Ce serait bien que j’en fasse le choix. Elle pourrait être douce, lente ou rapide et violente. On rêve d’une belle mort, pendant notre sommeil. La grande faucheuse qui arrive sans faire de bruit et vous emporte vers l’au delà sans souffrance.
Et pourquoi pas un accident de voiture ? Voir son corps se projeter à travers la vitre, l’acier tordu et un bout vous transperçant la chair, la puissance du choc vous broyer vos os…
« Bon ça avance ? »
Mince ma femme qui n’est pas contente, car je suis pensif. Bon je reprends la coupe de ces fichus arbres.
Ca devait être marrant les exécutions au Moyen Age. La pendaison et le bruit de la nuque brisée, peu impressionnant… L’écartèlement, il n’y a rien de mieux. On se demande toujours, si ce sont les jambes ou les bras qui vont lâcher en premier. Le poison ce n’est pas terrible, enfin il faut bien choisir pour que cela puisse être marrant. Yeux exorbités, convulsions folles, bave mousseuse, tant d’éléments qui font une réussite. Le raffinement de la mort est aujourd’hui oublié, pour le grand malheur des populaces. Je ne bouge plus quelques secondes, pensif.
J’imagine les temps romains, cette époque de décadence où les jeux du cirque rythmaient la vie dans la cité. Les mises à mort des bandits, chrétiens et autres scélérats. Les bêtes venant de tous les continents déchiquetant la chair humaine pour le divertissement de tous. Le bonheur dans ce temple des horreurs où se côtoyaient toutes les classes sociales. Les gladiateurs… Ah !
Un sourire apparaît sur mon visage sale, celui d’un enfant rêveur. J’entends la clameur de l’arène, le Colisée m’appelle. Les grilles se lèvent et je cours sur le sable chaud. Un rétiaire hurle et se jette vers moi. J’évite le filet et pare les coups de trident avec mon bouclier. Je lance mon épée recourbée sur mon féroce adversaire. Il esquive. Je recule. On marche en s’observant méticuleusement. Les pas sont lents et les visages tendus. IL prend l’initiative, et me manque de peu. Je me saisis de toutes mes forces et frappa puissamment.
J’ouvre les yeux, le croissant jeté contre la branche rebondit, vrille et la lame se plante dans mon crâne en un instant.