Bonjour à tous 
Je me suis décidé à me mettre à l´écriture. C´est complétement nouveau pour moi, je ne vous demande pas de trouver toutes les fautes d´ortho
. Alors enjoy!
Ce soir-là
C’était un soir d’automne. La saison était déjà bien avancée. Ce parc n’était plus qu’un arc-en-ciel de couleurs. Avec ces feuilles multicolores qui se berçaient au bout des branches, qui planaient dans le ciel en se laissant emportées par le léger souffle du vent. Ce soir-là…
J’étais accompagné de ma fille Lucie de 7 ans et de mon épouse Suzanne. Nous avions décidé après le repas d’anniversaire de Lucie de venir faire un tour dans Central- Park. Nous traversâmes la rue qui nous séparait de l’entrée du parc. Les lampadaires illuminaient cet endroit, faisant briller des feux dorés de partout. Le sol était tapissé de feuilles mortes colorées. Nous marchions, Suzanne et moi, main dans la main, tandis que Lucie était un peu plus loin en avant. Nous marchions, côte à côte, comme un vrai couple.
Nous marchions en silence. C’était un moment agréable. Avec mon travail d’administration, je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer à ma famille malheureusement. J’avais beaucoup réfléchis au bureau et à la maison. J’étais en train de rater la plus belle aventure de ma vie; Lucie et Suzanne. Et moi comme un imbécile, je n’ai pensé qu’à l’argent, je n’ai pensé qu’à ma stupide carrière. Il m’a fallu du temps, des années, à vrai dire. Mais aujourd’hui, ce soir, j’ai compris. Je m’étais décidé. Fini les journées de 24 heures à bosser au bureau devant un ordinateur. Fini les semaines passées à HongKong ou Tokyo en voyage d’affaire. Fini toutes ces années de travail acharné pour n’arriver qu’à une simple promotion. Tout cela était fini. Peu importe ma carrière, peu importe le compte en banque, peu importe la grosseur de notre maison, peu importe… Ce qui compte vraiment, c’est ma vie, c’est Suzanne et Lucie. Ma vie, c’est elles! J’irais démissionner de mon poste, j’irais décrocher la lune pour eux, je mourrais pour eux. Ce soir-là, j’ai changé.
Nous étions ravis. L’astre du soir fit son apparition et projetait sa faible lueur blanchâtre sur les environs. Nous marchâmes parmi les arbres. Nous avançâmes sur ce chemin de gravier bordé de lampadaires. Le parc n’était pas vraiment comme à l’accoutumée. Il semblait bien qu’il y avait une fête ou plutôt une foire.
-« Papa, tu peux me dire d’où viennent ces lumières accroché au ciel », s’écria Lucie en pointant son doigt vers le ciel étoilée. Je me tournai vers elle. Ses yeux d’un bleu profond brillaient d’une curiosité enfantine. Elle ressemblait tant à sa mère. J’approchais mon visage du sien.
-« Tu vois, ma chérie, toutes ces étoiles, on raconte que dans chacune d’elles se trouvent un ange. Pour chaque petit enfant comme toi, pour chaque parent comme ta maman et moi, il y a une étoile, pour veiller sur toi et sur nous. », lui expliquai-je tendrement. Lucie souriait. Elle avait compris. Je la pris dans mes bras, et Suzanne m’enlaça doucement de ses bras.
-« Je t’aime », me souffla-t-elle. Je la regardai dans les yeux. Elle était magnifique. Ses cheveux blonds flottaient librement par la brise qui soufflait. Elle portait un manteau bleuté. Ses yeux étaient azurs. Ce qui me plaisait chez elle, c’est qu’elle était très naturelle. Elle ne mettait presque jamais de maquillage. Ses gestes emplissaient notre maison de tant de gaieté. Je n’ai jamais aimé une femme autre qu’elle. C’était la femme de ma vie. Je passai ma main dans ses cheveux. Je l’embrassai passionnément.
Le monde commençait à affluer dans le parc. Nous nous approchâmes près du lac central du parc. Les manèges étaient installés autour du plan d’eau. Des comptoirs, des petits cabanons y étaient également installés. Les gens se divertissaient aux stands de tirs. Certains faisaient la queue devant la grande roue. Les ampoules de celle-ci se reflétaient dans le lac, rejoignant les autres lumières des astres du soir. Les lucioles dansaient parmi les feuilles des arbres. Le parc était illuminé de cette paix. Nous, on continuait simplement notre marche, en famille réunie parmi tout ce monde. J’étais heureux, ce soir-là. Rien ne pourrait arrêter notre bonheur.
Nous nous arrêtâmes devant un carrousel. Je reposai ma petite fille. Elle me tenait toujours la main. J’observai ces chevaux montés par des enfants qui riaient et qui criaient avec ces parents qui s’amusaient tout autant.
-« Est-ce que je peux faire un tour moi aussi, s’il te plait? », me demanda Lucie de ses yeux suppliants. Je lui souris.
-« D’accord, mais tu iras avec maman. Je reste ici, et je vous regarde, d’accord? » Répondis-je. Suzanne pris la petite main de Lucie.
-« À tout l’heure chéri! », me dit-elle.
-« Je vous attendrai à la sortie », dis-je.
Je les observais s’éloigner. Elles se dirigeaient vers le stationnement bondé où était le carrousel. Elles se faufilaient entre les voitures stationnées.
Je sentis bien quelque chose à ce moment. Un sentiment inexplicable. Un sentiment d’angoisse. Je sentis qu’elles partiraient bien plus loin de ce que je pensais. Plus les secondes s’écoulaient plus, plus elles s’éloignaient. Toujours vers le carrousel évidemment. Mais mon malaise ne faisait que s’accroître. Je ne voulais pas les laisser partir. Je me mis à courir en leur direction. La panique commençait à me gagner. Je m’affolais. Je ne voulais pas. Non!
« Arrête! Suzanne! Arrête-toi! Arrêêêêtteee! S’il te plait! »
Je ne voulais pas que la fatalité n’arrive. Je ne voulais pas. Je voulais les arrêter, je ne vois qu’elles soient enlevées de moi.
« Arrêtteee! Pitiéééé!!! »
Les gens autour de moi me fixèrent des regards surpris. Je courai toujours vers Suzanne et Lucie. Je me foutais de tous ces gens. Je ne voulais pas! J’accélérai.
« Suzanne!!!! Lucie !! !!Suzanne!!! »
Et là, d’un coup, sans crier gare, un éblouissement m’aveugla en même temps qu’un bruit assourdissant déchirèrent mes tympans. Je fus projeté au sol à plusieurs mètres. Je sentis plus rien. Je ne vis plus rien. Je n’entendis plus rien. Et là, je repris mes sens après quelques instants seulement. Je vis mes mains ensanglantées. Je sentis mes genoux écorchés. J’entendais les gens hurler. J’entendais l’enfer. J’avais mal, terriblement mal. Je souffrais, je savais qu’elles étaient parties. Pour toujours. Pourquoi. Pourquoi. Je me mettais à pleurer à chaudes larmes. Je ne suis pas mort. Mais elles étaient parties. Je relevais la tête, les yeux embrouillés. Il n’y plus de lumières magiques. Il n’y plus d’enfant qui riaient. Les étoiles étaient masquées par une épaisse fumée. Les carcasses des voitures brûlaient. Les feuilles dorées des arbres se consumaient. Les débris jonchaient le stationnement. Le carrousel était en miette. C’est l’enfer; le feu était partout. Elles étaient parties.
Voilà mon témoignage, inspecteur. Ce soir-là, c’était le 25 octobre 1999 à New York, dans le stationnement de Central Park à 20h32 précise. À l’endroit où une voiture piégée explosa. Ce soir-là, elles m’étaient enlevées de force malgré les étoiles qui veillaient sur elles en cette nuit d’automne… Ce soir-là, elles étaient parties.