´lut
Une courte nouvelle (à peine deux pages). L´un des buts est de ressentir une certaine émotion (pas très dure à deviner
), donc c´est surtout là-dessus que j´aimerais avoir votre avis.
Voilà, court texte donc court bla-bla.
Enjoy donc, ili niet.
Peur primale
Il sait qu’il n’aurait pas dû venir. Cela se voit à ses mains moites qui tiennent fébrilement son minuscule couteau en tremblant comme les feuilles tout autour. L’arc accroché dans son dos s’agite sous les spasmes du jeune homme. Il est crispé, beaucoup trop. Mais il est déterminé, il n’a plus rien d’autre de toute manière. Soudain, les remords s’abattent sur lui comme la lame qui tranche la tête du condamné à moitié innocent. Il se revoit avec elle, n’osant lui avouer à quel point il tient à elle. Ses cheveux blonds comme les blés se couchant au vent, sa peau si douce. Il revoit le magnifique coucher de soleil se reflétant sur le lac dans une ambiance surnaturelle. Et par-dessus tout, il la revoit en train de partir tandis que lui, ramenant ses genoux en position fœtale, se met à pleurer à chaudes larmes. Il se rappelle l’air désespéré du père de la fille lorsque le lendemain, il était venu lui demander ce qu’il avait fait de celle-ci. Il se revoit, hagard, en train d’essayer de traiter les informations qu’on lui communique. Il se revoit partir à sa recherche d’un pas déterminé, avec son petit couteau et son arc artisanal. Et maintenant qu’il est là, il ne sait plus où chercher, et il commence à avoir peur. Car au fond de lui, il ne sait pas ce qui a pu arriver. Il est en quête d’une chimère, il tente de retrouver une personne qui peut être morte, dévorée, ou tout simplement volatilisée sans explication possible. Et il commence à avoir peur, une boule s’est logée dans son estomac, et elle grossit de seconde en seconde. Le crépuscule arrive à grands pas, jouant sadiquement avec les arbres pour obtenir un jeu d’ombres angoissant. Le vent se lève, commençant à faire frémir les silhouettes. Au loin, un cri désincarné retentit, glaçant l’échine du jeune homme. Une sueur froide commence à dégouliner le long de son front. Sa détermination faiblit un court instant, mais il se reprend. C’est de sa faute si elle est ici, il la sortira. Il est arrivé dans une clairière. La nuit est désormais quasiment tombée, il ne voit plus grand-chose à part les ombres engendrées par la faible et blafarde lumière lunaire. Il traverse lentement la clairière. Chaque bruit de feuille l’oblige à se retourner brusquement, le couteau brandi en avant.
Soudain, il distingue une ombre furtive parmi les branchages. Elle se déplace souplement et rapidement, tentant visiblement de le contourner. Ses tremblements s’intensifient et deviennent de moins en moins contrôlables. La lune est soudain cachée par un obstacle et il se retrouve dans l’obscurité totale. Il est sur le point de hurler de peur et de courir se réfugier dans la douceur de son petit lit, il n’en a finalement plus rien à faire de la raison de sa venue ici. Sa survie prime avant tout. Il s’apprête à courir, mais quelque chose l’en empêche. Un reste d’honneur ? Certainement pas. Ses jambes sont simplement tétanisées par la terreur quand il s’aperçoit que la forme noire s’est arrêtée devant lui. Son souffle devient haletant, ses mouvements deviennent brusques et il tourne sans cesse la tête. Soudain, l’astre réapparaît, juste à temps pour laisser tomber un corps ensanglanté sous ses yeux. Il met quelques secondes à réagir. Mais il finit par comprendre. Il se met à hurler de toutes ses forces en voyant que le cadavre qu’il voit devant lui est celui de la personne qu’il était venu chercher. Ses yeux ont été dévorés, dévoilant l’ossature de ses orbites vides, tout comme le crâne entier d’ailleurs. Sa peau a entièrement disparu, et ses organes ont été dévorés ou parfois simplement à moitié arrachés. Son visage est complètement méconnaissable avec ces traces de sang et ces énormes balafres. Des torrents de larmes salées glissent le long des joues du jeune homme pour venir s’écraser et se mélanger au sang qui macule le sol. Il reste comme cela plusieurs secondes avant de se retourner pour faire face à son cauchemar.
Ça y est, cette fois, il perd tout courage. Ses jambes s’entrechoquent violemment tandis que son visage est complètement blême. Il tente pitoyablement de maintenir son misérable couteau devant lui, mais il a si peur que l’arme tient à peine dans ses mains. Il s’agit d’une espèce d’araignée géante. Une bave acide suinte de ses énormes mandibules tandis que ses pattes gigantesques écrasent les arbres comme de misérables fétus de paille. Elle pousse soudain un énorme hurlement qui déchire les entrailles du jeune homme. Celui-ci résiste tant bien que mal à l’appel de la lâcheté tandis que sa tristesse et sa haine guident son bras jusqu’à son arc. Il se saisit de l’arme et encoche une flèche, envoyant le projectile directement dans l’oeil de la créature. Celle-ci se tord de douleur, son corps blanchâtre parcouru de spasmes incontrôlables. L’espoir refait surface dans l’esprit de l’homme et il décoche trait sur trait, se réjouissant des cris de douleur poussés par le cauchemar. Il a finalement vaincu sa peur, il en est heureux. Il ne reverra jamais plus sa dulcinée, mais il l’aura au moins vengée. Et pourtant, elle avance vers lui, très lentement. Il n’a bientôt plus de flèches, et la peur refait surface. Que va-t-il lui arriver, maintenant qu’il est plus ou moins sans défense ? Son petit couteau peut-il lui permettre de vaincre cet être maléfique ? Il en doute, mais il restera coûte que coûte, il sait qu’on peut la détruire maintenant. Il se met lui aussi à avancer, d’abord très lentement, puis il accélère le rythme petit à petit. La monstruosité n’est plus qu’à quelques mètres. Son sang jaunâtre coule depuis les vilaines balafres causées par les traits.
Le jeune homme charge soudain la créature, plantant violemment sa lame dans l’une de ses huit pattes. La « chose » pousse un hurlement bestial, et puis, plus rien. Le temps s’est comme arrêté. Le garçon peut clairement entendre son cœur qui bat, et il voit ses mouvements au ralenti. Petit à petit, il comprend ce qui se passe : la créature se régénère, et elle le regarde fixement de ses deux yeux jaunes retrouvés. Ce regard est plus terrifiant que tout ce qu’il a pu voir dans sa courte vie. Il ne veut plus qu’une chose désormais : se sauver. Sa peur ancestrale des esprits de la forêt a refait surface, il ne peut plus affronter un tel être. Comment affronter celui que, la veille même, tu priais encore ? Mais il ne peut pas se contrôler. Ses mains moites se mettent à trembler, ses genoux s’entrechoquent violemment alors qu’il tente vainement de se retourner pour fuir à travers la forêt. Le cri strident l’atteint mieux qu’une flèche, perforant son cœur de part en part. Il ne sait plus quoi faire. Des larmes coulent anarchiquement de ses yeux, il n’est plus maître de lui-même. Devant lui, la monstruosité s’est relevée et le toise de son regard hautain, semblant le condamner pour avoir osé se mesurer à cette force de la nature. Soudain, grâce à un immense effort de volonté, il reprend le contrôle de ses jambes. Il se retourne et se met à détaler comme un lapin. Il ne peut rien faire d’autre, l’esprit est plus fort de toute manière. Mais il a beau courir aussi vite que possible, il sent toujours le souffle fétide derrière lui, et les arbres s’abattent autour de lui dans une foule de craquements sinistres. Il s’oblige à regarder droit devant lui, se concentrant sur son chemin. Ne pas penser à l’abomination qui le poursuit. Ne pas jeter un seul regard au monstre qui a dévoré son amour. Ne pas penser aux cris qu’elle a dû pousser.
Soudain, il trébuche. Un petit rocher qui a eu la malencontreuse idée de venir percuter ses pieds. Il est trop affolé pour se reprendre. Lentement, il voit le sol se rapprocher, ses bras se tendre pour amortir le choc. Il tente de se relever, mais déjà la créature infernale est sur lui. Il distingue chacune de ces immondes dents teintées de sang, chaque rainure de sa peau blanchâtre. Son cœur s’est ralenti, il sait désormais qu’il n’a plus aucune chance. Il ne ferme pas les yeux, et la dernière chose qu’il voit est l’immense gueule qui vient l’engloutir dans une gerbe de sang.
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Bon texte, mais... moi ça ne m´a pas fait peur.
C´est sans dout parce que je ne suis pas en condition, et puis je trouve les récits les plus effrayants ceux qui installent lentement une atmosphère flippante, donc ton tetxe est trop court à mon avis.
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Erf. Bon, de toute façon il est vrai que j´ai encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine. Mais sinon, ce n´est pas sensé "faire peur", mais plutôt installer une atmosphère un peu tendue...mais bon, tant pis. On verra les autres avis^^ Mais j´avoue que je vois pas comment j´aurais pu ralentir davantage ce texte. Enfin bref, merci d´avoir lu et commenté. ![]()
NE PAS LIRE CE COMMENTAIRE SI VOUS N´AVEZ PAS LU CE TEXTE ( même si on se doute de la fin, connaissant AZ´,
)
A mon tour ^^
Le texte m´a beaucoup plu. A défaut d´y trouver de la peur, j´y ait lu une action très bien menée et plaisante. Le rythme soutenu est très agréable et nous porte un instant hors de la réalité.
Quelques ch´ti conseils pour améliorer tes descriptions des sentiments ( si je peux me permettre
) : pour faire ressentir la peine du héros lorsqu´il aperçoit le cadavre décharné de celle qu´il aime, il aurait fallu avoir plus de détails sur leur relation, à mon avis, les tout petits détails qui donnent une dimension à leur couple.
Pour la peur: rester dans le flou total en ce qui concerne la description de l´arachnide, ne la dévoiler qu´à la fin lorsqu´il la voit se jeter sur lui pour le dévorer ( soit dit en passant, l´araignée liquéfie sa proie avant de l´aspirer ^^ elle ne la dévore pas si mes souvenirs sont bons
)
Pour l´angoisse, et bien là, j´y ai trouvé un peu plus mon compte, je dois l´avouer, on a une certaine appréhension due au rythme soutenu du texte, donc là, c´est bien ^^
Une autre chose aussi, c´est que l´on a pas peur en lisant ton texte, mais paradoxalement, on ressent celle du héros... On sent qu´il a peur. Un très bon point ^^
Bref, je me suis permis ces quelques conseils, mais je tiens à dire que ton texte m´a beaucoup plu. Je vois des améliorations à chacun de tes textes et je prends de plus en plus de plaisir à te lire, alors je ne peux que continuer à t´encourager.
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Oh quel gentil com´.
"les tout petits détails qui donnent une dimension à leur couple"
==>Dur de les connaître quand on a jamais été en couple.
Sinon, au niveau des sentiments/émotions tu peux te permettre tous les conseils que tu veux, vu que t´es largement meilleur que moi.
"rester dans le flou total en ce qui concerne la description de l´arachnide,"
==>Tu veux dire, comme toi avec les Meccas?
Pour l´araignée, comme c´est une bête qu´existe pas, d´un autre côté...
Enfin bref, merci à toi d´avoir lu (
) et content que tu aies apprécié la lecture de ce ch´tit texte. ![]()
Bon, j´ai bien aimé dans l´ensemble, texte ma foi fort sympathique, même si, te connaissant, la chute n´amène que peu de surprise^^ Mais bon, c´est pas là où se trouve l´intérêt du texte, aussi passons.
Pour ce qui est de la peur, je dirais pas que j´en ai ressenti, même si une certaine tension assez bien rendue se dégage par moments. J´y ai vu quelques réminescences d´une certaine forêt par moments aussi (
).
Sinon, je rejoins Apolo sur un point, les descriptions de la bestiole. C´est avéré qu´on a plus peur de ce qu´on ne voit pas entièrement, ce qu´on devine se dissimulant entre les ombres...
Vala ![]()
De quelle forêt parles-tu donc?
Oki, c´est entendu pour les descriptions, je veillerai à attendre un peu pour les mettre. Mais je ne peux jamais m´empêcher de décrire mes chères bestioles, pour rajouter un peu d´horreur^^.
Faut j´trouve le juste milieu, donc^^ Mais d´abord, faut j´trouve une autre idée de texte du genre. ![]()
Voilà ton texte est plus horrifique que flippant en fait.
Merci à tous pour les com´s, j´pense que la leçon est r´tenue, et on pourra vérifier tout ça lors du prochain texte^^ (quand j´l´aurai trouvé
)
Bon, en temps normal je ne me seraispas attardé à laisser des critiques, mais comme j´aime bien le petit Azertynounet et qu´on peut espérer que ce commentaire puisse l´aider à l´améliorer dans l´avenir, je me lance. Ainsi, ce texte, je l´ai trouvé plat. Du moins, pour ma part, je ne suis pas rentré dedans. L´utilisation d´un vocabulaire qui ne varie pas d´un pouce durant les chapitres (style arc, créature...) installe une redondance assez déplaisante ne donnant pas l´impression d´une évolution. De même, si tu souhaites instiller une atmosphère, il faut apprendre à utiliser des adjectifs de façon plus régulière, et voir même ne pas hésiter à t´attarder sur des points qui peuvent consolider l´horreur et au moins une once de suspens que tu désires probablement communiquer. Ah oui, aussi, le scénario du texte est vraiment très très limité, mais je n´en tiendrais pas rigueur pour cette fois ![]()
Bizarre, j´m´y attendais.
Pour les adjectifs, je sais pas quel texte tu as lu mais je n´ai pas l´impression d´une telle carence. Pour le scénario, no comment, c´était absolument pas le but du texte. Et puis, qu´est-ce que tu me parles de chapitre? J´avoue ne pas avoir compris toute cette partie.
Enfin bref, je retience ce commentaire masi je t´avoue faire bien plus cas des commentaires d´ApoloJ, parce que toi j´ai du mal à voir ce que tu reproches, et surtout, je *sais* que tu seras jamais content, ou du moins ne le diras pas. ![]()
En un mot: "Dégueulasse"...
..."Dégueulasse" mais rempli de talent et d´ingéniosité tant par la richesse du vocabulaire employé dans la description... (ponctuée de passages rapides comme longs afin de nous faire eprouver toutes les sensations de notre heros...) que dans la forme de ton récit... tout se suit et s´enchaine de maniere coordonnée au point que l´on ne retrouve plus les longueurs de tes précédants écrits
Vraiment
et continue...
Wo un fan et admirateur
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Eh je suis toujours vivant
bon h.s je sais...Moi le texte j´ai bien aimé, c´est assez oppressant le rythme et bien et tout mais le seul truc c´est que pour mettre encore mieux l´ambiance je pense que t´aurai pas du décrire l´araignée genre plus laisser l´ennemi inconnu donc effrayant sinon c´est un bon texte qui m´a diverti donc merci Az ![]()
Merci pour ces deux com´s positifs. ![]()