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Courte nouvelle: La Théorie du chaos

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
29 juillet 2006 à 11:12:41

Voilà une courte nouvelle assez bizarre dans le fond... Y´a pas de genre en particulier, mais bon, j´ai bien aimé l´écrire en tous cas! (j´ai juste eu du mal pour trouver une fin correcte et j´ai un peu raté une comparaison au sujet des céréales... mais c´est pas trop grave ^^)

PS: J´hésite à tout poster d´un coup car je pars en vacances dans deux heures à peu près et je pourrais plus mettre de suite avant une bonne dizaine de jours... :(
Enfin, j´ai terminé de l´écrire, donc je vais poster tout ici en espérant que ça rebutera pas trop les lecteurs...
N´hésitez pas à laisser vos avis, je vous répondrai quand je rentrerai. :ok:

Chaos Theory

Mardi 25 Juillet 2006, 18h12, grand désert de sable rouge d’Australie.

Je suis sûr que chacun d’entre vous a déjà vu de nombreuses photos de cet endroit magique qu’est le grand désert de sable rouge en Australie… Ces centaines d’hectares inhabités, traversés par une faune variée et caractéristique qui font tout le charme du plus grand pays d’Océanie. Parmi les centaines de kangourous, les reptiles venimeux, les koalas, les diables, et autres rongeurs en tous genres, tous plus singuliers les uns que les autres, il est une espèce animale plus commune appelée : le papillon. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de vous prendre pour des arriérés, mais je souligne ici l’importance de cette espèce dans le récit qui va suivre. En réalité, ce qui nous concerne vraiment, c’est seulement un de ces papillons. Comme cette histoire ne s’adresse pas particulièrement aux enfants en bas âges nous allons omettre de donner un nom à cette chenille volante. L’insecte dont il est question est d’une race de papillon ayant une espérance de vie bien supérieure à la moyenne de l’espèce : quatre-vingt jours. Notre spécimen était particulièrement coloré et ses fines ailes pointues étaient parfaitement harmonieuses. Elles étaient formées de ravissants motifs enroulés pareils à des fleurs aux tiges sinueuses. Son histoire, au départ (et au départ seulement), était vraiment banale et inintéressante. Il était sorti de son cocon sur un vieux platane en plein Sydney et, avec quelques camarades de son espèce trouvés sur place, il avait pu fuir l’air pollué de l’agglomération et se rendre le plus vite possible dans le désert de sable rouge qui englobe tout le nord ouest du pays. Mais, au cours du voyage, il avait développé une marginalisation étonnante car peu fréquente chez les papillons. Il s’était tenu à l’écart du groupe car il se sentait supérieur à tous les autres. Il n’était pas capable de penser à quoi que ce soit de recherché, mais il n´en demeurait pas moins anormal. Plutôt que de profiter des joies des vols entre papillons, il préférait regarder de loin les autres s’amuser tout en virevoltant de son côté. Le désert approchait et il commençait déjà à grandir, son esprit avec. Il était capable de mieux discerner certaines choses, et il abusait de cet acquis en essayant de réfléchir toujours plus alors qu’il en était toujours incapable… Il continuait de s’écarter du groupe qu’il ne suivait plus que de loin et se sentait toujours bien supérieur à eux, sans pour autant pouvoir expliquer pourquoi… C’est donc cinq jours après sa naissance qu’il s’était retrouvé au beau milieu du désert flânant dans l’air frais de l’hiver sans responsabilité aucune mais avec la farouche volonté de comprendre un peu mieux certaines choses… Il volait, planait, admirait, découvrait, sans être capable de se soucier du trou dans la couche d’ozone qui tout autour de lui décimait lentement la population australienne à coups de cancers de la peau… En ce maussade jour d’hiver de l’hémisphère sud, notre papillon se posa sur une des rares pousses de plante qu’on pouvait trouver dans le désert australien. Pour la première fois de sa courte existence, le petit animal se mit à penser réellement. Il relativisa un instant au prix de lourds efforts… Sa puissance cérébrale ne lui permettait pas de comprendre ce qu’il aurait tant voulu comprendre… Pourquoi était-il capable de voler ? Le papillon vacilla sur la petite pousse où il avait pris place. Un si grand effort de réflexion ! Cela l’avait entamé sérieusement et il dut rester immobile quelques minutes encore pour retrouver ses esprits habituels… Il l’ignorait certainement à cet instant-là, mais c’est au moment de prendre son envol que notre compagnon allait changer la destinée de notre monde. Il se plaça dans sa position de décollage habituelle en pliant une première fois ses deux ailes simultanément, et la fatigue l’emportant sur son entrain, il partit un peu de travers en un battement d’aile fébrile et tremblant qui lui permit tout de même de se rééquilibrer et de pouvoir rejoindre ses autres camarades. Cet envol raté, ce battement d’aile inhabituel, à 18h12 précises… Qu’est-ce que cela peut bien nous faire ? Les minuscules ondes de propagations de ce geste, certes peu ordinaire, ne devraient pas avoir de conséquences autres que la difficulté de ce papillon à voler correctement… Selon toute logique…
Mais, se dire cela, c’est oublier un cruel détail. La science n’est pas forcément logique. A en croire la théorie du chaos, elle serait même complètement aléatoire et dépendrait d’évènements tous simples qui en provoqueraient de bien plus importants… Cette théorie dit que l’infime battement d’aile d’un papillon peut provoquer à l’autre bout de la Terre un gigantesque typhon.
Si on en croit, donc, cette théorie, un simple battement d’aile risquerait d’être responsable d’un bien dramatique évènement… Mais qu’en est-il, à l’autre bout de la Terre, quand le battement d’aile déclencheur s’avère être complètement raté, fébrile et provenant d’un papillon réfléchi, marginal et légèrement narcissique?

Mardi 25 Juillet 2006, 10h12, Marseille, France

Marseille, principal centre urbain du sud de la France. Son port de commerce autonome, son pastis, ses calanques, sa pétanque, sa Canebière, son Vieux Port, sa Bonne Mère et moi. Ce matin-là je m’étais levé vers 10h, peut-être cinq minutes plus tôt. Réjoui des vacances parfaites que j’étais en train de vivre, j’étais allé me rincer le visage gaiement pour entamer la journée avec entrain. Le visage revivifié, je m’étais dirigé vers la cuisine et avait commencé à manger mes céréales coco pops habituelles. Les mêmes depuis dix ans bientôt. Je ne savourais même plus le goût de ces céréales, je les connaissais par cœur. Je continuais de les manger à la manière d’une ménagère de 55 ans qui satisfait sans aucun plaisir son mari chaque soir depuis 30 ans de vie commune uniquement par habitude et qui s’endort, chaque soir, contente de ne pas rompre avec ses habitudes. En gros, je mangeais ces céréales seulement parce que je j’y étais habitué, mais rien ne me faisait plus plaisir que de trouver le paquet cartonné marron avec le singe souriant en bas de mon placard chaque matin. Bref, cela étant dit, l’intérêt de ce récit était très limité et de toutes façons et difficilement compréhensible, c’est pourquoi nous en revenons à moi mangeant ces céréales en une belle matinée d’été dans l’hémisphère nord. Les températures caniculaires de cette saison avaient été moins dévastatrices cette fois-ci que trois ans auparavant. Et ma grand-mère habituée aux fortes chaleurs continuait de faire son jogging tous les après-midi sous les quarante degrés à l’ombre quotidiens… Moi, je sortais un peu, j’allais à la mer avec des potes, quelques fois au ciné ; pour respecter les recommandations du ministère de la santé qui conseillait de se rendre au moins une fois par jour dans un endroit climatisé pendant environ trois heures… La plupart du temps je glandais sinon… Entre l’ordi et la télé et puis y’avait ma copine aussi à l’époque… Je la voyais assez souvent, trois quatre fois par semaine. Les premiers ébats tout ça… C’était sympa… Et enfin ce doux matin, j’étais là à manger inlassablement mes céréales quand mon regard se posa sans que je ne puisse vraiment le retenir sur l’affreuse horloge en forme de carafe qui ornait le mur de la cuisine. Tout juste 10h11. Pourquoi n’arrivais-je pas à défaire mon regard de cette horloge ? Elle me captivait, ou plutôt, c’était l’heure qui me captivait. La fine trotteuse qui se déplaçait par à-coups venait de dépasser le numéro 6. Trente secondes venaient de s’écouler, mais j’avais au fond de moi-même le sentiment que ce qui importait c’était les trente secondes qui restaient avant 10h12. Le léger bruit de la trotteuse qui remontait irrémédiablement vers le grand 12 de l’horloge résonnait puissamment dans mon crane. J’avais arrêté de manger, arrêté de bouger, arrêté de respirer. Il n’y avait plus que dix petites secondes avant cette heure que je sentais importante. Mon corps fut soudain pris de tremblements. Un stress immense m’animait sans que je ne puisse le contrôler. Plus que cinq secondes. L’aiguille me narguait, je ne pouvais que la regarder se rapprocher du chiffre 12. Je me cramponnai à la table de peur de tomber à la renverse tant la pression était devenue insoutenable. Mais pourquoi est-ce que je pensais que 10h12 serait une heure importante ? Il se passe jamais rien à 10h12 ! Surtout chez moi ! Pourquoi mon regard ne pouvait-il pas se décrocher de cette saloperie d’horloge ? Plus que 2 secondes. Mes mains étaient moites, mon visage en sueur. Pourquoi… Pourquoi avais-je peur ? Plus qu’une seconde. Pourquoi cette trotteuse était-elle si sadique ? Pourquoi étais-je complètement bloqué et effrayé ? Pourquoi le temps semblait s’être arrêté comme pour me laisser profiter de cet instant ? Pourquoi cet instant me semblait devenir mon dernier instant ? Pourquoi…
10h12.
Je ne pus respirer qu’une dizaine de minutes encore par la suite. Le sol de la maison s’était décroché de la Terre. En tous cas, c’était l’impression que j’avais eu après le puissant tremblement qui avait eu lieu à la fin du décompte. Je n’étais plus paralysé et dominé par mon horloge, mais une toute autre peur, non moins puissante, commença à m’animer. Comment la maison pouvait-elle s’élever ? Je sentais qu’on montait, je ressentais le même petit picotement au ventre que dans un ascenseur. On montait. On, c’était moi, et mes deux sœurs qui dormaient encore. Mes parents étaient au boulot déjà. Peut-être, me disais-je… peut-être que je ne les verrais plus jamais ! Je me décidai enfin à me pencher un peu par la fenêtre pour regarder l’altitude qu’on avait prise.

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
29 juillet 2006 à 11:14:03

A mon plus grand étonnement, l’environnement alentour était le même que d’habitude. L’immeuble en face, la maison du voisin avec le chien bien sage dans sa niche, les collines à l’horizon avec Notre Dame de la Garde qui veillait sur la ville. Tout y était. Et pourtant j’avais le sentiment d’être en train de monter… J’avais même une petite nausée. Et puis je m’étais rassuré. Je ne devais avoir qu’une gastro qui me déstabilisait un peu… Je me rasseyais, tranquille, à la table de mon petit déjeuner. Dans un coin de ma tête, je repensais à cette horloge qui m’avait tant attiré. J’avais toujours peur, très peur. Je sentais que je devenais blême. Ca ne pouvait pas n’être qu’une simple gastro-entérite. Je commençai même à tousser. C’était comme si un asthme puissant venait de se déclarer en moi. J’avais du mal à respirer, j’avais froid. Cinq minutes après m’être rassis à cette table, je re pointai le nez dehors rassemblant toutes mes forces pour compenser ma grande fébrilité. Je ne compris pas immédiatement. Tous les gens du quartier se tenaient sur leurs balcons, tous pâles et presque agonisants. Aucun ne semblait comprendre se qui se passait. Le chien du voisin gisait dans sa niche. Il était mort. C’est alors que je fis le rapprochement, tout le monde était dans cet état partout dans la ville, tout simplement parce que toute la ville s’était envolée. Je me précipitai alors au grenier, manquant de tomber à chaque instant, pris par des spasmes et des malaises à répétitions. L’eldorado était là ! Une vieille bouteille à oxygène de plongée avec son embout était située dans le coin de la pièce sombre. Je bénissais mon grand-père fou de sports extrêmes tout en aspirant une première bouffée d’un oxygène salvateur. Mes pensées retrouvées, je regardai furtivement autour de moi avec l’espoir de trouver quelque chose d’intéressant. Mon regard s’arrêta sur un vieil altimètre rouillé qui traînait à côté du coffret de mon grand-père. 9200 mètres d’altitude. Jamais métropole n’avait été aussi haute ! Ayant repris un rythme de respiration normal, j’allais chercher une veste bien chaude pour palier au froid qui entrait par toutes les fentes des murs et des fenêtres… Ma veste de ski se trouvait dans la penderie dans le couloir à l’étage. C’est alors que je fus pris d’un sentiment de culpabilité énorme ! Mes sœurs ! Elles dormaient encore et ne profitaient pas de la chaleur et de l’air pur dont je pouvais profiter. Je courus vers la chambre de ma petite sœur. Elle était allongée sur son lit, d’une pâleur horrifiante. Je la secouai légèrement et elle esquissa un léger mouvementa ainsi qu’un regard à mon égard. Ni une, ni deux je lui fis passer la bouteille à oxygène, la réconfortai et partis en direction de la chambre de ma grande sœur en maintenant une apnée quasi insoutenable sur les quelques mètres de trajet. Son pouls ne battait plus. J’avais mis ma main sur son poignet dès que j’avais atteint son lit, et, son pouls ne battait plus. J’eus besoin de respirer un grand coup, mais je ne parvins qu’à aspirer du vide. Une sensation plus qu’inconfortable qui n’égalait pas la douleur au plus profond de mon être provoquée par la découverte du corps sans vie de ma grand sœur. Des images d’elle et moi jouant gaiement à la balle, discutant de notre orientation après le lycée dans cette même chambre, incapables de dormir sous une tente infestée de moustiques, jouant aux cartes sur ce même lit, des dizaines d’images défilèrent en un bref instant dans mon esprit. Ma vision était brouillée par des larmes incontrôlables… Ma sœur n’était plus de ce monde… L’autre arrivait, me tendant d’un regard fier la bouteille d’oxygène. Je pris une grande respiration et lui laissai prendre à son tour une bouffée. Nous descendîmes dans la cuisine pour nous installer plus confortablement, bien que parler de confort était faire usage d’euphémisme… Je pensais à elle qui était là, en train de consommer avec moi les derniers litres d’air comprimé. Je pensais à ma grande sœur, étendue morte sur son lit. Mes parents aussi étaient probablement morts… Mes amis, toute ma famille… Ma veste rembourrée ne suffisait plus à me protéger du froid. Ma petite sœur me tendait, de sa frêle main, la bouteille d’oxygène. Mais je la refusai. Elle insista lourdement, mais je me désistai. Ils nous était désormais impossible de parler tant nous étions frigorifiés. Mais elle finit par comprendre. Elle posa alors la bouteille par terre et dans ses dernières forces, donna un grand coup de pied dedans. La dite bouteille explosa dans un bruit sourd qui parvint à nos oreilles engourdies. La pression en avait de toute façon eu raison. J’avais gardé l’altimètre dans ma poche. 10000 mètres. Ma petite sœur suffoquait, moi, je m’en foutais de moi… Je ne voulais pas voir ça. Je ne voulais pas voir crever ma dernière attache à cette vie qui venait de foutre le camp en quelques minutes… Alors je la serrai fort contre moi. Je n’en avais pas la force, mais pourtant j’y parvins. Je l’enlaçai fermement, pleurant sur son épaule toutes les larmes de mon corps. Elle ne m tenait pas elle. Elle ne le pouvait probablement pas. On était debout dans la cuisine. La température était infernale, la respiration impossible, la pesanteur même n’était plus aussi forte. Puis je sentis le corps de ma petite sœur ne plus porter le mien. Je sentis qu’elle ne pouvait plus tenir mon étreinte. Elle aussi était partie. J’étais probablement l’un des derniers à tenir encore sur ce morceau de Terre gigantesque qui s’était décroché du sol inexplicablement. Je serrai encore ma sœur, qui n’avait aucun appui. Je n’étais plus capable de rien. Ma peau s’était givrée, j’étais en apnée depuis plus d’une minute dans des conditions pires qu’invivables puis mon regard s’arrêta sur l’affreuse horloge en forme de carafe qui ornait le mur de la cuisine. Plus que trente secondes avant 10h22. Je n’avais plus la force de me poser des questions. Je ne pouvais plus faire qu’attendre. Ma tête reposée sur l’épaule du corps inanimé de ma sœur, le regard tourné vers cette horloge je regardais la fine trotteuse se déplacer par à-coups sur le fond gelé. Je pouvais encore me contrôler… Mais à quoi bon ? Je savais très bien que ce phénomène resterai, pour moi en tous cas, inexpliqué. Je n’étais plus maître de mon destin, mais je sentais quand même que je pouvais décider d’une dernière chose. A 10h22 seulement, je m’éteindrai. Plus que 5 secondes à tenir. Ma fin était trop tragique pour être vraie… Comment tout cela était-il possible ? Plus de questions ! C’était inutile, je le savais bien. Plus que trois secondes. Une larme chaude coula le long de ma joue. Plus que deux secondes. Une dernière larme chaude qui éclaboussa le carrelage. Plus qu’une seconde. Je fermai les yeux.
10h22.

Mardi 25 Juillet 2006, 13h00, Boulogne-Billancourt, France.

On s’activait en régie pour préparer la population française à un choc terrible. Une ville entière avait disparu. Jean-Pierre Pernault travaillait avec tout le monde pour le lancement d’une journée entière consacrée à l’envol de Marseille sur TF1. Il n’y croyait pas lui-même, personne n’y croyait. C’était un phénomène totalement inexplicable. Un glissement de terrain ou un phénomène météorologique quel qu’il soit n’ont jamais eu cet effet là ! La nouvelle avait très vite circulé dans le monde entier, et dès 10h30, tous les chefs d’Etats du monde étaient déjà au courant. Jean-Pierre était particulièrement stressé, il n’avait pas eu beaucoup de temps pour préparer avec son équipe les bons mots pour engager l’investigation. Finalement 13h arrivèrent et il salua le public avec un air plus grave qu’à l’accoutumée. Des journalistes étaient déjà sur place et il purent montrer en avant première mondiale pour la plus grande joie des vautours de la direction de la chaîne des images de l’immense cratère rempli d’eau qu’était devenu Marseille. Dans l’après-midi, une fois que le cratère marseillais – c’est ainsi qu’il avait été baptisé par les journalistes qui adoptaient tous l’air le plus grave possible en considération de l’événement dramatique qui avait eu lieu – eût été pris sous tous les angles, par hélico et par bateau dans le cratère même., TF1 eut l’exclusivité mondiale sur la diffusion d’une dizaine de vidéos amateures qui montrent l’ascension de Marseille vers le ciel. Des vidéos venant d’Allauch, d’Aubagne, jusqu’à Aix et Toulon même ! Toute la ville décrochée du sol se mouvant rapidement et seule en direction verticale. Des images qui font mouche ! Des voitures en mouvement qui tombent par moment des différents axes routiers permettant la sortie de la ville et se scratchant sur la terre ferme… Déjà, à Marseille arrivaient des centaines de journalistes étrangers tous plus excités les uns que les autres, prêts à se battre pour avoir l’emplacement le plus intéressant. Dans les studios à Boulogne, c’était la vraie panique. Des milliers d’appels reçus, des mails, des SMS… Et sur le plateau de J-P Pernault deux scientifiques de renom expliquaient que la science n’avait pas encore totalement été explorée, loin de là, et que, au vu des images amateures montrant la montée de Marseille jusqu’à l’espace, la ville et ses fondations avaient du se dissoudre sous l’effet du soleil et la dépression de l’espace…
Pendant encore plus d’une semaine, le cratère marseillais avait été mis en quarantaine, à la disposition des journalistes et de certains scientifiques et inspecteurs chargés d’essayer de trouver des éléments de réponse à la question : « Comment cela a-t-il bien pu se produire ? »… Les trois semaines suivantes, le coin avait était réservé à l’Etat qui bouchait les canalisations béantes, réglait le réseau électrique, sécurisait le réseau routier et s’occupait de tout le travail de réhabilitation des alentours. Marseille était devenu le nom d’un cratère en contact direct avec la mer – ce qui explique le fait qu’il soit inondé- et la ville n’était plus, elle, qu’un souvenir gravé à jamais dans les esprits du monde entiers…
Cet été-là s’était terminé en beauté. La France avait accueilli encore plus de touristes que d’habitude, malgré les craintes que beaucoup avaient exprimé… Le film qui a le mieux marché dans les box américains est Taxi 3. Les dizaines de promoteurs immobiliers qui s’étaient jeté sur l’occasion et avaient acheté des centaines de terrains tout autour du cratère marseillais qu’ils appelaient le nouveau littoral méditerranéen connurent un grand échec. Car plus personne ne voulait sar les terres marseillaises dans le monde. Marseille était déjà devenue l’histoire que chaque grand-père raconte à son petit-fils en laissant de grands tabous derrière lui… Et dans cette même fin d’été, au beau milieu du mois de Septembre, un papillon coloré terminait sa vie dans le désert de sable rouge d’Australie. Ce même petit papillon qui était, plus de deux mois auparavant le responsable d’un battement d’aile mal négocié du à un trop-plein de réflexion… Heureusement pour la planète, le vieil animal s’était calmé et sociabilisé. Finis les rêves de grandeur et la marginalisation, l’insecte vivait désormais en communauté avec les autres de son espèce…
La théorie du chaos s’était une fois de plus révélée, avec l’envol de Marseille, être véridique. Jamais elle ne s’était faite remarquée avec autant d’ampleur, mais une chose est certaine désormais… C’est qu’à l’avenir, il faudra compter avec les papillons et les autres espèces inférieures qui dans leur dimension sont capables d’être responsables de véritables drames humains comme celui dont j’ai été une des victimes… Mais plus d’un million de personne décédées n’auront même pas amené les scientifiques à reconnaître que tout n’est pas du à une suite d’ évènements logiques… Tant de vies arrachées pour si peu de progrès, j’en serais presque triste si je n’avais pas cent mille autres raisons de pleurer aujourd’hui. Le monde part en vrille, et moi, je ne suis qu’un pion qui a souffert de cette décadence à l’échelle mondiale. Comme l’ont dit beaucoup d’autres avant moi mais pour bien d’autres raisons: « Rien ne va plus . »

Fin.

En effet, c´est court. ^^

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
29 juillet 2006 à 16:22:30

C´est zarb... Mais j´aime bien !

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
29 juillet 2006 à 16:54:16

Effectivement, y´a pas grand-chose d´autre à dire. :o)) Enfin si on pourrait dire que ça s´lit bien tout ça, mais bon. :o))

lex-4000
lex-4000
Niveau 10
09 août 2006 à 12:34:33

Je suis assez d´accord avec vous en fait, c´est vrai que c´est bien loufoque... ^^
Enfin, :merci: d´avoir lu!

Si d´autres lecteurs passent par ici... :-)

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