Autre début de fic, que j´essayerai de continuer souvent. Malgré les quelques appellations référencées dans une autre fic, vous n´aurez nullement besoin d´avoir lu quoi que soit d´autre.
Merci d´avance pour vos comms, quels qu´ils soient 
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Dolowa
I.
Le regard de Dolowa restait fixé sur l’océan. Le disque flamboyant du soleil s’étendait sur l’horizon, essayant vainement de se cacher aux yeux du monde, mais n’en ressortant que plus éclatant encore. Ses rayons irisés allaient se perdre dans l’immensité aquatique, et la bridaient de mille couleurs chatoyantes. Des nuages pourpres tâchaient la surface de l’astre de leurs formes effilées. Au loin, les vagues translucides s’élançaient vigoureusement vers le ciel et mêlaient leurs teintes dans une confusion fantasmagorique. Là-bas, là où la tempête déchaînait toute sa hardiesse, le ciel se teintait d’un vernis orangé, assombri par les nuages noirs de l’orage. Dolowa y devinait le grondement du tonnerre et du torrent, mais à cette distance, estompée par le ronflement des vagues proches et le gazouillement venu de la jungle, ce n’était plus que le chuchotement d’une brise lointaine. Il baissa les yeux, alors qu’une profonde mélancolie emplissait son cœur, comme à chaque fois qu’il fixait l’horizon. Le souvenir de Tankidor remontait dans sa mémoire, et sa vie passée sur cette terre défilait devant ses yeux. L’écume des vagues se jetait sur la plage, et allait s’engouffrer dans le sable scintillant sous le coucher de soleil. La mer était si belle et claire sur cette île, comme si on l’eut couverte d’un voile ne daignant filtrer que la beauté. Mais ce n’était qu’une apparence.
Il abandonna cette énième contemplation de l’océan pour retourner à ses occupations. Assis en tailleur, un couteau affûté dans une main, une pierre à moitié polie dans l’autre, il travaillait à ciseler cette dernière pour la rendre uniformément lisse. C’était un ouvrage en apparence inutile, mais pour un homme dont la vie était pareille à celle d’une bête, c’était une manière de rester sain d’esprit. Le couteau râpait souvent, et des écorchures tapissaient ses doigts. Le sang perlait alors, et si dans les premières années il s’empressait de chercher de la poudre de sangala pour cicatriser ses blessures, il n’y prêtait désormais plus attention. Tout comme pour sa solitude, son organisme s’était habitué, et il ne craignait plus une quelconque infection.
Les minutes passèrent, pareilles à des années, ponctuées seulement par les immenses vagues dégringolant à leur approche, et allant s’écrouler sur le sable avec un soupir. La pierre nacrée était parfaite, comme toujours. Sa surface lisse et sa forme régulière était un délice pour les doigts. Comme un enfant ravi d’avoir construit son propre jouet, Dolowa adopta un sourire radieux, et ses yeux azur étincelèrent. Il se leva, et marcha jusqu’à la lisière de la plage, le galet fermement serré dans sa paume.
L’écume onctueuse vint à sa rencontre, et chatouilla ses pieds nus. Il n’y fit pas attention, tout comme il ne faisait pas attention à ce qui l’entourait. Il vivait, cela lui suffisait. Il aimait vivre, même dans cet enfer doré. Il leva son bras derrière lui, et, prenant de l’élan, lança le galet sur la mer. Il ricocha plusieurs fois, et alla se perdre dans l’océan, laissant de petites couronnes miroitantes dans son sillage. Dolowa contempla les cercles en train de grossir, puis disparaître sous les rouleaux d’écume. Et sans comprendre pourquoi, une larme perla sur sa joue. La petite goutte se laissa caresser par la lumière et, s’habillant alors des couleurs de l’arc-en-ciel, se laissa tomber sur le sable doré. Puis une autre vint la suivre. Et une autre encore. Les grains de sable se noyèrent sous ces perles de mélancolie.
Dolowa s’agenouilla, et couvrit son visage de ses mains noircies par le temps. Les larmes affluèrent entre ses doigts, et vinrent s’agglutiner sur ses jointures érodées comme de la pierre. L’écume vint tremper son pagne, et fit frissonner son corps. Ou peut-être était ce le désespoir d’un avenir de pénitence. Ou l’espoir de retrouver un passé empli de merveilles.
Retrouver ces années...
Ces vagabonds...
Ce jour...
Où le soleil brillait de mille feux...
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- Le sangala est un arbre poussant dans les îles à proximité de Tankidor, dont l’écorce, une fois réduite en poudre, possède des propriétés coagulantes.
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