Le paysage n´avait absolument plus rien à voir avec Horneil. Ils se trouvaient à présent au milieu d´une profonde forêt que le brouillard et la nuit rendaient fantomatique. Léo fut aussi étonné qu´Arianne.
- Je... je ne sais pas, c´est pas normal tout ça, je... c´est pas possible.
Il se laissa tomber au sol. Arianne braqua sa lampe torche vers lui et s´agenouilla.
- Léo, relève-toi, je t´en prie ! On ne peut pas rester ici...
Mais un éclair de lumière l´interrompit. Léo tourna la tête, elle l´imita. Le brouillard s´était dissipé devant eux et un énorme miroir se tenait là, à quelques mètres. Mais ce n´était pas un miroir ordinaire. Deux énormes statues de dragons en bronze tenaient fermement le miroir au sol. Il ne reflétait que Léo et Arianne. La forêt, le brouillard et le ciel n´apparaissaient pas sur la surface miroitante. Assis sur le sol boueux et humide, les yeux rivés sur l´objet, Léo ne dit pas un mot. En quelques heures, toute sa vie venait d´être réduite en cendre.
Une étrange aura émanait de l´objet, une aura qui agissait comme un appel irrésistible dans la tête de Léo. Comment un miroir pouvait-il produire un tel effet sur lui ? Arianne, elle, ne semblait pas affectée par l´objet. Lentement, elle se releva et agrippa Léo par la manche.
- Aller, debout, on ne peut pas rester là. Il faut retrouver le chemin du village.
Mais il se libéra de l´étreinte d´Arianne et se rapprocha du miroir.
- Léo, écarte-toi de ce truc tout de suite ! s´écria Arianne
Mais trop tard. Le miroir se mit brusquement à briller et à aspirer le brouillard. Les volutes de vapeur traversaient la surface du miroir sans réapparaître de l´autre côté. Léo se rapprocha encore et son nez n´était plus qu´à quelques centimètres de la surface miroitante. Des lettres bleues se tracèrent soudain et formèrent une phrase :
" On m´a donné des instructions, tu dois traverser sans poser de questions. N´ai crainte et soit confient, et tu y parviendras en un rien de temps."
Arianne avait-elle aussi lu le message, qui s´effaça presque aussitôt que fut terminée sa lecture. Léo tendit tendis la main. A sa grande stupeur, elle traversa la surface. C´était froid et visqueux ; Léo la retira tout de suite.
- Je t´en prit Léo, écarte-toi de là, c´est trop bizarre ! insista Arianne qui n´osait pas s´approcher d´avantage.