La vie...Quelle drôle d´invention.Je comprend pas...Pourquoi on se pose tant de questions...alors qu´il suffirait simplement de vivre non?Un long discours d´Aristote vaut il mieux qu´une bonne ballade?Je me demande quand même pourquoi moi aussi?Pourquoi l´impétueuse rivière?Pourquoi les doux rayons du soleil en hiver?Pourquoi la lumière d´une luciole dans la nuit?Je sais pas, il y a tant de choses que je ne sais pas et pourtant je vais mourir.Allongée dans ce lit d´hopital miteux.On ne guérit pas du SIDA et encore moin en Afrique...Le loup de mon coeur hurle à la mort en voyant ce petit être dans son berceau.Si jeune et pourtant si près de la mort, mon enfant...Je n´en veux pas à Dieu pourtant, ni aux hommes...Je me dis juste que c´est domage, on a tout les ingrédients du bonheur mais l´on ne peut l´atteindre.La peinture est mon dernier refuge...J´ai un pinceau et une toile à portée de main.Près de mon lit quand, la douleure est trop forte je peinds...Je peinds mes rêves, mon tableau et presque fini maintenant...Je vois une belle vallée ou l´herbe est verte, très verte et frétille sous le vent.Mon monde prend vie au grés de mes coups de pinceau.La vallée est calme...quand soudain un ruisseau jaillit entre deux collines, le ciel prend sa teinte rose...c´est le matin.Les oiseaux messagers du soleil chantent la plus belle des mélodie pour annoncer son réveil dans les hauts arbres dominant le monde, à la fois sage et puissant...Une douleure lancinante me prend de l´intérieur, je lache mon pinceau qui tombe sur le sol, je le vois tomber doucement produisant une explosion de couleures tachant le sol de bois.Malgrès moi je hurle avec le peu de force qu´il me reste, le docteur accourt.A son visage, je vois qu´il me reste peu de temps, je vais mourir...mais je ne peux pas...non pas encore.Mon fils pleure, je l´ai réveillé en criant...pardon mon amour.Le docteur avec le peu de moyen qu´il a, ne peut que m´injecter de la morphine pour calmer la douleure...Je n´ai plus de force...Je veux dire quelque chose mais j´arrive seulement à produire un murmure innaudible pour le médecin...Il se rapproche et entend "mon pinceau...".Il me dit que je dois me reposer...mais non...pas encore, je n´ai pas fini.Mon pinceau s´il vous plait...malgrés moi je sens une larme couler le long de ma joue.L´homme en blanc me le met dans la main, il s´asseoit à coté de moi et ne dis rien.La morphine rend mes coups de pinceau moins précis.Je ne controle pas totalement ma main.Ma vision se brouille, mais je distingue une forme noire dans la vallée.On dirait une forme humaine...Mais trop tard mon pinceau retombe mais cette fois c´est définitif...Mes paupières se ferment je vois le docteur me regarder en pleurant, mon fils me sourit lui...Le Sida ne l´a pas épargné non plus,mon pauvre fils va mourir aussi et c´est la chose qui me rend si triste.Enfin je regarde ma toile, mon pouls s´affaiblit ma main s´ouvre mon bras est complétement détendu...Je vois ma vallée dont l´herbe et si verte...mais...mais je marche dans l´herbe.L´odeur amer de l´hopital a disparu, je vois les oiseaux, je sens la rosée fraiche du matin sur mon visage.Assis prés du ruisseau je vois un grand et beau jeune homme, il se lève, il me sourit...c´est mon fils, il a survécu...Je le serre fort dans mes bras, je pleure de joie, mon fils est devenu un beau et grand jeune homme dans la vallée verte de mon coeur.