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Une rue, une heure, une histoire infinie

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
01 juillet 2006 à 14:18:43

Une rue, une heure, une histoire infinie

Paul Dyllen regarda l’horloge accrochée au mur du restaurant. Il était quatorze heure et sa pause déjeuner venait de toucher à sa fin. Il finit en vitesse son désert et paya l’addition. Un autre jour, il aurait pris le temps de manger à son plaisir mais ces temps-ci, il avait du mal à joindre les deux bouts et il ne pouvait pas se permettre d’arriver en retard à son travail, même si ce retard se comptait en minutes.
Il sortit du restaurant regarda brièvement les vitrines. L’été approchait et l’on pouvait voir les nouvelles collections de la saison avec le cortège de femmes qui bavaient devant la vitrine. Paul aperçut son reflet : une silhouette frêle, petit au physique tassé. Heureusement, pensa-t-il que son visage rond et jovial inspirait la confiance, ce qui était très bon pour le commerce.
A ce propos, Paul était marchand de journaux dans un petit kiosque situé à au carrefour de la 5° avenue et la 58° rue à New York. Un endroit tranquille, mais pas nécessairement rentable. En général, ses principaux clients étaient les employés de la banque et les résidants. D’ailleurs, une des femmes habitants l’immeuble tout juste à côté de son kiosque apparut à l’angle de la rue. C’était Sharon. Une élégante jeune femme qui travaillait dans la mode, certes un peu bourgeoise, mais très sympathique. Paul appréciait cette femme dynamique et épanouit avec qui une certaine amitié s’était tissée au fil des années.
Sharon ne fit pas trois pas qu’elle se retourna, l’air offusqué. Visiblement elle avait oublié quelque chose – son sac à main sans doute – dans l’édifice et s’y précipita. Paul ria intérieurement, il ne se lassait jamais de voir cette femme nerveuse. Il consulta sa montre et vit avec satisfaction qu’il était dans les temps.
Il introduit sa clé dans la serrure du kiosque et pénétra dans l’étroit magasin. Sans se soucier de l’étroitesse des lieux, il pressa un bouton pour relever le store de son pavillon. S’en suivit alors une chorégraphie presque mécanique où Paul, habitué depuis tant d’années, étala les magazines devant les kiosques ainsi que les autres journaux et autres revues.
Paul réajusta ici ou là les papiers qui tombaient et retourna dans son kiosque pour s’asseoir sur on petit tabouret. Il déplia un journal et entreprit de noircir les pages de ses mots croisés. A peine remplit-il une ligne que quelqu’un l’interrompit. Paul releva la tête et vit un jeune homme au nez fin et aux yeux bleus, vêtu d’une tenue de sport, qui arborait un air dégagé, presque désinvolte.
– Manhattan Post, dit-il avec autant de courtoisie qu’il y a d’eau dans un désert.
Paul attrapa le papier qu’il tendit au sportif.
– Quatre-vingt cents s’il vous plait.
L’homme fouilla dans sa poche et jeta un billet de cinq dollars sans prendre la peine de le défroisser. Il s’éloigna sans réclamer sa monnaie, chose qu’apprécia Paul. Ce n’était pas grand-chose mais le peu qu’il obtenait en plus lui permettait parfois de mettre du beurre dans les épinards.
Il détailla de loin le sportif qui semblait fulminer à la lecture du journal. Il était courant de voir les gens de plus en plus aigris par la vie stressante par la société actuelle. Paul, même si ces moyens financiers étaient dérisoires, savourait la vie au jour le jour, rencontrant des habitués ou des personnes qu’il ne reverrait plus jamais.
Il regarda à nouveau en direction du sportif pour le voir jeter le journal dans une poubelle juste avant de passer un coup de fil. Il n’entendit rien avec le vacarme de la circulation mais au vu des gestes violents et saccadés de l’homme, ce dernier devait être furieux.

Paul aimait bien observait les passants et voir leur comportement. Il prétendait par moment mieux connaître l’humain que les plus éminents psychologues. Il délaissa alors ses mots croisés pour s’intéresser à l’effervescence de la rue.
Une porte claqua. Paul reconnu aussitôt ce bruit métallique si familier ; celui des portes de la banque. Un grand homme au physique imposant, tiré à quatre épingles et portant une serviette, venait de sortir. Paul identifia immédiatement ce monsieur : Karl Wanzermman. Un homme d’affaires rigoureux qui ne rataient jamais un seul de ces rendez-vous à la banque, et ce faisant avec une ponctualité métronomique. Karl chaussa des lunettes de soleil et se figea juste devant John.
John était un mendiant qui errait dans le quartier mais il restait principalement au carrefour afin de profiter des riches et des personnes qui, sortant de la banque, donnaient un peu d’argent au brave homme. Ce que fit précisément Wanzermman en offrant une poignée de billet sans se soucier du montant. En effet, Karl était un homme généreux avare d’avarice.
John remercia gracieusement l’homme d’affaires et traversa la 58° rue pour aller dans la pâtisserie de Suzanne. En suivant John du regard, Paul remarqua une femme qui promenait son chien le tenant fermement en laisse et un petit enfant qui semblait lorgner sur le contenu de la vitrine de Suzanne. L’instant d’après, John ressortit le visage béas et les mains chargées d’un sandwich dont une partie était déjà dans l’estomac du pauvre homme.
Un sifflement dévia l’attention de Paul. C’était Karl qui faisait à présent de grand signe à un taxi. Il monta à l’intérieur, au désarroi de Sharon car celle-ci venait tout juste de ressortir de chez elle avec son sac et visiblement elle était mécontente d’avoir raté le taxi. Toujours pressé, et comme tout le monde songea Paul en servant la femme au chien.
Le vieil homme voulut rejeter un coup d’œil à John mais il n’était plus là. Seul l’enfant continuait de fixer imperturbablement les gâteaux en vitrine de la pâtisserie.
Alors que les voitures s’arrêtaient au feu, un léger craquement retentit et résonna dans la rue.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
01 juillet 2006 à 14:40:15

"Paul ria"

Euh... Je suis pas pro mais... Enfin je me tais et je laisse examiner :rouge:

"Paul aimait bien observait"

Observer non? parce que ça semble plus... Crédible...?

Simple,sans rien vouloir dire.J´ai pu passer cinq minutes de détente simple et je t´en remercie!

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
01 juillet 2006 à 14:41:09

Encore merci d´avoir lu et désolé pour les fautes.

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
01 juillet 2006 à 14:48:33

Errare humanum est.

Que celui qui n´a jamais fait de faute me jette la première pierre (*se casse très vite*)

KaiM
KaiM
Niveau 11
01 juillet 2006 à 18:38:04

Euh... J´ai pas compris, faudra m´expliquer. Ou alors, il n´y avait rien à comprendre et c´était juste de la détente. Mais te connaissant, ça m´étonnerait.

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
01 juillet 2006 à 18:40:30

Merci d´avoir lu Kaim.

On ne peut rien comprendre en lisant le début. Il faudra attendre le 2° ou même le 3° si ce n´est pas encore clair poursavoir de quoi il en retourne.

Pas d´inquiétude, il y a 5 chapitres en tout et ce n´est pas très long.

Mais si cela peut aider, cette nouvelle a pour thème le paradoxe.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
06 juillet 2006 à 15:04:29

Eternal Time Story

apoloj
apoloj
Niveau 7
06 juillet 2006 à 15:15:55

J´aime bien ton style :-) il est simple et clair. La lecture de ce texte détend vraiment. ^^

Il y a quelques fautes d´inattention comme l´a fait remarquer moicesmoi, alors je n´y reviens pas, d´autant plus que ça m´arrive aussi :-)))

Sinon, j´ai beaucoup aimé la fin de cette première partie, avec tous les personnages qui s´enchaînent et qui se croisent.

La suite ? :p)

Ostramus
Ostramus
Niveau 33
06 juillet 2006 à 19:15:40

Merci d´avoir lu et commenté.

La suite devait venir il y a déjà deux jours mais le problème c´est que cette nouvelle est écrite à trois avec Saternathe et Scarfy777 alors Sater n´a toujours pas fini sa partie donc je ne sais pas quand elle viendra.

Patience. :)

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