Une histoire banal d´un type banal, mais il est en fuite au beau milieu de la deuxième Guerre Mondiale.
Il est canadien, xénophobe et ne pense qu´à sa petite personne et on le verra nous relater ses mésaventures dans une époque pour laquelle il n´est pas adapté.
£njoy (ou pas)
Journal Intime
Il fait nuit dehors et pareil dans cette demeure. J´écris à la lueur de trois chandelles ridicules, c´est tout ce qui me reste de ma dernière visite au marché. Nous sommes le vendredi 24 avril 1942, il doit être dans les alentours de minuit. Je sais plus trop. Je me demande même pourquoi j´écris en ce moment. Forcé par Evelyne. Ça va être bien pour toi qu´elle a dit, tu vas moins nous faire chier par après qu´elle a rajouté. Donc me voilà à une vingtaine de kilomètre de la civilisation avec quelque "collègues de fortunes".
Demain ça fera six mois que je me terre dans tous les endroits possibles et imaginables. La conscription a poussé plusieurs de mes compagnons à aller se faire tuer sous les bombes en Europe. Ce sera pas mon cas, vous pouvez en être certain. Pour le moment je profite de la vie et je n´irai sûrement pas me faire faire exploser par ces putains de nazis. Vous pouvez être sûr de ça.
Les gars dorment tous autour de moi. Il y a André, François et Adrien, le dernier ronfle comme un bienheureux. On se demande comment il peut faire autant de bruit minus comme il est. M´enfin on ne créchera pas trop longtemps dans ce petit endroit, on repars demain et André a pris la décision de se rendre aux autorités. Donc moi et les deux autres on décampe, je ne sais pas si François va prendre le même chemin que nous, mais maigrelet, comme je le surnomme, va me suivre pour sûr. Il y a un vieux qui aide les types dans notre genre à Gaspé, c´est un commerçant. Il y aurait une petite chambre secrète dans le grenier de son magasin général. Electricité et eau chaude fourni, c´est le rêve. De plus, magasin général veut aussi dire nourriture et alcool à volonté, c´est très bien ça. On pourra rester là une dizaine de jours tout au plus, ça risque d´être pas si mal. Et on ne peut jamais rester au même endroit plus longtemps sinon les putains de fédéraux risquent de nous retrouver et ensuite c´est un vol express pour l´Europe. Hop au front contre les saletés de nazis pour sauver une bande de juifs et de Français. Non merci, je préfère passer mon tour. Si les Anglais ont pas su résister, il y a rien à faire. Ils nous ont déjà envoyé leur enfants par bateau alors je me passerais bien d´aller me coltiner les Francoches.
Saleté de guerre, et l´autre connard à la moustache de pédé qui nous fait chier. Les autorités ont coulés deux sous-marins allemands cette semaine à moins de 30 kilomètres d´ici. Et à la radio ils arrêtent pas de nous faire chier avec les raids aériens des Japs. Il y en a même pas eu un et ça fait six mois qu´ils en parlent sans arrêt. Il arrive un moment où il faut savoir fermer sa grande gueule. Enfin peu importe, j´y peux rien, mais je vais me plaindre tout de même. Putain de guerre, je sens que je vais user beaucoup d´encre à répéter cette phrase.
Bref, Evelyne m´a conseillé d´écrire des jolies choses pour me changer les idées, mais je ne vois pas. A part sa poitrine et son petit cul bien ferme que nous nous sommes fait chacun deux ou trois fois, il y a rien de jolis ici. Et merde je dois la quitter demain elle aussi. Elle habite au bord de la rivière avec son papa et ses chèvres et c´est pas elle qui va nous suivre où on va. D´ailleurs je lui souhaiterais pas, je l´empêcherais même. Si elle se fait prendre avec nous, il y a quelques militaires qui vont bien s´amuser avec sa culotte. Et il y a pas un seul de ces connards de vendus qui va la toucher. Ma petite Evelyne avec ton sourire praline, tes cheveux de miel et ton regard bleu comme le ciel. Putain elle va être contente, j´ai écrit un truc joli et ça parlait pas de la niquer. Mais si je lui fais lire ça, je vais peut-être pouvoir la niquer. Génial. Ça va me changer les idées avant de partir.
Il y a Adrien qui se réveille maintenant, je ferais mieux d´éteindre les chandelles et de me coucher. Si les mecs me voient écrire, je vais me faire vanner toute la nuit moi. Sale con.