Il fait nuit, la lune nous regarde, impénétrable. Tu me parles, mais je ne t’écoute pas. Il y a deux jours tu as décidé de me suivre, tant pis pour toi. Dehors tout le monde est mort, ou les rares survivants se traînent par terre, gémissant, voulant à tout pris venir s’abriter. Je regarde mon verre, et toi tu continu de me parler. Je bois et tu te tais. Je repose mon verre et je me tourne vers toi, tu détournes les yeux. Peut être cherche tu du réconfort au près de la lune ?
Elle est sûrement la plus humaine de nous trois. Tu vois que je ne te quitte pas des yeux, alors tu te mets à genoux en m’implorant. Je te regarde, le visage en larme, balbutiant mon prénom. Je passe une main dans mes cheveux, et je ne te quitte pas du regard. C’est alors que tu craques, tu n’en peux plus de cette pression, de tout ce qui c’est passé. Tu dis alors ce que tu penses vraiment, que je suis la pire des ordures, et que tout est de ma faute. Je regarde dehors, tous ses cadavres devenus méconnaissable, nous ne devinons même pas qu’ils avaient un aspect humain auparavant. Mes yeux reviennent sur ton visage en larmes. Tu viens de t’apercevoir que sous le coup de la colère tu as fait une connerie. Je te donne un coup de pied dans la gueule. Tes dents s’arrachent et sortent de ta bouche dans un éclat de sang. Maintenant tu ne pense plus qu’a fuir, mais que va tu faire ? Certainement pas sortir. Je marche vers toi, sans te quitter des yeux, tu rampes vers le mur, dans un dernier espoir de survie. Tu prends conscience que tout est finis pour toi. Alors tu te lève et prends un couteau sur une table. Tu le poses sur la gorge, mais tu n’oses pas appuyer pour mourir. Je décide de t’aider en te sautant dessus et te bourrant de coup de poing dans le visage, ainsi que dans le ventre. Tu n’as pas le temps de crier, tu n’analyses même pas l’effet de la douleur à cause de la surprise. Je ne m’arrête pas de te cogner, je sens les os de ton crâne se briser, puis je finis par cogner le sol. Je me relève lors et je regarde mon travail. La lune est toujours brillante, impassible devant la scène qui vient de se dérouler sous ses yeux. Je me frotte les mains, elles sont pleines de sang. Maintenant, il faut que je sois présentable. Je vais dans les toilettes et passe mes mains sous l’eau, je me regarde dans un miroir. Ma peau est devenu grise, mes joues sont creuses, j’ai l’impression d’être moi-même un cadavre. Mais un cadavre vivant, pas comme toutes les personnes dehors, ou lui, que je viens de tuer. Mon visage n’exprime plus aucune émotion, même le meurtre ne déclenche chez moi aucun remords, aucun regrets ou honte. C’est une belle nuit pour mourir, aurais-je pus me dire. Moi, j’ai préféré survivre. Mais, contrairement à lui, j’ai préféré me faire confiance qu’à moi-même, il étai idiot de penser que l’on pourrait s’en sortir. Le sang ne part pas de mes mains, ni de mes vêtements, mais j’ai de la chance, mes habits n’ont pas été trop salis par l’hémoglobine de ce faible. Je tente de me recoiffer avec un peu d’eau, mais je ne fais qu’empirer les dégâts. Je me lance un dernier regard, puis je retourne sur ma chaise, près de mon verre. Je m’installe, et je me remets à contempler la lune. Je saisit mon verre, je trempe mes lèvres dans ce qui devrait être de l’eau et j’attends. La nuit fut longue, il ne fallait pas que je m’endorme, sinon j’aurais tout fait pour rien. Alors que la lune descendait de plus en plus vite, j’entendis des coups contre la porte. C’était un « humain » avec un crâne énorme, tellement énorme qu’il ne peut le soulever. Tout ici est transparent, mais hermétiquement fermé. Je ne finirais donc pas comme lui. Il tapait de toutes ses forces avec ses petits poings serrer, mais il peinait à les soulever avec ses bras ignoblement maigre. Ses yeux brillaient dans la nuit, il se mit à hurler, un hurlement mêlant de la peur, de la haine, de la colère, et surtout du désespoir. Constatant que je ne voulais pas lui ouvrir, il se mit à ramper vers le nord. Sa tête, tellement proéminant traînait par terre, son coup été tordu, car son crâne était plus lourd que son corps. Tout revint alors très calme, mais la nuit n’en finissait plus. Je m’endormais peu à peu, mais il ne fallait pas, je ne peux pas me permettre de m’endormir, alors que je m’en suis sortit, que je suis encor debout, pas comme eux. Je me donnais des baffes pour tenter de rester éveillé. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas dormit. Peut être qu’une petite viré dans le pays des rêves… Non ! Je me mit debout, et marcha vers le cadavre encor frais. Il tenait encor son couteau dans la main. Il le serrait faire, mais je réussis à le prendre. Je retournais m’installer sur ma chaise. Je posais une main sur le comptoir, et si je me surprenais en train de fermer l’œil, je me couperais un doigt. Je dois tenir.