Hum, et bien voici la suite.
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2e post.
Je me sens mieux. Le jardin à l’arrière offre une vue imprenable sur les horizons, voir un arbre fruitier se démarquer sur les nuages est d’une beauté incommensurable. Pour quiconque n’a jamais quitté la terre ferme, c’est un spectacle saisissant. En l’observant, on croirait qu’il prend ses racines dans le cœur même des couches nuageuses, leur blanc neige se découpe sur le tronc pour donner l’impression d’être au paradis, ou devant un tableau fantastique. Moi qui pensais que la magie n’étonne plus personne de nos jours, que tout a déjà été vu, me voilà le souffle coupé. J’ai du contempler la peinture au moins une heure, allongé sur l’herbe –soyeuse, les gobelins s’y connaissent aussi en jardinage- sans bouger, ma tête couchée contre le métal. J’ai certainement du m’assoupir, car le soleil commencait déjà à se coucher. Je ne manquerai pour rien au monde le crépuscule, ce doit être un spectacle saisissant.
Oui, l’entrée dans ce nouvel univers commence très bien pour moi, j’en suis heureux. Et Sayonara ne s’est toujours pas montré, je remercie l’Ecrivain. Puisque je suis de bonne humeur, malgre la solitude – passagère, je devrais atteindre un village dans la matinée- , je vais vous raconter comment je me suis procuré ce château aérien, ce sera une bonne chose pour vous présenter les gobelins ; je les recroiserai sans doute par la suite, ces petits monstres sont partout, et excellent dans tous les domaines commerciaux.
Lorsque ma haine envers Sayonara était a son paroxysme, j’étais désespéré de savoir qu’aucun moyen de lui échapper n’existait. Des que l’université fermait, je trainais partout dans Atalamo, vaquais à toutes les occupations que m’offrait la ville. Je me ruinais dans des produits qui ne signifiaient plus rien pour moi, car rien ne pouvait empecher l’inexorable. Et mon frère si aimable et compréhensif travaillait sans cesse sur de nouveaux travaux. C’est au cours d’une de ces promenades mornes que je remarquai une échoppe d’un de ces gobelins, que je n’avais jamais remarquée auparavant. Pris de curiosité, j’entrai a l’intérieur.
Ca n’etait pas une boutique différente des autres, en réalité. Miteuse, petite et close, j’aurais très bien pu ressortir aussitôt si je n’avais pas remarquée derrière le marchand indifférent une affiche indiquant ceci :
-Les airs riment avec la vitesse-
Le meilleur moyen d’échapper aux djinns est de les semer.
C’est pour cette raison que notre communauté s’est également spécialisée dans la production en masse des dispositifs extratechnologiques aériens.
Cités, transports, offensif, le commerce gobelin atteint les troisièmes cieux.
Les particuliers sont également servis.
Voir une annonce emplie de consequences si rayonnantes donna à mon visage un jour nouveau. On peut reprocher aux gobelins de ne faire preuve d’aucune originalité dans leurs methodes de publicité, mais le message était clair. Et connaissant le don des gobelins pour écraser toute concurrence par des prix incroyables, je demandais au marchand les différentes étapes pour pouvoir se procurer une de leurs merveilles.
- Precisez le pourquoi de votre demande, vos exigences, et le prix limite. Nous nous donnerons le meilleur modèle de transport qui vous convienne. Une simple pensée suffira.
Et voilà mon rêve éxaucé. Jamais aucun être des cieux n’aurait accepté de commercer le ciel avec une créature « inférieure » , alors voilà que les gobelins s’en chargeaient. En réalité, cela faisait longtemps qu’ils créaient de telles merveilles, mais jusqu’à maintenant ce commerce n’était réservé qu’aux plus riches.
Dès le lendemain, un courrier m’informant des différentes capacités de mon engin aérien me parvint. Il était accompagné de schémas le représentant sous tous les angles. Au sommet d’un fragment de terre comme arraché du sol , on voyait une sorte de maison abondant dans les campagnes Gaiennes. Un petit batiment de brique, surmonté d’un toit noir d’ebène. La bâtisse coquette semblait chaleureuse, mais de la terre qui la bordait ressortait de grossiers et imposants tuyaux de métal, machinerie intrigante et obscure, servant à un quelconque mécanisme interne. Ils dépassaient de la terre sur quelques mètres, puis allaient s’engouffrer dans les profondeurs de l’ile volante. Mais c’était au dos du monument que la vue de ces appareils était la plus choquante : en effet, c’etait la qu’était situé le jardin ou je récupérais il y a quelques minutes. Et au dessous de ce petit havre de paix, une énorme masse de toutes sortes de mecanismes obscurs et incompréhensibles s’entassait, des filaments pendaient de tous les recoins, des protubérances de métal poussaient de partout, des pans entiers de cette usine étaient exposés au grand jour. Une horreur, je devais le reconnaître. Mais je restais pantois malgré mon dégout, le tout était attaché à l’anodine ile verte par un sortilège sans doute tres poussé. Parvenir à faire léviter une telle masse sur les couches nuageuses est déja une prouesse. Et savoir que derrière cet assemblage, au premier abord anarchique, se cachait un procédé assez étudié pour permettre de voyager sur le globe, me fascinait.
Finalement, voir une telle disposition des lieux avait quelque peu terni mon engouement. Mais savoir que cela me permettrait d’échapper à Sayonara suffisait à me remettre d’aplomb.