Le fier chevalier, cuirasse scintillante et main posée sur le cœur, s’apprête à conquérir ce territoire. Ces vastes étendues fertiles n’opposeront pas de résistance à ces mots. Il avance et capte l’attention de la population. De douces et ravageuses expressions sortent de sa bouche, qui s’articule avec calcul et avidité. Il y a des terres que de simples mensonges suffisent pour passer au travers.
Un autre lieu, un autre combat. Au sommet d’un piton rocheux loge un fortin. Le maréchal souhaite le prendre et il choisit toujours la violence à la valse des paroles. Une pluie de flèches enflammées sera la première note de sa diplomatie belliqueuse. Les catapultes font résonner un son grave, puis les troupes se lance à l’assaut. Les différentes vagues de fantassins sont repoussées, mais ils reviennent comme un refrain. On le connaît par cœur et on murmure… Les projectiles volent droit aux cœurs des assaillants. L’échec est là et la stratégie reste inchangée.
Encore plus de violence, des trébuchets sont montés, on envoie plus d’infanterie se briser sur les rocs, les cadavres sont jetés dans l’enceinte adverse… Avec le même résultat. Le temps a raison de l’acharnement bien souvent. La haine est née et avec elle l’impatience. Ils abandonnent, laissant la belle du haut de son perchoir entourée par les flammes.
La foret vierge s’étend à l’infini d’après la sensation de l’aventurier la pénétrant. Il est seul au milieu de maints dangers, mais il garde en tête sa quête proche de la folie. Angoissé et heureux d’attendre son but, il avance de bon cœur le sourire aux lèvres. Son visage sale, guette le mortel décor et ne décoche pas d’une seconde le moindre bruit ou mouvement. La végétation luxuriante le fascine et l’intrigue… La beauté associée à la mort imminente. Son pied s’enfonce ! Des sables mouvants ! Il s’accroche à une branche et tente de se hisser. Il est engloutit jusqu’aux épaules, le cœur bat sous les boues nauséabondes et sa main glisse soudainement… Enseveli.
Cette contrée est immonde et n’a rien d’enviable. D’ailleurs un panneau vétuste « À vendre » y trône. Mis à part quelques mousses sur le bois de l’écriteau, personne jusqu’à présent ne souhaite y loger.
Le feu dévore ces terres, pillées encore une nouvelle fois. Les hommes passés dessus ne se comptent plus et parfois ils sont plusieurs à dominés ces lieux. Les cendres recouvrent le sol rougit et volent portées par les vents chauds et secs de l’extérieur. Il n’y aura plus rien à sauver bientôt.
Le courageux s’agite énergiquement et avec rythme. L’objectif apparaît à l’horizon comme un miracle. Heureux, comme l’homme du désert face au mirage, il accroît son effort avec vigueur. Son bonheur lui fait oublier, le monde extérieur et le temps. La distance est grande alors que les nuages se massent au dessus de lui. Les vents surgissent en renfort et la tempête naît. L’épuisement de l’être au bon cœur n’attend pas la déferlante des éléments. Il peut faire demi tour, mais continue toujours. L’avidité ne fait pas ce choix, mais le courage si. Ses forces le quitte et l’océan se calme doucement… Barrière invisible récompensant le bon. Le but est atteint pour le nageur.
Notre fortin se fait assaillir de nouveau. Il est fait de marbre et se splendeur illumine les lieux avoisinants. L’homme est seul et tente de gravir à main nue la montagne…
Terres de chairs et d’esprit, lieux de combats de tous les jours, où quelques bourreaux errent, l’histoire est sans fin. Elle semble se répéter, et les cœurs de demain n’ont rien à envier à ceux d’hier. Coeur facile à prendre, cœur impitoyable, cœur de marbre, cœur blessé… Toute technique de séduction est-elle bonne à prendre ?