Voilà, alors un petit texte bien inspiré. L´amour, la vie, la mort ? Mais lequel ou laquelle a donné lieu à ce texte.
Je saurais vous répondre, mais je n´en ai point envie. Ah l´amour, oh non je l´ai dit ! ^^
£njoy (ou pas)
Une millier de couleurs Gwendolyne
Les vents ont soufflé dans le jardin d´oncle Antoîne depuis cette nuit de printemps. Les fleurs ont précipité leur éclosion et de la terre jaillirent mille couleurs fantasques. Les herbes ont séché et les champs ne sont plus que havre doré parsemé d´ambre. Dehors, le temps se refroidit peu à peu, ma pipe ne m´est que d´un plus grand réconfort. Malgré la musique de l´automne, les étoiles brillent hautes dans le ciel et ton image y est encore. Elle se reflète sur les gracieuses déités pour s´apposer à la lune. Les buissons hument encore ton odeur et de leurs feuilles s´en régalent. Les lièvres gambadent en susurrant ton nom et les renards les pourchassent croyant voir ton ombre. La prairie n´a oublié ton passage et le jardin de notre oncle en frétille le soir venu.
Le soleil est disparu à l´horizon depuis bien longtemps. Calé dans la vieille chaise en bois de grand-père, j´admire la nuit. J´espère bientôt te revoir et mon coeur palpite à la moindre rencontre que nous offrirait le destin. Si ce n´était de ma raison, il y a belle lurette que je serais à tes côtés. Mais je ne suis pas fou, ou si je le suis ! Et c´est pourquoi ce soir je ne suis auprès de toi. Le vent souffle doucement et éteint ma pipe, l´instant d´une seconde j´ai cru qu´il murmurait ton nom. J´aimerais tant que tu m´aimes autant que je t´aime, nous deux luttant contre le temps, pourtant je sais, je n´en ai plus pour longtemps. Les folies de la ville auront englouti mes ardeurs et la campagne est le dernier rempart de mon repos. Bientôt, je traverserai ce grand lac pour ne plus revenir. Il ne me reste plus que le souvenir de cette nuit enchanteresse. Ma main contre ta joue et ton sein sur mon coeur. Les oiseaux sifflèrent aux douze coups de minuit. Le gage de notre passion. La grange nous accueillit aux désespoirs d´une fine pluie et à cet endroit nous demeurâmes toute la nuit. Mère nature nous y a poussé, notre destin, pour elle, était du moins ce premier baiser. Comme je t´ai aimé et je deviens hagard seulement à ton image.
Ma pipe ne veut plus briller sous la flemme de la flamme. Mon tabac se fait rare, je vais rentrer. Je jette un dernier regard à la lune, mais ton visage n´y paraît plus. J´ai beau chercher, mais il a disparu. Oncle Antoîne m´appelle pour le coucher, l´air se fait frisquet dehors tandis que par compassion tante Marguerite m´offre une couverture et un sourire. Elle sait pour nous, mais ne dira rien. Ma santé va de mal en pis, mais pour toi je resterais à braver même la mort. En vérité, je ne puis attendre ta venue. Encore un automne et un hiver à braver, non ! Je serai de l´autre côté du lac. Je rêverai parmi les fleurs de notre jardin aux mille couleurs fantasques. Pardonne-moi. Mais mon amour pour toi restera gravé sur les collines, les havres dorés parsemés d´ambre et à cet endroit qui fut nôtre parmi les carottes et les choux verdoyants. Occupe-toi bien du potager si tu reviens, mon âme y est plantée et d´elle germera peut-être la vie. Embrasse la ville pour moi et porte-toi bien.
