Coucou tout le monde.
Voici une petite nouvelle que j´ai d´ores et déjà terminée. Je vous publie la première des deux parties. La suite viendra après pour vous laisser le temps de lire et de commenter ^^
En espérant que vous passiez un agréablement moment...
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“Ne me demande pas,
Pourquoi elle s’en va,
Je ne sais pas …” - Je sais.
Un album tourne dans le lecteur, ses musiques favorites.
Elle attrape le vieux coutelas usé posé sur sa table de chevet. Elle le place au-dessus de son poignet. La lame mal aiguisée s’enfonce tant bien que mal dans la chair et lorsqu’elle tire vers elle, sa peau et ses veines ne se tranchent pas… elles se laminent, se déchiquettent. Cela lui arrache un cri de douleur. Elle ne pensait pas que cela aurait fait aussi mal, même avec un tranchant mal aiguisé...
Elle prend le couteau dans son autre main et enfonce la lame dans son second poignet. Cette fois-ci, cela coupe bien, trop bien… la lame découpe la chair, taillade les veines et sectionne les tendons : sa main devient inerte et ballote au bout de son bras. Elle lâche le poignard ensanglanté. Il tombe sur le sol et se plante de travers dans la moquette. Le sang coule doucement, par jets réguliers à chaque battement de son cœur. Elle ne s’attendait pas à cette vision… elle est choquée. Elle commence déjà à tourner de l’œil. Le sang se répand, sa vie la quitte, elle se remémore ce qu’elle a vécu, ce qui l’a conduite ici.
“Je suis là chaque matin,
Comme ça sur le chemin,
A regarder la vie,
Qui va et qui vient,
Qui colle à la peau. ” - La ballade du pauvre
Elle regarde cette vie qui s’enfuit.
Elle se souvient de toutes ces voitures qui filent dans la brume matinale, de toutes ces voitures, phares allumés, qui se frayent un chemin dans le brouillard cotonneux. Des flashs, encore des flashs. Elles roulent, accélèrent, dépassent, pilent et s’insultent, même. Un ballet mécanique perpétuel, une danse métallique un peu absurde qui se joue chaque matin dans l’abrutissement du réveil, chaque soir dans la décadente fatigue de l’après-boulot. Elles s’alignent, se suivent, se rangent, toutes les mêmes, toutes de la même manière. Leurs yeux jaunâtres percent le brouillard, envahissent la noirceur de la nuit dans une terne et monotone habitude contrainte.
Elle entend des bruits de pneus sur les cailloux devant chez elle. La caillasse s’écrase et se brise sous le poids de la voiture.
Elle se souvient de toutes ces secondes qui s’écoulent, qui s’égrainent dans un sablier infini, qui glissent sur elle, sur sa vie, comme des gouttes de pluie sur une vitre bien lisse. Toutes ces secondes qui l’ont fait souffrir, qui ont rongé son cœur et dévoré ses ailes d’ange défilent dans sa tête engourdie. Toutes ces secondes banales pour tous, mais tellement dures pour elle, insupportables même.
“Je sais,
Il y a des soirs comme ça,
Où tout s’écroule autour de vous
Sans trop savoir pourquoi…” - Lucie
Elle s’effondre dans son lit. Tout ce qui se trouve autour d’elle semble s’éloigner. Sa tête bourdonne. Elle entend une porte qui claque, un bruit de songe, un son qu’elle oublie aussitôt.
Elle se souvient de ces soirées enivrées aux douces exhalaisons euphoriques. La flamme dansait quelques instants sur le briquet, noircissait le papier. Elle tirait lentement, laissait ces effluves courir jusque dans ses poumons, imprégner son sang. Les toxines roulaient dans ses veines glacées, corrompaient son cerveau et la rendaient faussement heureuse. Un bonheur factice qu’elle dévorait, un bonheur illusoire dont elle se satisfaisait car elle n’avait rien d’autre.
Des pas remontent l’allée, elle a même l’impression d’entendre le petit portail grincer lentement, elle n’arrive plus à distinguer la réalité du rêve… elle croit s’endormir.
Elle se souvient de ces instants de confusions et de malaises. Elle tremblait, dévorée par le remords de s’être laissée aller, de s’être laissée tenter par toute la connerie humaine. Tout était si beau, elle se sentait si bien, elle avait l’impression de retrouver ses ailes et de voler plus haut qu’elle n’en avait jamais été capable. Mais ce qu’elle oubliait à chaque fois, c’est qu’elle finissait toujours par retomber, et la chute était plus que douloureuse. Dans ces moments de descentes improbables, elle se sentait si mal, elle était brûlante, mais son cœur était gelé. Elle souffrait.
Tout est ralenti… le monde se meut étrangement, les murs sont flous, les sons étouffés, elle ne sent plus la douceur des draps en coton sous ses mains.
Elle se souvient de ces après-midi passés devant le lac, seule, à observer les reflets des trembles qui le bordaient, ces reflets qui dansaient sur l’eau calme. Le soleil le faisait scintiller comme un joyau serti de mille éclats d’or. Elle se souvient de cette douce brise qui caressait alors son visage et agitait ses cheveux, de ces feuilles qui chuintaient, ballottées par le vent. Elle gonflait ses poumons en une grande inspiration et se laisser envahir par ce moment à la saveur d’une joie incomparable. Elle se rappelle ces instants… les plus agréables de toute sa vie, ces instants où elle frôlait le bonheur, bien plus palpable, celui-là…
Elle entend quelque bruit, mais n’en distingue ni l’origine, ni la nature.
Elle regarde cette vie qui la quitte, tout ce sang qui coule.
“Rain clouds come to play again,
Has no one told you she´s not breathing? ” - Hello
Le petit ange ne sent plus ses ailes, elles lui ont été arrachées, découpées, déchiquetées par cette vie qu’elle veut tuer. Cette vie les a tranchées pour qu’elle ne puisse plus s’envoler vers ces espoirs qui nous font tenir, vers ces espoirs qui nous animent et nous poussent à avancer. Le petit ange les voit, sait qu’ils existent, mais ne peut plus les atteindre. Ils sont comme un mirage, une illusion de l’esprit, un rêve inaccessible. Chaque fois qu’elle a essayée d’y croire, de s’y tenir, la vie grignotait un peu plus ses petites ailes jadis si blanches.
Elle entend de lointains claquements, des grincements, des bruits de pas, une voix assourdie. L’un de ses poignets lui fait affreusement mal tout à coup, la douleur se propage dans tout son corps.
Elle se souvient de ces soirs où la douleur était trop forte. Ces ecchymoses qui naissaient sur son corps, océan d’afflictions aux couleurs changeantes. Enroulée sur elle-même, elle subissait, souffrait et n’osait rien dire. Des coups qui consumaient ses ailes… Une douleur qui parcourait son corps comme une décharge électrique qui l’agiterait. Elle pleurait chaque matin, chaque soir.
On crie, elle entend courir.
“If I smile and don’t believe,
Soon I know I’ll awake from this dream” - Hello
Le petit ange ne peut plus voler désormais. Elle veut s’enfoncer, disparaître, ne plus souffrir. Le sang coule de son poignet et goutte sur le sol, assombrissant la moquette. Elle l’examine, sans vraiment s’en rendre compte. Elle ne sent plus ses poignets dorénavant : la douleur s’en est allée aussi vite qu’elle était venue. Elle n’a pas mal, elle n’a plus mal pour la première fois depuis bien longtemps. Elle était ange, elle est une déchue désormais. Pourtant ses yeux d’ange brillent encore, son sourire illumine son visage, son cœur bat toujours mais expulse ce sang hors de son corps.
Elle sent une main appuyer sur son poignet sanguinolent. Elle entend des mots qu’elle ne comprend pas vraiment. Un bras passe sous sa nuque, une main claque sur son visage. Elle perçoit des sanglots, on prononce son prénom. Quelqu’un la secoue.
“Don’t try to fix me,
I’m not broken... ” - Hello
Elle pense à cette vie qui se termine, Elle sera enfin libérée.
- Pourquoi ? Pleure-t-on.
- C’est ainsi… c’est mieux pour moi, s’entend-elle répondre.
Elle ne reconnaît pas sa voix, elle lui paraît si lointaine, un peu comme si elle avait quitté son corps. Elle meurt, ça y est, elle en est convaincue.
- La vie vaut la peine d’être vécue !
- La mort aussi…
Son corps se soulève, le décor défile sous ses yeux. L’approche de la mort la rend euphorique. Plus d’espoir, certes, mais plus de douleur, plus de mauvaise pensée, plus de coup, plus de désillusion : Elle est heureuse de partir.
- Tu me remercieras… entend-elle.
Elle a encore tant à vivre. Ce que l’ange déchu ne sait pas, c’est que la vie vaut vraiment la peine d’être vécue. Ce que l’ange déchu ne sait pas, c’est qu’il existe des personnes qui tiennent à elle, des personnes qui l’aiment et qui ne la font pas souffrir. Ce que l’ange déchu ne sait pas, c’est que ses ailes repousseront, c’est que les espoirs renaîtront.
Elle est dans une voiture désormais. Elle est secouée par les cahots réguliers. Elle ne sait pas où elle va, mais elle s’en moque. Elle entend pleurer. La radio qu’on a oublié d’éteindre chante un vieux tube des No Doubt.
“You and me,
We used to be together,
Everyday together,
Always...” - Don’t Speak
- Bats-toi ! Crie-t-on. Crois-moi, il y a tant de choses que tu dois vivre, la vie n’est pas que douleur et souffrance, Je ne veux pas te perdre… Bats-toi pour ceux qui t’aiment et qui te rendront espoir.
Elle n’entend plus. La vie coule hors de son corps, le long de ses poignets Elle est livide, mais se sent si bien. Elle ne répond pas, n’en a plus le courage.
“I really feel
That i’m losing my best friend
I can’t believe this could be
The end... ” - Don’t Speak
- Les choses changent. C’est un fait. Le passé restera à jamais inchangé, mais l’avenir se construit pas à pas. Je ne pourrais bientôt plus t’aider, mais d’autres prendront la relève, ne t’en fais pas. Tu es une fille exceptionnelle. Chacun de tes gestes, chacun de tes choix aura ses conséquences, mais te conduira vers un monde plus agréable. Bats-toi, petit ange, et tes ailes repousseront…
La voiture fonce dans l’obscurité, les phares déchirent la noirceur de la nuit et découvrent ces gouttes de pluie qui s’écrasent sur la route. Les essuies-glaces s’agitent sur le pare-brise en un bruissement mécanique régulier. Des éclairs zèbrent les cieux et font hurler les nuages. Le moteur rugit plus fort encore, les arbres s’étirent de plus en plus vite sur le bas-côté. Une voiture fonce vers eux à toute vitesse, plein phare.
Elle entend cet homme qui lui parle, un léger murmure qui couvre la musique. Elle aperçoit la main de l’homme s’apprêtant à stopper l’autoradio.
“As we die, both you and I
With my head in my hands
I sit and cry” - Don’t Speak
Puis elle est secouée, elle ressent comme un heurt. La ceinture de sécurité la retient. Elle ne voit plus rien. Elle a le souffle coupé par le choc. Elle ne distingue plus l’homme dans l’habitacle.
Elle a très mal à la tête.
“It’s all ending
I gotta stop pretending who we are
You and me I can see us dying... aren’t we ? ” - Don’t Speak
Des lumières passent devant ses yeux qu’elle a du mal à garder ouverts. Elle se demande si c’est bien cela la fin…
Elle est sur une civière désormais. Quelqu’un s’agite. On triture son poignet, elle sent quelque chose contre son cou. Elle est secouée. Il y a cet homme en blouse blanche à ses côtés, il lui sourit et lui parle, comme pour la rassurer.
Elle a vraiment très mal à la tête.
Puis le monde flou qu’elle observe se met à tourner, et plus rien. Non, ce n’est pas la fin, loin de là.
Texte, que j´ai bien apprécié, par contre, tu devrais couper tes phrases trop longues, un peu mieux placer tes virgules pour qu´elles tranchent mieux les phrases.
Et quitte à envoyer au diable la grammaire, couper en beaucoup splus de phrases, pour donner plus de puisssance.
Sinon ca me sent long quand même comme mort.
en même temps, c´est vrai qu´on risque rarement de mourir en se coupant les veines du poignets, sauf longue préparation, mieux vaut les artères.
Bref autant les description du passé, des pensées disons hors présent sont superbes, autnat un peu trop de pensé du moment présent.
On se dit que c´est la fin, etpuis non, après elle repense que c´est la fin, et puis non, ...
Bon bah à la fin beaucoup plus d´action, c´estintéressant, on se demande si elle va s´en sortir, surtout que malgré celuiq ui vient l´aider, elle a tout pour s´en sortir, puisque ELLE semble réchapper à l´accident de voiture.
Par contre une phrase qui me semble pas logique:
"- Bats-toi ! Crie-t-on. Crois-moi, il y a tant de choses que tu dois vivre, la vie n’est pas que douleur et souffrance, Je ne veux pas te perdre… Bats-toi pour ceux qui t’aiment et qui te rendront espoir. "
Dis dans ce contexte, je crois pas que quelqun dirait ça à quelqun dans l´était de la fille, le bas toi!, le tu dois vivre aussi, la vie n´est pas que douleur et souffrance, par contre je trouve ça un peu trop réfléchis, pour sortir naturellement dans ce moment là.
Et pour le langage parlé, et pleins d´émotion, je pense que tu devrais, mais c´estun détail, supprimé les premiere négation, au lieu de "je ne veux pas te perdre", "je veux pas te perdre", langage parlé, surtout dans ce contexte, le "ne" est un peu trop poli.
Enfin voilà, sinon très bon texte, de bonnes descriptions au début!
Un conseil, si la suite est de la même longueur, poste le en deux fois, ca fait quand même long à lire sur ordi.
Enfin voilà j´attends la suite ![]()
sur mes posts, soit je fais trop court, soit je fais trop long
Sinon merci pour ton commentaire. C´est super d´avoir du détail comme ça ^^.
Pour ce qui est des pensées au présent " on se dit que c´est la fin... etc... ", je me suis mis dans la tête de quelqu´un qui se suicide et de ses sensations. C´est l´impression qu´on a quand on est dans cet état. On se dit que c´est la fin au moment où on le fait, et puis on se le dit quand la douleur se ravive, puis quand elle disparaît...Mais c´est vrai que ça ne rend peut-être pas très bien, on verra les autres comm ^^
Pour le côté réfléchi du personnage, ça se justifiera par la fin ^^ ça tu pouvais pas le deviner, c´est sûr
Tu verras, mais c´est fait pour.
Et oui, la négation est peut-être de trop en y réfléchissant bien ^^ je corrigerais dans ma version Word ^^
Merci beaucoup pour ton com, ça me fait plaisir
Je posterai la fin ce WE.
ah, j´ai failli oublier...
D´autres lecteurs ? ![]()
Oui moi,j´ai cliqué sur ce topic par hasard et ben je m´attendais pas à ça,je comptais aller dormir parceque j´étais crevé mais ça m´a pris quand même et j´ai tout lu,pour te dire que c´est vraiment attachant comme texte,c´est bien écrit bien détaillé à certains moments,on a même l´impression de vivre le sentiment de "départ" de la fille à travers elle,c´est vraiment bien écrit.
Je serais là pour lire la suite ![]()
et puis c´est marrant les citations que tu fais dans le texte comme ça ça fait space
Merci beaucoup, EvDunter
Je suis content d´avoir réussi à te captiver ^^
J´espère que la suite te plaira tout autant ;- )
D´autres lecteurs ? ![]()
Oui, moi. Un peu déçu par la "fin" de la première partie. J´aurais peut-être dû attendre de tout lire avant de commenter, car peut-être qu´avec la fin ça changera quelque chose. En fait, ce que je reproche c´est le fait qu´on la sauve^^. De toute évidence, tu veux faire passer un message contre le suicide, et si c´est pas volontaire, c´est ton subconscient qui l´a fait. (Les phrases comme "y´en a qui t´aiment", etc.) Et je pense que l´effet aurait été bien plus fort si elle était morte, si l´ange était déchu jusqu´au bout. En fait, le milieu du texte est excellent, les métaphores tristes et fatalistes avec l´ange sont géniales. Mais le retour à la réalité, je toruve que ça casse tout.
Bref, j´ai failli dire, "un texte sublime", mais je ne peux pas le faire dans l´état actuel des choses.
Ca reste bon, certes.
Après, c´est une question de goût personnel je suppose, puisque les autres ont eu l´air de plus apprécier. ![]()
Merci Azerty ^^
Ce n´est pas encore fini, comme tu l´as dit... parait que la fin a fait couler quelques larmes, déjà. J´espère qu´elle vous touchera aussi.
La fille de la nouvelle existe... Certaines choses de cette nouvelle se sont réellement produites, pas tout évidemment, mais certains passages sont vrais.
J´essaie rarement de faire passer des messages. Je fais de mon mieux pour rester neutre. J´essaie surtout de pousser à réfléchir ^^ Je sais pas si j´y arrive tout le temps, mais bon...
La fin est un peu plus métaphysique, vous verrez... Petite réflexion sur la vie, la mort, la destinée...
Je remercie une nouvelle fois tout ceux qui ont lu cette première partie ^^
...
D´autres lecteurs ? ![]()
Voilà, suite et fin de cette nouvelle... J´espère qu´elle vous plaira. Petite réflexion sur la destinée et sur le jour de notre mort.
Bon moment de lecture à vous...
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Elle se réveille. Elle est à l’hôpital. Elle se sent mieux, moins vaseuse en tous cas. Elle observe les allées et venues des médecins par la vitre. Elle essaie de bouger, mais n’y arrive pas… Il n’y a que sa tête qui bouge, et ses bras, un peu. Elle soulève son visage doucement et examine son corps. Il semble intact. Ses poignets sont indemnes, juste de légères cicatrices... Elle s’est ratée.
Elle a du mal à se souvenir de ce qui vient de se passer… Un homme l’a aidée, du moins c’est l’impression qu’elle a. Quelqu’un doit donc terriblement tenir à elle. Elle sent un sourire poindre au bout de ses lèvres. Son cœur semble s’irriguer d’espoir tout à coup. Ce n’était peut-être pas la meilleure solution…
Un médecin remarque qu’elle garde les yeux ouverts. Elle le voit s’agiter derrière la vitre. Il fait des grands signes à une infirmière. Quelques minutes plus tard, elle lui apporte une enveloppe.
Ses pensées sont confuses elle ne sait plus si elle veut la mort ou la vie…
Drogues, violence, désillusions, amour foiré… La mort.
Espoirs, tendresse, bonheur, Amour… La vie.
On a prit soin d’elle, on a voulu qu’elle vive. Quelqu’un l’a emmenée ici pour qu’elle soit soignée, pour qu’elle vive. La vie vaut la peine d’être vécue… Cette phrase tourne dans sa tête. Pourquoi ?
Le médecin entre dans la chambre. Il la salue et lui sourit. Il tient l’enveloppe dans sa main gauche. Il s’approche d’elle, pose le bout de papier sur la table de chevet.
- Je suis le docteur Barnet dit-il.
Enchantée.
- Vous souvenez-vous de ce qu’il s’est passé, mademoiselle ?
Tentative de suicide… On l’a aidée à s’en sortir. A part ça, rien. Peu importe, elle s’en moque. Elle regrette ( Vrai, mais pas tout à fait. ).
- Oui, mais après cela, mademoiselle ? Un quelconque souvenir ?
Non aucun… ah ! Si ! Une voiture ?
La mort…
Elle a l’impression d’avoir été transportée dans une voiture, amenée ici en voiture…
Il se penche vers elle, examine ses yeux avec une petite lampe de poche. Tout semble aller pour le mieux.
- Vous souvenez-vous de votre nom, mademoiselle ?
Son nom ? Oui, bien sûr, elle s’appelle… Non, elle ne s’en souvient plus.
- Quel âge avez-vous, mademoiselle ?
Vingt-et-un ! Elle se rappelle bien cela ! Elle a vingt-et-un ans. C’est déjà ça.
- Hmm, dit-il d’un air pensif. Amnésie, ajoute-t-il.
Ce n’est pas pour quelques heures de sa vie qu’elle va s’inquiéter, et pour son nom, eh bien elle l’apprendra une nouvelle fois, voilà tout. L’amnésie ça la connaît ! Toutes ces soirées à se laisser aller… Elle en avait oublié de longues heures.
- Je n’y croyais plus mademoiselle… Vous avez eu de la chance, vous savez ?
La vie…
De la chance ? Oui elle en avait eu… Mais pourquoi n’y croyait-il plus ?
- Mademoiselle… ce que j’ai à vous dire, va probablement vous faire un choc.
Un choc ? Il faudrait qu’il apprenne à parler à ses patients, lui.
- D’abord, vous vous appelez Chloé Moreau, commence-t-il.
Elle ne l’oublierait plus, cette fois. Il poursuit :
- Vous n’avez pas vingt-et-un ans, mademoiselle Moreau, vous en avez vingt-cinq…
Vingt-cinq ? Impossible…
- Vous en aviez effectivement vingt-et-un… le jour de l’accident.
Le jour de l’accident ? Qu’est-ce qu’il veut dire ?
- En quelle année sommes-nous, d’après vous ?
2003.
- Nous sommes en 2007… Mademoiselle Moreau, écoutez-moi bien. Ce 18 juillet 2003, vous avez tenté de vous suicider en vous tranchant les veines des deux poignets.
La mort…
Que s’est-il passé exactement ? Elle se souvient d’un homme… Qui était-il ?
- Dans le quart d’heure qui a suivi, Laurent Echinot, votre meilleur ami, est arrivé chez vous. Une visite de politesse, à l’improviste. Il vous a trouvé gisante sur votre lit, toute ensanglantée. Il vous a porté jusqu’à sa voiture et a pris la direction de notre hôpital.
Où est-il ? Que s’est-il passé ? Elle se souvient d’un choc, une douleur à la tête.
- Ce jour-là, il y avait un violent orage. Sur la route, alors que Monsieur Echinot roulait un peu trop vite, une voiture vous a percutés. Il avait attaché votre ceinture, mais pas la sienne. Par chance, une ambulance est passée près des voitures accidentées. Ils vous ont emmenés tous les deux ici. Monsieur Echinot est mort sur le trajet.
Chloé pleure. Instantanément. L’annonce de la mort de cet homme qui l’a sauvée lui vrille le cerveau. Ses yeux brûlent, se consument, et des larmes s’échappent à chaque battement de paupières. Elle ne se souvient plus de lui, elle ne se rappelle plus s’ils étaient amants, elle ne se souvient plus de son visage, et pourtant cette annonce lui fait l’effet d’un poignard en plein cœur.
- Quand vous êtes arrivée ici, vous étiez dans le coma. On vous a soignée… et puis on a attendu, tout simplement. Aujourd’hui, 18 juillet 2007, vous venez de vous réveiller. Cette lettre posée sur votre table de chevet a été écrite par Monsieur Echinot, apparemment avant qu’il ne vienne vous rendre visite. Il avait demandé à l’ambulancier de vous la remettre lorsque vous vous réveilleriez…
Ce ne sont plus de simples larmes, mais un flot de douleur. Des sanglots agitent son corps, elle a du mal à respirer. Elle crie « Nooooooon ». Elle ne veut pas y croire. Pourquoi un homme comme lui aurait-il donné sa vie pour elle ? Elle a tenté de se suicider, elle voulait mourir et par sa faute, c’est lui qui est mort. Elle ne méritait pas un tel amour, une telle dévotion. Mourir pour elle ? Quelle idée débile!
La main du médecin glisse sur son dos en un mouvement régulier. Elle s’abandonne dans ses bras et pleure toutes les larmes qui sont en elle. Quatre ans de pleurs à rattraper… Elle crie, tape du poing sur le torse de l’homme qui la console, essaie de respirer entre deux sanglots. Quelques curieux se sont arrêtés devant la vitre et observent la scène. Elle cache sa tête au creux de l’épaule de cet homme qu’elle ne connaît pas, trop pudique pour pleurer devant tous ces gens.
Petit à petit ses sanglots se calment. Elle essuie ses larmes, se mouche et demande à lire la lettre. Le médecin la lui tend, puis s’éclipse discrètement.
Elle est seule désormais. Elle tient l’enveloppe dans ses mains tremblantes, mais n’ose pas la lire. Pourquoi a-t-il écrit cette lettre juste avant de venir la voir ? Les paroles d’une chanson lui reviennent, un air doux, accompagné juste de quelques accords de guitare.
“And so it is
Just like you said it would be
Life goes easy on me
Most of the time” - The Blowers Daughter
Elle fait glisser l’ongle de son pouce sous le battant de l’enveloppe, et tire en tremblant. Elle en arrache un petit morceau, et termine la besogne avec son index. Elle voit la lettre, mais appréhende le moment de la lecture. Personne ne lui avait jamais écrit de lettre…Personne ne s’était jamais intéressé à elle… Personne ne l’avait jamais sauvée avant lui… pour autant qu’elle s’en souvienne.
“No love, no glory
No hero in her sky…” - The Blowers Daughter
Elle en extirpe la lettre, tremblotante, comme si elle tenait entre ses mains l’objet de tous ses désirs, sa pierre philosophale, son Saint Graal… Elle pose l’enveloppe vide sur la table de chevet, et déplie lentement la lettre, dans un bruit de papier chiffonné… :
Mon petit ange,
Si ces mots défilent sous tes si jolis yeux noisette, c’est que c’en est probablement fini de moi. J’espère que tu vas bien… J’aurais tout fait pour en tout cas. Je ne sais pas si j’ai le droit de répondre à toutes ces questions qui doivent tourner dans ta tête à cet instant, mais je vais tâcher de le faire tout de même, je ne peux plus être puni désormais… enfin, je crois.
Il existe peu de personnes qui savent sur Terre. Qui savent quoi, voudrais-tu probablement me demander. Eh bien… ce qu’est la mort, et, en fin de compte, le jour de leur propre mort. Ça doit sûrement te sembler bizarre… mais c’est ainsi, je ne te mens pas, loin de moi cette idée.
C’est si bizarre la mort, tu sais, et au bout du compte, on a le choix… J’ai du faire un choix aujourd’hui : toi ou moi. Si je ne venais pas te rendre visite, je vivais… si je venais, tu vivais. Je t’ai préférée à moi, surtout que j’ai pu apercevoir ce que te réservait la vie si je t’offrais la mienne… crois-moi, tu seras heureuse… et c’est bien plus important que ma vie.
Souviens-toi de cela : Notre vie évolue selon nos choix. Chacun de tes choix entraînera des conséquences, comme lorsque tu as choisi de te suicider plutôt que d’affronter la vie. Ton choix m’a obligé à en faire un moi aussi, et au final, j’ai donné ma vie pour toi. Régulièrement la mort nous met à l’épreuve… A nous de faire les choix qui nous nuiront le moins. Un petit conseil d’ami : Ne regrette jamais tes choix.
Tu sais, si j’ai donné ma vie pour toi, c’est que tu en valais la peine… plus que cela même. Je sais bien que la confiance en soi n’est pas l’une de tes qualités premières, je sais bien que tu as traversé un tas de difficultés ( on en a longuement discuté, d’ailleurs ), je sais aussi que tu penses n’avoir jamais eu de chance dans la vie, mais tout va changer. Je ne peux rien te révéler car je n’en ai pas le droit, mais tu seras heureuse, petit ange.
Fais les bons choix, bats-toi pour une vie meilleure, et tu l’obtiendras… Bats-toi pour moi, petit ange, pour ce don que je t’ai fait. Je t’ai donnée ma vie alors fais-en bon usage… Tu es exceptionnelle et tu es vouée à des choses tout aussi exceptionnelles ! Un jour cette vie qui te fait tant souffrir aura disparue au fond de ta mémoire, elle ne sera plus qu’une vague réminiscence d’un monde oublié, une barrière fictive et lointaine qui t’empêchera de retomber dans cet engrenage que tu ne connais que trop bien.
Je ne sais quoi ajouter… Je te demande juste de tout faire pour être heureuse. Si je t’ai donnée ma vie, c’est que tu le méritais… Tu mérites tout le bonheur du monde, et tu l’auras… Tes ailes repousseront, petit ange, bien plus grandes et blanches qu’auparavant… Un jour triste, un jour de deuil, tu rencontreras celui qu’il te faut… tu verras. Mais j’en ai déjà trop dit.
Je t’embrasse et te souhaite la meilleure vie que tu puisses avoir…
Laurent.
Elle replie doucement la lettre, mais n’a plus envie de pleurer. Elle récupère l’enveloppe, et y replace le papier. Elle pose le tout quelques instants sur sa poitrine. Elle repense à ces mots que l’homme lui a écrit…
Tu seras heureuse…
Elle a envie d’y croire. D’ailleurs elle y croit… Quand ses souvenirs seront revenus, elle devrait tout comprendre…
Tu seras heureuse…
Quelque chose la gêne, elle fait glisser une main dans son dos et se gratte délicatement: ses omoplates la démangent…
Une fin un peu fantastique, un peu dommage je dirais. Un peu comme la première partie, j´ai trouvé le début et le milieu excellents, très bien écrits, mais pas la lettre, nan, j´ai pas aimé, sorry.
Enfin, ça reste très bien.
Mais avec un style pareil, je suis sûr que tu peux faire encore bien mieux... ![]()
Encore merci azerty. Désolé de pas avoir réussi à te toucher comme je l´aurais souhaité, mais ce n´est sans doute qu´une affaire de gout ^^
Mes futures nouvelles te plairont peut-être plus ^^
D´autres lecteurs ? ![]()
Petit up "discret" pour ceux qui auraient raté ma fic´ ![]()
Bon tout d´abord j´ai beaucoup aimé.
Comme le dit Azerty le style est particulier et trés intérésant.
le sujet traité est aussi trés intérésant et il m´améne a réfléchir a une chose qui c´est passé récement dans ma vie.
Une petite chose : la lettre a été écrite avant l´accident ?
Comment le gars pouvait il savoir que elle allait se suicider ?
La fin est juste un peu ésotérique ^^
Je pars du principe où le mec savait ce qui allait se passait. il savait pas comment, mais il savait que la femme allait mourir tel jour, mais que s´il décidait d´intervenir pour la sauver, c´est lui qui mourrait.
Donc il a écrit la lettre avant, sachant très bien qu´il allait la sauver ( et donc mourrir ). C´est expliquer dans la lettre, mais c´est vrai qu´il faut lire entre les lignes...
C´est un thème qui revient souvent dans mes nouvelles. La mort qui n´est plus si mystérieuse. Certains la connaissent et savent comment ils vont mourir. J´aime bien ce thème. Pas très terre à terre, c´est certain, mais bon...
J´ai répondu à ta question ? ![]()
J´aime bien le début =)
C´est une nouvelle, alors jvais essayer dlire ça tiens. Demain sans doute.
Oui merci.
C´est un théme que j´apréci aussi si tu à d´autres nouvelles en parlant je me ferais une joie de les lires.
Sur ce forum il y en a une 2e qui traite de ce sujet. je vais l´upper tout de suite. c´était sous un autre pseudo mais ça fait longtemps. elle avait pas marché, je crois
Sinon, il y en a une autre sous le pseudo ApoloJ et il y a aussi le roman. fait une tite recherche avec mon pseudo ^^
J´ai fait une recherche et j´ai pu lire "Perdus Quelques Part Dans l´Univers"
avant d´être obligé d´aller me coucher ![]()
Je l´ai trouvé excelent, renversant et choquant.
La haine dévolepé par ton personnage est immense.
Il est pris en tenail par ses sentiments, la haine qu´il éprouve envers ses hommes et le dégout qu´il s´inspire en reproiduisant leurs actions.
Enfin je laisserai un com que j´éspére un peu plus détayé sur son topic.
Et je lirai les autres.
Merci beaucoup ^^
J´attends ton commentaire sur le topic associé pour te répondre un peu mieux.
En tout cas merci beaucoup pour l´intérêt que tu portes à mes récits ![]()
Voila j´ai lu la première partie, et j´ai beaucoup aimé =)
T´arrives à faire ressortir les sentiments mais sans pour autant appuyer, et sans utiliser des trucs a l´eau de rose. Le style est parfaitement adapté, et, jsais pas si c´est voulu, mais certain parafs se démarquent des autres. Dans les uns, les phrases sont courtes, hachées, et il en ressort une certain lassitude du coup, qui se ressent sans pour autant que t´aies a le preciser, lorsque elle se taillade par exemple. Et d´autres, des plus desciptifs, ont des phrases un peu plus longues, plus mélancolique, qui font ressortir les souvenirs. C´est tres bien construit et agreable a lire. Pourtant c´est pas ce que j´apprecie beaucoup en général.
Bref j´ai beaucoup aimé ( même pas de défauts a reprocher :p ) et jlirai la deuxième partie un peu plus tard ![]()