Bonjour, ou peut-être bonsoir.
Vous ne me connaissez sans doute pas, et je ne sais même pas qui vous êtes… Mon nom n’a pas d’importance, comme mon âge, ni le lieu d’où j’écris ces mots. Tous ce que vous devez savoir de moi c’est que je suis sans doute morte depuis longtemps maintenant. Je ne sais pas pourquoi, ni comment : meurtre, suicide, accident, qui sait…
J’écris ces lignes pour que vous vous souveniez de moi, pour laisser une petite trace, derrière l’oubli. Je vais vous raconter mon histoire, et si vous êtes assez attentifs, peut être vous apportera-t-elle une nouvelle façon de voir la vie, moi j’ai été trop aveugle pour voir ma propre fin arriver. Je suis passée à côté de tant de choses, que cela est presque impardonnable de ma part… Ne vous êtes vous jamais demandé si votre destin aurait changé si vous aviez marché au lieu de prendre la voiture ? Si vous vous étiez marié avec la femme ou l’homme qui vous avez quitté pour un ou une autre ? Si vous aviez mangé un plat de pâtes à la place d’une salade ? Si vous aviez joué au loto ce jour là ? Si vous aviez sauvé ce chien qui boitait dans une rue mal fréquentée ? Etcetera, etcetera, etcetera…
Je pensais que la vie nous apporte de tout, de la souffrance, de la joie, de la haine, de l’amour, de la tristesse, du bonheur, du désespoir, plus maintenant… Tout le monde a le droit de sourire, tout le monde souffre un jour ou l’autre… Je ne suis personne pour vous dire tout cela, je voudrais juste vous racontez mon histoire, une histoire comme les autres, enfin, presque comme les autres…
Je suis née dans une famille où le partage et l’économie sont lois. J’avais quelques frères et sœurs, mes parents ne s’aimaient plus depuis longtemps, je ne l’ai compris que plus tard. J’ai grandi dans un univers fait de coloriage, de disputes, de jouets cassé qui ne sont pas remplacés, faute d’argent, de télévision, de bandes dessinés à moitié déchirées, mais en aucun cas mon enfance fut bercée par l’amour de ma famille. Aussi loin que je me souvienne, jamais d’embrassades, d’accolades, ou de félicitations… Je me souviens des hurlements, des claques, des rares remontrances, mais pas d’amour, non, pas d’amour… J’étais invisible, personne ne faisait attention à moi parmi mes frères et sœurs, j’étais là, et c’était à peine si mes parents ne me confondaient pas avec les autres…
Mon enfance fut normale, j’allais à l’école, je n’avais pas d’amis, j’étais solitaire, je n’avais pas des notes extraordinaires, mais j’étais juste assez douée pour être au milieu, c’est pourquoi personne ne me félicitait ni me réprimandait. L’école ne me plaisait pas, et je ne lui plaisais pas non plus. Mais je savais que quoi qu’il advienne je serais encore coincée sur une chaise devant un tableau noir pendant encore quelques années. Alors j’attendais… J’attendais…
Mes parents ont divorcés lorsque j’étais au collège, et je ne m’étais jamais rendue compte avant cela à quel point tout deux se méprisaient. J’appris bien vite à fermer les yeux et à boucher mes oreilles, pour ne pas entendre les hurlements furieux de mes géniteurs. Ils se sont quittés dans un grand fracas, tant mieux ! Je ne pouvais plus supporter les pleurs et les cris, qu’ils viennent de mes parents, ou de mes frères et sœurs. C’était mieux ainsi, et bon débarras !
J’ai vécu avec ma mère jusqu’à ma majorité, je ne lui parlais pas, elle ne me parlait pas. Parfois j’entendais ses pleurs, et plus d’une fois, j’ai voulu aller la consoler, mais je n’ai jamais eu le courage d’aimer ma propre mère. Je n’ai jamais aimé personne, d’ailleurs. Mes années au lycée furent affreuses, je ne m’y sentais pas à l’aise, si bien que finalement, rien ne me retint dans ma ville, celle où j’ai vu le jour. J’ai fui tout ce que je connaissais, car rien ne m’a jamais plu. Je suis allée un peu partout, j’ai vu tant de choses, mais rien n’a jamais attiré mon regard plus de quelques secondes, donc j’ai continué à chercher. Petits boulots après petits boulots, j’ai fini par vendre des baguettes dans une boulangerie. J’étais bien payée, et personne ne me posait de questions. J’étais là sans l’être vraiment. Je souriais à la clientèle, je lui donnais du pain, un journal ou une friandise et je rentrais chez moi, dans un univers où rien ne m’était familier. Métro, boulot, dodo, voilà à quoi se résumait mes journées, aussi longues soit elles. Il ne m’est jamais rien arrivé d’excitant, pas même ce soi-disant grand amour, celui dont tout le monde parle. Voilà ce qu’a été ma vie : une recherche de l’introuvable, le bonheur qui fait tourner autant de têtes.
« Une baguette ».
« Tenez, ça vous fera soixante dix centimes, merci, revenez nous voir à « La Bonne Brioche » ! ».
Voilà à quoi ce résume ma vie.
Pourquoi je vous raconte ça ? Je ne sais pas, peut-être pour démontrer que la joie ne fait pas parti de mon vocabulaire, que le bonheur n’est pas obligatoire, comme certains le pensent... Vous qui lisez ces lignes, avez-vous ressenti ce qu’on appelle l’amour ? La satisfaction ? Le plaisir d’être avec quelqu’un ? L’allégresse ?
Si votre réponse est oui, vous ne comprendrez jamais pourquoi j’écris, vous ne saurez peut-être jamais à quel point je souffre de vous voir sourire.
Et si j’avais fais de beaux dessins pour mon père, m’aurait-il aimé ? Si j’avais consolé ma mère lors de son divorce, aurait-elle pardonné mon silence ? Et si j’étais allée vers les autres à l’école, aurais-je connu l’amitié ? Et si j’avais abordé cet homme ce jour-là, où nous attendions un bus sous la pluie, aurait-il pu m’apprendre à aimer ? Qui sais, si j’avais joué au loto hier, aujourd’hui je serais peut être millionnaire ! Mais je n’ai pas joué. Je n’ai pas aimé mes parents, je n’ai pas eu de vrais amis, je n’ai jamais connu l’amour…
Est-ce le destin ? Est-ce lui ? Est-ce que c’est sa faute si je suis seule, repoussée et abandonnée de tous ? Ou peut être n’est-ce que ma faute en définitive, je n’ai pas su attraper le bonheur lorsqu’il passait devant moi, je n’ai pas fait ce que je devais faire au moment où il le fallait. Voilà ma vie, une erreur parmi toute celles que j’ai commises, je ne suis plus rien, je n’ai jamais été quelque chose, et je m’en veux terriblement… C’est trop tard maintenant, je suis vieille et abandonnée. Je hurle sur les passants, je mène la vie dure aux médecins et aux infirmières, c’est mon seul réconfort. Je n’attends plus qu’une chose de la vie : la mort…
Vous qui lisez mes lignes, pardonnez mon mauvais caractère, mes erreurs, je m’en veux de ne pas vous avoir dit à quel point je suis seule, j’aurais voulu pouvoir vous dire ce que je pense, à quel point je souffre… Mais tout cela n’a plus d’importance maintenant. Brûlez cette feuille, déchirez là si ça vous amuse, riez de ma bêtise, cela ne me touche plus ! Reculez ! Je ne veux pas de votre pitié ! Je ne veux qu’une seule et unique chose : qu’on me laisse mourir comme j’ai vécu, seule et abandonnée…
C´est tres beau ![]()
Tu retranscris tres bien les sentiments de la narratrice, les termes sont bien choisis, tous comme les evenement racontes, son enfance etc... Vers la fin, le fait de reprendre certains arguments dans l´autre sens est bien trouvé, et donne un effet... emouvant.
Bon pas trop doué pour les comms constructifs, donc je vais tout simplement dire que j´ai beaucoup aimé ton texte, émouvant et bien ecrit. On apprend rien au debut, on en apprend pas plus a la fin, et au final nous avons vu une vie passer en quelques lignes, que nous oublierons bientot, et c´est d´autant plus triste.
Bonne continuation pour tes autres textes, je les lirai ![]()
Oui c´est vraiment touchant comme texte...
J´ai vu quelques fautes, parfois de grammaire qui m´ont obligé à reprendre la lecture d´une phrase. dommage car le texte est plutôt bien construit. Ce ne sont sûrement que des fautes d´inattentions ^^
A part cela, le texte est vraiment émouvant. Détresse, solitude, une vie d´une banalité effrayante. Le désarroi est bien rendu. Les émotions passent bien et c´est que j´aime dans l´écriture...
Touchant. Continu. ![]()
il faut avouer que la solitude c´est ma spécialitée.
Désolée pour les fautes ApoloJ, j´arriverais jamais à écrire un textes sans fautes d´orthographes ! C´est triste, mais je m´applique...
Faut jamais dire jamais !
Il suffit de bien relire et de s´entrainer. tu y arriveras... il n´y en a pas beaucoup sur ce texte, c´est vraiment bien. Plusieurs relectures et un passage sous Word devraient faire l´affaire ^^
Continu en tout cas ![]()
Entendu, je vais essayer...
Mais c´est pas les fautes qui vont me dégouter de l´écriture, heureusement ! ![]()
Oui, c´est sûr, ne t´arrêtes surtout pas à ça
Je me suis permis la remarque car c´est le premier de tes textes que je lis ^^ Le nombre de fautes diminue avec le temps... J´en faisais beaucoup au début...
... Et j´en fais toujours, mais beaucoup moins, surtout quand je suis pas attentif ou que je veux faire vite. Tu as un style et c´est bien ![]()
C´est vrai qu´au début on me le répettait plus souvent le "attention aux fautes" mais bon, on continu à espérer qu´il disparaitra un jour ou l´autre, même si (je me connais) il sera encore trés présent, y a pas de doutes... ![]()
Fautes...fautes...concordance...
Mais on s´en tape, c´est tout simplement magnifique, et malheureusement vérifiable dans la réalité...
J´ai été touché par ton texte, ce qui n´est pas courant, voilà pourquoi je laisse un mot, pas la peine de faire des longueurs et un relevé surperflux des fautes que tu as faites, c´est tellement beau !
Continue, tout simplement ![]()
pour le commentaire bravo_leader, ça me va droit au coeur
Assez authentique mais tu pourrais faire plus poignant. Là, tu n´y touche pas assez. Peut-être est-ce par humilité? Enfin, en tout cas ça ressemble plus à un essai, mais j´ai l´impression que tu es assez en accord avec cette "univers" et que tu pourrais "aprofondir". Bonne continuation… Je pense que je lirai tes prochains textes!
Ah ben si le bonheu est obligatoire, tu le dis toi-même dans ces lignes ![]()
Tu dis que tu (enfin la naratrice dit qu´elle ^^´) ne l´a jamais connu ce bonheur, mais elle cherche la mort, pourquoi? Sensiblement parcequ´elle pense trouver le bonheur dans la mort, ou après la mort
Très beau texte en effet, j´ai beaucoup aimé, on ne peux qu´éprouver de la compation pour cette personne, on ne peut que vouloir être son ami ^^ Ou du moins la tuer our satisfère ses désirs
(moi c´est la torture et le sadisme ma spécialité XD)
Merci pour vos commentaires tous les deux !
red-rock
c´est comme ça que je vois le texte. Le faire plus profond n´aurait pas été en accord avec le personnage... Enfin c´est comme ça que je le vois. Le texte est fait pour ressembler à un essai, c´est une lettre, et je pense que si la narratrice l´avait relu elle aurait elle même brûlé la feuille. Elle écrit ses pensées, tout ce qui lui vient à l´esprit sur une feuille de papier, et elle n´aurait pas voulu que d´autres personne la lise en fin de compte...
Archive
Elle cherche la mort pour arréter de souffrir, et sûrement pour trouver le bonheur au bout du tunnel. Mais comment rechercher quelque chose qui nous parrait si lointain, voir inexistant ? Elle veut tout simplement que le supplice s´arréte (toi qui aime la torture
)
Très beau, magnifique.
Comme d´hab j´ai vu aucune faute.
Bon bin.
[Croustibat], c´est sympas !