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Liste des sujets

Le pont

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
10 août 2006 à 04:17:04

Bonjour à tous.

Je suis actuellement confronté àun problème embarassant : j´ai peu de temps et trop d´idées. Ce faisant, j´ai écris ce texte car l´idée me paraissait bonne mais j´hésite à en faire une fiction.
Ce texte est ce que j´appelle : "un texte pilote". Ce faisant, si le texte vous plait, je tape la suite et la posterais, propulsant ce topic au rang de fiction. Sinon, et bien je pourrais exploiter une autre idée.

Sur ce, bonne lecture. :)

_________________________________________________

Le pont

Une âme s’élève.
Un esprit s’éveille.
Un œil éclot.

Oscar frissonna. Il déplia un bras vers sa gauche dans l’espoir d’attraper sa couverture et de la tirer sur son torse mais ses doigts ne fendirent que du vide. Il tâtonna davantage et s’étonna de la rugosité de son lit mais aussi de sa fermeté. Oscar était un quadragénaire, certes robuste, mais fatigué par une nuit de sommeil et il n’avait nullement l’envie de se contorsionner sur son lit afin de s’emparer des draps : il entreprit donc de se lever. Il ouvrit subitement les yeux mais hurla de stupeur à cause de la lumière. Il se trouva alors incapable de distinguer avec précision sa chambre tant la lueur qui régnait était forte, aveuglante et insidieuse. Puis, son iris s’accommoda de cette clarté irradiante et Oscar put reprendre la recherche de sa couverture. Mais alors qu’il grimaçait de douleur face à la nitescence omniprésente, il constata avec stupéfaction qu’il était étendu à terre, et de surcroît dans un lieu qui ne ressemblait en rien à son appartement.

Oscar détailla un instant l’étrange endroit où il se situait. Le sol était exclusivement constitué de pierres nacrées, toutes taillées et positionnées avec une précision et une minutie irréprochable. Un muret, également bâti en cette roche étincelante, sans doute du marbre blanc, formait une alcôve en demi-cercle ; son diamètre ne devant pas dépasser la dizaine de mètres. Oscar était allongé au creux du renflement seulement vêtu de son pyjama beige en coton. Il décida de se relever afin de mieux inspecter les lieux et de découvrir exactement où il était. Sa surprise et sa subjugation n’en furent que plus vastes.
De chaque côté de l’horizon s’étendait une immense route, pavée de pierre, dont l’impressionnante rectitude incarnait à elle seule la perfection géométrique. La chaussée mesurait une trentaine de mètres de largeur, et son nivellement, exempt de déclinivité, était si net qu’une étendue d’eau calme n’eut pu rivaliser. Le chemin offrait une perspective sublime, sans ornement et sans défaut, qui se prolongeait sur une distance considérable, à l’infini même de part et d’autre de ses extrémités invisibles au niveau du point de fuite. Des balcons semblables à celui où se tenait Oscar bordaient la voie tout son long de manière régulière.
– Où est-ce que je suis ? pensa-t-il en fixant alternativement chaque côté de la chaussée.
Pour répondre à cette interrogation, il s’approcha du petit mur et s’y appuya. Il inclina légèrement son buste de manière à conserver son point d’équilibre derrière la barrière mais suffisamment pour voir ce qu’il y avait sous le pont, à savoir un spectacle majestueux.

Oscar étouffa un cri d’émerveillement lorsqu’il aperçut les voûtes colossales qui supportaient la route. Leurs travées gigantesques se déployaient sur une telle distance qu’une ville entière pouvait fort bien se loger entre les imposantes piles. Il estima la largeur de ces dernières à plusieurs dizaines de mètres, et toutes les parties visibles étaient également faites de cette même étrange pierre blanche. Pour parachever la vision vertigineuse de ce lieu extraordinaire, un océan de brume et de nuages s’étendait à perte de vue et bien au-delà encore. Les piliers cyclopéens de la construction s’enfonçaient donc dans les affres tournoyantes rendant ainsi impossible d’apprécier la hauteur à laquelle se trouvait le tablier.
La structure s’avérait par conséquent être un pont, un pont démesuré, un formidable ouvrage érigé à la gloire de la démesure. Un sentiment de respect imprégnait l’air tant l’édifice était monumental par sa taille phénoménale, son exceptionnelle géométrie et sa simplicité, si grandiose qu’elle en était effrayante.
– Prodigieux… murmura Oscar en errant au milieu de l’unique avenue.
Il était complètement captivé par cet endroit. Sa fascination avait pris le pas sur sa perplexité et les questions obnubilant son esprit se noyaient dans un torrent d’exaltation et de contemplation.
Le pont semblait flotter silencieusement dans les airs et par un curieux effet d’optique ; Oscar fut incapable de dire si c’était les nuages qui dérivaient ou alors réellement le pont qui se mouvait par rapport aux nébulosités. Nul trou d’aucune sorte ne perçait ce somptueux tapis de flocons lactescents, conférant un aspect irréel à cette mer vaporeuse. Des jeux d’ombres et de lumières, provoqués par le mouvement lent de la brume et l’éclat chaleureux du soleil, formaient des silhouettes fantomatiques et des formes éphémères que le vent balayait peu après leur apparition. De plus, des bourrasques s’engouffraient entre les culées et tourbillonnaient dans les alcôves, qui, combiné à la douce brise fraîche soufflant sur le pont, produisaient un chant agréable, presque mélodieux.

Oscar déambula le long de la rambarde de pierres massives, laissant son regard vagabonder. Jamais il ne lui avait été donné l’occasion d’admirer une telle construction. Et aussi profondément qu’il cherchait dans ses souvenirs et ses connaissances, rien n’égalait ce pont qui paraissait plus être une rampe divine qu’un simple viaduc culminant dans les cieux. Il sortit progressivement de son état léthargique et la curiosité refit surface à l’allure d’un éclair un soir d’orage.
Comment avait-on pu concevoir et construire un si grand et si long pont ? Où pouvait bien se situer cet édifice pour n’en avoir jamais entendu parlé ? Mais la question récurrente qui hantait les pensées d’Oscar était celle de savoir comment et pour quoi il s’était retrouvé sur ce monument.
Il stoppa immédiatement sa marche et scruta les deux côtés de la voie avant de se demander s’il prenait la bonne direction. Après tout, où se trouvait l’extrémité la plus proche ; et encore fallait-il qu’il y en ait une songea Oscar inquiet. Car, il est vrai, on pouvait supposer que le chemin était en fait une boucle géante, possédant un rayon de courbure si gigantesque que l’œil nu ne pouvait en distinguer l’incurvation. Dans ce cas, il pourrait marcher autant que ses forces lui permettraient sans jamais atteindre la fin : le parfait cercle vicieux, mais alors un cercle anormalement grand et haut perché. Oscar se pencha au muret d’un autre balcon, seul point excentré d’où l’on apercevait les piles, et écarta aussitôt la possibilité d’essayer de descendre par là. Les parois étaient bien trop lisses et abruptes pour tenter de les dévaler. Son imagination foisonnante se mit en route et il se vit chuter dans le néant brumeux en hurlant à l’agonie. Oscar trembla une nouvelle fois et s’éloigna du bord.
Il se plaça au milieu de la chaussée et entreprit de choisir un côté ; mais lequel ? Il leva la tête vers le ciel dans l’espoir de s’aider du soleil pour s’orienter, mais en vain, car l’astre diurne culminait à son zénith. Depuis quand se trouvait-il là d’ailleurs ? Oscar l’ignorait puisqu’il ne savait pas combien de temps il avait dormi ni la durée qu’il avait fallu pour l’emmener ici. Néanmoins, il put en conclure en se basant sur le positionnement solaire qu’il devait être pas loin de midi. Etrangement, sa faim ne se manifesta pas bien qu’il fût toujours un fervent goinfre. Oscar ne s’en contenta pas pour autant parce qu’il se doutait que tôt ou tard son estomac réclamerait sa pitance. Or, il n’avait autour de lui que du marbre et une masse infinie de vapeur d’eau en suspension.
Il se demanda un instant s’il n’était pas dans un rêve, une pure illusion générée par son esprit vieillissant. Il se pinça instinctivement le bras et sentit une légère douleur. Cependant, Oscar savait que c’était bien insuffisant car il était parfaitement possible de souffrir lors d’un songe. Mais aucun d’eux n’avait été si réel auparavant, et ils ne duraient généralement pas plus de quelques minutes. Or, il se promenait manière erratique depuis déjà un bon quart d’heure sur ce pont. Il ne pouvait vraisemblablement pas s’agir d’un fourvoiement de l’esprit, mais de l’autre côté de la balance, il y avait ce pont : une construction presque inhumaine et totalement inconnue.
Oscar se secoua la tête et mit un terme à son tourment. Il chercha son objectif prioritaire : il devait marcher pour sortir du pont et rentrer chez lui sinon la faim et le froid ne manqueraient pas de le faire passer à trépas.
Il dégrafa un bouton de la chemise de son pyjama et le laissa rouler à partir d’une alcôve. Le petit objet mit fin à sa course à la droite d’Oscar, qui prit ce chemin sans hésiter. Il avait pratiqué de longues randonnées dans sa jeunesse et avec un peu de chance, il viendrait au bout du pont d’ici quelques heures tout au plus.

Pourtant, il déchanta rapidement au bout d’une heure ou deux. Ses pieds nus le faisaient souffrir et le la route paraissait toujours aussi interminable. Mais Oscar n’avait pas le choix : reculer aurait été stupide en raison de tout le chemin déjà parcouru et s’arrêter serait dangereux à cause de la faim menaçante. Il se reposait toutefois toutes les dix alcôves, la distance devant équivaloir selon lui à environ deux kilomètres.
Il émanait des lieux du mystère, de la magnificence et de l’inquiétude. Les nuages ne semblaient jamais enclins à se dissiper pour laisser entrevoir le sol, le vent frais s’avérait glacial à la longue et le disque du soleil paraissait fixé au sommet de la voûte azur. Rien de tout cela n’était normal, rien ne pouvait être tangible, mais le simple fait qu’ils existaient tout autant qu’Oscar prouvait qu’ils étaient incontestablement réels, ou alors dans le cadre de son illusion, mais il en doutait fort.
De temps à autre, il arrachait un bouton de sa chemise pour le déposer dans une alcôve, ceci dans le but de ne pas retourner en arrière à cause de l’exacte symétrie des lieux mais aussi pour mieux se repérer si d’aventure il devrait rebrousser chemin. Il marchait encore et toujours, posant invariablement sa jambe gauche devant sa jambe droite, et inversement, fixant constamment l’horizon fuyant dans l’espoir fou d’apercevoir la fin de ce pont diabolique.

En dépit de l’exaspérante monotonie de sa déambulation, Oscar distingua une forme au loin, et de surcroît une silhouette humaine. Son cœur s’accéléra en même temps que ses foulées. Il se pressa sans se soucier un instant de ses pieds souffrants. Peut-être était-on venu lui apporter de l’aide ? Peut-être lui révélerait-on pour quoi il était ici ?
Les contours s’affinèrent et se précisèrent. On discernait à présent sa taille mais surtout son gabarit car il s’agissait visiblement d’une femme, et elle aussi courrait à en perdre haleine. Les deux êtres, homme et femme, de sexe opposé, se précipitaient l’un envers l’autre tels les pôles d’un aimant. Ils se rapprochaient davantage et chacun put mieux identifier son prochain.
Leur course effrénée prit fin dans une section entre deux tribunes. Oscar détailla brièvement la jeune femme qui reprenait son souffle. Elle ne devait pas avoir plus d’une trentaine d’années au vu de ses traits fins et sa carrure athlétique. Sa chevelure blonde ébouriffée par le vent brillait élégamment au soleil, la rendant très séduisante en dépit de sa longue chemise de nuit bleue marine et de sa robe de chambre rouge. Apparemment, elle aussi avait été enlevée. Oscar arriva alors à une triste conclusion, une éventualité tragique à laquelle il n’avait pas pensé jusqu’à cet maintenant.

– J’espère que vous allez me dire où nous sommes, s’exclama-t-elle avec véhémence. Ca fait des heures que je marche dans cet endroit bizarre et j’aimerais bien qu’on m´éclaire sur ce qui se passe ici. J’exige des explications.
Oscar recula incrédule. La femme devant lui devait provenir de l’autre partie du pont, ce qui signifiait que là-bas, le pont s’étirait à l’identique, vers l’infini. La femme attendait une réponse en croisant les bras, mais elle arriva à la même conclusion quand Oscar s’effondra à terre. Elle s’écroula à son tour au côté de l’inconnu qu’elle venait à l’instant de rencontrer, et ensemble, ils pleurèrent.

myssmelmel
myssmelmel
Niveau 10
10 août 2006 à 09:00:36

J´adore. les descriptions sont complètes, le texte est bien aéré, l´histoire me semble vraiment interessante, j´aimerais bienvoir la suite :)

Unknowledge
Unknowledge
Niveau 7
10 août 2006 à 13:13:00

J´ai beaucoup aimé, les descriptions sont excellentes, et l´ambiance est assez angoissante mine de rien. Le style assez "scientifique" se fait sentir par contre, et parfois c´est un peu gênant, car cette précision alliée à un vocabulaire parfois trop recherché entâche un peu sur cette ambiance. Mais je lirai la suite avec grand plaisir et impatience, comme toujours :)

J´ai repéré une petite chose qui ne convenait pas:

"...qu’il devait être pas loin de midi. " :d) ´qu´il ne devait pas être loin de midi´ sonne mieux, ta version casse avec la narration soutenue qui règne tout au long du récit, et cela donne un effet étrange.

Voilà :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
10 août 2006 à 23:07:13

Merci à vous deux d´avoir lu.

Je suis content de savoir que vous trouvez l´ambiance angoissante car c´était précisément ce que je voulais faire ressortir.

Pour la précision géométrique, je t´accorde le fait que c´est assez scientifique mais d´un autre côté c´est en prélude pour une éventuelle suite.

A ce propos, j´en ferais probablement une mais une fois encore je ne sais pas quand. :)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
26 septembre 2006 à 20:14:38

up

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
30 septembre 2006 à 00:03:15

Bon, je vais essayer de reformuler le mieux possible et le plus efficacement ce que je viens de passer dix minutes à essayer de bien détailler.

C´est un travail kafkaien, Ostramus. Kafkaien est le terme qui convient lorsqu´avec une précision d´orfèvre qui n´est pas sans être familière, tu installes un monde obscurément polygonique, géocentré, et vertical, qui achève de le rendre inquiétant. Cette recherche permanente de précision dans la description minutieuse d´un univers qui oscille entre rationalité et onirisme peut ou pas séduire mais elle a son efficacité.

Le personnage d´Oscar, prénom coloré, a beau être envahi par un regard étrange sur un monde extérieur qui ne l´est pas moins, on ne peut s´empêcher, une fois n´est pas coutume dans tes écrits, de s´identifier à son errance symbolique, qui rappellera facilement la nôtre.

La chute est remarquable car elle achève de colorer l´ensemble d´une gouache d´absurde et de tragique philosophique. Quand le réel, onirique ou matériel, devient un cauchemar aux proportions de l´univers, de l´inconnu, et de l´infini... Une chute sèche et claquante. J´ai particulièrement apprécié le mutisme des personnages, surtout de cette femme dont le silence effraie.

En un mot comme en deux, une nouvelle qui mérite le coup d´oeil et qui invite à donner une nouvelle mesure à sa propre identité. Le style demeure fidèle à lui-même :-) ...

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
30 septembre 2006 à 05:07:50

Une jolie jeune femme blonde... je vous parie qu´elle est top model, à moins qu´elle ne fasse partie de la perfection de cet endroit?

Vous avez vu The Cube? La réaction des personnages est sensiblement la même: chercher une réponse logique alors qu´il est clair qu´il n´y en a pas. C´est qu´on a tellement peur de se retrouver dans un endroit parfait.

Qui dois-je croire? Mon imagination qui commande une suite ou ma logique qui, déjà, banalise froidement ce texte.

De toute façon, c´est remarquablement bien écrit dans un vocabulaire précis et songé. L´intrigue est bonne et le texte se lit bien malgré sa longueur. Seule cette impression de déjà vu persiste. Puis-je m´attendre à une suite? :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
01 octobre 2006 à 11:01:34

Merci d´avoir lu et commenté. :)

Voilà des commentaires qui font plaisir et sinon je prévois éffectivement une suite mais rien n´est sûr pour le moment.

Negatum
Negatum
Niveau 10
03 octobre 2006 à 20:35:32

jai lu, et beaucoup aimé :)
Le style est trés bon: Comme amir, je n´ai pas trop aimé le style, un poil trop scientifique qui casse parfois un peu l´onirisme de la situation. Mais bon, il reste excellent dans l´ensemble.
En fait, le seul truc qui m´a cassé, c´est la fin. J´avoue avoir été assez décu de ce dénouement, qui pour moi ne résoud rien. Donc j´attends une suite :p)

Bonne chance dans tes ecrits ultérieur :-)

Selestrielle
Selestrielle
Niveau 10
04 octobre 2006 à 00:13:23

Mais pourquoi te fallait-il une blonde !! ! *regarde au ciel*

Via_Veritas
Via_Veritas
Niveau 2
29 octobre 2006 à 00:15:48

Quelle facétie m´a amené sur ce topic? Allez savoir.
Ce dont je suis déçu et en même temps content, c´est de voir l´excellente critique de Carnavale résumant admirablement l´impression qui ressort de ce texte.
Une précision remarquable entretenant un mystère et une ambiance pesante et angoissante.
Bravo! J´imagine que nous n´avons pas la suite, mais elle sera la bienvenue.
Voilà un autre talent.

cartignydu21
cartignydu21
Niveau 8
29 octobre 2006 à 12:59:42

Pas mal du tout, continu.

Negatum
Negatum
Niveau 10
15 septembre 2007 à 18:25:37

Aprés tout, ça fera que onze mois...

(La Guerre des Ups...)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
15 septembre 2007 à 20:34:45

Putain ! 11 mois déjà :rire:

Passiansce !

Ianf
Ianf
Niveau 3
16 septembre 2007 à 18:24:56

C´est très bien. J´attends la suite avec impatience. C´est surtout le fait qu´il cherche une solution au problème et qu´il se rende compte que cela est voué à l´échec qui m´a plu. La chute est bonne, j´attends une suite digne de ce nom. Enfin bref, j´ai aimé, alors poursuis !

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