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Réçit: Le temps d'une danse

-Lane-
-Lane-
Niveau 10
08 août 2006 à 15:06:36

Salut! Je suis nouvelle sur ce forum, mais j´espère que vous aimerez ce texte.

Bonne lecture!

Le temps d’une danse

J’ai pris ma plume aujourd’hui. Cela faisait longtemps que je n’avais plus écrit. Mais j’ai eu envie de narrer une histoire qui m’était arrivée, il y a longtemps. Ce souvenir me parait tellement étrange par sa complexité, sa beauté et son horreur. Il me semble…irréel ! Et pourtant, je l’avais vécu, je l’avais vu et je m’en souviens encore maintenant. Il m’est arrivé d’en rêver, et de me réveiller en sueur, tendant ma main devant moi, dans le futile espoir de retenir quelques bribes d’illusions trop vite estompées par mon réveil et mes souvenirs. Je tente alors de me rendormir, priant pour que la douce chaleur de ces songes ne revienne plus hanter mes nuits, et espérant le contraire une seconde plus tard. Ces rêves m’ont infligé une si douce douleur… un mal aux senteurs de la forêt, aux frissons qu’un vent glacé procure, à la lueur opaline d’une lune à demi- cachée par les nuages, à la mélodie d’un clapotis d’eau, mais quelque chose de beaucoup plus net me revient en mémoire :

Le goût d’un sang amer sur mes lèvres.

Aujourd’hui encore, je peine à croire la réalité de cette nuit. Souvent, je me suis dit qu’une chose aussi…incroyable, n’aurait jamais pu m’arriver, à moi. Je n’avais été qu’un simple voyageur, un promeneur qui traversait les montagnes, et maintenant, je n’ai jamais été guère plus qu’un vulgaire employé de bureau. Alors, quand mes doutes commencent à prendre le dessus, machinalement, ma main se lève, presque malgré moi, pour se poser sur ma nuque. Mes doigts effleurent quatre fines cicatrices parallèles. Puis, enfin, comme toujours, je me rends compte de l’évidence.

Comme ce soir.

Mais c’est la première fois que je tente de narrer cet évènement, qui a été le plus beau et le plus triste de ma vie. Cela avait semblé être la fin d’une chimère, le moment où l’on réalise que tout n’était qu’illusions alors que l’on est intimement persuadé de pouvoir palper, sentir à l’intérieur de nous l’existence du mirage ! Et l’on continue à penser que cette réalité est là, à deux doigts de nous. Alors on se replonge dans nos souvenirs.

Cinquante ans ont passé maintenant.

Un jour, j’avais décidé de quitter ma ville. Je voulais traverser les montagnes, pour me rendre au hameau où vivaient mes parents. Ils avaient, quelques semaines auparavant, exprimé le désir de me revoir, après trois ans d’absence. J’avais vingt ans, j’étais en bonne santé, mais je n’étais pas très riche. Le chemin des monts n’était pas dangereux à ma connaissance, mais il était long. N’ayant aucunement le luxe d’envisager de louer une voiture, j’avais dû me résoudre à prendre le plus ancien de tous les moyens de transport existants : la marche à pied. Cela ne m’avait pas dérangé. J’adorais me promener pour voir ce qui m’entourait. De plus, j’avais eu une assez bonne condition physique. C’était donc sans inquiétude que j’avais fait mon sac. Il ne contenais que l’essentiel : de la nourriture, quelques habits et une carte. Je n’avais pas pris de lampe torche, je n’en avais pas. Mais je ne m’en étais pas formalisé, convaincu de la réussite de mon entreprise. Après tout, qu’aurais-je eu à craindre ? Mon voyage devait durer au maximum cinq jours. La moitié de la voie est indiquée par des pancartes, donc pas de soucis pour la première partie du chemin. Pour le reste, il aurait fallu se repérer grâce à la carte.

A ce moment-là, j’avais souri sereinement : cela ne devait pas être très difficile, non ?

Trois jours après, j’étais en train de pester contre moi-même. Malheureusement, je m’étais perdu. Cependant, j’avais été convaincu que je serais arrivé à temps au hameau. Egaré, certes, mais j’avais tout de même parcouru les trois-quarts de mon itinéraire ! J’avais eu un peu honte de croire que tout serait aussi facile…

La nuit commençait doucement à tomber. La nouvelle lune se levait, les étoiles s’illuminaient de leur lueur blanchâtre, parsemant ce ciel sombre de lumières. Des feuilles mortes étaient balayées par une douce brise, cachant parfois pendant un instant un de ces astres nocturnes. Les branches des arbres s’étaient mises à bruisser de manière inquiétante et leurs ombres s’étendaient sur toute la forêt montagnarde. Parfois, un petit animal s’extirpait des buissons, arrachant brièvement le lourd et silencieux rideau de ténèbres qui recouvrait les bosquets.

J’étais fatigué d’avoir marché aussi longtemps. Je tenais absolument à trouver un abri pour dormir. L’ombre des arbres ne me facilitait pas la tâche, assombrissant et réduisant mon champ de vision. Sous mes pieds, j’entendais régulièrement le bruit de mes pas et le froissement des feuilles mortes. Le parfum entêtant des arbres et de la terre m’entourait comme une brume étouffante. Un vent à la froideur de la Mort enveloppait la forêt comme une cage glacée. Mes mains tâtonnaient et écartaient les branches au bois sec et dur, semblable à une main desséchée. Mes pas s’étaient fait de plus en plus lourds. Mon souffle avait eu un rythme de plus en plus saccadé, haletant. J’avais horriblement peiné à inspirer de manière régulière ces deux dernières heures. Bon sang, j’avais eu vraiment hâte de me reposer !

Des branches avaient encore été dégagées de mon chemin. Mes yeux s’étaient alors posés sur une clairière, à moitié dissimulée par les arbres. Cela m’avait bien convenu. Il s’agit d’un endroit agréable pour dormir, non ? J’avais accéléré le pas et ai tendu mes mains afin d’écarter les derniers rameaux qui bloquaient la voie. Puis, j’ai enfin pu voir l’endroit où j’aurais pu passer ma nuit.

Mais je ne m’étais aucunement attendu à cette vision.

-Lane-
-Lane-
Niveau 10
08 août 2006 à 15:08:09

Dans la pénombre de la lune, quelqu’un s’avançait lentement en direction d’un lac, situé au milieu de cette immense clairière bordée d’arbres. Le vent m’avait apporté son parfum de fleurs sauvages. Il devait s’agir d’une jeune femme qui se tenait dos à moi. Elle ne semblait pas m’avoir remarqué. J’avais pu entendre sa respiration calme et lente. Sa démarche aérienne frôlait à peine l’herbe verdoyante parsemée de lucioles aux lueurs étincelantes. La lumière de la lune et des étoiles se reflétait dans l’eau du lac tandis que cette personne y posait un pied. Avec un frisson, j’avais remarqué la tête d’un loup blanc mort qui se balançait sur son épaule. Ses yeux vides semblaient me fixer. Je m’étais efforcé de détourner le regard de cette macabre vision.

J’avais alors pensé à contourner la clairière et avait commencé à faire volte-face quand un détail m’arrêta net :

Elle ne posait pas son pied dans l’eau, mais bien sur l’eau.

Eberlué, je l’avais vue s’avancer, comme si de rien n’était, sur le liquide cristallin. Ses longs cheveux sombres accompagnaient gracieusement ses mouvements et ceux de lac qui réagissait sous le léger impact de ses pieds. Le clapotis de l’eau résonnait au fur et à mesure de son avancée.

Arrivée au milieu de l’étendue d’eau, elle s’était immobilisée. De mon point d’observation, je m’étais raidi. Ma respiration s’était accélérée. J’avais attendu la suite avec un étrange mélange d’appréhension et de curiosité. J’avais hésité à courir pour rebrousser chemin. Mais je n’avais pas pu m’y résoudre. C’était semblable une force invisible m’avait retenu. Un peu comme si j’avais reçu l’ordre de rester, de ne pas courir.

La jeune fille s’était retournée d’un geste vif et gracieux. Son pied avait décrit un large arc de cercle, envoyant de petite vagues s’estomper sur la rive. Elle devait avoir mon âge. Une vieille robe déchirée de la couleur de la neige souillée recouvrait partiellement son fin corps d’oiseau. Une peau de loup dépecé d’un blanc pur était posée sur ses frêles épaules. La tête que j’avais remarquée tantôt s’y dodelinait, la langue pendante, le visage morne et sans vie. Sa longue chevelure emmêlée aux couleurs de la nuit lui donnait un air indomptable. Son visage pâle souriait calmement et ses yeux, semblables à deux saphirs, brillaient d’une lueur intrigante.

Puis, soudainement, elle avait fait ce à quoi je m’attendais le moins attendu.

Elle dansait.

Je l’avais d’abord vue tournoyer sur elle-même, puis exécuter une succession de gestes compliqués et gracieux. Emerveillé, j’avais suivi ses mouvements du regard.

Uniquement rythmé par l’écho des déplacements d’eau que la jeune fille provoquait, ce curieux ballet avait tout du fantastique. La danseuse ne s’enfonçait pas dans le lac. Elle semblait glisser sur l’eau, comme le plus majestueux des cygnes. La jeune fille enchaînait bonds, soubresauts et figures avec facilité, ne semblant jamais remarquer la masse aqueuse sous ses pieds nus.

Ses mains esquissaient tout autant de gestes. Ses doigts extrêmement longs suivaient le mouvement de ses bras, soulignant leur finesse. Ses épaules supportaient l’étrange peau de bête dont je ne m’étais pas expliqué la provenance. La tête du loup mort paraissait me jeter des regards en coins, se balançant toujours derrière la jeune fille. Sa gueule ouverte semblait vouloir hurler sa douleur. Son regard éteint me glaçait. Inquiet, je m’étais quand même dit que ce n’était qu’une impression. Après tout, ce loup était mort. Mais ma pensée avait vraiment manqué de conviction. Puis, chassant ces pensées noires, j’avais continué à suivre la danseuse du regard.

La lueur de la lune illuminait son visage fixe, dont le regard brillant ne semblait pas vouloir vivre. Il m’avait semblé qu’elle ne ressentait rien. Comme une belle statue, en mouvement, certes, mais donc le cœur est figé dans la glace d’une profonde tristesse.

A cette pensée, un frisson d’horreur m’avait parcouru. Moi qui n’avais jamais vraiment connu le désespoir ne pouvais pourtant pas m’empêcher d’éprouver de la pitié. Mon cœur consterné par son malheur apparent s’était empli d’effroi et avait dû manquer quelques battements à la vue des évènements suivants :

Cette jeune femme saignait.

Au fur et à mesure que ses pieds touchaient l’étendue d’eau, son sang s’écoulait des entailles sur ses jambes. Quand étaient-elles apparues ? Comment ? Je ne m’étais rendu compte de rien. Avec une répulsion mêlée de fascination, j’avais suivi du regard ces traînées de liquide rouge carmin se mélangeant à l’eau pure du lac à une vitesse anormalement rapide, formant une immense fleur aux couleurs de la vie.

J’avais tenté de me lever, je lui aurais dit d’arrêter de danser, qu’elle risquait de mourir, mais je n’avais pas pu. Je n’ai pas su pourquoi. Mon instinct m’avait ordonné de ne pas bouger, de me taire. Et je lui avais obéi, comme un enfant écoutant sa mère. Tétanisé, j’avais continué à contempler ce spectacle sanglant.

L’eau était complètement rouge maintenant. Elle continuait à onduler, sous les caresses d’un vent glacial qui entourait tout le lac de son halo glacé, comme s’il voulait le protéger, lui et sa danseuse. Son sifflement semblait être une menace aux intrus. Les lucioles que j’avais remarquées tantôt voletaient maintenant sur cette étendue d’eau vermeille, entourant la jeune femme de lumières pâles, semblant exécuter le même ballet qu’elle.

Mais elle dansait seule, légère et éphémère.

Tout à coup, elle s’était arrêtée. Intrigué, j’avais ressenti une appréhension sans bornes prendre possession de mon corps. Mes yeux s’étaient écarquillés de surprise quand je m’étais rendu compte qu’elle me fixait. Son regard s’était animé d’une étincelle de bienveillance…glacée.

J’avais pris peur et j’avais voulu courir loin d’elle, loin de cette eau rouge, loin de ce qui m’avait semblé être un cauchemar magnifique. J’avais déjà fait volte-face quand un grognement m’avait retenu, m’empêchant d’aller plus loin. Devant moi se dressait un grand loup. Son pelage, aussi blanc que la neige, était hérissé. Ses yeux d’un bleu pur me menaçaient, il était prêt à m’attaquer. Je n’avais pas d’autre choix. Je m’étais reculé dans la clairière. Là, la bête avait semblé se radoucir. Il n’avait plus l’air de vouloir me mordre, mais ne m’avait pas quitté des yeux. J’avais encore reculé. Il avait semblé satisfait, car il avait rebroussé chemin et avait disparu dans les bois.

Puis j’avais senti un léger souffle froid sur ma nuque. Je m’étais vivement retourné. La jeune fille se tenait toujours sur cette eau, souillée de son sang. Je m’étais alors rendu compte que je m’étais avancé jusqu’à la rive et qu’elle se trouvait au bord du lac, ses yeux bleus sans éclat de vie humain me fixant toujours.

Si proche et si loin de moi.

Son regard s’était fait rieurs et illuminaient son visage. Mais ils avaient toujours cette étincelle de froideur mêlée de cruauté bestiale qui avait attisé ma méfiance. Son doux sourire contrastait avec mon expression d’effroi pur. Je n’ai pas pu dire combien de temps nous étions restés ainsi.

Puis la lumière de l’astre du soir s’était faite plus intense, chassant l’obscurité qui s’était réfugiée derrière les arbres comme une bête apeurée. La jeune fille m’avait agrippé le bras et m’avais emmené sur sa piste de danse. Avec surprise et effroi, j’avais vu mes pieds glisser sur l’eau. Etat de stupéfaction à qui s’était rapidement ajouté une joie immense et inexplicable. La danseuse m’avait amené au centre du lac. Puis, elle m’avait entraîné dans une longue danse, lente et légère. Mon esprit s’était embrumé, je ne m’étais concentré que sur nos gestes et j’en avais oublié le reste.

De son fin visage rieur me fixant, elle m’avait empli d’un sentiment de bien-être. Les craintes que j’avais ressenties à son égard tantôt s’étaient complètement dissipées. Ses yeux de la couleur du ciel m’avaient regardé chaleureux, joyeux. Elle n’avait pas semblé surprise de me voir, comme si elle avait toujours su que je m’étais retrouvé par hasard dans les arbres quand elle exécutait son curieux ballet, seule.

Nous dansions sur la mélodies de nos souffles, le chant du vent dans les arbres, le rythme de nos pas sur l’eau et de nos battements de cœurs. Le parfum de la forêt, mêlé des senteurs de l’herbe et celles, plus discrètes, des arbres que le vent nous apportait, nous étreignait dans un carcan de douces senteurs. Les mains de la jeune fille étaient entrelacées avec les miennes. Sa peau avait la froideur d’un cadavre, et pourtant, j’avais pu sentir son pouls, la respiration de ses poumons…

Elle n’était donc pas un rêve, elle était vivante ! Réelle…

Tout à coup, j’avais senti un liquide chaud dévaler mon cou. Cela m’avait fait l’effet d’une douche froide. La tête encore remplie de brouillard, j’avais fixé des yeux la danseuse du lac. Elle avait souri, ne semblant pas comprendre pourquoi je l’avais regardée d’un air effrayé. Mes doigts s’étaient arrachés brutalement des siens et avait tâté frénétiquement ma nuque. Sans que je ne m’en soie aperçu, elle avait glissé ses longs doigts derrière mon cou et avait profondément griffé ma chair. J’avais prestement enlevé sa main ma gorge et une lueur d’horreur s’était allumée dans mes yeux quand je l’avais vue boire le liquide vermeil qui coulait entre ses doigts.

Puis, lascivement, la jeune fille avait entouré mon cou de ses deux bras. Sa tête s’était réfugiée dans le creux de mon épaule. Ensuite, j’avais senti de l’eau sur ma blessure. En même temps, j’avais eu l’impression que je perdais de plus en plus de sang.

Pris d’un doute, je m’étais brutalement dégagé de son étreinte. Je l’avais vue, qui souriait, ses lèvres teintées de rouge carmin…

Mon sang.

L’effroi et l’horreur avaient pris le dessus. J’avais oublié ma fatigue et mon émerveillement à son égard. J’avais couru, la peur me donnant des ailes invisibles. Rapidement, j’avais atteint la rive et m’étais apprêté à courir à travers les arbres, afin de mettre le plus de distance possible entre moi et cette danseuse du lac, enchanteresse sanglante. J’avais, arrivé à l’orée de la clairière, décidé de jeter un ultime regard en arrière. Ce que j’avais vu m’avait arrêté net.

La jeune fille pleurait des larmes de sang, témoins de sa souffrance. Son sourire s’était affaissé. Ses yeux me contemplaient un désespoir profond et sincère. Tout de suite après, elle avait fait demi-tour et s’était enfuie à travers la forêt.

Je ne savais pas ce qui m’avait pris. J’avais crié, lui avait hurlé de revenir. Au fond de moi, j’avais éprouvé de la compassion à son égard. Mais la danseuse du lac avait déjà disparu de mon champ de vision. Ayant un mauvais pressentiment, je m’étais lancé à sa poursuite. Les branches me fouettaient le visage. Le chemin devenait de plus en plus incertain, j’avais trébuché contre des cailloux à de nombreuses reprises, mais je n’en avais cure. J’étais bien trop inquiet pour m’arrêter. Alors j’avais continué.

Finalement, j’étais sorti de cette forêt. Le brouillard était vraiment épais, je ne voyais pas grand-chose devant moi. Mais j’avais retrouvé cette jeune fille. Et je n’en étais pas plus heureux.

Elle se trouvait dos à une falaise.

Trois mètres nous séparaient. J’avais esquissé un mouvement dans sa direction. Elle avait reculé. Pris de panique, je m’étais immobilisé. Elle leva la tête. Mon regard avait croisé le sien. Je me souviens toujours de ces yeux, si tristes, contenant un gouffre de désespoir semblable à ceux qui n’avaient jamais connu que le froid de la solitude. La jeune fille m’avait adressé un dernier sourire mélancolique, avant de basculer dans le vide, son corps disparaissant dans le brouillard.

J’avais pris un autre chemin pour descendre dans la vallée. Je m’étais rendu à l’endroit où son corps aurait dû choir. Mais il n’y était pas. Il s’était volatilisé, comme la fin d’un rêve. Je n’y avais trouvé, accrochées à une branche d’arbre, que trois gouttes rouges et gelées. Je les avais prises dans ma main, et, instinctivement, les avaient porté à mes lèvres.

C’était du sang. Un liquide de vie au goût amer.

Finalement, je suis bien arrivé chez mes parents. Je leur avais raconté la douloureuse aventure fantastique qui m’était arrivée. Ils m’avaient alors, à leur tour raconté une légende que j’ai retranscrite ici, dans mes mémoires :

Il y a maintenant environ cinq cents ans, une nymphe des eaux, aux yeux semblables à deux saphirs, avait aimé un vampire aux longs cheveux couleur de la nuit. De leur union était née la seule nymphe-vampire de l’histoire du monde. L’union parfaite entre un esprit pur et une entité maléfique. Mais le vampire, à la naissance de sa fille, avait été pris d’un accès de folie à la vue du sang de sa femme. Elle a été morte, tuée par son époux. Le mari s’était suicidé en s’exposant volontairement à la lumière du soleil peu après. La nymphe-vampire avait grandi dans la forêt et n’en était sortie qu’une fois. Les habitants des hameaux entourant la montagne, fortement hostiles et déterminés à tuer chaque vampire, lui avaient lacérés les jambes. Ils avaient eu vent de cet étrange mariage et connaissaient l’existence de cette étrange enfant. Mais ils n’osaient pas s’aventurer dans la forêt peuplée de loups blancs avec qui la jeune fille avait grandi. Selon la légende, l’un d’eux était la réincarnation de son père, qui regrettait de s’être tué en laissant sa fille seule. Elle y était donc retournée et n’en était plus jamais quittée. Mais la solitude lui pesait toujours. Elle n’avait jamais appris à parler et ne peut donc pas s’intégrer aux humains. Alors chaque soir, elle danse sur le lac de la montagne, et quand un voyageur passe, la nymphe-vampire tente de lui retirer une partie de son sang pour lui injecter le sien, afin de le transformer en vampire. Car ils ne peuvent cohabiter qu’avec leurs semblables, sous peine de rejouer tôt ou tard la tragédie des parents de la jeune fille. Et elle ne peut jamais expliquer son geste, ne pouvant pas parler. La danseuse du lac ne pouvait pas non plus mordre rapidement la personne, car, n’étant qu’à moitié vampire, elle n’avait pas de crocs. Elle peut juste tenter de les retenir en utilisant ses pouvoirs de nymphe pour endormir leur esprit. Mais les voyageurs la fuient lorsque la peur dissipe ses sorts. Alors elle reste éternellement là-bas, triste et seule.

Je n’ai jamais revu la danseuse du lac, que je soupçonne être la nymphe-vampire. Je ne sais même pas si elle est encore en vie. Je suis déjà retourné là-bas, dans l’espoir de la revoir, mais je n’ai pas retrouvé le lac. Il n’est même pas figuré sur les cartes de la région. Etrange, non ?

Je pense qu’elle ne le lira jamais, mais je veux que l’on sache que je ne lui en ai jamais voulu. Pais un instant, cette idée ne m’a effleuré l’esprit. J’ai eu, en écoutant mes parents me raconter cette histoire, un immense sentiment de chagrin pour elle. La nymphe-vampire avait peut-être cinq cents ans, elle en a vécu beaucoup moins. Elle n’a pas souvent été heureuse, entourée de sa solitude. Après tout, nous ne profitons de la vie que quand nous pouvons ressentir du bonheur n’est-ce pas ? Je me suis remémoré son sourire joyeux quand j’avais dansé avec elle, et son visage accablé quand je m’étais enfui, refusant sans le savoir de la libérer de son isolement. Alors je suis triste et désolé pour elle.

Car elle n’avait vécu que le temps d’une danse.

borarc3
borarc3
Niveau 10
08 août 2006 à 15:26:02

:snif: je le savais

apoloj
apoloj
Niveau 7
08 août 2006 à 15:43:24

Je viens de lire.

Il y a quelques fautes qui trainent dans le texte et certaines phrases sont tournées d´une manière plutôt étrange. J´ai regardé ta fiche et j´ai vu que tu venais des états-unis, alors je n´ai pas grand chose à dire :p) Tu écris bien ( mieux que certains français ! ), mais ce serait intéressant de relire un peu plus pour corriger les quelques fautes qui restent ^^

Pour le texte en lui-même, le début m´a paru un peu longuet, mais une fois que je suis entré dans l´histoire, je n´ai pas su en sortir. La scène de la danse est vraiment belle et les sentiments du narrateur sont bien retranscrits.

La fin est touchante et les petits gestes de la danseuse sont porteurs d´une sensation forte. On ressent bien l´émotion et la détresse...

Bref, un texte agréable. Je lirai d´autres de tes textes avec plaisir :-)

-Lane-
-Lane-
Niveau 10
08 août 2006 à 16:42:22

Borcky :d) XD C´est pas demain que je ferai un truc sur les lapins roses et la barbapapa hein?

ApoloJ :d) Merci!En fait je ne viens pas des Etats-Unis (Je viens du Viêt-Nam^^) et j´habite en Suisse. C´est vrai que la relecture n´est pas mon fort. J´essaierai de m´amélirer la prochaine fois. Merci d´avoir pris le temps de la lire.^^

-Lane-
-Lane-
Niveau 10
09 août 2006 à 18:48:48

ApoloJ :d) Maintenant que j´y pense, tu veux dire quoi par tourner des phrases d´une manière étrange? :question:

apoloj
apoloj
Niveau 7
09 août 2006 à 19:03:40

Faudrait que je relise le tout pour retrouver les phrases en question, mais c´était ponctuel ^^ pas vraiment important. j´essaierai de relire ça au calme et de te montrer un exemple, mais t´en fais pas, y´a rien de bien méchant :p)

Ton texte m´a qand même beaucoup touché :-)

-Lane-
-Lane-
Niveau 10
09 août 2006 à 20:34:05

Merci beaucoup.^^

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