Voici le premier chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 1 - Rouge Chapitre 1
- Il ne faut pas avoir peur, petite ! dit l’homme du bout de l’échelle.
Tu n’as qu’à sauter et je vais t’attraper!
- Garde la occupée Johny, cria un autre homme tentant d’enterrer le vacarme. Je vais tenter de regarder s’il n’y aurait pas d’autres issues.
- Qu’es-ce que tu penses que j’essaie de faire, répliqua John d’un ton qui ne laissait aucun doute : il était à bout de souffle - il fallait agir vite.
C’est le genre de situation qui déplaisait le plus à Matty - le genre de situation ou des personnes importantes risquaient leurs vies inutilement, pensait-il. Car, lorsqu’on y repense, le métier de pompier n’était pas forcément synonyme de risques. Il était plutôt l’essence même de la prudence. Du moins, c’est ce qu’il pensait.
- Il va falloir que je saute moi-même Mat’, cria John qui commençait presque à regretter son métier.
- T’es malade ou quoi ? s’écria Matty qui devenait de plus en plus impatient. La vie de cet enfant ne vaut pas la moitié de l’importance de la tienne. Tu as tout essayé, il n’a plus rien à faire.
- Tu dis n’importe quoi, répliqua John dont la tête commençait à tourner. Tends moi la corde !
- Pas question , cria Matty en débutant l’évacuation de son échelle. Je dois te ramener sur terre.
- Mais tu es un vrai fou, chuchota John pour lui-même sans remarquer que le temps gigantesque qu’il avait perdu avait suffit à faire succomber la petite fille.
Lorsqu’il retourna la tête vers la fenêtre complètement calcinée de l’édifice, John eût le choc de sa vie : la petite fille au teint blanchâtre n’était plus devant ses yeux - il ne pouvait plus la voir. Bien qu’il savait au fond de lui ce qui se passait, John décida tout de même de sauter.
Au moment où il heurta la rebord de la fenêtre de plein fouet, il comprit l’ampleur de ce qui venait de se passer durant les dernières secondes : Matty, son coéquipier depuis dix grosses années, venait de compromettre la devise qui avait le plus de signification aux yeux des deux hommes : ne jamais remettre en question l’importance d’une victime et ce, peu importe la situation dans laquelle ils étaient - Matty venait tout simplement de tuer cette enfant.
John repensa immédiatement aux paroles que son père lui avait mis par écris lors de sa mort : ‘’…. et ce jour-là, tu comprendras ce que j’essaie de t’expliquer. Mon passé, qui est intimement relié au tien, te rattrapera - God, forgive me for my crime. ‘’
À ce moment exact, Matty pu apercevoir son ami dévaler six étages en chute libre.