Voici une autre petite nouvelle dans le même genre que l´Ecrivain, pour ceux l´ayant lu. Neanmoins elle n´a rien à voir, j´invite donc tous ceux passant par ici à me faire part de leur avis, et je vous en remercie d´avance. 
Bonne lecture, j´espère.
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Les Manuscrits Oubliés – Le Peintre
Il a immortalisé les cieux, il a immortalisé les dieux. Il a gravé la souffrance, il a gravé le bonheur. Des heures de sa longue vie, il n’en a vu passer aucune. Sa naissance fut un manuscrit, sa mort sera un portrait. Ses yeux n’ont vu passer que des toiles, ses mains n’ont tenu que des pinceaux. Et ses pieds ont voyagé, tant voyagé. Ils ont foulé bien des terres, bien des forêts, bien des déserts. Les paysages qu’il traverse sont déjà des toiles. Il leur donne une autre vie, il leur offre un nouveau berceau. Ils peuvent être magiques ou hideux, grands ou petits, ils se transposent sur sa toile. Et s’offrent un nouveau visage, un visage captivant. Et quand il peint un semblable, ce n’est pas une œuvre d’art qu’il lui confère, c’est l’immortalité. Mais nul ne doit le forcer, ou son instrument sera dépourvu de poésie, et la peinture qui en sortira sera pâle et et fade. Laissez le dans les méandres de son inspiration, laissez le rêver, et admirez sa création.
C’est ainsi qu’un jour, le Peintre vint sur une colline, et scruta le paysage. Aussitôt son regard étincela, et il sortit de sa besace une toile, un pinceau et ses couleurs. Il s’assit et laissa errer a conscience. Il prit une essence de rose, en enduit son pinceau, et fit le crépuscule. Il prit de l’huile de narcisse, et posa le soleil. Il prit de la poudre de chène, en écrasa la terre, et donna une forêt boisée. Il prit un grain d’iris, et fit naître la mer.
Puis il mêla ses coloris, les confondit ensemble, mêla les teintes, des dégradés. Il souffla sur la toile, épousseta les formes, tira des traits, délimita les collines, arqua les montagnes. Au fil des jours s’était formé sur sa toile un paysage. Un paysage splendide, magnifique, idyllique. Unique. Il prit la toile, la souleva, et la dressa contre le soleil.
L’astre contempla la toile, et se cacha sous un nuage en signe d’approbation. Les ténèbres se firent, et le peintre attendit.
Dans la lumière nouvelle, était apparue sur l’horizon, une contrée, que seul un peintre, aurait pu découvrir.