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Enfer méthaphorique

Moicesmoi
Moicesmoi
Niveau 10
25 juin 2006 à 00:37:19

Juste en passant,parce que j´avais une idée en tête et puis allons-y...

Ici, c’est mon enfer. Mon purgatoire. Mille ans d’examens plutôt que dix minutes ici. Et pourtant…
Je vois l’étoile briller au loin, mon but, mon rêve. Et entre nous deux, il y a ce lieu maudit.
C’est mon enfer à moi. D’autres peuvent y voir un paradis. Pour ma part, quand je suis arrivé, j’y voyais un magnifique lac de détente et d’entende. Et en fait, c’était l’inverse.
Même les anges doivent y subir un travail ahurissant. Mais eux au moins ils sont amicaux entre eux. Mais, à la manière d’une rivière, tout ce qui était en aval était méprisable. Et en bas du courant, il y avait moi.

Pas la peine que je vous fasse une description physique. Et mon mental est trop profond et insondable pour que je tente de vous en faire gratter la surface. Tout ce que je peux vous dire c’est que sur mon visage se lisent deux personnes. Prenez le côté droit : vous verrez un jeune adolescent triste et qui se morfond, laissant la désolation des larmes prendre son cœur. Prenez le côté gauche : vous y verrez une bête animée par une rage incandescente pour tout ce qui existe, que ce soit amical ou non. Mais sommes-nous deux ? Peu importe, je suis l’ensemble de ces deux êtres.

En amont de la rivière infernale, on a Dieu. La première fois que je l’ai rencontré, il s’était montré froid et mesquin. Mais il n’était pas encore à son stade final. Et malheureusement il l’était devenu peu de temps après.

Je commence ma marche. Je n’étais pas encore entré en territoire sombre que j’avais déjà peur. Mais mon rêve m’attendait. Je franchis la frontière, et avance. Mon cœur bat, comme s’il voulait sortir de ma cage thoracique et me crier : « Bordel t’es suicidaire ! ». Le purgatoire c’est un lieu où maintes souffrances nous attendent. Moi, quand je monterai là-haut, j’enverrai paître Saint-Pierre. Chacun sa merde…

Le premier arrive. Il est devant moi. Dans cet univers, la seule arme est la parole, plus tranchant que l’acier, plus perçant que les pointes de métal. Je me stoppe. Un pas me sépare de la première attaque. Je stresse. Mes tripes sont de plomb, elles se tortillent dans des sens quadridimensionnels. Mes jambes m’ordonnent de faire demi-tour. Mon cerveau refuse de me conseiller. Seul mon cœur est en état de me dire ce que je dois faire : « Vis tes rêves, ne rêve pas ta vie ». J’avance.

Je me courbe de douleur. En un instant, je regrette.
« Prétentieux » Comme vous qui feintez l’imbécillité pour mieux crier : ‘Hé regardez suis le meilleur ! ‘
« Maladroit » N’ai-je pas le droit de débuter comme toi tu l’as fait ?
« Caricatural » Oui mais connais-tu l’histoire ?
« Me rappelle… » Pourquoi comparé quelque chose qui ne l’est pas ?
J’aurai aimé lui dire, mais je n’ai pas pu. Peut-être aurais-je dû… Non. Si je le fais, je vais prendre un autre coup. Alors que si je ne dis rien, il ne peut plus rien faire.

Impossible de bouger. La blessure est forte, je tombe à genoux, sentant le sang couler de la plaie. Mais le choc est surtout psychologique. Cherchait-il à comprendre ? Ou est-ce moi qui ne m’étais pas montré suffisamment explicite ?

Il est toujours là. Je le vois telle un démon, le bel ange de mon amie. Elle, elle semblait l’apprécier, c’est parce qu’elle ne s’était jamais risquée comme moi je le faisais. Ma tête oscille, mon corps entier fait le pendule. Elle n’avait jamais tenté de franchir la limite numéro deux. Elle n’était encore que de passage… Elle ne tentait pas de s’intégrer.

Sur les rives de Charon, on peut devenir un ange de deux manières : subir l’épreuve du feu telle que moi ; ou devenir l’ami d’un de ces divins oiseaux. Et s’intégrer, ça permet surtout d’avoir les armes de son côté et d’atténuer sa souffrance lors du choc. Hypocrisie, toi et ton paroxysme.

Je me relève. Je passe à côté de l’envoyé des rives du Styx. Des fois, lorsque j’étais encore dans la catégorie ‘de passage’, les rôles étaient inversés, mais moi, mes coups aidaient, ils ne blessaient pas. Titubant pendant quelques instants, je continue. Un autre arrive. Ou plutôt une autre. Celle-là, elle est sympathique, de prime abord.

Le même manège se perpétue. Je n’ai pas le courage d’avancer là où je me prendrai le choc. Mes yeux fixe un point sur le sol, une tâche noire qui semble se moquer de moi. Il faut que je mette mon pied gauche dans la zone. Allez, le droit est raide.

Le sang coulant de mon côté dextre s’arrête. La forme est mignonne, câline et souriante, mais l’attaque est toujours là. Ce fut comme si on appliquait une lame chauffée sur la balafre. C’est moins à vif, mais la géhenne est plus intense. Les larmes me montent aux yeux. Elle s’écarte. J’arrive à me traîner, rampant sur quelques mètres, avant de me relever et de recommencer ma marche. Dos courbé, je continue.

Mon rêve me demande beaucoup de sacrifice. Ceux que je hais peuvent se moquer de ma déconfiture, de mon impuissance, et de ma maladresse. Mais pour atteindre mon paradis, je devais surmonter mon enfer.

Je m’arrête. Je reconnais celui qui est devant moi : il va m’achever. Fini le rêve, je ne pourrai pas me relever après cette attaque. Je me mets dans son regard, et offre mon corps à la mort. Il me sonde un moment. C’est long… De toutes façon, pour moi, c’est la fin. Mais, après avoir regardé attentivement, il me murmure : « Continue comme ça ».

Et il s’en va. Moi, mes deux bras encore écartés, je tombe au sol, et je m’endors… D’un long sommeil… Et puis j’entends des ailes ramer. Quelqu’un me soulève, et m’emporte dans les airs, loin… Et lorsque que je me réveille je suis dans un autre endroit.

Tout est paisible, il n’y a que des gens amicaux. On m’a déposé dans un véritable paradis terrestre. Mais mon jardin d’Eden est toujours là-bas, de l’autre côté de l’enfer…

C’est finit, plus jamais je ne tenterai de le traverser… Pour atteindre mon rêve, l’enfer est un moyen qui permet de s’assurer une traversée tranquille du « désert ». Je franchirai le dévaste… Et là, je réaliserai mon rêve…

Negatum
Negatum
Niveau 10
25 juin 2006 à 19:29:24

J´ai beaucoup aimé, bravo.

Comme tu dis, c´est métaphorique, mais c´est trés bien fait. Le style est impeccable. J´ai adoré

Euh, je sais pas trop quoi dire, mais bref, j´ai aimé quoi

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