David pouvait voir son reflet dans la lame, il avait toujours détesté sa tête, une rage sans fondements pertinents l’animait dès qu’il croisait son reflet dans une quelconque surface réfléchissante.
Il inclina légèrement le couteau afin de plus être confronté à son image qui le désespérait toujours plus.
Il amena la lame a hauteur de son poignet et la posa a plat.
Pendant ce temps il se repassait en tête les évènements qui l’avaient amené à cette fatalité et bien qu’il ne jugeait pas d’un point de vue objectif que ses raisons justifiaient cette situation, il ne trouvait plus la volonté de continuer plus loin son périple d’homme.
Il commença à légèrement incliner l’objet tranchant vers l’intérieur de son poignet et se mit à forcer en douceur…
David ne trouvait pas le courage d’aller plus loin, il n’osait pas forcer, il commençait à avoir peur et à éprouver de la pitié pour ses parents qui retrouverait leur fils vidé de son liquide vital au petit matin.
Néanmoins, bien que son cœur battait encore et que son cerveau était encore capable d’analyser ce qui l’entourait, il ne ressentait plus la moindre parcelle de vie en lui.
Il retenu sa respiration et se mit a forcer sur l’extérieur du poignet, la lame commença a déchirer les tissus et le sang émergea a une vitesse inquiétante.
Quand à son visage, celui-ci était entré dans un état de contraction extrême, une lueur a la fois démente et apeurée était née dans son regard.
Il commença à faire glisser la lame luisante sur toute la largeur de son poignet, ce qui eu pour effet d’ouvrir une entaille toujours plus annonciatrice de la mort proche et irrémédiable.
La douleur était devenue intense et David se mit à souffrir de violent spasmes qui lui fit lâcher le couteau et tomber a genoux.
La douleur était atroce, Il leva les yeux sur la plaie et vit le sang sortir et couler le long de sa main et son bras par flots constants.
Il était a la fois fasciné et terrorisé par ce spectacle, le sang commençait a couler en gouttes a intervalles réguliers sur le carrelage de la salle de bain.
David sentait ses forces le quitter progressivement, il s’écroula au sol dans un bruit sourd caractéristique de ceux qui ont a peine conscience de ce qui se passe autour d’eux.
Il se mettait a repenser a tout vitesse a ceux qu’il côtoyait dans sa vie, a l’acte qu’il venait de commettre et bien qu’il trouvait cela malheureux d’un autre coté il se sentait satisfait de ses actes, il était convaincu qu’il n’avait pas d’autre alternative de vie.
Progressivement, il sentit une matière chaude contre sa joue, il réalisa avec le peu d’esprit qu’il lui restait encore que c’était la marre de son propre sang qui s’étendait.
Il n’avait désormais plus la force de bouger, ses paupières tombèrent lentement et ses dernières pensées se désagrégèrent tels la pourriture d’un fruit en plein soleil un jour d’été pour ne former plus qu’une seule phrase « aucun regrets ».