rencontre. Une histoire comme on peut en voir souvent. D´un amour unique.

J´aime me raconter cette histoire car elle pourrait être vrai. J´aime évoquer la possibilité que je serai capable de vivre ça, avec tous les risques que cela comporte. Me dire qu´il faudrait que je dorme enfin, pour faire ce rêve et ne jamais me réveiller. Etre heureux ou presque... enfin.

Et heureux, je le suis finalement. Cette aventure m´a donné de nouveaux buts. Je possède maintenant toutes les réponses nécessaires à mon existence. Je connais la valeur de ma vie, du destin qui m´est promis. Et cette aventure n´est pas encore terminée, ce n´est que le début. On aura beau me rabattre que je perds mon temps, tant qu´il restera un espoir je continuerai de rêver. Il m´est impossible de penser que j´ai pu traverser cette vie faite de sacrifices, de m´être autant investi pour les autres, pour elle, et voir mon Graal m´échapper. Si près du but. Il est des certitudes que l´on ne peut nier, des vérités que l´on ne peut cacher. Nous nous aimons. Chacun à notre manière, avec des visions différentes de notre avenir, de nos relations futures... il ne peut qu´en être ainsi. Je ne peux imaginer que tout ceci n´est pu être que le fruit du mensonge, du non-respect de l´autre...
II y a des images, des mots encore gravés dans mon esprit. Une femme tendre ne vivant que pour nos retrouvailles, heureuse de redevenir une jeune fille amoureuse, transi à l´évocation de mon seul souvenir. Des promesses de sentiments sincères, des paroles de roman à l´eau de rosé, des vers secrets échappé du paradis. Il y a eu des mensonges, certes, mais je les ai percés. Des faces cachées que j´ai mises à jours. De situations insurmontables en échecs de communications, je me suis mis en tête que la vie m´avait fait croiser son chemin pour notre bien à tous les deux, ou trois, voir quatre et peut être cinq s´il est encore temps.
J´avais chaud... et j´étais fatigué. Une fin de soirée comme beaucoup d´autres. Je m´étais donné à fond comme à chaque fois. J´avais donné le meilleur de moi même à mes amis, et ils avaient, un temps, oublié leurs soucis. Je ne vivais plus que pour cela. Je pensais que la vie m´avait déjà tout offert, tout appris, qu´elle ne pouvait rien apporter de plus que ce je n´avais eu. Je me trompais. Je pensais qu´aucune femme ne pourrait plus faire de moi un Roméo. Que je ne pourrais plus n´être qu´un Casanova de plus. Récitant mes tirades dans le but d´une nuit coquine sans lendemain, tout au moins pour quelques nuits sans grand avenir philosophique. Je me trompais. Je mentais, je jouais un personnage fantasque qui, non dénué d´une certaine discrétion, attirait les regards et déclenchait les rencontres futiles. Je ne sortais que pour oublier que ma vie était un immense chantier laissé à l´abandon, et dont le maître d´œuvre avait fait faillite...

De temps à autre je m´accrochais à une femme autrement plus belle et plus saine que celle que j´ai dans la peau. Des femmes qui me faisaient tourner la tête par leur intelligence, leur féminité de sentiment. Elles auraient pu me rendre fou, me mettre dans cet état de manque permanent, mais non. Elles n´ont fait que passer dans ma vie en ne laissant que pour seules traces des souvenirs amicaux pleins de tendresses.

Parfois, je m´interrogeais sur le sens profond de ma pitoyable existence. Pourquoi j´errais, le soir, après une journée de travail déjà bien assez fatigante. Je questionnais autour de moi pour mieux me connaître. Je cherchais des réponses que je connaissais inconsciemment. Et cette effroyable vérité ne me convenait pas. Je refusais d´être un homme presque parfait, celui que l´on voulait comme ami pour toujours, ce confident plein de bon sens et de condescendances sincères. Le bonheur que je donnais ne m´était pas rendu comme je l´entendais. J´aurai voulu que mes dons m´aident à trouver cet équilibre affectif dont je murmurais le besoin et qui ne trouvait en écho que le profond respect que je développais. Je me foutais de ce respect, je voulais juste être aimé comme chacun peut le rêver. Je voulais juste un peu de ce paradis. Je l´offrais, je l´ouvrais ce paradis, et je ne possédais même pas les clefs du mien... peut être un peu trop torturé, il est vrai que parfois les méandres de mon esprit sont un peu trop tortueux... j´en connais les causes, je sais le remède et je ne suis pas prêt pour une thérapie.

Qu´importe le temps que je perdrais, tant que je la garde. Qu´importe les efforts à déployer pour la reconquérir, la fin justifie les moyens. De part mon éducation je suis un soldat, fatigué peut être, mais déterminé à continuer le combat. Je n´ai pas de famille, pas de patrie, tous les espoirs me sont permis pour vivre à ses cotés, là où elle le souhaite… mais les guerres se gagnent et j’ai perdu la mienne… celle là comme d’autre avant, comme sûrement d’autre à venir.
J´aurai encore chaud... et je serai encore fatigué. Des fins de soirée comme beaucoup d´autres. Mais je ne me donnerais plus. Je garderai le meilleur de moi-même, quitte à leur rappeler, un temps encore, que je me fous de leurs soucis. Qui s´intéresse aux miens ? Je me préserverai jusqu´au retour de l’amour. Je me garderai pur de toute cette boue qui m´entoure. Je mettrai mes dons à son service, encore et toujours
Je sortirais de l´ombre, pour pouvoir encore aimer dans la lumière...

redsissi
redsissi
Niveau 10
06 octobre 2006 à 15:17:55

Merveilleusement raconté! On a vraiment l´impression d´y être! Texte intéressant, totalement fluide et on en veut encore même quand il est terminé... C´est une histoire à la fois banale et particulière qui nous donne un peu tous l´impression de l´avoir vécue un jour ou l´autre. Très bon texte!! :bravo:

Quelques fautes cependant que j´ai relevées au passage :

Ils donnaient, pour la plus part, > plupart
cet effet là, > effet-là ?
m´interdisait tout actes > tout acte
et cette fois là, > fois-là
mis à part peut être dans mes fantasmes > peut-être
le destin aurai du s´en tenir là > aurait
Je ne sais pas toujours pas pourquoi l´amour m´est tombé dessus. > je mettrai une virgule après toujours et une autre après pourquoi.
et on s´est finalement aimer, > aimé
L´oublie fait des ravages > L´oubli
Elle n´avait pourtant rien d´exceptionnelle. > je mettrais "exceptionnel" au masculin, je crois que c´est rien qui n´est pas exceptionnel
dans un cadre tout aussi banale. > banal (le cadre)
voir exagérer. > voire? (sens de même)?
Ce n´est qu´une histoire d´amour fait d´ombres et de lumières, de pleurs et de bonheurs partagés. > faite d´ombres et de lumière
destin à choisi de se faire s´affronter > a choisi
elle pourrait être vrai. > vraie
que tout ceci n´est pu être que le fruit du mensonge, > n´ai pu être ?
transi à l´évocation de mon seul souvenir. > transie ?
l´eau de rosé > l´eau de rose ?
des vers secrets échappé du paradis > échappés
mises à jours > jour
en échecs de communications > communication
pleins de tendresses. > tendresse
fatigante > fatiguante ?
peut être un peu trop torturé, > peut-être
à ses cotés > côtés
celle là comme d’autre avant, comme sûrement d’autre à venir. >celle-là comme d´autres avant, comme sûrement d´autres à venir

J´ai adoré ton texte Pacmangold! :coeur:

redsissi
redsissi
Niveau 10
06 octobre 2006 à 15:18:51

ah oui! pas de S à lumière dans le titre non plus! :-)))

redsissi
redsissi
Niveau 10
08 octobre 2006 à 03:17:00

ça paraît énorme... mais ces fautes n´en sont pas de si grosses que ça tu sais...

dommage que personne ne te lise... :-(

allez un p´tit :up: on sait jamais... :-)

pacmangold
pacmangold
Niveau 4
08 octobre 2006 à 09:51:14

merci red, je suis touché que ce texte te plaise à ce point... pour les fautes... bah... on dira que c´est mon petit coté dyslexique :rire:

redsissi
redsissi
Niveau 10
08 octobre 2006 à 14:09:21

arf pour la dyslexie :desole:

oui j´ai vraiment beaucoup aimé ton texte
tu vas en faire d´autres?

Clof
Clof
Niveau 6
08 octobre 2006 à 16:34:53

Je ne sais quoi dire devant un texte aussi explicite.
On sent le vécu derrière les mots...
Bref, j´ai aimé ton récit pacmangold, triste et vrai. Un texte où chacun peut s´identifier à sa manière.
Et... c´est aussi bourré de fautes d´horthographe ( :o)) ) Enfin, ça ne gache pas la beauté des mots.
Bravo, et bonne chance pour tes prochains écrits :)

pacmangold
pacmangold
Niveau 4
08 octobre 2006 à 21:29:45

au fait... pour lumières... pour moi il y en a plusieurs. sinon, ça fait longtemps que j´écris (pensées, textes, chansons...)et là je suis sur mon livre... mais bon, ça c´est une autre histoire...

pacmangold
pacmangold
Niveau 4
16 octobre 2006 à 10:36:28

j´ai fait les corrections qui s´imposait...

-- attitude du gars honteux--

bonne (re)lecture...

J´avais chaud... et j´étais fatigué. Une fin de soirée comme beaucoup d´autres. Je m´étais donné à fond comme à chaque fois. J´avais donné le meilleur de moi-même à mes amis, et ils avaient, un temps, oublié leurs soucis. Comme à chaque fois ma joie de vivre, ma convivialité, mon énergie avaient transcendé ces gens. Grâce à moi ils se sentaient à nouveau vivant... enfin. J´avais dansé presque toute la nuit en faisant ce que je faisais le mieux, l’imbécile... je m´étais vidé physiquement et mentalement. Et j´ai eu soif... normal. Le monde et mes mouvements excessifs avaient fais monter la température.

Je sirotais mon verre en regardant cette foule qui se trémoussait on ne sait comment ni pourquoi, sans conviction. Ils viennent pour s´amuser, et ils dansent pour tromper leurs ennuis. Cette foule avait ceci de particulier. Ils donnaient, pour la plupart, l´impression de remuer de manière solitaire, presque pour se cacher, tous anonyme dans la foule. Et mon regard parcourait ces gens, à la recherche d´une histoire à découvrir, en espérant une vision qui ferait réagir mes sens, en me persuadant que je pourrais ne pas finir la nuit tout seul, comme tous les samedis soirs... Même entouré d´amis, de copains de virées, de quelques jolies filles trop belles pour moi, j´étais finalement seul. Ma personnalité y était pour beaucoup... j´étais le grand frère, je transpirais la fraternité pour tous les gens que je rencontrais... j´étais le père ou la mère idéale qui faisaient défaut, il était donc logique que personne ne puisse avoir autre chose qu´un profond sentiment d´amitié envers moi. Je faisais cet effet-là, à chaque fois, malgré moi, et ça me pesait...

Je rêvais donc à une quelconque rencontre tendre et câline. Et puis elle se fixa dans mon champ de vision. Elle ne représentait pas mon idéal féminin mais l´inventaire de sa personne me convenait pour une première approche. Une jolie poitrine, une superbe chevelure, un visage agréable, une ligne qui sans être parfaite me satisfaisait. Cela peut paraître basique comme description, mais je suis un homme... Elle était là, à quelques mètres de moi et ma timidité m´interdisait tout acte d´un quelconque contact. Je la trouvais jolie et cela me suffisait Comme à chaque fois, ça me suffisait. Je pense que si je m´étais senti normal, j´aurai réfléchi avec mon sexe et il y aurait eu peu de fin de soirée solitaire. Mais je ne l´étais pas, je ne me trouvais pas dans la normalité, j´étais et je suis toujours incapable de draguer comme d´autres peuvent le faire. C´était, c´est et ce sera toujours mon drame...

Et nos regards se sont croisés… Et puis on s´est mutuellement souris, presque par politesse. J´en espérais plus. D´un coup j´ai eu envie de tenter ma chance moi aussi, et sans m´en apercevoir je me retrouvais à quelques centimètres d´elle. Mais rien, juste un ou deux regards polis, j´étais incapable d´aligner quelques mots assez cohérents pour faire connaissance. Ce n´était pas la première fois, et cette fois-là, elle ne serait pas la dernière qui me ferait réagir comme ça... Les week-ends se succédaient, nous nous reconnaissions, et nous restions toujours aussi polis, n´apprenant rien de plus l´un sur l´autre, se disant à chaque fois que l´on se reverrait une fois prochaine. Et ça n´avait aucune importance. Je ramais dans ma vie sentimentale et il n´y avait pas de place pour elle dans mes pensées, mis à part peut-être dans mes fantasmes... le destin aurait du s´en tenir là, pour nous deux.
Je ne sais pas toujours pas pourquoi l´amour m´est tombé dessus. Avec le temps, je me dis qu´elle m´avait surtout touché par son histoire, mais elle ne m´avait pas eu. Pour m´avoir, il faut être capable de m´aimer. Et elle ne m´aimait pas. Pas encore. Elle ne me connaissait pas. Elle ne m´a découvert que petit à petit, au gré de mon bon vouloir, en ne me dévoilant que par petits bouts. Car malgré mon amour grandissant, elle me faisait peur... et j´avais besoin de reconstruire une vie plus heureuse que celle dont je sortais... Nos problèmes nous ont sûrement rapprochés, mais ils n´ont fait aussi qu´accroître la difficulté de notre histoire.

On s´est accroché l´un à l´autre en entraînant des vies dans notre sillage. Certaines innocentes, d´autres qui n´ont récolté que la souffrance devant cet amour inéluctable que rien ne pouvait empêcher, même émailler de mensonges grossiers, d´actes de trahisons involontaires, de paroles dites trop vite dans le seul but de frapper là où ça fait mal... et on s´est finalement aimer, peut être à jamais, en gravant dans chacun de nous deux des sensations si fortes... Je ne me souviens pas d´avoir aimer comme ça auparavant, pourtant il ne me semble pas avoir aimer moins que ça. L´oublie fait des ravages, et l´amour est toujours capable de réveiller ces sentiments certes illusoires, mais indispensables pour se sentir exister...
Tout cela je l´ai presque su la première fois. Au premier regard. Malgré le bruit, l´excès de boisson, la fatigue. Je savais que notre histoire, si j´avais envisagé une histoire, ne serait pas comme les autres. Elle n´avait pourtant rien d´exceptionnel. C´était une fille banale dans un cadre tout aussi banal. Et elle devint pour moi le plus beau des joyaux. Je savais déjà au premier sourire qu´elle était dangereuse pour ma santé mentale, que m´approcher brûlerait mes ailes. Elle a fait le premier pas et je me suis consumé.
Tout cela peut paraître compliqué, incompréhensible, voir exagérer. Mais il n´y a rien à comprendre, tout est parfaitement clair. Ce n´est qu´une histoire d´amour fait d´ombres et de lumières, de pleurs et de bonheurs partagés. De la perspective d´un avenir encore possible, les fondations d´une famille si tant est que cela soit concevable. De l´union de deux corps pour la création d´un seul tout aussi fragile, baigné dans l´amour de deux êtres que le destin a choisi de se faire s´affronter, se réconcilier avec la vie, d´unir sur un chemin tortueux mais qui vaut la peine d´être parcouru à deux... C´est l´histoire d´une rencontre. Une histoire comme on peut en voir souvent. D´un amour unique.

J´aime me raconter cette histoire car elle pourrait être vraie. J´aime évoquer la possibilité que je serai capable de vivre ça, avec tous les risques que cela comporte. Me dire qu´il faudrait que je dorme enfin, pour faire ce rêve et ne jamais me réveiller. Etre heureux ou presque... enfin.

Et heureux, je le suis finalement. Cette aventure m´a donné de nouveaux buts. Je possède maintenant toutes les réponses nécessaires à mon existence. Je connais la valeur de ma vie, du destin qui m´est promis. Et cette aventure n´est pas encore terminée, ce n´est que le début. On aura beau me rabattre que je perds mon temps, tant qu´il restera un espoir je continuerai de rêver. Il m´est impossible de penser que j´ai pu traverser cette vie faite de sacrifices, de m´être autant investi pour les autres, pour elle, et voir mon Graal m´échapper. Si près du but. Il est des certitudes que l´on ne peut nier, des vérités que l´on ne peut cacher. Nous nous aimons. Chacun à notre manière, avec des visions différentes de notre avenir, de nos relations futures... il ne peut qu´en être ainsi. Je ne peux imaginer que tout ceci n´ai pu être que le fruit du mensonge, du non-respect de l´autre...
II y a des images, des mots encore gravés dans mon esprit. Une femme tendre ne vivant que pour nos retrouvailles, heureuse de redevenir une jeune fille amoureuse, transie à l´évocation de mon seul souvenir. Des promesses de sentiments sincères, des paroles de roman à l´eau de rose, des vers secrets échappés du paradis. Il y a eu des mensonges, certes, mais je les ai percés. Des faces cachées que j´ai mises à jour. De situations insurmontables en échecs de communication, je me suis mis en tête que la vie m´avait fait croiser son chemin pour notre bien à tous les deux, ou trois, voir quatre et peut être cinq s´il est encore temps.
J´avais chaud... et j´étais fatigué. Une fin de soirée comme beaucoup d´autres. Je m´étais donné à fond comme à chaque fois. J´avais donné le meilleur de moi même à mes amis, et ils avaient, un temps, oublié leurs soucis. Je ne vivais plus que pour cela. Je pensais que la vie m´avait déjà tout offert, tout appris, qu´elle ne pouvait rien apporter de plus que ce je n´avais eu. Je me trompais. Je pensais qu´aucune femme ne pourrait plus faire de moi un Roméo. Que je ne pourrais plus n´être qu´un Casanova de plus. Récitant mes tirades dans le but d´une nuit coquine sans lendemain, tout au moins pour quelques nuits sans grand avenir philosophique. Je me trompais. Je mentais, je jouais un personnage fantasque qui, non dénué d´une certaine discrétion, attirait les regards et déclenchait les rencontres futiles. Je ne sortais que pour oublier que ma vie était un immense chantier laissé à l´abandon, et dont le maître d´œuvre avait fait faillite...

De temps à autre je m´accrochais à une femme autrement plus belle et plus saine que celle que j´ai dans la peau. Des femmes qui me faisaient tourner la tête par leur intelligence, leur féminité de sentiment. Elles auraient pu me rendre fou, me mettre dans cet état de manque permanent, mais non. Elles n´ont fait que passer dans ma vie en ne laissant que pour seules traces des souvenirs amicaux pleins de tendresse.

Parfois, je m´interrogeais sur le sens profond de ma pitoyable existence. Pourquoi j´errais, le soir, après une journée de travail déjà bien assez fatigante. Je questionnais autour de moi pour mieux me connaître. Je cherchais des réponses que je connaissais inconsciemment. Et cette effroyable vérité ne me convenait pas. Je refusais d´être un homme presque parfait, celui que l´on voulait comme ami pour toujours, ce confident plein de bon sens et de condescendances sincères. Le bonheur que je donnais ne m´était pas rendu comme je l´entendais. J´aurai voulu que mes dons m´aident à trouver cet équilibre affectif dont je murmurais le besoin et qui ne trouvait en écho que le profond respect que je développais. Je me foutais de ce respect, je voulais juste être aimé comme chacun peut le rêver. Je voulais juste un peu de ce paradis. Je l´offrais, je l´ouvrais ce paradis, et je ne possédais même pas les clefs du mien... peut-être un peu trop torturé, il est vrai que parfois les méandres de mon esprit sont un peu trop tortueux... j´en connais les causes, je sais le remède et je ne suis pas prêt pour une thérapie.

Qu´importe le temps que je perdrais, tant que je la garde. Qu´importe les efforts à déployer pour la reconquérir, la fin justifie les moyens. De part mon éducation je suis un soldat, fatigué peut être, mais déterminé à continuer le combat. Je n´ai pas de famille, pas de patrie, tous les espoirs me sont permis pour vivre à ses cotés, là où elle le souhaite… mais les guerres se gagnent et j’ai perdu la mienne… celle-là comme d’autres avant, comme sûrement d’autres à venir.
J´aurai encore chaud... et je serai encore fatigué. Des fins de soirée comme beaucoup d´autres. Mais je ne me donnerais plus. Je garderai le meilleur de moi-même, quitte à leur rappeler, un temps encore, que je me fous de leurs soucis. Qui s´intéresse aux miens ? Je me préserverai jusqu´au retour de l’amour. Je me garderai pur de toute cette boue qui m´entoure. Je mettrai mes dons à son service, encore et toujours
Je sortirais de l´ombre, pour pouvoir encore aimer dans la lumière...

pacmangold
pacmangold
Niveau 4
30 novembre 2006 à 10:58:45

un petit (tout petit) up !!

bon d´accord :desole:

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