Bonsoir tout le monde, je poste ici ma nouvelle, j´espère juste qu´elle vous plaira !
Est-ce qu’une fois dans votre vie quelqu’un vous a parlé des démons ? Non, j’imagine que non. Ou bien, vous étiez tellement jeune que vous ne vous en souveniez plus. Je ne sais pas, je ne vous connais pas vraiment, et vous ne me connaissez pas. Et pourtant, longtemps l’on m’a parlé de bêtes imaginaires, tel que « Le Meumeu »... Dans vos familles elles devaient posséder un noms différents, mais là n’est pas le sujet de mon récit. En fait, je voudrais vous parler des démons, les vrais ou les monstres, ça a tellement de noms, ces choses. J’en ai rencontré un, moi, dont je me souviens parfaitement...
J’avais seize ans, à l’époque, Quelques amis et moi-même étions passés près des mines d’or – du moins d’après leur nom – elles étaient sensées être désertes, car plusieurs ouvriers avaient disparus quelques mois auparavant. Mais vous savez, j’étais jeune. Et à mon époque, on ne réfléchissait pas, on fonçait. Et c’est ce que nous avons fait, même si certains d’entres nous ont hésités, dont moi.
On a tous pris des morceaux de bois, et grâce aux briquets de George et l’ingéniosité d’Eugène, on en a fait des torches ! Parce qu’il y avait plus de lanternes après l’abandon des mines... Puis on s’est aventurés dans les sombres tunnels de la mine. Je restait bouche bée en apercevant les formes des tunnels, les quelques pioches qui traînaient par-ci par-là... En fait, tout ça m’émerveillait parce que je venais de la campagne, vous savez, et donc j’avais surtout l’habitude de voir des champs de maïs, ou de blé... De betteraves aussi. Et jamais je ne voyais de tunnel, à part les minuscule trous de taupes, enfin vous me direz que c’est pas vraiment des tunnels, et pourtant...
Nous étions arrivés face à une espèce de plate forme, un monte-charge qu’on appelait ça, non ? M’enfin, ça me faisait penser au puit, vous savez lorsqu’on fait descendre le seau puis qu’on le remonte ? Et bien moi, je voyais ça, mais à la place de l’eau, on transportait des hommes.
C’est fou les idées qui peuvent passer par la tête d’un jeune de la ferme non ? Et encore plus fou la façon dont ils interprètent les choses.
Eugène et moi attendrions en haut, pendant que George, Jean-Marie et Jean-Luc descendraient voir ce qu’il pouvait bien y avoir en bas. Le « seau » descendit lentement dans le puit, les hommes à son bord...
Quelques secondes plus tard j’entendis George rire, avant de s’enfoncer dans les tunnels d’en bas, puis plus rien.
Les minutes passèrent, peut-être même des heures... Puis Eugène me donna un coup dans le bras pendant que j’observai les roches.
C’était un type pas très grand, il portait un chapeau de paille et une brindille dans la bouche, ses yeux bleus montraient qu’il était pas mal inquiet, vous voyer... Il portait une simple chemise bleu clair et une salopette.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Demandai-je, en me tournant vers lui.
- Dis, tu trouves pas qu’ils sont longs, les trois là ?
La peur était présente dans sa voix, et son visage
- Mais non, ça ne fait pas longtemps qu’ils sont partis... Commençai-je, avant qu’il ne que coupe :
- Juste trois heures et demie.
Je le regardai, puis en soupirant je lui dis simplement qu’on allait descendre tout les deux voir ce qu’il y allait pas. Et c’est ce que nous fîmes...
Plus tard, lorsque nous fûmes en bas, nous traversâmes différents tunnels, parfois nous étions perdus à causes des bifurcations, mais Eugène n’était pas dupe : il repérait les traces que les autres avaient laissé en guise de repères comme dans le petit poucet, les cailloux ou les miettes de pain, vous voyez ?
Puis on a retrouvé Jean-Marie, allongé. En se précipitant vers lui, on s’est aperçus qu’il tenait une jambe dans la main, une jambe coupée...
J’ai reculé, horrifié, mes membres ne m’obéissaient plus et moi j’hurlai. Lorsque je n’eût plus la force de crier, j’entendis des cris de jeune homme, plus loin dans le tunnel.
Je ne sais pas ce qui s’est passé : l’adrénaline, je crois que ça s’appelle. Enfin, tout ce que je sais c’est qu’une énergie soudaine s’est immiscée en moi, je me suis levai et ai commencé à courir, torche brandie vers le fond de la grotte... Quelque chose me frappa la tête et je m’écroulai.
Quand je me suis réveillé, la torche était près de moi, et Jean-Marie aussi, accroupie. La jambe coupée qu’il tenait avait été jetée à travers la le lieu, et je remarquai des traînées de sang que je n’avais pas vu auparavant, sur les mur rocheux de la grotte... Jean-Marie m’expliqua « qu’elle » avait foncé sur Eugène et l’avait emmené, et que je m’étais écroulé en me prenant ses pieds...
J’étais toujours occupé par cette sensation de courage. J’ai repris ma torche, et j’ai commencé à avancer en ordonnant à Jean-Marie de repartir vers la surface et de m’attendre. Il obéit.
Le sang était séché depuis bien longtemps, maintenant, donc ce n’était pas celui de mes amis. J’ai continué encore et encore jusqu’à arriver dans une grande caverne, je donnai un coup de torche dans le vent pour éclairer du mieux que je pouvais le lieu, et je ne vis qu’un précipice au fond duquel se trouvait des stalagmites...
J’ai reculé et ai regardé sur ma gauche et sur ma droite. D’un côté, il n’y avait que le vide tandis que de l’autre nous pouvions descendre. C’est ce que je commençai à faire lorsque j’entendis des battements d’ailes, oui, d’ailes. J’éclairai le centre de la caverne avec la torche et je La vis.
Imaginez une chauve-souris, une grande chauve-souris. Vous voyez ? Faîtes la grandir davantage pour qu’elle atteigne les deux mètres de hauts et les quatre ou cinq mètres de largeur, pattes ou ailes tendues. Attrapez ensuite plusieurs pots de peintures blanches et aspergez-la. Mettez-lui ensuite des yeux d’un rouge diabolique, et vous obtenez le démon qui était face à moi. Qui fonçait vers moi.
Je me jetai à terre et ne bougeai plus. Je l’entendis se poser près de moi et elle ne bougea plus. Aujourd’hui, je pense qu’elle me cherchait mais je n’en suis pas sûr... Tout ce dont je me souviens, c’est que je me suis relevé dès qu’elle s’est envolée et j’ai courut vers le bas, à la recherche de George et Jean-Luc. Ils étaient en bas, avec un autre homme en train d’agoniser. La jambe lui appartenait.
Lorsqu’ils me virent, ils sautèrent de joie, jusqu’à ce que la chauve-souris revienne et attrape l’unijambiste avant de le plaquer contre le mur et de le dévorer ou je ne sais quoi... Toujours est-il que nous trois voulions l’aider. C’est George qui me montra un pic de pierre. Une stalactite. Je la pris et m’approchai du monstre, d’un coup sec je plantai l’arme dans son corps... Un hurlement suivi d’un corps qui tombe. Hélas, c’était l’homme unijambiste qui s’était écroulé et la bête s’envolait maintenant.
Nous avons couru le plus rapidement possible jusqu’à la sortie, elle derrière nous. Et nous sommes ressortis avant de fuir...
Vous savez, je suis maintenant dans une maison de retraite, et ils – ceux qui s’occupent de nous - passent parfois des documentaires, j’ai pu voir des araignées albinos ou je ne sais trop quoi, énormes et blanches comme le démon que j’ai vu... Vous vous demandez qu’est-ce qu’est devenue notre bête ? Et bien elle est morte, et un article du journal de notre petit village lui fut consacré...
En baissant la tête sur la table, je regarde le journal au papier vieilli, en première page une photo du démon avec comme titre : Chauve-souris albinos géante trouvée dans les environs des mines.
Mais je me demande, Si les chauves-souris vivent déjà dans les cavernes, peuvent-elles devenir albinos tout de même ?