Voici un nouveau texte ( encore ), tres court, mais que j´espere vous voir aimer. Et si ce n´est pas le cas, votre comm sera aussi le bienvenu, evidemment.
( enjoy, ou pas )

___
Les Manuscrits Oubliés- L’Ecrivain
Il fut un jour un homme dont le destin était d’écrire. Quand ses pas le menaient vers l’horizon, son avenir était de le peindre. Quand ses paroles s’envolaient vers un homme, son esprit lui disait de les graver. Quand les sentiments l’enveloppaient, son destin était de les porter.
Il fut un jour où cet homme vit toutes les contrées, eut aimé toutes les femmes et eut parlé de tout. Il ne lui resta qu’une chose qu’il n’eût jamais mis a nu : son esprit.
Il fut un jour où cet homme décida de changer ses pensées en encre. L’esprit chargé d’années, le cœur chargé de livres, il prit sa plume et en fit un.
Il se demanda comment l’entamer. Il décida tout d’abord d’une introduction longue et riche, mais il se rendit compte que le temps d’arriver à sa fin, l’encre s’était déséchée. Il fut alors brutal, mais sa plume se cassa, et rien n’en était sorti. Il décida donc d’aller droit au but, mais sans pour autant oublier son dessein. Il bâtit un monde qui naquit en un instant, mais dont les peuples mettraient des années à croître. Il était satisfait, voilà un bon début. Les mondes muaient, se tordaient, se mêlaient, mais jamais au grand jamais il ne pourrait tous les écrire. Ils devaient en ignorer la plupart, à son grand regret. Longtemps, longtemps, il chercha lequel était digne de toutes les attentions. L’histoire continuait son chemin, mais sans cette grâce et cette pureté que donnent les écrivains. Elle poursuivait sa route, délestée du poids de son créateur, anarchiquement. Puis un jour, il sut sur quel monde il bâtirait une histoire. Alors il dessina une terre, une mer, et puis un peuple. Il décrit méticuleusement leur ascension, leur éveil et leur intelligence, il soigna leurs traits, réfléchissant avec précision à leur forme. Il gomma beaucoup de ces ébauches, a tel point qu’au fil des multiples années, leur aspect avait considérablement changé, leur esprit aussi. Finalement, il leur donna une histoire emplie de troubles, de soucis, de bonheur, de mélancolie et d’horreur. Il leur offrit des aventures, des découvertes, des sciences, il finit par adorer écrire sur eux, et leur histoire s’en enrichissait davantage. Par facétie, il choisit même de s’inclure dans leur histoire, en incarnant sa propre personne dans différents membres de l’histoire. Il alla même jusqu’à les faire tergivercer sur sa nature.
L’écorce de leur histoire s’était encore endurcie au fil des ans, à présent, ils ne devaient plus la subir, ils devaient la découvrir. Il leur donna un nouveau trait de caractère : le savoir. Peu à peu, il les fit découvrir des choses savantes, et résoudre des questions hautement complexes, scientifiques et métaphysiques. Pourquoi étaient ils nés, comment étaient ils nés, pourquoi leur monde régissait de telle manière à ceci et à cela, comment pallier à ce qui les entourait.
Et finalement, leur histoire s’étendit autour d’eux, s’étala sur les mondes inachevés que l’écrivain avait choisi d’ignorer. Elle dura, dura, loin, longtemps, très longtemps.
Puis il arriva un jour ou l’écrivain brisa sa plume, et cassa son encrier. La table craqua, sa chaise se fêla, et le parchemin de son Histoire roula. Il roula sur le sol, il roula sur le tapis, et tomba dans le feu. Le manuscrit noircit, se calcina et disparut. Les années d’efforts devinrent des siècles de douleur.
Un écrivain pleurait, et un monde mourait.
Un dieu se lamentait, et son monde subissait l’apocalypse.
( BLFYK )