Don Dess de Yohan-Kiefa m´a un peu inspiré, et j´ai commencé dette fiction faîte de gangsters, de tortures et de trucs glauques.
Poisonville, cité du crime et de la dépravation. Lieu de débauche où toutes les pulsions refoulées peuvent exploser. Ville corrompue et souillée – par la violence, la pollution et les activités illicites. Une jungle urbaine, immense et noirâtre. Seules les eaux usées vertes de produits chimiques contrastent avec la noirceur ambiante. Les bâtiments de métal gris, de briques rouge sombre ou de béton sali par les gaz d’échappements. Un terrain jeté en pâture, où tous s’entretuent pour contrôler le moindre commerce, la moindre position stratégique où faire transiter des marchandises illégales. Drogues, femmes, armes et contrefaçons passaient tous par ce lieu de pèlerinage du grand banditisme.
Un homme replet et massif émerge d’une salle enfumée. Des bretelles marron serrant un tronc gras sur lequel un débardeur dont la couleur originelle semble être le blanc est tiré. Il est flanqué de deux molosses, encore plus grands, habillés en noir avec ceinture, bonnet et gants de cuir. Chacun tient fermement une mitrailleuse. Celui du milieu a la mine déconfite, il sue à grosses gouttes. Les deux autres, taillés comme des armoires normandes, regardent devant eux, l’esprit aveuglé par la nécessité d’obéir aux ordres. Le trio parcourt un tunnel obscur faiblement éclairé par des ampoules protégées derrière des barreaux. Un insecte vient griller sur une lampe. Des arcades de métal soutiennent le plafond bas, en dessous duquel flotte un nuage de fumée. Le couloir de brique rouge mène à une porte de fer, rouillée et grinçante. Un des deux hommes en noir l’ouvre et laisse passer les deux autres. Il s’allume une cigarette. Dans la petite pièce, qui comporte une grande table et un placard, un homme, chétif et maladif, une lueur de folie brillant dans ses yeux, attend sur une chaise. Il porte une blouse blanche tâchée de formes rouge sombre. Il tient une seringue dans sa main.
Frankie s’étire et pose ses pieds sur la table, décontracté.
- ‘Sont vachement obéissant tes deux portes flingues !
Il s’adresse à un grand type, habillé très classe. Un costume violet à rayures, une chemise blanche avec cravate vermillon. De gros bijoux en or, une montre scintillante. Un chapeau assorti au costard est négligemment fiché sur son crâne serré dans un bandana. Il fume un gros cigare, dont l’embout rougeoyant brille dans l’obscurité.
- Une dose de cheval par jour.
Frankie a tout de suite l’air intéressé :
- Ah ouais, ouais, je connais ça ! Enfin j’en ai entendu parler. C’est cette drogue vietnamienne, nan ?
- Exact, répond l’homme confortablement installé dans un grand fauteuil pourpre en bout de table.
Frankie est seul avec lui, mis à part les deux gardes du corps dans le fond de la salle.
- Avec ça, ils te jurent leur putain de fidélité jusqu’à ce qu’ils crèvent, reprend le gars au chapeau.
- J’imagine. Mais dis-moi, Nicki, Stanner est parti faire quoi avec tes deux molosses ?
Une lueur d’inquiétude apparaît dans son regard. Devant le mutisme de son patron, il boit son verre de whisky. Il en aura bien besoin.
- Eh mais qu’est ce que vous foutez les mecs ?
Le gros en marcel est en train de se faire attacher à la chaise avec des bandes velcro, tandis que le cinglé fouille dans son placard. Il se retourne en rigolant, tenant une scie dans sa main.
- Hi ! Hi ! Ca fera parfaitement l’affaire, oh oui !
- Eh, nan mais déconnez pas, merde !
Le type en noir, l’esprit embrumé par l’herbe, rit de la terreur de l’autre. Il lui donne un coup dans la joue avec la crosse de sa Thompson. Le sang gicle, la chaise manque de se renverser. Le fou en blouse pose sa scie sur la table et reprend sa seringue.
- Tiens-le Mani, lance-t-il à l’homme en noir.
Ce dernier s’exécute, il attrape la tête du gars complètement sonné et le force à ouvrir la bouche. Le « docteur » aux cheveux ébouriffés plante l’aiguille dans sa langue et injecte le produit. Une vive douleur envahit la bouche du supplicié, mais elle part rapidement. Des formes multicolores dansent sous ses yeux, il ne comprend plus grand-chose à ce qui se passe autour de lui. Il entend un bruit, répétitif et strident. On dirait une scie. Effaré, il regarde le taré lui couper la jambe.
- Le repas arrive, annonce Nicki à Frankie.
- Ah, parfait, j’avais faim justement.
Un majordome en costume queue-de-pie pénètre dans la salle, un grand plateau en argent dans les bras. Il le pose devant Frankie et retire le couvercle. Le convive bondit de sa chaise, horrifié. Il essaie de détacher ses yeux révulsés du tas sanguinolent entouré d’herbes aromatiques. Les bras et les jambes de Stanner, empilés en un plat gluant et rougeâtre.
Un garde du corps de Nicki émerge du fond de la salle, et crible de balles le malheureux convive. Il tombe en arrière et renverse le plateau, agité de soubresauts.
- Ce sale enculé et son emmerdeur de sous-fifre ne toucheront plus jamais à nos filles, maintenant, lâche Nicki dans une expression de dégoût intense. Virez-moi ça et apportez le téléphone !
Un autre majordome arrive avec un plateau sur lequel repose un combiné, tandis que le premier nettoie la table et le mur. Le garde du corps se charge de tirer le cadavre.
Nicki compose un numéro et approche le téléphone de son oreille.
- Allô Stacy ? Tu te souviens des deux connards qui sont venus te voir à ton motel hier soir ?
Une voix étouffée se fait entendre, également des reniflements, des insultes et des pleurs.
- Oui, ces deux là, continue Nicki. Eh bien je suppose que tu seras ravie d’apprendre qu’ils viennent de cracher tout leur putain de sang.
Cette fois, on entend des remerciements, des exclamations de joie. Un sourire s’étire sur le visage noir de Nicki.
- Mais tu sais bien que je ferai n’importe quoi pour toi ma jolie. Maintenant tu vas pouvoir continuer à travailler pour moi, n’est-ce pas ? Il n’y aura plus d’autres incidents de ce genre, je te le promets. Désormais, ils savent tous qu’il ne faut pas toucher aux filles de Nicki !
Ouin, aucun com. Tant pis, je continue.
Un petit bateau à moteur sur l’eau noire. Il tangue légèrement, il est sous un pont, plongé dans l’obscurité la plus totale. A bâbord et à tribord, de grands bâtiments en béton, en bois. L’un d’eus se détache du lot. Il est plus haut et massif. Sa base en béton est fixée aux parois de pierre du canal, et il se prolonge vers le ciel obscurci en de longues planches de bois fixées sur le plâtre. Le pilote du bateau, un vieil homme mal rasé, dormait dans la cale quand l’embarcation percute quelque chose. Il se réveille, s’habille et va chercher sa lampe. Encore des jeunes qui s’amusent à lancer des pierres depuis les ponts, pense-t-il. Il balaie les eaux noires du faisceau de sa lampe, et découvre des choses qui flottent à la surface, une grosse et quatre plus petites. Cela ressemble à… L’eau se teinte de rouge… Du sang ! Il bascule, horrifié, et tombe dans le canal. Il peine à respirer, il ne sait pas nager… Quelque chose englue sa bouche… Il essaie de s’agripper à ce qu’il peut. Le visage tuméfié d’un homme lui apparaît. Il semble vouloir s’agripper à lui… Tous deux coulent dans les eaux profondes.
Nicki, escorté par ses deux plus fidèles gardes du corps, descend de sa villa de Crystal Hills. Son chauffeur l’attend devant sa grosse voiture noire, dans le plus pur style années 30. Les vitres blindées et teintées reflètent le soleil orange vif qui émerge des nuages sombres. Les quatre hommes pénètrent dans le véhicule, Nicki et ses molosses vont dans l’habitacle du fond. L’engin démarre, ses moteurs crachent et toussotent, puis les pneus crissent sur les graviers tandis que la grille se referme derrière la voiture. Elle s’engage sur la route bordée d’arbres morts et de propriétés en ruines ou hyper protégées. Nicki doit aller rendre visite à un nouveau flic montant en grades trop rapidement. Il faut toujours se méfier des insignes intègres, lui avait appris son oncle. Ces enculés sont prêts à tout pour te payer un voyage gratuit à Skull Island, la prison de Poisonville. Nicki avait fixé un rendez-vous au policier, près de Steel Town, là où il possède beaucoup d’usines.
La voiture arrive dans une immense zone industrielle. Le ciel orange parsemé de nuages gris ne parvient pas à éclairer l’endroit, et beaucoup de lampadaires s’en chargent. Les cheminées des usines s’élèvent dans le ciel comme de grandes ombres menaçantes, crachant leur fumée sombre et polluante. Deux hommes sont adossés à un mur de brique, près d’une voiture de flic banalisée repérable à deux cents bornes. Effectivement, laisser le gyrophare sur le tableau de bord n’aide pas à se faire discret. Nicki jette un œil aux fenêtres des usines, quelques gars à lui y sont postés, sulfateuses aux poings.
- Vous deviez venir seul, agent Callagan.
- J’vous présente mon équipier l’agent Rodriguez, répond le flic en s’allumant une clope sans même regarder son interlocuteur.
Le latino regarde le gangster haut de deux mètres, imposant dans son costume rouge vif. Il tient une cane qui semble faite en bois rare, surmontée d’un pommeau en or.
- Bon, j’vais être direct les jeunes, reprend Nicki en regardant Callagan droit dans les yeux. Vous marchez avec moi ou pas, c´est-à-dire que vous continuez à poursuivre des voleurs à la tire dans les quartiers plus crades que le cul d’une vieille pute, et vous finissez avec deux bastos dans l’crâne au fond d’un caniveau. J’ai deux belles enveloppes qui vous attendent sur le siège arrière de ma caisse.
Rodriguez tire sur sa cigarette et répond :
- Moi j’marche.
- Espèce d’enculé ! s’exclame Callagan en le plaquant contre le mur. J’étais sûr que tu marcherais avec ce salaud !
Il le soulève et le projette contre leur voiture, cassant un rétroviseur. « Enfoiré ! » crie-t-il en le ruant de coups. Rodriguez se relève tant bien que mal et lui décoche un puissant coup de poing dans le menton. Le flic tombe par terre, et son équipier en profite pour le saisir par le col. Nicki recule, déçu par leur réaction. Il claque des doigts. Soudain les deux policiers sont criblés de balles, leurs cervelles explosent, leurs muscles se déchirent, tandis que les vitres de leur voiture éclatent en morceaux. Le crépitement des coups de feu s’arrête. Les deux macchabées achèvent de se vider de leur sang, pendant que Nicki et ses hommes remontent dans leur voiture. Nicki est frustré. Du temps de son oncle, Marsellus, les flics étaient moins rebelles. Et voilà où ça les mène, de croire en des choses aussi stupides que la justice. A la morgue. Marsellus lui avait refilé son business peu avant sa mort, il y à de ça une vingtaine d’années. A l’époque Nicki était son plus proche garde du corps, et le seul membre de sa famille qui ne soit pas entre quatre planches. Le travail de Marsellus l’avait mené à tuer une bonne partie de ses ancêtres. Ses parents étaient morts lors d’une vendetta. Il avait assassiné ses vieux oncles qui lui faisaient trop de concurrence. Pareil pour son demi-frère. Quand aux parents de Nicki, il l’avait laissé se charger lui-même de l’affaire. C’avait été une sorte de test pour que son neveu fasse vraiment partie de son organisation, et il l’avait brillamment passé.
Double-ouin.
La grosse voiture noire poursuit sa route à travers les rues sales et encombrées de Poisonville. Encombrées de déchets, de mendiants et de malheureux passants perdus dans un lieu maudit. L’engin s’engage dans une voie bordée d’immeubles reliés entre eux par el linge qui sèche.
- Ouais, c’est ça. Callagan et un latino. Rodriguez. Ben ouais ils sont crevés, ces deux cons ont commencé à se battre, de toute façon le seul qui marchait avait l’air d’être une sous-merde. OK ça marche. Ben passe ce soir. J’serai au motel. Ouaip. Salut.
Nicki repose le combiné, et passe le téléphone muni d’une grosse pile jaune à son garde du corps. Ce dernier le range dans un compartiment caché sous la banquette. Nicki fouille dans la poche de son manteau, il en sort un petit sachet en plastique. Il l’ouvre et fait un petit tas de poudre verte dans le creux de sa main. Il aspire la drogue avec son nez, puis avale le reste. Toujours concilier boulot et plaisirs, telle était la devise de Nicki.
La voiture s’arrête devant un bar italien. Nicki et ses deux molosses descendent, puis le véhicule va se garer à l’arrière. Le plus costaud des deux gardes tambourine à la porte, cachant sa sulfateuse sous son manteau. La porte s’ouvre quelques minutes plus tard sur un petit gros avec une moustache et une casquette. Il jauge les deux mastodontes d’un air méprisant. Son visage s’illumine lorsqu’il voit Nicki.
- Salut Nicki ! Alors qu’est-ce que tu fous dans l’coin ?
- Hey, mon rital préféré… répond le gangster.
Ils pénètrent tous dans le tripot enfumé. L’italien se précipite pour enlever le manteau de fourrure de Nicki. Ce dernier se dégage en faisant semblant de ne pas l’avoir senti.
- Alors, les affaires marchent bien ? lance-t-il.
- Grâce à toi ! dit le petit gros en les guidant à l’arrière salle.
- Qu’est-ce qu’il y a, là ? demande Nicki, l’air très sérieux, en pointant du doigt une porte rouge.
- Oh, rien, un placard, assure l’italien, visiblement embarrassé.
Le quatuor entre dans la petite pièce. Un ventilateur remue l’air chaud, et un poste de radio déverse un flot d’accords obscurs. Nicki et le moustachu s’installent autour d’une table, pendant que les deux molosses se postent contre les murs.
- Tu veux un verre ? fait le rital.
- Nan, merci Pietro. Nicki prend une grande inspiration et pose son chapeau sur la table. Dis-moi, tu te souviens de Frankie et Stanner ?
L’Italien a l’air pris de court.
- Euh… oui… d’ailleurs je ne les ai pas vu depuis…
- Hier ? Tu peux m’expliquer ça ?
Nicki jette une photo en noir et blanc sur la table. Pietro la prend, et son visage se décompose.
- Putain ! Merde, Nicki, je sais pas qui a fait ça.
- C’EST MOI QUI AI BUTE TES DEUX PAUVRES CONNARDS DE PORTE-FLINGUES !
L’italien se tasse sur sa chaise, suant à grosses gouttes.
- CES ENCULES ONT ABIME UNE DE MES FILLES ! PERSONNE NE TOUCHES À MES FILLES ! ET SURTOUT PAS UN SALE PETIT RITAL DE MES DEUX !
- Mais Nicki, j’te jure que j’y suis pour rien !
Nicki ne répond pas, il s’en va et claque la porte. Pietro sens l’urine envahir son pantalon lorsqu’il voit les deux gardes sortirent des Thompson de leurs manteaux et les braquer sur lui.
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C´est bien, j´aime bien l´ambiance.
Peu de fautes, (À ce que j´ai vu..
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Bon j´aime et jattends évidamment la suite!