("Qui veut la paix prépare la guerre",des gens bien intentionnés font la guerre pour rétablir la paix, tu voulais dire ça?Mais c´est vrai qu´on croit toujours que sa propre cause est la bonne.Néanmoins je peux dire qu´il y a distinction: entre veiller au bien commun et au bien personnel).
...
Au crépuscule rouge d´un après-midi d´automne, au bord de la falaise séparant Horlajien, terre des orcs, et Dortoman, avant-poste des hommes, l´ambassadeur Heryth attendait. Au milieu de ses six hommes vêtus de cottes de mailles et d´une armure océan brillante, L´homme semblait petit, enveloppé d´une cape pourpre à capuche.Celle-ci ne laissait apparaître qu´une courte barbe grise cernant une machoire mince et dessinant un menton pointu. Seuls les yeux bleus profonds de l´ambassadeur perçaient l´obscurité de son habit, fixés devant lui, sur le grand pont de pierre qui réunissait les nations ennemies. Ses mains moites et brunes agrippaient nerveusement les pans de sa cape rapiécée, dévoilant cependant les manches rouges et oranges d´un habit de haute couture. Sa cape laissait également paraître des bottes sur lesquels étaient gravées un éclair bleu et une main gantée de fer, symbole de l´état princier des hommes du Sud.
Il attendait depuis quelques minutes quand,lorsque le soleil ne fut plus qu´un demi cercle à l´horizon, une troupe s´avança depuis l´autre côté du pont. Apparurent des chefs de clan des Orcs et des Gnolls, au nombre de sept pour chaque race.
A moins de cinq mètres de distance, l´orc qui semblait commander la troupe se détacha. Contrairement au commun des orcs, Zonhurda, roi des quatre-vingt clans Orcs, avait une peau noire comme le charbon, velue, un corps grand et droit comme celui d´un humain, des jambes longues. Imberbe et chauve, son visage long était balafré de nombreuses coupures cicatrisées, sa gueule laissait paraître ses dents inférieures, dont deux canines de la longueur d´une main. Ses yeux bruns étaient doux, une autre anomalie par rapport à la race orque. ILs rencontrèrent rapidment le bleu perçant de l´humain ambassadeur.S´arrêtant un instant, il reprit sa marche. Il stoppa net, à la hauteur des deux premiers gardes de Heryth.Celui-ci s´avança devant le chef orc, abaissant son capuchon.Son opposant pu voir son visage fin, pourvu de légères rides et d´un nez petit. L´amabassadeur laissa tomber sa longue chevelure grise, avant d´ouvrir la bouche.
L´orc parla avant lui:
"Heryth,Grand porte-parole, quelle est votre réponse face à notre requête?"
Après un soupir fatigué, l´ambassadeur répondit:
-Le peuple des hommes, en la voix de Sa Majesté
Aphetriss, repousse votre offre."
Zonhurda, surpris, fronça les sourcils; il répliqua:
-Vous savez donc très bien que...
-Oui.
-Très bien...soupira-t-il.Il annonça à forte voix:
Le peuple des Orcs en alliance avec la dynastie Ilriphekt, roi des Gnolls, déclare la guerre aux hommes des Cinq Terres.
-Partez, l´entretien est terminé, conclut le vieil homme.
-Une dernière chose...(il pressa soudain le vieil ambassadeur contre lui et lui chuchota)...vous feriez mieux de fuir, à tout jamais,frère..."
Puis il lâcha l´humain et partit d´un pas vif, sans regarder en arrière.Heryth frissonna.Cet orc issu d´une famille de nombreuses fois bâtarde devenait fou...
L´homme ouvrit la bouche pour ordonner de lever le camp, avec un dernier regard vers ses ennemis, suffisamment longtemps pour le voir esquisser un geste de la main droite, un geste éloquent.Son sang se glaça lorsqu´il vit six des sept Gnolls bander leur arc, flèche encochée.Il cria:
"Traîtrise!"
Trop tard. Un des soldats, vif, se plaça juste devant l´ambassadeur pour le protéger. Il évita la flèche qui lui aurait transperçé le cou s´il n´avait pas bougé. Il fut tué par une seconde flèche, un éclair après ses cinq camarades. Tremblant,l´ambassadeur vit s´écrouler son dernier garde du corps; puis il leva les yeux, terrifié, vers les archers.Ils rangeaient leurs arcs, et repartaient, le laissant au milieux des cadavres de ses gardes.