La colère et la haine sont des sentiments affreux…
Je ne sais pas comment vous faites pour évacuer votre trop plein de colère, mais moi je n’ai rien trouvé de mieux que de me casser les phalanges dans un mur… La douleur physique atténue la douleur morale. Parfois, je ne sens plus cette douleur et je continue à frapper le mur, comme si j’espérais qu’il céderait, comme ma tristesse enfouie au plus profond de moi-même.
Mais il y a des techniques qui ne marche pas, et celle-là en fait partie. Maintenant, j’ai du mal à fermer ma main droite, et au moindre choc, mes phalanges me font souffrir. L’arroseur arrosé, auraient pu dire certains… A force de vouloir oublier la douleur, celle-ci vous courra après jusqu’à la fin de vos jours. Mais commet marcher droit ? Comment ne pas pleurer ? Comment vivre dans cet univers de souffrance immoral qu’est la vie ? Comment supporter le poids des mots, et la violence des gestes ? Comment arriver à ne plus voir ce qui nous entoure ? Comment réussir à ne plus souffrir ? Mais putain de merde répondez moi !
Voilà, encore aujourd’hui ma main me fait mal, mes yeux voudraient pleurer, sans succès… J’ai voulu casser le mur et c’est lui qui m’a détruit. Je sens tout le poids du monde sur mes frêles épaules, je sens toute la cruauté des hommes retentir indéfiniment dans mon crâne. Mais je ne pleurerais pas, je ne crierais pas, je ne vous montrerais même pas que je souffre… Je me sens si seule… Seule au milieu du monde qui me serre et m’étouffe lentement et inexorablement… Je me sens mourir à petit feu, je me sens dériver vers la folie. Qui me retiendra ? Vous ? Assis devant votre ordinateur à lire mes pensées, sans que je ne sache jamais votre nom ni votre histoire, vous, qui dévisagez ainsi mon âme, que ferez-vous ensuite ? Me laisserez vous ainsi ? Etindrez-vous négligemment votre ordinateur ? Ou penserez-vous un moment à moi, une simple page dans les méandres d’une âme qui souffre de ne pas comprendre…
La pitié me détruit, et le mensonge me démoli. L’hypocrisie que peuvent montrer certains me révulse, pas de mots d’encouragement, pas de paroles que l’on ne ressent pas vraiment, oubliez-moi…
Voilà, j’en ai peut-être déjà trop dit, je ne suis rien pour vous demandez de pensez à la souffrance des autres, je ne suis rien pour tenter de changer le monde. Mais moi j’essaye, et au détour des mots, j’espère que vous comprendrez ma détresse et que vous ne l’ignorerez pas. Je ne suis rien, juste un passage dans votre existence, juste une vie gâchée, juste une page gribouillé… Oubliez-moi maintenant, ce soir, vous dormirez sur vos deux oreilles en repassant votre journée dans votre tête, et peut-être penserez-vous un peu à cette page, peut-être penserez-vous à moi, peut-être penserez-vous à ceux qui sont là, autour de vous et que vous ne voyez jamais…