Voici un texte esquissé à la va-vite, sans prêter attention et probablement peu attrayant au premier coup d´oeil. Savourez si vous le pouvez!
La Terre. Une planète, plus ou moins recouverte d’un bleu qui a de quoi faire mourir de soif, où un peintre a maladroitement essuyé avec un torchon graisseux une goutte de peinture verdâtre qui s’était faufilée sur sa toile. Ce fiasco d’art abstrait devient l’Amérique. Une couche de gris partiellement effacée, couverte de bulles de gris. Usines, industries, pollution, smog envahissant et pullulant, cette auto-suffisance parente à un gribouillis imaginé à la va-vite…dans les couleurs qui s’apparentent trop à la déprime. Les couleurs sont mal proportionnées. Une partie est grise, l’autre a des couleurs plus simples mais moins jolies. Déséquilibre entre les couleurs… Merde! L’Artiste, devant un échec autant retentissant, décide ensuite de changer son fusil d’épaule. Il soupire en s’efforçant de tracer l’Asie du mieux qu’il peut, il s’applique, tire la langue… rage… raté! C’est trop gros, ça manque de finesse! Il utilise quelques couleurs plus pâles, plus vivantes, mais il reste encore un peu de gris… Un gris plus fin, moins artificiel, plus naturel… teint rocailleux, blanc clair… Des montagnes, quelques forêts, un peu de turquoise pour les marais… Le gris prend trop de place, trop de roches, trop de paysages… Pas assez de place pour un quelconque sujet. Il utilise un pinceau plus fin, puis un crayon à fine mine. Il esquisse l’Europe, plus ou moins satisfait… Il remplit le tout avec un peu de vert, un peu de beige, mais on sent qu’il reste une couche grisâtre incrustée. Il tente d’essuyer avec un mouchoir, mais il ne fait qu’empirer le cas. Il rajoute un peu de vert pour cacher l’erreur, mais la faute est là, bien visible. L’Artiste aurait peut-être dû mieux calculer son coup… l’Europe restera cicatrisée, bien tiens! L’Artiste ne peut qu’apprendre de ses erreurs! Que reste-t-il pour l’Afrique? Un peu de brun, un peu de vert… des couleurs plus modestes sur la palette de couleurs. Des couleurs plus simples. Pourquoi pas un peu de bleu? Hmm, il semble en manquer. L’Artiste de gratte la tête… il songe, un instant. Il manque de gris, mais il a encore des couleurs plus claires, plus flamboyantes, plus sauvages. Et puis, il reste du blanc. Du blanc. Quoi faire avec du blanc? Il reste bien une petite place en bas de la toile… L’Artiste scrute la peinture, plus ou moins satisfait. Il peint l’Antarctique et essuie les restes de peinture sur le Pôle Nord. Le bleu, un peu trop liquide comparé aux autres couleurs, empiète sur l’Antarctique! Le blanc résiste, mais le temps ne pourra qu’user les couleurs. L’Artiste examine une dernière fois son soit-disant chef-d’œuvre… Il soupire et chiffonne le tout. Encore raté… Qui voudrait d’une telle horreur?