Cela faisait plus de deux mois et demi que je n´avais plus écrit...
Cette fois-ci, j´ai fait un truc complétement différent de l´habituel (HF et peregrination pseudo-philosophique nuancé SF) et j´ai tenté un style complétement différent (vous allez voir
).
BOn, je demande quelques comm´ tout de même, ne tapez pas trop sur la tête au Neg´ SVP! (Sans dec´, vous pouvez taper autant que vous voulez
Bon, je poste. Mayday!
Elle est entrée.
Qui est elle? Je n´en sais rien, ou si peu. Elle est de taille moyenne, les longs cheveux blonds qui tombe sur ses épaules sont attachés par un bandana noir. Elle porte une petite veste bleu marie, et, au dessous, un T-shirt blanc. Et un jean lui couvre les jambes.
Elle a de petites lèvres qui font la moue, mais qui pourtant semble destiné à sourire et à rire aux éclats. Elle a des yeux bleus sombres, infinis. Comme si, de par un simple regards, elle pourrait vous aspirer et vous emmener avec elle devant le trône de Dieu et dans les abîmes de l´enfer. Elle vient de prendre le bus de la ligne soixante-cinq - à huit heure douze, l´heure de pointe- à la station République. Elle est belle. Voila tout ce que je sais sur elle.
Elle parle avec le chauffeur. Sûrement pour les billets. J´aimerais écouter ce qu´elle dit, j´aimerais entendre le son de sa voix. Mais le brouhaha persistant de la foule qui nous entoure, elle et moi, m´en empêche. Le monde refuse que je l´entende, que j´écoute les paroles et la voix de cette créature qui semble tomber du ciel comme je tombe dans ses yeux.
Elle met la main dans la poche de son jeans. Elle ressort un billet, le tend au chauffeur. Elle cherche un siège. Elle à presque l´air gêné, cette déesse revenue parmi les hommes pour assister à leurs ultimes folies. Gêné et déçu de voir cette humanité stupide et bestiale.
Elle passe devant un siège, à coté d´un vieillard en complet gris. Celui-ci se contente de lui jeter un regard hostile. Bon sang, il n´a pas vu qui elle est? Sont-ils aveugles à ce point?
Elle bat en retraite. Elle continue. Elle avance, la main posé sur...
Elle me regarde.
Elle m´a vue. Elle a repéré le siège vide à mes cotés. Elle continue à avancer, tout en me regardant. Je suis pétrifié. Allez reprends-toi, ce n´est rien, ce n´est qu´une fille comme les autres, après tout, un peu plus belle, d´accord, mais elle est de la même espèce que les milliers de filles que tu as croisé dans le bus.
Pourquoi vient-elle vers moi? Seigneur, je ne suis pas digne de l´approcher. Je panique. Calme-toi, calme-toi...
-Excusez-moi, puis-je prendre la place qui est à coté de vous?
Son visage est tout prés du miens, à moins d´un mètre même. Ses yeux m´aspirent. Je vais tomber dedans à coup sur. Vite détourne-toi, d´abords lui répondre.
-Euh... Oui, bien sur, oui... Ca ne me dérange pas du tout!
Elle s´assoit à coté de moi. Le bus part. Ou cela va-t-il nous mener?
J´essaie de me détourner vers la fenêtre, mais je n´arrive pas à quitter ses yeux. Calme-toi, j´ai dit, respire un grand coup, ça va aller, j´en suis sur. Bien, maintenant, tourne la tête... Voila comme ça.
J´ai à nouveau devant les yeux le spectacle familier des rues de paris qui défilent au gré des feux rouges et de la circulation.
Sans pouvoir me contrôler, je retourne la tête vers elle. Elle regarde fixement ses pieds, gênes d´exister devant tant de laideur, elle qui vient du... Stop on se calme! Ce n´est qu´une fille comme les autres, ce n´est pas une déesse ou quelque chose dans ce genre, tu comprends? Mets-toi bien ça dans la tête!
Elle tourne son visage vers moi. Elle s´apprête à parler.
-Vous descendez à quelle station?
Sa voix. Je n´avais pas fait attention quand elle m´avait demandé ma place, trop étonné par le fait qu´elle m´ait parlé. Mais maintenant je l´ai entendu. Claire comme du cristal. Limpide comme une rivière. Rieuse comme le vent. Belle comme elle.
-Euh, je... A rue des Roses!
-Ah...
Elle à l´air déçu. pourquoi m´a t-elle posé cette question? Pourquoi n´aime-t-elle pas ma réponse?
-Moi, je descend à Trinité.
Trinité... Soudain pris de panique, mon regard cherche désespérément l´indicateur de la Station... Trinité,pourvu que ce ne soit pas...
-C´est la prochaine. Je vais devoir y aller.
Le bus s´arrête. mon coeur aussi. Elle se lève. Ma raison chute.
-Et bien... Au revoir!
Elle me sourit. Ses lèvres se sont écartés pour laisser place à de belles dents blanches.
Les portes s´ouvrent. Elle s´éloigne. Rattrape-la! Mais rattrape-la! Tu ne vois pas qu´elle est en train de s´échapper, elle et ta seule chance de ta vie? Mais vas-y, fonce! Non, je vais me couvrir de ridicule! Mais si! Mais non! Sors de ce bus! Va dans Paris! Va la rejoindre! Ouvre les portes, cours, bon sang! Mais elle ne me connaît même pas! Et alors? Les portes! Le bus! L´espoir! La société! Moi! Elle! Les gens! La foule! Son sourire! Lève-toi! Ne bouge pas! Fonce, dépêche-toi! Ses yeux... m´aspirent...
Les portes se sont fermés.
Le bus part...
Ma vie est finie.
Elle est sortie pour toujours...