Voici le début de mon récit de science-fiction utopique, qui commence par une description générale de la planète et de la ville où se situe l´histoire.
La ville de Mescale se situait au coeur de l´hémisphère nord de la petite planète d´Hyjiis. Par conséquent, la zone tempérée offrait des températures et un ensoleillement agréables tout au long de l´année. Les étés étaient de vrais étés chauds et lumineux, tandis que les hivers étaient de vrais hivers froids et neigeux. Ce n´était pas comme les autres planètes du système, polluées et mourantes, où le soleil était caché par l´atmosphère noirâtre. Non, ici, tout avait été prévu pour que l´Homme puisse vivre en harmonie avec la nature. Les ressources de l´astre n´étaient que très peu utilisées, tout était importé des autres planètes du système. On en avait choisi quelques unes, riches mais peu peuplées, pour servir de puits d´énergie, pour être sacrifiées au profit d´Hyjiis. Ainsi les activités humaines ne détérioraient pas l’environnement. Désormais, plus aucune colonie ne s´y installerait, seuls les premiers habitants poursuivraient leur paisible vie. L´immigration était très contrôlée, mais après le succès de cet essai, d´autres planètes, plus grosses, avaient été choisies pour accueillir de nouvelles colonies, et suivre le model d´Hyjiis.
Mescale, la capitale d´Hyjiis, avait été bâtie à moitié sur l´eau, l´autre partie juchée sur les falaises. Elle comptait pour l´instant environ cinq millions d´habitants (pour 73 millions d´habitants sur la planète), mais elle allait en grandissant. C´était la seule ville d´Hyjiis autorisée à accroître aussi rapidement. Sa population avait doublé en vingt ans. Mais son agrandissement était strictement contrôlé, il ne devait empiéter sur le territoire d´aucun animal, les forêts coupées étaient replantées. De ce fait, pour éviter de trop envahir les environs, la ville était de plus en plus construite sur l´eau, l´immense océan mescalien étant suffisamment grand pour qu´on en grignote quelques bouts. De plus, la profondeur était très peu élevée sur un millier de kilomètres et l’océan parsemé d´îlots, ce qui était très pratique pour bâtir des habitations; l´avenir de Mescale était donc assuré, ainsi que celui de la faune locale, qui n´avait à s´inquiéter d´aucune déforestation ou massacre.
Il y avait peu de pêche dans les environs de la ville, les poissons et les plantes aquatiques proliféraient donc partout, ce qui faisait le bonheur des touristes. On avait construit un zoo marin sous l´eau, c´était en fait une grande bulle de verre d´où l´on pouvait voir animaux et plantes. C´était finalement plus les humains qui étaient enfermés, et non la faune.
Mescale ressemblait beaucoup à Venise - du temps où elle ne s´était pas encore effondrée, ce que ne risquait pas Mescale du fait des dernières technologies utilisées pour sa construction. Ses canaux, ses bâtiments de brique rose et rouge, ses murs blancs rappelaient l´ancienne ville italienne. Les gondoles avaient juste été remplacées par des bateaux, des hovercrafts, et bien sur des voitures volantes. Un tiers de la ville se trouvait sur la falaise, le reste était sur l´eau. Des ponts reliaient de petits îlots, en dessous desquels serpentaient les canaux. Des écrans géants flottaient au-dessus des carrefours et de certaines places publiques, diffusant les chaînes de télévisions et des informations sur les évènements de la ville. Il y avait très peu de publicité.
La ville était divisée en plusieurs quartiers : celui du marché, celui du théâtre, le port, le centre-ville, l´aéroport, l´arboretum, le haut quartier et le quartier où se trouvait le palais du gouverneur et l´hôtel de ville. Il n´y avait pas de cantons ethniques, depuis longtemps le brassage culturel avait brisé les barrières des origines. On ne disait plus Occidental, Arabe, Noir, Blanc, Asiatique, Hispanique ou Slave, il n´y avait plus que des Mescaliens.
Mescale était la capitale d´Hyjiis. Hyjiis était une planète mais aussi un état. De toute façon, sa taille relativement réduite - environ cinq mille kilomètres de diamètre - et le fait qu´elle soit recouverte aux quatre-vingt pour cents d´eau ne laissaient pas beaucoup de place pour plusieurs pays. Ce faisant, on évitait aussi les guerres et le nationalisme.