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Kairn Exsulis : Les Exilés de Kairn

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
16 juillet 2006 à 22:11:25

Salut tout le monde. Voici une histoire composée par moi (je crois que vous vous en doutiez, hmm?) et j´espère que vous daignerez d´apporter quelques commentaires relevant plus d´une forme de constructisme (où est mon dictio?) que d´une forme de bête-et-méchant-tisme. J´espère que vous apprécierez mais je comprendrais que tous les goûts sont dispersés dans une infinité de diversités de la nature, y compris les miens. Bonne lecture!

    • **********************************************

Kairn Exsulis : Les Exilés de Kairn

-Partie I-
Le soleil bleu

-Chapitre I-
-Introduction des Solitudes Solitaires et Solidaires-

Le ciel rouge et nacré de Maneia Legis était en feu, ce matin-là. Les nuages sombres planant au-dessus de la cité d’Opra regardaient d’un air menaçant la scène chaotique au sol. Quelques délicats rayons de soleils osaient illuminer les plaines du Nemaban, révélant aux yeux du monde entier la scène qui avait de quoi faire vomir de dégoût même le plus horrible et répugnant des dieux. La fine couche de brume qui recouvrait de poussière ce tableau à l’allure apocalyptique tentait de masquer ce qu’on a toujours cru l’Impossible. Les cieux pleuraient d’amères larmes devant tant de souffrance et d’incompréhension. Les vents divins gémissaient en murmurant une inaudible sérénade, probablement la création platonique de la Mort elle-même fêtant cet événement ne pouvant pourtant être que triste et mélancolique. Même le plus introverti et sterne des poètes aurait versé une larme devant cette fresque que même la plus sombre des peintures ne pouvait décrire. Par-contre, les mots ont ce pouvoir d’exprimer ce que même les plus profondes images ne peuvent clairement expliquer. Peignons donc le spectacle.

Les plaines étaient souillées de pluie opaque teintée de sang, l’herbe autrefois verte et fraîche désirait mourir tellement la vie au sol était devenue insupportable. Le champ de bataille où s’étaient opposées les armées de la cité-état de Opra et celles de l’Alliance des Royaumes extérieurs était jonché de morts ainsi que de fiers et agonisants guerriers, telle une plage est couverte de sable et de galets. Les corps de chevaliers, de fantassins et d’autres créatures mythiques s’étendaient tout autour de la cité, formant un anneau de chair, d’os et de métal étouffant la forteresse titanesque. Une odeur putride s’échappait des corps inanimés, la plupart ayant été tués violemment et laissant de nombreux soldats ayant eu une vie entière en avant d’eux les yeux terrifiés et ouverts. Des épées rouillées par la pluie, des lances fracassées par les combats incessants, des boucliers défoncés par la volonté inébranlable, voire même fanatique des attaquants et des armures bosselées, tordues et déchirées comme de vulgaires feuilles de papier étaient fichés dans la chair, perdus dans la masse informe de vaillants patriotes ou encore brûlés par le feu qui mourait tranquillement dans la plaine, noyé par la bruine qui se chargeait de laver les restes de ces affrontements entre deux armées décimées et défaites. Nul vainqueur n’avait fait flotter sa bannière au sommet de la colline, mais deux armées perdantes retournaient panser leurs plaies profondes et béantes.

Un capitaine de l’Armée d’Opra, Taluryon Cyralien, marchait tranquillement (ou plutôt il boitait, contrairement à ce qu’il aura toujours voulu affirmer) au milieu des corps, à la recherche de quelconques survivants de sa compagnie. En fait, il était le dernier membre encore en vie de son attroupement de soldats. Avoir l’impression d’être seul au monde est une expérience traumatisante pour cet homme qui a toujours eu l’intense phobie d’être laissé seul au milieu d’une étendue infiniment grande de rien. Autant se mentir à soi-même en affirmant qu’il n’y a rien autour de soi plutôt que d’accepter la réalité accablante de tourments dans laquelle il marchait : la mort. Ses bottes crissaient sur le sable grisâtre et poussiéreux, soulevant à chaque pénible pas un nuage de poussière qui était immanquablement transporté par le vent glacial qui suit la bataille. Son bouclier de bois oblong était fendu et son armure de métal argentée couverte de cicatrices permanentes. Le sang avait déjà séché sur son épée et une puanteur pestilentielle aux relents de souffrance s’échappait de la lame stérile et mortelle. Ses yeux rouges et vitreux scrutaient l’horizon à la recherche d’un de ses frères d’armes. Soudainement, il entendit un terrible rugissement. Il se retourna et vit un grand homme costaud et d’une grandeur colossale pour un humain. Cet homme se battait avec un ennemi acharné contrôlé par la force du désespoir. Armé de son fameux marteau de guerre, Lionir, le paladin Bartuck le maniait comme nul autre paladin ne savait le faire. Son adversaire, bien que plus grand d’une tête, essayait tant bien que mal d’atteindre son adversaire, mais le manche de Lionir parait chaque coup immanquablement. C’est alors que Bartuck, à l’aide d’un élan fulgurant, réussit à briser comme une coquille vide la cuirasse de son ennemi, des morceaux d’armure virevoltant dans toutes les directions. Le bruit fut assourdissant, juste assez pour couvrir le dernier cri de douleur d’un homme sans nom.

« -Bartuck, mon ami! salua amicalement l’officier.
-Taluryon, mon frère… répliqua son compagnon en offrant une franche poignée de main.
-Où sont tes chevaliers?
-Morts au champ d’honneur… Et tes hommes?
-Aucun n’a survécu. As-tu vu Siegreth? »

Siegreth, un mercenaire venu des contrées lointaines du désert de l’Est, était un des plus farouches assassins que cette terre ait connue. Se battant au nom de principes peu nobles (tels que l’argent et la simple passion de tuer), cet homme élancé s’habillant de couleurs particulièrement sombres et confondantes resterait toujours un mystère pour Bartuck. Ils trouvèrent l’homme, Loq reposant tranquillement dans le fourreau suspendu à son dos. Loq était en réalité son arme de prédilection lors des combats. Loq était composée de deux sabres aux gardes soudées, formant ainsi une formidable arme de guerre pour le guerrier agile et rapide qu’il était. Maître dans l’art de tuer sans être vu, cet homme avait toujours eu une loyauté douteuse et n’affichait aucune compatibilité de personnalité imaginable avec le reste du monde entier. Son arc noir était redouté et avait immanquablement beaucoup servi durant la bataille. Taluryon trouva l’homme au teint basané en train de soulager plusieurs guerriers de leur bourse ou encore du peu de richesses qu’ils avaient. Ses longs cheveux noirs cachaient en permanence son visage dur et austère, mais malgré le fait qu’il voyait rarement la lumière du jour ses origines du désert lui donnaient ce teint en permanence.

Siegreth enfonça Loq dans le ventre d’un soldat Opralien agonisant, mettant fin à ses souffrances inutiles. La vie n’ayant que très peu de valeur pour cet homme, il suscitait le dégoût de nombreux nobles personnages. Il se retourna et un sourire de mauvaise grâce se dessina sur ses lèvres séchées. Il se joint au duo de survivants et continua d’observer les alentours. Au loin, le mage Walsh Dulnor observait ses ennemis brûler dans sa fosse de flammes d’origine évidemment magique. Son regard s’illumina d’une flamme dangereusement passionnée, étant un pyromane dans l’âme. Il regarda tranquillement les flammes lécher les corps, se nourrissant de cette souffrance obsédante pour apaiser ses sens. Il inspira profondément une bouffée d’air brûlante et se rassasia. Il marcha lentement vers le trio à présent devenu quatuor de survivants. Les quatre hommes parcoururent l’entièreté du champ de bataille avant de franchir les portes rouillées d’Opra.

La pluie cessa progressivement et un éclair déchira le ciel. Après la tristesse du ciel, sa colère s’ensuivit. Le tonnerre gronda sourdement, apportant un crescendo final à ce triste épisode de l’Histoire d’Opra.

Ainsi, le temps s’écoula discrètement.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 juillet 2006 à 15:37:26

Excellent au niveau stylistique, y´a rien à dire. Je n´ai pas vu une seule faute, et d´ailleurs je ne pense pas qu´il y en ait plus de...deux on va dire. :-d Ah par contre à un moment t´as mis un peu de présent alors que ça colle pas vraiment au texte. (dans la présentation de Taluryon je crois. :) ) Les personnages ont l´air assez intéressants, j´espère juste que l´assassin ne sera pas aussi manichéen qu´il apparaît ici.

Par contre, ce qui me chagrine c´est que les seuls survivants pour l´instant sont des Opraliens, je trouve que c´est un peu trop "coïncidencieux" (moi aussi j´ai besoin d´un dico. :o)) ) quand même, montrer des survivants de l´Alliance aurait pu être bien je pense, et pourquoi pas une occasion de montrer la haine de l´assassin en le faisant achever le blessé (oui je sais il en tue un mais au sol, un agonisant quoi). D´ailleurs maintenant que j´y pense en fait y´en a un, celui qui se fait tuer par Bartuck.

Bon, en gros : c´est très bien et je lirai la suite selon toute probabilité. :-)

Unknowledge
Unknowledge
Niveau 7
17 juillet 2006 à 15:50:09

Excellent début.
Voila ce que j´appelle une description, tres bonne stylistique, variations des metaphores et des adjectifs, j´ai simplement repéré deux choses qui m´ont marqué:
"Les plaines étaient souillées de pluie opaque teintée de sang, l’herbe autrefois verte et fraîche désirait mourir tellement la vie au sol était devenue insupportable."
Ton "tellement" alourdit la phrase qui possède une certaine musicalite, "tant" irait tres bien.
Ensuite sur le passage avec Loq, tu repetes trois fois ce nom dans un debut de phrase ou juste apres une virgule, un simple remplacement par "elle" ou un remaniement des deux phrases pour en fait disparaitre une suffirait.
Bref, j´ai bcp ton style, qui est vraiment ce que j´aime voir dans de la fantasy, et ca sort de l´ordinaire, stylistiquement parlant. Je lirai la suite :ok:
:)

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
17 juillet 2006 à 16:04:02

Merci beaucoup les gars de vos commentaires plus que constructifs. Oui en effet le "tellement" allourdi plutôt la phrase, maintenant que vous me le faîtes remarquer.Quant à l´Alliance des Royaumes Extérieurs, c´est bien volontairement que j´ai omis de montrer l´Alliance. Le passé ressurgira dans le futur, le futur surgira du passé, et le présent surgira de nulle-part... (hmm c´était bien parti mais je crois que la fin de cette méraphore est boiteuse).

Quand à l´appréciation du style, je suis plutôt flatté que des créationneurs (Dictio!!!) de votre qualité puissent même apprécier mon style d´écriture. À mon clavier, j´ai un deuxième chapitre à finir!

Unknowledge
Unknowledge
Niveau 7
17 juillet 2006 à 16:09:25

En tout cas pour 16 ans, si tu continues de cette manière, au fil du temps tu commenceras inconsciemment a trouver tes propres fautes de style et tu gagneras toujours plus en fluidité. Mais pour l´instant c´est un tres bon départ. Tu ecris depuis longtemps?

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
17 juillet 2006 à 16:14:42

Trois ans pour être précis. Mes cours de français me laissent cruellement sur ma fin et les cours d´anglais sont pitoyablement faciles. J´ai du écrire pour pouvoir me libérer de quelques frustrations émotionnelles et d´une passion déjà présente dès mon jeune âge. J´écris pour des raisons que je trouve quelque peu égoïstes, quelques l´auto-satisfaction de voir les autres apprécier ou tout simplement considérer mes travaux, mais j´ai appris entre temps à apprécier moi-même mes accomplissements, ce qui en soit me rend chaque jour plus fort et plus ouvert à la critique.

En fait j´écrivais surtout en anglais, mais je me suis tanné il y de celà quelques mois dû au fait de l´arrogance de certains anglophones, mon mal du français et des vieux démons que je combattais à chaque jour.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 juillet 2006 à 21:55:42

Mais euh, tu nous laisses en plein suspenseuh!

La suite! :-)

(oui, je sais, ce post n´est pas constructif, mais j´ai tout dit (du moins le maximum de ce que je pouvais. :p) ) précédemment, alors maintenant faudra probablement te contenter de posts d´une ou deux lignes. :p) )

Purple_Pearl
Purple_Pearl
Niveau 4
18 juillet 2006 à 17:08:10

Wow :ouch: Franchement cette histoire est très bien écrite :bravo: Et très intéressante aussi :-)

Les descriptions du premier chapitre étaient magnifiques et le suspense :p) J´adore :coeur:

J´ai hâte de lire la suite^^

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
18 juillet 2006 à 18:38:42

Whaa je suis comblé. Sincèrement je crois que je n´ai jamais ressenti autant d´inspiration en écrivant en anglais, mon vocabulaire limité limitant (oh le beau pléonasme) mes idées.

Unknowledge
Unknowledge
Niveau 7
19 juillet 2006 à 14:17:27

Tres bonne suite et tres bon style, voc fouillé et beaucoup de figures, agreable et pas simplet. C´esyt un debut que j´aime bien, on n´entre pas carrement dans l´histoire, et tu laisses une ambiance s´instaurer. J´espere juste que tu ne reveles pas trop de subtilites d´un coup, mais c´est aussi un bon choix apres tout. J´ai repere deux lourdeurs:
"Les yeux souillés de cernes quasi-violets"
Quasi violets c´est moche :p Violets tout simples irait mieux :)
"Un air de mystère dessina des traits crispés sur son visage d’une main spectrale malhabile. "
Formulation un peu bizarre, on croirait que c´est la main spectrale malhabile ( bcp d´adjectifs pour une petite phrase ) qui forme le visage: un air de mystere se dessina sur ses traits crispes, c´est a mon sens plus fluide.
J´attends la suite, voila deux fics de fantasy que j´aime bien decidement :-)

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
20 juillet 2006 à 00:09:00

-Chapitre III-
-Réunion-

L’odeur forte de l’alcool flottait nonchalamment à l’intérieur de la taverne miteuse, enivrant à chaque bouffée d’air respirée chaque client d’une douce sensation de ne plus rien contrôler de leur réalité. Des rires fusaient de partout, pour la plupart gras et plutôt peu élégants. Les chandelles s’éteignaient peu à peu, la flamme s’éclipsant discrètement pour faire place aux premiers rayons de la lune du soir. La bière coulait à flot, et Bartuck n’avait malheureusement plus le goût de boire suite à la terrible déclaration qu’il venait de faire à son ami Taluryon. Celui-ci devint couvert de sueurs froides, sentant que ses vieux réflexes de paranoïaque reprenaient le dessus. Il prit sur lui-même et supplia une divinité quelconque d’avoir mal entendu.
« Qui donc voudrait ta peau? demanda-t-il.
-Le roi.
-Quoi?!? Comment… que…
-Depuis que cet imbécile de Siriak a enfoncé son riche, gras et royal postérieur dans le trône d’Opra après la mort du roi, il y a deux ans…
-Je sais que c’est un crétin, mais de là à vouloir te tuer…
-Oh, tu sais… Cette idée machiavélique n’aurait jamais pu germer à l’intérieur d’un esprit aussi stérile que le sien… Il n’aurait pu penser à ça tout seul. L’idée vient de quelqu’un d’autre. Quelqu’un de haut placé, ayant de l’influence. Siriak n’est que le pantin d’ambitions bien plus grande que tout ce que mioche n’envisagera… heu! Je m’égare, désolé. Je ne sais pas qui est ce maître marionnettiste qui tire les ficelles, mais je sais que mes jours sont comptés si je reste ici. Tu vois, ce type, près de la fenêtre?
-Je ne vois rien… Tu---
-Il est tapis derrière… Et il nous suit depuis que je suis rentré dans la bibliothèque. J’ai besoin d’aide, mon ami. Mon navire sera prêt dans… trois jours.
-Je ne te laisserai pas tomber. Pour partir, il te faudra de l’équipement, des hommes et du matériel en quantité industrielle. Te reste-t-il quoi que ce soit de ton héritage?
-Le navire lui-même m’a forcé à emprunter à… des personnages peu recommandables.
-Donne-moi quatre jours et te trouverai des hommes. Je te charge de trouver l’argent qui nous permettra d’acheter… Heu, tu sais? Chaque homme a son prix.
-Quel est le tien?
-Je ne vaux rien... rien du tout.
-Tu vaux plus que tout, mon ami.
-Un tout pas si cher que ça, d’après moi. La seule chose que je pourrai faire pour t’aider est de t’apporter mon soutien et de recruter des hommes voulant partir à l’aventure. Mis à part ça, je ne servirai à rien. Allez, bon vent.
-Quatre jours, pas une seconde de plus, hmm?
-Contente-toi de rester en vie d’ici là. »

Taluryon s’éclipsa discrètement, scrutant aux alentours pour voir ce mystérieux observateur. Cependant, l’espion avait apparemment déjà disparu. Il se renfrogna et marcha en direction d’un lieu qu’il n’avait pas fréquenté depuis cinq longues années… La Citadelle des Gardes. Quelques minutes plus tard, il ressentit un courant glacial pénétrer son âme. Un mauvais pressentiment, une mauvaise impression ou tout simplement une mauvaise indigestion lui empoigna l’estomac d’une main de fer. Il ressentit une bouffée de chaleur lui prendre la gorge en tenaille, ne lui laissant aucune chance de respirer. « C’est la peur, la peur qui m’a paralysé pendant toutes ces années… Je dois la combattre, mais… pas maintenant. » songea-t-il. Il décida de d’accélérer le rythme, mais il ressentit toujours cette même impression de peur et de méfiance. Soudainement, il s’arrêta. Il ressentait réellement plusieurs présences près de lui. Il se retourna et vit… Des hommes habillés de noir, se fondant à merveille dans la pénombre environnante. La nuit était leur royaume, et ils n’étaient apparemment pas venus pour admirer le clair de lune. La plupart étaient armés de lances et de sabres, comme… Siegreth. « Assassins… » se fit entendre dans la tête de la proie. Subitement, un réflexe, un spasme quelconque ou tout simplement un mouvement instinctif le fit agripper un projectile lancé en sa direction. À sa grande surprise, sa main s’était refermée à la vitesse de l’éclair sur le manche d’une arme. Cette arme était en fait une épée. D’où pouvait-elle donc venir? La réponse se fit venir une fraction de seconde plus tard.

Un homme habillé d’une sombre cotte de mailles, encapuchonné dans une cape aux couleurs sombres confondantes et ayant une arme aux origines inévitablement barbares accrochée dans le dos surgit de nulle part (probablement du toit d’une maison avoisinant les lieux du futur drame), prenant les attaquants par surprise. Il atterrit avec les réflexes et la grâce d’un félin à la fois sauvage et silencieux sur les dalles pourtant glissantes de la rue. Cet homme avait fait un bond d’au moins dix mètres sans se casser la moindre petite parcelle d’os! L’homme sortit son arme, et Taluryon reconnu les traits inoubliables de cette arme mortelle qu’il avait vu voler tant de vies… il y a cinq ans de cela. Elle était là, reposant tranquillement dans son fourreau d’une allure unique. C’était Loq, l’arme de l’unique guerrier Siegreth. Sortant des abysses les plus anciennes et mystérieuses, voire d’un nulle part intersidéral et « intersidérant », il se tenait fièrement devant la dizaine de guerriers. « Achetés par Porionus, probablement… » pensa ce dernier.

Il soutint le regard intense de ses assaillants, les dévisageant les uns après les autres. Cependant, le plus grand des assassins ne broncha pas. Un furieux combat de volonté se commença, et les deux guerriers se tuèrent du regard. Sachant qu’il n’y aurait pas de vainqueur dans ce combat psychologique, Siegreth cilla, goûtant presque l’odeur du sang qui allait bientôt couler. « Intéressant… Celui-là risque d’être… amusant. » songea le chef des assaillants, déjà prêt à danser sur le corps de cet impertinent qui retardait son horaire de la journée. Il sourit faiblement, ordonnant à ses hommes de d’attaquer. C’est alors que Siegreth sortit de sa cape à la vitesse de l’éclair son arc d’une noirceur séduisante, son teint se mélangeant délicieusement avec les couleurs indescriptibles de sa cape tant son arme était sombre. Il prit une de ses flèches, qu’il avait toujours peinte de pourpre, et la décocha avec puissance et précision, atteignant directement un des ennemis à la tête. Telle une coquille de noix se fendant en deux, un sinistre craquement fut la dernière note du boléro intense que fut la vie de ce mercenaire. S’effondrant lourdement au sol, il créa l’arme la plus puissante que Siegreth savait créer au sein de ses adversaires : le doute. Un autre homme chargea dans sa direction, mais un tintement sonore qui dura à peine une fraction de milliardième de seconde fit jouir les oreilles du protecteur de Taluryon. Le manieur de Loq ferma les yeux et savoura cet instant qu’il ne voulait manquer pour rien au monde : le bruit de la lame qui sort de son fourreau, tel un lion s’éveillant et sortant de sa tanière. Chacun des deux sabres composant son arme alliait à merveille grâce et beauté dans cet alliage de métaux inconnus. Il regarda Taluryon pendant un court instant, lui soufflant de son ton étrangement grave et amusé : « File… »

Taluryon aurait bien voulu se battre aux côtés de cet homme une dernière fois avec cette épée tombée du ciel, mais une décharge d’adrénaline foudroya son corps tel un éclair frappant une délicate et scintillante nappe d’eau de mer. Il courait déjà. Vers où, demandera-t-on? Vers la Citadelle des Gardes. Taluryon eut à peine le temps d’entendre le son de Loq qui s’abattait déjà sur sa première victime qu’il était déjà loin.

***

Bartuck, ne sachant pas vraiment comment trouver une solution à ce fâcheux dilemme que sont les limites du monde dans lequel il vit et l’argent, cognait timidement à la porte de bois. Voyant la non-réponse flagrante et ridicule qui s’acharnait contre lui, l’homme utilisa chaque parcelle de force qui résidait dans ses bras musculeux pour marteler sauvagement la porte, à un tel point qu’ils auraient pu arracher un plaintif cri de souffrance à l’objet le plus inanimé qui soit. Il s’arrêta lorsque ses phalanges, brisées physiquement et psychologiquement, se résignèrent à s’acharner contre la porte qui ne bronchait point. Soudainement, la porte sortit de ses gonds (attention, ceci n’est pas une métaphore), les joints de métal s’égosillant devant la force invisible qui faisait léviter la pièce de bois. Cette dernière s’éleva dans l’air, voletant au bon vouloir des courants d’air.

Sidéré, Bartuck ne savait comment réagir. La porte fonça subitement sur lui, lui secouant sérieusement les idées ainsi que la tête. Elle lui asséna un terrible coup qui le projeta quelques mètres plus loin et rentra subtilement dans son cadre, comme si de rien n’était. La porte s’ouvrit, mais d’une manière qui semblait normale, cette fois. Bartuck cligna des yeux en secouant violemment la tête et vit le sourire radieux d’un mage riant à chaudes larmes. Walsh Durnor sortit de sa tour et aida son ami à se relever. Bartuck comprit alors que son vieux compagnon n’avait toujours pas changé avec toutes ces années passées dans sa tour à préparer je ne sais quelles décoctions et tours de magie. Évidemment, Walsh ne savait pas seulement que sortir des lapins blancs comme neige d’un chapeau de feutre noir. Il avait des pouvoirs bien plus puissants.

Bartuck donna une généreuse tape sur l’épaule au mage, essayant de son mieux de réprimer ses rires devenus incontrôlables. Il fit entrer le paladin à l’intérieur de sa tour solitaire située au beau milieu des quartiers bourgeois de la ville. Les flammes des torches léchaient tranquillement les briques des murs comme à leur habitude, laissant derrière elles de noirs cernes sur les murs fatigués et vieillis de cette ancienne tour d’observation. Plusieurs sortes de mousses verdâtres poussaient dans les fissures du mortier, donnant une allure mystérieuse aux lieux. Tout en marchant dans les escaliers, Walsh demanda à son ami ce qu’il lui voulait à cette heure matinale. Ce dernier lui expliqua ce qu’il avait dit à Taluryon et le sorcier ne cilla point.

« Donc, j’ai besoin d’argent… et vite. » ajouta l’homme baraqué.
-Comment penses-tu que j’ai réussi à me payer ce palace? rétorqua Walsh en faisant allusion à sa tour.
-En gagnant cet argent à la sueur de ton front? se risqua l’autre, sachant bien qu’il s’aventurait sur un terrain glissant.
-Oh, que non! J’ai des « amis » plutôt haut placés qui me donnent de généreuses contributions pour que je ne révèle pas de fâcheux secrets qui pourraient bien grandement nuire à leur réputation. Sachant bien que la réputation est la seule chose à laquelle les nobles accordent la moindre attention, j’en ai profité grassement et sans vergogne. J’ai bien un peu d’argent à te prêter, mais…
-Combien as-tu? dit Bartuck.
-Combien veux-tu?
-Quinze mille…
-De bronze?
-D’or.
-QUOI? Comment comptes-tu dépenser tout cet argent tout seul!?! Tu pourrais t’acheter une terre rienqu’avec ça! Je suis un mage, moi, pas magicien! Je ne vais pas te sortir autant d’argent en criant « Un-deux-trois… Soleil! »
-C’est pour un navire, un équipage, des soldats, de l’équipement, des canons, des armes, du matériel et des vivres que je compte dépenser tout cet argent. Je dois partir, rappelle-toi. Je ne vais pas seulement changer de ville, mais changer de continent. Tu sais qu’Opra n’a pas une bonne réputation en-dehors de ses propres murs. Je veux aller vers la mer, au-delà de l’horizon! Vers le Nord!
-Même si ça me coûte presque tout ce que je possède, si je vends ma tour, j’aurai assez d’argent pour toi. Il en manquera un peu, mais… tous les alchimistes comme moi ne se nourrissent pas d’eau pure et de rayons de soleil!
-Que veux-tu dire?
-J’ai déjà fait quelques expériences sur des pierres possédant d’étranges vertus que j’ai… « empruntées » à quelques riches bourgeois. « Par un pur hasard », j’ai créé une bonne quantité d’or pur. Je veux bien te donner ce que tu désires, mais…
-Vraiment? s’exclama le joyeux paladin.
-Il faut que tu me permettes de venir avec toi!
-Pourquoi donc? Tu n’as jamais vraiment aimé… l’aventure!
-Mais je suis assoiffé de savoir, mon cher. Le savoir, c’est encore mieux que l’argent!
-Mais on peut aussi faire de l’argent avec le savoir, n’est-ce pas?
-Tu n’es pas si bête, quand on y pense bien. » ricana Walsh.

Les deux hommes se serrèrent la main chaleureusement. Bartuck pensait déjà aux royaumes qu’il explorerait, et Walsh pensait déjà à toutes les richesses qu’il pourrait trouver à l’extérieur d’Opra.

***

Bartuck courait voir comment la construction de son navire progressait, Walsh trouvait un nigaud pour lui vendre sa vieille tour qui menaçait de s’écrouler à chaque seconde qui passait, Taluryon cherchait toujours la Citadelle des gardes… Et Siegreth, quant à lui…

Il regarda ses pitoyables agresseurs se tordre de douleur sur le sol en se vidant de leur précieux sang. Siegreth n’avait eu aucune pitié. Il regarda farouchement le chef des assassins dont il n’avait toujours pas eu le temps de s’occuper. Les deux adversaires s’observèrent et le chef bougea ses bras qu’il avait laissés croisés tout au long du combat, regardant ses pitoyables apprentis se faire massacrer avec amusement. Le chef des agresseurs dégaina tranquillement son sabre et un sourire sordide se dessina sur ses dents jaunâtres. Le duel entre deux guerriers d’adversaires d’expérience allait bientôt commencer. L’homme cracha au sol, son adversaire faisant de même. Un premier timide rayon du soleil du matin perça la mince couche de nuage et illumina la lame scintillante de Loq déjà teintée de sang. Siegreth cligna des yeux et se détendit. Son esprit se calma et une lueur nouvelle et revigorante irradia ses yeux. Sa volonté devint plus forte que jamais et sa passion guerrière s’embrasa, hurlant sauvagement de bonheur.

Purple_Pearl
Purple_Pearl
Niveau 4
20 juillet 2006 à 03:00:39

Aaah :snif: Tu as le don de couper le chapitre au moment le plus intéressant, tu le sais ça?

J´ai relevé deux petits bouts de phrases qui sonnait un peu faux :(

-----
Des rires fusaient de partout, pour la plupart gras et plutôt peu élégants.

:d) Je n´aurai pas mis le "plutôt"... Il alourdit la phrase et ce n´est pas très estétique à mon avis

Il décida de d’accélérer le rythme, mais il ressentit toujours cette même impression de peur et de méfiance.

:d) C´est le "de d´ " qui gâche la phrase (à mon avis, tu devais écouter la chanson où on entend "je d-d-dance dans ma tête" :o)) En tout cas, c´est à quoi ça m´a fait penser en lisant la phrase :rire: )

Mais sinon, c´est très bien :bravo:

La suite, Greek, s´il te plaît :hap:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 juillet 2006 à 12:07:16

"il créa l’arme la plus puissante que Siegreth savait créer"
==>Beuh, une répétition pas belle. :nah: :)

Euh, à part ça, euh...salaud! :snif2: C´est vrai quoi, couper à ce moment...ah, et sinon, euh....la suite? :-)

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
20 juillet 2006 à 20:12:23

Pouah! C´est vrai que ces d-d-deux erreurs, dams mon texte ça faisait dur en peu. J´espère tout simplement garder la même qualité tout au long de l´histoire.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 juillet 2006 à 23:13:47

Et bien, premier combat que je lis de toi, et bah chapeau. :bravo: Bon, y´aurait encore quelques progrès à faire au niveau du style, dans les mouvements ou les appellations d´armes par exemple mais bon, ça reste très bon. Par contre, y´a un problème de réalisme : Siegreth ne peut pas être aussi agile avec la jambe perforée d´un carreau, et Molkte (t´aurais pu introduire son nom d´une autre manière tant que j´y suis, plutôt qu´une parenthèse^^) ne peut pas tenir aussi longtemps en ayant pris un tel coup au ventre, surtout qu´il ne prend pas le temps de penser la blessure, le sang s´écoulant donc à flots...mais à part ça, tout bon. :ok:

Euh... la suite? :-)

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
21 juillet 2006 à 00:47:42

Mouais j´améliorerai tout ça en postant une version renouvelée plus tard de tous ces chapitres. Honnêtement, j´ai moi-même été déçu du résultat de ce chapitre. C´est le moins bon jusqu´à date d´après moi. Mais bon, il y a toujours place à amélioration et j´améliorerai ce chapitre du mieux que je peux avant de travailler sur l´autre. Je mettrai la version corrigée de l´Histoire rendu au chapitre 10. Merci pour le comm!

P.S. En effet Molkte n´a souffert de sa blessure qu´environ deux minutes, le combat étant très rapide. J´ai mis sa force soudaine et l´agileté de Siegreth blessé au fait d´incroyables poussées d´adrénaline (tu serais surpris des résultats que l´adrénaline peut avoir sur certaines personnes) et de l´énergie du désespoir. Mais, pour piquer ta curiosité, il y a une autre raison à cause de la résistance de Molkte (et aussi de Siegreth). Tu verras bien plus tard dans l´Histoire! :gni:

Greek_Phalanx
Greek_Phalanx
Niveau 4
21 juillet 2006 à 18:12:29

hmm une panne d´inspiration majeure m´a saisit aujourd´hui, me bloquant entièrement dans mon cycle créatif. Je crois que cette histoire restera en suspens quelques jours le temps de refaire le plein d´inspiration.

Purple_Pearl
Purple_Pearl
Niveau 4
22 juillet 2006 à 04:07:17

La scène de combat était bien, mais j´ai l´impression que c´est ta faiblesse :(
Bah on est pas parfait, non^^ et de plus tu vas t´améliorer au fur et à mesure :ok:

La suite s´il te plaît :hap:

P.S. Des pannes d´inspirations, c´est normal, donc en autant qu´un jour tu nous postes la suite je t´en veux pas^^

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