Je trouve que c´est une composition ratée, mais je la mets quand même.
Viande rouge
Marilou était une fille de 16 ans à la chevelure dorée et aux lèvres très rouges qui lui ont valus beaucoup de moqueries. Elle n’avait aucun ennui scolaire ou social, elle possédait cependant un caractère solitaire et spécial. Marilou souffrait d’insomnie, et malgré les nombreux somnifères et autres médicaments chimiques prescrits par les médecins avides d’argent, elle ne trouvait jamais la paix nocturne. Les seuls moments où elle a pu goûter à son sommeil sont envahis de cauchemars sanglants. Elle vivait quand même paisiblement avec ses parents adoptifs intentionnés.
Ce jour-là, elle marchait tranquillement pour rentrer chez elle après une longue journée à son collège. Elle passait chaque soir devant la boucherie du quartier, et à chaque fois, étrangement, cela lui rappela sa mère.
Sa vraie famille fut un drame. Le père fut sauvagement assassiné. L’enquête ne révéla aucun lien avec une quelconque organisation criminelle. La mère fut soupçonnée du meurtre et fut trouvé coupable de tous les chefs d’accusations. La raison fut simplement expliquée qu’elle voulait toucher l’assurance-vie protégeant le père de famille. Elle fut retrouvée morte en cellule un triste jour de novembre.
Mariloup fut donc placée dans une famille d’accueil avec un avertissement de sa mère défunte. Quelques jours après l’incarcération dans une prison de l’Ohio, Marie-loup se décida à une visite accompagnée d’un psychologue. L’accueil de sa maman fut plutôt froid.
« Écoute, je n’ai pas tué ton père. Ce n’était pas moi, mais quelque chose d’autre. Mais promet-moi une chose, ma fille. Ne mange jamais de viande rouge! »
« Que… quoi, maman? »
« Pour ton bien, promet-moi le, s’il te plait. »
« Promis, maman. »
Et depuis ce jour, à l’âge de 9 ans, elle n’avait plus jamais avalé un steak ou un burger du Mcdo. Depuis ce jour, son menu était végétarien. Elle fut donc condamnée à manger de la salade et encore de la salade. Jusqu’à ce jour.
Elle marchait tranquillement, côte à côte avec son reflet sur les vitrines des boutiques. Elle apercevait à chaque trajet les beaux habits que ses parents adoptifs ne pouvaient lui offrir. Marilou vivait quand même paisiblement et elle était heureuse malgré ses hallucinations fréquentes durant la nuit.
Une fois rentrée, l’adolescente gravit les marches une à une quand Johanne l’arrêta.
-« Soit prête pour le repas, chérie, on t’as préparé un bon plat », lui dit-elle.
Marilou lui sourit, et continua son ascension. Johanne retourna dans sa cuisine.
-« Tu vas voir, on vas lui faire passer cette stupide phobie de la viande! », s’exclama-t-elle.
-« Mouain, comment t’as réussit à la convaincre? Sa mère lui a fait une telle peur pour la viande, cette vieille folle », répondit Serge, le vieux père adoptif aux cheveux grisonnants.
-« J’ai pas réussi à la convaincre… j’ai trouvé une bonne recette de ma mère en fouillant un peu dans tous ces cartons au grenier, et la recette montre comment préparer un plat aux pâtes, en y dissimulant de minuscules morceaux de viande. Et tout ça, avec un bon quart de livre du meilleur bœuf de la boucherie », ajouta-t-elle.
-« On verra bien », marmonna-t-il, en replongeant dans son journal.
***
-« Marilou, c’est l’heure du repas! », s’écria-t-elle.
Les trois membres de la famille étaient assis pour le repas autour de la table du salon sous une lumière suspendue. Malgré l’ampoule de 100 watts, la pièce était plongée dans une obscurité complice. Les deux plus âgées s’échangèrent un sourire sans que la plus jeune ne le remarque. Marilou regarda son assiette, et leva ses épaules en signe d’indifférence. Elle prit la fourchette posée à droite de son plat, et piqua quelques pâtes.
Elle les porta à sa bouche sous les regards curieux de Joanne. Marilou avala. Au départ, elle ne ressentit rien. Mais après quelques secondes, elle ressentit un petit picotement au fond de la gorge. La jeune fille ne s’en préoccupa trop en se disant que c’était passager. Elle toussa peu. Le sourire de ses parents s’estompèrent rapidement, à la vue du visage de l’adolescente tournant peu à peu au rouge violet. Marilou sentit lentement les petits picotements qu’elle avait ressenti devenir un véritable foyer. Elle porta ses mains à son cou, sous les yeux apeurés des adultes. La peau de ses mains commençait à s’irriter. L’ado sentait son esprit se fondre dans le brouillard, elle sentait sa bouche et son œsophage brûlé comme si des dents aiguisées y perforaient les parois, son estomac qui se retournait, les vaisseaux sanguins ressortaient presque de ses yeux ; Marilou ressentait la panique avant la suffocation, elle s’aggripa désespérément aux rebords de la table, en pensant aux dernières paroles de sa mère : « Mais promet-moi une chose, ma fille. Ne mange jamais de viande rouge! »
Elle posa un dernier regard presque vide sur le plat avant de les mettre sur sa mère adoptive. Elle sentit son âme s’envolée, comme si une autre lui avait prit son corps.
Joanne fut complètement paniquée. Elle se précipita vers le combiné téléphonique posé sur un meuble dans la pièce même, et composa l’urgence avec grandes difficultés.
-« Pourquoi j’ai fait ça, pourquoi j’ai fait ça, pourquoi j’ai fait ça… »
***
-« Comment va ma petite fille? », demanda-t-il au médecin. Le docteur observa gravement le vieil homme avec une lueur de compassion. Auparavant, lui aussi avait perdu un être cher. Pourtant les recommandations étaient formelles, pourquoi tant de gens les ignoraient? Des âmes auraient pu être sauvés. Une simple seringue, une injection, et fini la crise épileptique.