Hello, voici un début d´une fic que j´écris. ![]()
Merci d´avance à ceux qui liront et commenterons !
Psycho Boy
Chapitre 1
Comme toujours, le ciel est noir. Comme toujours, on ne voit que quelques étoiles, la pollution obscurcissant le firmament. C´est déprimant. J´aurais bien aimé voir un ciel un peu différent. J´aurai bien aimé être allé ailleurs. J´imagine que c´est à ce genre de choses que l´on pense quand on sait qu´on va mourir. Ou qu´on croit qu´on va mourir, ça ne change pas grand-chose. Une sorte de déception minable par rapport à sa vie foireuse.
Je suis donc sur le toit d´un immeuble, et sous un ciel noir. Je suis attaché à une chaise, les bras et les pieds ligotés. Je passe ma langue sur mes dents. Il en manque une. La chair molle me révulse. J´ai horreur du goût du sang. En être recouvert ne me dérange pas tellement, mis à part le fait que ça salisse ma chemise. Ca y est, je recommence à penser à des choses aussi futiles alors que je vais crever.
Je suis ligoté à une chaise, et je suis en caleçon. Merde, ç´aurait été mieux avec un beau pantalon et un costard. A défaut de mourir avec style, j´aurais pu mourir bien habillé, au lieu d´être en caleçon blanc avec une chemise ensanglantée.
Les yeux dans le vague, je me dis que je ne verrai plus jamais mon chien. Je ne sais pas pourquoi je pense à mon chien, là, maintenant. Certains doivent penser à leurs amis, leur famille ou, je ne sais pas, à quelque chose de plus important qu´un chien.
J´entends quelqu´un qui arrive. Puis j´entends une détonation. Instinctivement, je me penche sur le côté, et la balle me rate. Comme je suis ligoté à une chaise, forcément, je tombe. En fait je crois que c´était un réflexe stupide, il ne m´avait pas visé. J´imagine la balle qui continue sa course, qui descend, et puis peut-être qu´elle va s´engouffrer dans le crâne d´un pauvre type qui passait par là. Ce serait un peu con, comme mort.
Je suis fatigué, alors je ne vois pas grand-chose. Quelqu´un s´avance vers moi, et m´attrape par un bras. Je suis traîné, en caleçon, et mon épaule racle le béton. Je vois qu´on arrive à l´escalier. Je me sens soulevé, et avant même d´avoir pu exprimer mon plus vif désaccord, je suis projeté sur les marches. Se casser la gueule dans les escaliers, ça fait déjà assez mal, mais alors le faire attaché à une chaise, c´est encore pire. On ne peut même pas se protéger le visage. Je sens ma lèvre éclater contre le sol, mon arcade sourcilière s´ouvrir, et mes genoux s´écorcher. Je me souviens, quand j´étais gamin, j´avais vu un gars qui était tombé par terre la tête la première. Sa lèvre avait éclaté et je me rappelle avoir vu un truc blanc sortir. Je me demande si c´est pareil pour moi.
Je suis de nouveau soulevé, et encore balancé dans les escaliers. J´espère ne pas avoir à descendre tous les étages comme ça. J´espère aussi ne pas me briser la nuque, bien que je sois persuadé de mourir dans peu de temps.
Finalement on s´arrête juste en dessous du toit. Je suis traîné dans une grande pièce sombre. En tournant la tête, je peux voir des caisses en métal ouvertes d´où sortent de petites bombonnes reliées entre elles par des fils de couleurs, dont certains vont aussi se planter dans des pavés d´une matière ressemblant à de la pâte à modeler. Je n´arrive pas vraiment à savoir ce que c´est – sûrement à cause de la promenade de santé dans les escaliers – et je m´arrête devant une grande baie vitrée. Je suis redressé, et je peux enfin retrouver une position normale. Je n´arrive même plus à soutenir le poids de ma tête tellement j´ai mal. De ma bouche coule un mélange visqueux de salive et de sang. Je vois une main tenant un mouchoir s´approcher de moi et essuyer les commissures de mes lèvres, souillant le tissu. Le mouchoir est négligemment jeté dans l´obscurité. Cette dernière est d´ailleurs vite chassée par une lumière crue. D´abord aveuglé, je ne vois rien. Puis les contours d´une silhouette se tracent. Un homme se tient devant moi, souriant, les bras croisé, victorieux. Il est habillé un peu bizarrement, une veste en cuir rouge, une chemise à fleurs et un pantalon noir. Un flingue est glissé dans la ceinture.
Edward.
Il prend son pistolet et me le rentre dans la bouche. Ma langue fait le tour de l´embouchure du canon, comme pour vérifier que c´est un vrai, comme si on pouvait deviner si un flingue est un vrai ou pas rien qu´en en léchant le bout. Le froid du métal suffit comme garantie. Il appuie le flingue sur ma langue et sort un couteau de boucher de sa ceinture. Il coupe la corde qui tenait mes bras, m´entaillant la main au passage. Il essaie ensuite de me libérer les jambes, mais ce n´est pas très pratique car il doit tenir le pistolet dans ma bouche.
- Tiens-moi ça une seconde.
Je prends l´arme et me la colle au fond de la gorge, pendant qu´il découpe la corde avec son énorme couteau.
Une fois qu´il a fini, il reprend le pistolet en me le laissant dans la bouche.
- Tu as peur de mourir ?
Forcément, avec un flingue dans la bouche, je marmonne des trucs incompréhensibles en bavant du sang. Haussant les sourcils, il déplace le canon sur mon front et répète :
- Tu as peur de mourir ?
Je crache du sang avant de répondre :
- Non.
Et voici la suite !
Psycho Boy
Chapitre 1 (suite)
- Tu as peur de mourir ?
Je crache du sang avant de répondre :
- Non.
Edward parut exaspéré.
- Tu mens. Je n´y serai finalement pas arrivé.
Sur ce, il recula, pointant son arme vers moi
Mais où est donc passé mon pantalon ?
Un coup de feu. Non, deux. Le premier n´était pas pour moi. Le second, si. Mais je crois qu´Edward a raté sa cible, la balle n´a fait que m´arracher la moitié de la gorge. Douleur. Aïe. Une sensation de brûlure infinie, qui vous dévore le cou, vous transperce de part en part. Le sang qui bouillonne, remonte dans la bouche, coule, jaillit. J´ai horreur du goût du sang. Et voilà que je me noie dedans. Edward est tombé à genoux, il se tient la nuque, son corps agité de spasmes. Il ne crie pas.
Il s´effondre la tête la première, et je vois un gros trou rouge sombre dans sa nuque. Je récupère le mouchoir avec lequel il m´a essuyé les lèvres et le plaque sur mon cou. La douleur s´évanouit, j´ai juste des gargouillis au fond de la gorge.
Et puis je me rappelle. Les fous qui ont mis des bombes partout dans l´immeuble. Vite, je me tourne vers Alyx qui tient un pistolet fumant – car, bien sûr, c´est Alyx qui a tué Edward.
- Glarglyx, mlon plantablon…
Le flingue tombe des mains d´Alyx. Elle à l´air choquée d´avoir tué un quelqu´un. Je m´approche d´elle, pressant mon cou et ravalant mon sang. Elle semble remarquer ma présence.
- Oh mon Dieu, ton cou !
- Non, non non, ça va.
- Mais non, ça ne va pas du tout ! Tu saignes ! Tu pisses le sang ! Merde, laisse-moi te…
- Alyx ! C´est bon, ça va. Je te dis que je vais bien.
Imaginez qu´un type en caleçon avec le cou déchiqueté qui vous dit en souriant qu´il va bien. Car oui, je souris. J´ai échappé à la mort, à Edward.
Merde, les bombes !
- Alyx ! Ecoute-moi. Il faut que tu trouves mon pantalon !
- Mais ? Où est-il…
- J´en sais rien, trouve-le moi ! Attends…
J´enjambe une caisse et trouve mon pantalon noir par terre, à côté de sous-vêtements féminins.
Je l´enfile maladroitement, car je dois continuer à appuyer sur mon cou ensanglanté. Je manque de m´étaler par terre, mais j´y arrive finalement.
Vite, je cours à la baie vitrée. Je regarde en contrebas et je vois une camionnette vert pomme qui démarre en trombe et s´éloigne de l´immeuble.
Alyx attend, au milieu de la pièce, habillée d´un manteau de cuir noir, d´un tee-shirt rose et d´une jupe violet foncé passée par-dessus un pantalon vert sombre. Ses cheveux noirs sont emmêlés et ébouriffés. Elle a l´air perdue, seule au centre de la salle pendant que je me tords le cou à essayer de voir des hélicoptères entre les immeubles. Il faut toujours se méfier des hélicoptères.
Ensuite je me retourne, et je vois l´enchevêtrement de bombonnes et de fils colorés sur une caisse. Je n´avais pas remarqué le compte à rebours en chiffre digitaux rouges totalement dramatiques. Il affichait sept minutes trente.
En un éclair, je me retourne, trébuche sous les yeux ébahis d´Alyx, me relève et la prend par la main.
Nous dévalons tous deux les escaliers, moi prenant bien garde de ne pas m´y effondrer et Alyx ne sachant ce qui se passe.
Il n´y a pas d´ascenseurs dans cet immeuble.
Quelques minutes plus tard, nous arrivons à un couloir au sol glissant. J´aperçois une pièce avec une petite infirmerie. Je m´y arrête en express, m´inspecte dans un miroir. Ce n´est pas très joli à voir. Je récupère du sparadrap et une compresse, me scotche le cou en vitesse et nous voilà repartis, courant et haletant. Nous arrivons au hall principal, dont les piliers sont recouverts de C4.
Et enfin la fin du chapitre !
Pas de comms...
Psycho Boy
Chapitre 1 (suite et fin)
J´aperçois les portes vitrées. On va enfin pouvoir sortir de ce merdier. Mais il reste un dernier obstacle à franchir. Un type en blouson vert avec un smiley jaune et "Insanity" dessinés sur le dos fume une clope juste à la sortie de l´immeuble.
Alyx et moi courrons comme des dératés, en nous dérapons sur le sol glissant alors que j´effectue un virage serré. Je me cache derrière un comptoir. Je jette un coup d´œil par-dessus notre protection, et vois le gars qui regarde sa montre, se retourne et inspecte brièvement le hall avant de se barrer en courant.
Il ne nous a pas vus. Je suis tenté de m´allonger ici et de m´endormir, mais Alyx avec sa gueule de déterrée est en train de me crier dessus.
- Mais putain je croyais qu´il y avait une bombe dans cet immeuble ! Allez, bouge-toi !
Et elle commence à me traîner sur le sol.
- C´est bon, c´est bon, on y va, me résigné-je.
Je me relève, reprend la main glacée d´Alyx et nous courons vers le parking, juste en face. Si je me souviens bien, c´est là que ma voiture est garée. En effet, une bagnole années soixante-dix rouge foncé nous attend. Je m´installe au volant et démarre pendant qu´Alyx s´assoit à côté de moi. Les phares inondent le parking de leur lumière blafarde. Je fonce vers la sortie, la voiture manquant de se renverser au virage. Aucune barrière, nous voilà sur la route.
Je regarde le rétroviseur, et vois un type qui aurait mieux fait de rester couché ce matin. Pendant que je compte mes ecchymoses, que je palpe mes bosses et que j´inspecte mes multiples autres blessures, j´oublie un instant les bombes et l´immeuble.
La compresse s´est en partie détachée mais le sang ne coule plus vraiment. Je suis heureux de ne constater aucun "truc blanc" sortir de ma lèvre et mon nez n´est pas cassé. Puis une grande ombre se dessine dans le miroir, derrière ma tronche de supplicié. Soudain, la base de la silhouette explose dans une déflagration impressionnante. De la fumée grisâtre envahit le parking. La tour semble tituber, se penche légèrement sur le côté, puis s´effondre comme un château de cartes.
Alyx s´est endormie. Rien ne me ferait plus de bien que passer la nuit avec elle, mais dans l´immédiat, une bonne clope fera l´affaire. J´ouvre la fenêtre et extirpe un paquet de cigarettes de ma poche. Je tire, et allume la radio. Where Is My Mind des Pixies. J´ai toujours adoré cette chanson.
Je croise des bagnoles de flics et des ambulances dont les sirènes brisent le silence nocturne. Les gyrophares inondent la rue déserte de leurs lueurs rouges et bleues.
Salut merci pour avoir lu le début de mon récit (j´ai aussi publié le premier chapitre).
L´ambiance de ton récit est génial, ´me fait penser à un manga dark. ![]()
Ensuite ton style est très bien aussi, j´aime la façon dont tu raconte l´histoire, il y a de l´humour et c´est bien écrit (personnalité du personnage est réaliste et personnelle). Et puis Where Is My Mind, ça c´est de la bonne musique! Continue. ![]()
d´avoir lu !
...d´autres coms ?? ![]()
C´est moi ou c´est quand même furieusement inspiré de Fight Club ? Ce qui n´est pas pour me déplaire puisque j´aime assez Palahniuk (surtout Fight Club et Survivant), même s´il pompe allègrement parfois les écrits de Bret Easton Ellis, mais là n´est pas le débat...
Donc c´est typiquement le genre de nouvelle que j´apprécie, c´est bien écrit, c´est nerveux, violent et ça manque pas de verve. Le seul reproche que je pourrais avoir à faire ça serait peut-être un manque d´originalité, surtout que ce type de textes a déjà été traité de nombreuses fois... C´est un problème que moi aussi j´ai du mal à régler parfois, t´es pas le seul hein ! M´enfin ça reste somme toute agréable à lire et je me pencherais sur la suite.
Merci heart-crusher !
Oui oui, c´est vraiment furieusement inspiré de Fight Club, mais ce bouquin m´a tellement marqué...
Sinon, je sais que pas mal de textes du même genres ont été posté ici, même si je n´en ai pas lu beaucoup (2 ou 3), mais pour ma part c´est la première fois que j´écrit quelque chose de ce genre.
Justement, voilà le deuxième chapitre.
Psycho Boy
Chapitre 2
Je nage dans la mer des Caraïbes. Ou les mers des Caraïbes, peu importe, je ne suis pas très porté sur la géographie. Suis-je en train de rêver ? J´ai longtemps été persuadé que dans les rêves, on ne se demandait jamais si l´on rêvait, tout y est trop réel. Mais je pense quand même être en train de dormir, sinon je ne vois pas comment je pourrais être en train de nager dans les Caraïbes alors que la dernière chose dont je me souvienne, c´est de m´être couché dans mon lit, dans ma chambre, chez moi, et avec Alyx. Bizarre, je n´ai jamais atteint un tel niveau de conscience dans aucun de mes rêves. Eh bien, puisque je suis si lucide, je peux déjà prévoir que tout va se barrer en couille dans peu de temps, comme d´habitude.
Je plonge, et nage jusqu´à une tortue de mer. Je ne sais pas s´il y a des tortues aux Caraïbes, mais en tout cas, dans mon trip, il y en a une. Et puis elle est vraiment grosse. Je dépasse la tortue pour nager jusqu´à une espèce de carcasse métallique au fond de l´eau claire. Vous avez remarqué comme je peux rester sous l´eau sans respirer autant de temps ? C´est parce que je rêve.
Donc, je m´approche de l´épave. Ca ne ressemble pas à un bateau, l´hélice est beaucoup trop grande… C´est un hélicoptère !
Complètement suant, je me réveille en sursaut. C´était bien un rêve. Et c´était un rêve de merde, comme tous ceux que je fais. A chaque fois, ça se termine de la même façon, un hélicoptère qui s´écrase, moi qui en tombe d´un, toujours des trucs pas possibles avec des hélicoptères. Je dois reconnaître que ce rêve était assez soft, je ne me suis pas fait découper par les pales.
J´ai une peur panique des hélicoptères. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ça date de la première (et unique) fois où j´ai vu Apocalypse Now. J´en ai fait des cauchemars toute la nuit, je voyais pleins d´hélicoptères rutilants me foncer dessus avec en fond la Chevauchée des Walkyries. Le tout dans une ambiance horrible avec une lumière orange qui me donne la nausée. Vraiment atroce.
Alyx dort à côté de moi, allongée sur le ventre. La courbe de son dos est magnifique, dès que je vois cette fille, j´ai envie de la serrer dans mes bras comme c´est pas permis. Je l´aime. Je suis fou amoureux d´elle, mais je ne sais pas si elle l´est elle aussi. A chaque fois que je lui demande, elle me regarde avec un drôle d´air, et, si j´insiste, elle commence à m´engueuler. C´est parfois une fille bizarre.
Un rayon de soleil transperce les rideaux et plonge la pièce dans une atmosphère étrange. Alyx se réveille, les cheveux toujours aussi ébouriffés, et me sourit. Elle doit être encore un peu dans les vappes, car elle semble soudain réaliser que j´ai vraiment une sale gueule. Elle fait une moue répugnée et s´exclame :
- Merde ! T´es vraiment amoché ! Qui t´a fait ça ?
- Ed.
Je détourne la tête.
- Mais Ed est mort maintenant.
- Vraiment ?
- Oui, c´est toi qui l´as tué, tu te rappelles ?
- Ah ! Oui…
Elle a l´air soudain plus grave. Elle repousse un peu plus la couette – achetée en promo dans un magasin de déstockage – et regarde fixement le plafond. Moi, je n´arrive pas à décoller mes yeux de ses seins.
Finalement elle se lève – à mon grand regret – et part faire je ne sais quoi dans la cuisine. Du coup, j´en profite pour m´habiller. J´enfile un caleçon, et attrape au hasard un jean dans une armoire.
Alors que je m´évertue à y faire entrer une de mes jambes, un craquement sonore retentit, et, avant même d´avoir pu regarder d´où ça venait, une partie du plafond s´effondre dans un nuage de poussière. Incrédule, à demi rentré dans mon pantalon, je vois un énorme trou au-dessus de moi.
Je tombe sur le côté au moment où Alyx débarque, en robe de chambre, en train de gueuler à tout va.
Muggs, mon chien, qui dormait jusque là au pied du lit, se réveille, aboie un coup, et retourne se rouler en boule près du radiateur comme s´il venait de remplir sa part du contrat.
- MAIS BORDEL DE MERDE, QU´EST-CE QUE C´EST ENCORE QUE CES CONNERIES ? hurle Alyx.
Soudain une espèce de commando armé saute par le trou en brandissant des fusils d´assaut. L´un d´eux sort un tazer et tire dans la poitrine d´Alyx, qui s´écroule par terre. Un autre me colle un neuf millimètres sur la tempe et, pendant qu´une dizaine de connards en cagoule avec "S.W.A.T." écrit en lettres blanches sur leurs combinaisons noires investit mon appartement, il me demande :
- Edward Livingstone ?
- Non.
Je vois un gars tout habillé en noir, gilet pare-balle, vêtements militaires et autres protections, qui retourne toutes les affaires qu´il trouve, fouille dans mes armoires et mes commodes.
- Pouvez-vous le prouver ?
- Oui.
- Allez-y.
Je prends lentement mon portefeuille dans ma poche de jean, le flingue toujours appuyé sur ma tempe, et en sort ma carte d´identité. Je la montre au type, qui la prend.
Il la regarde un instant, et porte sa main à sa bouche.
- 213, y a erreur sur la personne.
Pendant qu´il communique mon nom à un de ses supérieurs, les autres membres du commando continuent à retourner ma piaule, éventrant mon canapé Ikea, fouillant mes meubles achetés dans des brocantes et ouvrant tous mes placards achetés pas cher.
Finalement il range son pistolet et demande aux autres gars :
- Vous avez rien trouvé ?
- Rien, sergent.
- Bon, on s´casse.
Et les voilà qui se barrent au trot, les uns derrière les autres, sans même dire "au revoir" ou "désolé". Au moins ils ne ´mont pas pété la gueule à coups de crosse de MP-5.
Je traverse mon appartement saccagé, ferme la porte et me penche vers Alyx.
Quelle bande de salauds. Je la soulève et la dépose sur le lit.
Muggs, lui, n´a pas bougé pendant que le S.W.A.T. foutait la merde. Merde, un chien est censé protéger son maître.
On dirait bien qu´Edward réussit à me faire chier même quand il est mort.
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