Nouvelle fic, nouveau style, nouvel esprit, et nouveau monde.
Enjoy, oopa...
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Calibur - Les Maitres du Temps
- Terres Perdues
On ne sait où, on ne sait quand, un homme attend son heure, patientant pour un destin dont il ne connaît pas la teneur.
Mais la patience est un bien grand mot pour un homme endormi. Ses paupières closes ne lui ont pas laissé voir le monde où il se trouve. Peut-être par pudeur, peut-être par crainte. Son esprit supporterait il le choc ? Nul ne le sait, nul n’a jamais vu ce monde. Pas plus que ce Mur. Ce Mur dont il rêve. Les jonctions de sa conscience l’ont mené sur des chemins de traverse. Il est assis sur le parapet d’une construction gigantesque, qu’il croit infini. Il tourne la tête. Le Mur au dessus duquel il se tient s’étale, s’étend, se déplie, jusqu’à l’horizon. Un horizon flou, une ligne trop droite, pour être celui de la Terre. Il baisse les yeux. Une brume opaque. Noire. Qui cache le monde inférieur. Et en levant les yeux, une terreur soudaine s’engouffre en lui. Là-haut, là où se trouvait le ciel bleu, les nuages, le soleil. C’est un autre horizon. Une autre ligne, déchirant le ciel. Comme un livre dont on a arraché la fin. Mais l’homme ne crie pas, son esprit seul s’agite, abandonné par son corps. Il le supplie de fuir, fuir, fuir. Mais l’autre, son visage inexpressif, se contente de garder la bouche entrouverte.
Et puis il glisse. Sans bruit, sans préliminaires. Ses nerfs n’ont pas traduit une quelconque crainte avant la seconde fatale, le monde n’a pas soudainement tremblé. Non. Le temps seul a fait son affaire. Il tombe dans la brume, sans un cri.
Alors tout s’écroule. Le mur, le double horizon, la brume et le monde.
Noir. Noir d’un homme attendant son heure. L’heure d’arrivée.
Alors, sur le Mur, si l’on tendait l’oreille, et qu’on oubliait les ronflements du vent, on percevrait le grommellement d’un homme en train de se réveiller, et prêt à voir ce que la Mort même ne lui apporterait pas.
La première pensée d’Aaron Calibur en s’éveillant dans le no man’s land où il vivrait le reste de sa vie fut un mot plus étonnant que ce à quoi l’on pourrait s’attendre.
Modaliyan.
Et si, avant de s’endormir sur une planète bleue dont il perdrait le souvenir même des siècles plus tard, il avait recherché la signification de ce mot, il n’aurait trouvé qu’une page blanche couronnée d’un joli « not found ».
Mais il avait perçu ce mot avant d’ouvrir les yeux, il avait donc encore l’occasion d’être étonné par cette bizarrerie. Ainsi, durant les dernières microsecondes avant cette action fatale, deux questions eurent le temps d’assaillir sa conscience :
Qui est-ce ?
Puis :
Pourquoi moi ?
Alors seulement, Aaron Calibur ouvrit les yeux.