Plus je marchais et plus la douleur devenait lancinante, ma vue se troublait bien que je luttais à chaque instant pour maintenir ma vision.
Je serrai de toutes mes forces mon arme dans ma main, sur celle-ci dégoulinait peu à peu les gouttes de sang provenant d’un large trou encore fumant dans la poitrine.
Bien que je le tenais fermement, j’étais secoué de convulsions manquant de lâcher mon revolver à chaque seconde.
Le sang mêlé a la crasse formait un liquide répugnant et largement opaque, je sentais le contact chaud du sang couler le long de ma main tremblante avant que celui-ci ne s’écrase a terre formant une trainée régulière dans la poussière recouvrant le sol de l’usine.
Le seul bruit que je percevais était mon propre râle qui bien que venant de moi-même m’emplissait d’angoisse devant la nature anormal et croissante d’intensité qui le caractérisait.
Ma progression devenait de moins en moins aisée, la douleur m’engourdissait les jambes, je devais m’appuyer de tout mon poids à la rambarde en métal sur la passerelle.
Je m’engageai dans un recoin sombre et m’arrêtai quelques instants.
Je levai la tête un moment, cette action un peu précipitée me fit basculer en arrière et je m’étalai sur le sol de tout mon poids dans un bruit assourdissant.
Bien que sonné j’arrivais a encore avoir conscience de ce qui m’entourait.
Je scrutais le plafond vitré du bâtiment, une lumière lugubre de teinte orangée traversait le verre et illuminait l’endroit donnant une forte dominante orange, jaune renforcé par la nature des murs sombres et sans âmes qui n’avait aucun mal a se laisser posséder par la lumière du crépuscule.
Celle-ci faiblissait à chaque minute pour ne laisser que des contours mornes au relief de cette usine désaffectée, mon œil s’affolait de peur devant ce spectacle persuadé que ce crépuscule serait le mien.
Mais je ne pouvais pas arrêter la, pas maintenant, je me reposerais plus tard, j’ai encore des cartes a jouer et mon adversaire ne s’est pas encore couché, la partie n’est pas terminée…
Je me relevai avec peine et serrant les dents pour ne pas crier face a la douleur aigue de ma plaie, du sang emplit ma bouche, je ne pu comprimer ma nausée et crachai un mélange de sang et de choses dont je ne préférais pas connaître la provenance.
Cette action me brûla la gorge et le goût me restant en bouche était insoutenable.
Je m’adossais quelques instants afin de calmer la brûlure, qui, provoquée par la balle de mon détracteur, faisait danser les élancements de souffrance dans ma poitrine tel un shaman en transe d’une tribu ancestral.
Il fallait que je retrouve ce type et le faire payer, je n’avais pas le choix, je devais continuer a vivre tant qu’il n’aurait pas payer sa dette de sang.
Il devait être la quelque part, il se cachait ici depuis le début de ses meurtres, il ne fallait pas être de la police pour comprendre q’un homme vivant ici ne pouvait être que déséquilibré.
Personne n’avait pu mettre la main sur lui depuis le début de ses horreurs, la police restait impuissante car ils avaient bien la affaire à un génie du mal, un dément.
Celui-ci choisissait ses victimes selon les liens qu’elles entretenaient entre elles, Des liens cachés.
Les deux premières victimes par exemple étaient deux femmes qui entretenaient une relation homosexuelle et trompaient leurs maris respectifs.
Une autre victime encore était un fils qui cachait à son père un inceste qu’il avait entretenue avec sa mère.
Ces secrets étaient si souvent tellement honteux que la plupart des gens côtoyant les victimes n’en disait mot a la police, cette dernière ne bénéficiant pas de ces informations de première ordre avait tendance a patauger dans l’affaire.
Dommage car cela aurait été si simple, une personne connaissant autant la vie des gens ne pouvait pas être bien inconnue de la population de leur petite ville.
Bien que ce long carnage ne me rassurait pas a ce moment la, je ne me sentais pas concerné donc pas en danger.
Je n’avais rien à cacher, ma femme était morte il y a un an me laissant seul avec ma fille qui fut la seule des deux a avoir survécu a l’accouchement, je n’avais pas refais ma vie depuis et ma famille vivait loin d’ici.
Je me sentais intouchable, en effet, je n’ai pas eu la moindre égratignure mais j’aurais préféré mourir plutôt que de subir ce qu’il était arrivé il y a de cela seulement deux semaines.
La victime à avoir été massacrée cette fois fût ma fille, Ambre.
En rentrant tard de mon travail de reporter au journal de la ville je la découvris encore emmitouflée avec amour dans un drap.
Sauf que ce soir la ce ne fut pas moi à être le dernier a l’arranger ainsi.
En m’approchant d’elle en cette tombée du jour, je pensais serrer très fort mon enfant plein de vie contre mon cœur pour qu’ils puissent battre à l’unisson.
Ma fille étant encore la seule raison pour laquelle je me levais le matin et me couchais le soir.
Mais cette fois le rituel cher à mon cœur n’aura pas eu lieu, je la découvris emmailloté dans ce drap inondé de sang.
C’est le corps secoué de spasmes avec de lourdes larmes s’écoulant sur mes joues que je retirai le tissu découvrant ainsi toute l’horreur incommensurable que pouvait atteindre la folie humaine.
Elle était morte selon le même rite démoniaque que les autres, la mort avait été provoquée par la lacération profonde de la chair dessinant ainsi des signes cabalistiques sur le corps des victimes, le sang perdu au cours de la longue opération avait au bout du compte raison de la vie des victimes.
J’avais été effondré par ces événements et des envies suicidaires me prenaient mais je devais avant tout trouver l’homme responsable et le faire payer et surtout le stopper dans son opéra sanglant.
Mais l’élément qui m’échappait était que ma fille n’était pas une victime comme les autres.
Elle n’avait pas de liens cachés avec d’autres personnes, elle n’avait que un an…alors…pourquoi ?
Cette déduction m’avait torturé durant deux semaines jusqu´à ce matin.
En cette belle matinée j’avait décidé de me rendre a l’église car bien que j’avais perdu la foi depuis la mort de ma femme Angela je désirais retourner en cet endroit afin de pouvoir profiter de l’atmosphère apaisante des lieux.
C’est la que j’ai eu cette idée, en regardant le confessionnal, et si le tueur était un homme d’église ?
Cela pourrait bien être le prêtre, pas de difficultés pour connaître les secrets de tout le monde dans un confessionnal.
J’avais dévisagé l’homme en question concentré sur son office.
Il avait la cinquantaine, de forte corpulence, de petits yeux noirs perçants cachés derrière des lunettes rondes et avait le front dégarni.
On ne pouvait pas dire qu’il attirait la sympathie, bien qu’à l’écoute de tous, il semblait toujours très froid et impassible.
Il réagissait sans surprises et sans changements de ton aux confessions de ses paroissiens.
Durant l’inattention vouée a moi-même par le prêtre, je m’étais dissimulé furtivement vers l’endroit ou il se reposait entre deux célébrations ou autres actions religieuses qu’il devait mener.
Arrivé dans la salle, l’horreur m’avait saisi à la gorge, ce que j’avais vu m’avait terrifié par sa nature malsaine, il y avait la des packs de photos pédophiles montrant le clérical en action avec de jeunes enfants, diverses cassettes de snuffmovies, des accessoires dont je n’osais même pas imaginer l’usage, des bocaux remplis de matières organiques et des signes cabalistiques sur les murs avec des empreintes de sang.
Apres ce spectacle je m’étais arrangé pour passer chez un ami flic, c’est a lui que j’ai dérobé en douce l’arme poisseuse que je tiens en main.
Apres cela je m’étais dirigé vers la maison du curé durant son absence afin de pénétrer chez lui et de l’attendre.
Mais il n’est jamais venu, et il fallut moins de dix minutes pour que je le comprenne de moi-même.
Cet homme n’habitait pas ici, pas de lit, de chambre mais seulement le strict nécessaire pour recevoir des paroissiens en visites tels qu’un salon modestement meublé.
Heureusement en rassemblant les indices présents sur les lieux je ne tardai pas a découvrir qu’il semblait se terrer dans l’usine désaffectée non loin de là.
C’est ici que je découvris tout, l’endroit où il tuait ses victimes, ses outils, ses livres a tendance satanique et bien d’autres horreurs.
J’avais commencé à déduire que ce prêtre avait dû tomber dans la folie démente à la suite de ses lectures.
Je compris alors pourquoi il demeurait si immuable devant les péchés de certains, son ambition était de punir plus tard lui-même les personnes selon son culte afin de les libérer de leur démence pécheresse.
C’est pour cette raison qu’il avait recours à cette méthode de rite sanglant.
Il était sérieusement déséquilibré cela ne faisait aucun doute.
J’étais venu la avec la ferme intention de me faire ma propre justice, mais sur le moment cette idée ne m’attirait plus tant.
Il s’agissait de tuer un homme et si je faisais ça je devrais vivre avec pour le restant de mes jours.
Cette perspective ne me séduisait guère et je ne voulais plus commettre une telle action qui anéantirait a coup sur mon futur pour de bon.
Mais le prêtre ne l’entendait pas de cette oreille car celui-ci avait investi les lieux en silence et sans un mot m’avait tiré dans la poitrine.
J’avais bien tenté de riposter mais celui-ci était plus vif qu’on ne le penserait en le voyant puis il avait fui à travers l’usine et c’est dans cet état que maintenant j’essayais avec peine de rattraper ce salaud.
Je pris de longues inspirations et tentai de me remettre en marche mais j’étais devenu bien trop affaibli je me heurtais contre le mur en me laissant aller en arrière.
Je n’eus qu’une fraction de seconde pour m’écarter a cet instant, un bruit assourdissant retentit près de mon oreille résultant du choc entre le mur et une barre a mine tenu par l’homme d’église visiblement froidement décidé a me soustraire la vie du corps.
Je chutai de tout mon long sur le sol, cette fois, il ne me rata pas.
Dans une pulsion de douleur indescriptible je senti mon bras se briser sous l’impact violent de la barre mais celle-ci fut prolongée par une deuxième résultant cette fois ci de l’éclatement de l’os du fémur gauche.
Des convulsions violentes me secouaient sur le sol noir de souillures diverses.
A ce moment la, Il sortit son revolver et le dirigea vers mon cœur en m’annonçant sur un ton grave et sentencieux :
«Seule la mort pourra purifier ton âme de ses actes hérétiques ».
Je tentai de gagner du temps en lui demandant pour quel péché j’étais ainsi voué à cette fin et il me révéla sur un ton des plus lugubres :
«Tu as pris sous ton toit l’enfant du vice.
Ca, je sens que ta femme ne t’en avait pas touché mot, elle a été puni a temps et a juste titre, l’enfant qu’elle portait en ses entrailles n’était pas le tien.
Elle avait commis le péché de chair avec un autre paroissien et avait ainsi condamné sa vie, celle du pécheur et de l’enfant.
Voila pourquoi j’ai tué ta fille, quand a celui qui t’as trompé il est tout simplement l’homme en qui tu avait tant confiance, celui qui t’a fourni l’arme que tu caches sous ton manteau,désolé pour toi au cas ou tu pensais que je ne l’avais pas vue ».
Je n’avais désormais plus de carte a jouer je tentai le tout pour le tout, je pris mon arme et la pointa en direction du prêtre, il eu deux coups de feu simultanés.
La balle avait du me perforer le poumon tant j’avais de mal a respirer, pour ne rien faciliter, mon assaillant tomba lourdement sur moi touché au ventre.
Il semblait inconscient mais il ne tarda pas a relever la tête vers moi et a sortir une dague de sa veste avec laquelle il commença a me lacérer le visage en récitant des paroles a peine articulées dans une langue immémoriale, une lueur démente animant son regard.
J’eu la force de tirer un deuxième coup de feu, après lequel le dément retomba lourdement sans vie sur ma poitrine.
Le choc me fit me torde de douleur, je me vidais de mon sang peu a peu, en vomissant également à intervalles réguliers, j’étouffais, je n’arrivais plus a respirer.
Peu a peu, la douleur se fit moins sentir et le recoin sombre ou j’étais allongé s’éclaircissait.
Je pu me lever au bout de quelques minutes sans peine et constatai la disparition de la douleur.
C’est alors que je vis au sol le curé sans vie et en dessous de celui-ci, mon corps, inerte, avec les yeux noyés dans le vide.
Curieusement cette vision de m’apeura pas et ne m’interpella même pas.
Je me sentais libéré.
Maintenant je ne voyais plus les corps, je n’étais plus dans l’usine mais dans un champ de fleurs pareils a ceux qui me hantent durant mes plus doux rêves depuis que je suis sur cette terre.
Je marcha quelques instants en me laissant porter par la douce sensation de paix qui m’habitait et je découvris quelques pas plus loin ma fille pleine de vie couchée dans l’herbe.
Je la pris dans mes bras, la serra contre moi et senti avec tout le bonheur retrouvé, nos cœurs battrent a l’unisson.
ancun avis?
personne???
Oh un non-lu! Je vais manger et je te donne mon avis après promis =)
Quelle bonté
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Ouch, un tel vent ça doit pas faire du bien effectivement, j´ai donc lu^^. Ma foi...pas trop mal, mais aurait pu faire mieux. Les explications viennent alourdir le texte à mon sens, peut-être aurait-il mieux valu les diluer et peut-être également être moins précis.
Dans l´ensemble, le style est assez simple et agréable à lire, les descriptions largement correctes.
Aurait p´têt pu faire mieux, faire mieux passer les sentiments comme la haine ou la douleur, ou le bonheur à la fin.
Mais bon en gros, pas mal du tout, un texte sympathique. ![]()
Voila j´ai lu.
Bon, pour moi le texte a un défaut: c´est le fait qu´il y ait trop de précisions. J´ai eu parfois du mal a le lire, parce que tu uses de mots que, parfois, tu peux enlever. Mais surtout parce que, vu le genre, tu as une démarche trop "exacte" qui a le defaut de ne pas laisser passer les sentiments, le narrateur n´a pas l´air interne à l´histoire, on ressent pas ce qu´il ressent, on a juste l´impression de voir une camera. Je m´explique avec un exemple:
"Le seul bruit que je percevais était mon propre râle qui bien que venant de moi-même m’emplissait d’angoisse devant la nature anormal et croissante d’intensité qui le caractérisait."
Je trouve cette phrase longue, et totalement denuée de sentiments. J´ai l´impression de voir un scientifique qui tente d´examiner les caracteristiques du râle. Je ne sais pas, il manque du naturel dans ce que tu écris.
Mis a part cela, la démarche est bonne, l´idée aussi. Mais comme je n´ai pas réussi à éprouver de sentulents en lisant ton texte, je n´ai pas pu l´apprécier à sa juste valeur...
Désolé, mais je lirai tes autres textes, pour constater tes evolutions, ou même voir si tu te debrouilles mieux dans un autre style, ca arrive parfois.
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de sentulents
de sentiments...
Moi et mes nombreuses fautes de frappe ![]()