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fic : Les chroniques d'Ivalice.

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 19:37:40

Ceci est une fic librement inspirée du jeu Final Fantasy Tatic Advance en particulier ( où elle fut postée à l´origine sur le forum du même nom ) , et des autres FF en général...

Chapitre 1.

Je poussais la lourde tenture qui sépararait les deux pièces, je la sentais graisseuse dans ma main. A ma grande surprise, je vis que l´arrière-salle était plus crasseuse que la salle commune, chose peu semblable malgré le nombre d´hommes qui bondaient la pièce. J´en discernais même quelques-uns qui étaient recherchés pour divers larcins dans la région.

- " L´Ancien ?
- Oui, oui, je suis là, entrez, prenez place, faites comme chez vous ! "

Un instant, j´eus l´impression que les mots que j´eus prononcés se tenaient devant mon regard, englués dans la fumée exhalée par les encensoirs disposés aux quatre coins de la pièce. Puis une silhouette se dessinât, assise sur les coussins pâlots.

- " Enfin, vous voilà ! Vous avez mis le temps pour arriver jusqu´ici...une mauvaise rencontre ?
- Rien de bien important, ne vous en faites pas...dites-moi plutôt ce que je dois faire dans ce temple !
- Voyons, si vous êtes ici, ce n´est que pour ce que vous recherchez dans votre quête !
- Je ne suis pas sûr de comprendre...
- Majestueuse et fugace, à la fois vive et fragile, la déesse dont on vous as parlé maintes et maintes fois...
- . . .Shiva...?! Ceci est son temple ? "

Les mots se bousculaient dans ma gorge, mais avaient du mal à sortir de ma bouche. Je compris pourquoi les dirigeants de la FIU m´avaient nommés pour cette mission. Shiva était une légende, une histoire que mes parents nous racontaient à la lueur des bougies quand nous endormions dans notre lit, celle par qui j´allais pouvoir venger ma famille et mon sang.

- " Oui, Shiva, la déesse de la glace, la reine des neiges éternelles, la dominatrice du fro...
- Oui, oui, d´accord, abrégeons ! Que dois-je faire pour atteindre le sanctuaire ? "

L´Ancien se leva, et se mit en règle de farfouiller dans les tiroirs de sa commode, le seul qui pourrait décemment porter le nom de meuble dans cette salle. Du dernier tiroir, il en ressortit une curieuse pierre que je n´avais encore jamais vue. Grosse comme le poing, mais taillée sur cinq facettes, elle me renvoya le temps d´un battement de cil la lueur de l´unique torche qui brûlait ici.

Je tendis les bras vers la pierre, tel un enfant avide de sucreries, mais l´Ancien m´intîmat par un geste lent d´attendre. Il revint prés de moi et s´assit à ma gauche. La fumée tourbillonait dans son sillage.

- " Ceci...ceci est la clé qui te permettra d´atteindre le coeur du temple, le sanctuaire où repose Shiva ! Au fond de la nef de glace attends la déesse dormant d´un sommeil sans âge ! Cette pierre - il me la tend devant les yeux, je ne peux m´empêcher d´avoir le regard rivé sur elle - sert de clé, elle brisera la gangue de glace qui la retient prisonnière ! Mais attention, car elle sert également de réservoir de magie brute ! Telle que tu la voies, son aura bleutée nous fais dire que la magie qui l´habite est puissante !
- Avec ceci en poche, traverser ce temple sera une partie de plaisir ! "

Je croisais alors le regard de l´Ancien, et ce ne fut pas un regard bienveillant.

- " Prudence, mon jeune ami ! Ceci peut te permettre de communier avec Shiva, certes, mais l´utiliser pendant ta mission causera ta perte !
- Alors, je dois traverser un temple gardé par les mignons de Shiva...
- Oui !
- Au péril de ma vie...
- Oui !
- Avec un caillou magique en poche sans avoir le droit de l´utiliser ?
- Exactement...
- . . .Vous êtes taré...?
- Ah, jeunesse, folle jeunesse... Crois en mes paroles, ami, et si tu veux une preuve de mes dires, tu verras par toi-même ceux qui ont échoués dans le temple... "

A cette phrase, toute velléité disparut. L´Ancien plongea la main dans les replis de sa bure et en retira un châssis. Puis il plaça la gemme dans celui-ci et me tendis le tout.

- " Voilà la pierre, portes-la à même la peau, et ne t´en sers que pour libérer la Gardienne du froid ! "

Je tendis les mains pour recevoir la pierre. L´Ancien me plaça la cordelette autour du poignet, et me dit une dernière phrase.

- " Puisses-tu accomplir ta mision, jeune guerrier ! Il serait dommage que le sang de ZanRao triomphe en ces contrées ! "

Cette phrase me fit l´effet d´une boule de feu au milieu d´une poudrière. ZanRao. ZanRao et ses hordes...Dix années que cela s´est passé et cela reste toujours aussi douloureux. Je me sens en train de plonger dans mes souvenirs. Je veux résister, mais impossible.
Je glisse...

Deux ans plus tôt...

L´air était embaumé, la saison des moissons venait de commencer. J´étais alors âgé de dix-huit ans. Certains vous diront un âge de révolte et de rébellion à l´encontre de l´autorité parentale...peut-être ont-ils raison. Quoiqu´il en soit, j´étais déterminé à quitter mon village. Non pas que je ne m´y plaisais ou que l´on me rejetait, mais au fond de mon être courait l´esprit de l´aventure. Cette idée ne m´a pas quittée depuis que j´eus entendu cette balade chantée par un barde il y a quelques mois. Si elle le savait, ma mère le maudirait sur vingt-six générations, et même plus ! Mais je prétextais une envie de voir le monde...
Tout le village s´était réuni pour mon départ. Certains me souhaitaient un bon voyage, d´autres furent heureux d´apprendre la nouvelle, à l´image de Vïorn. Satané couillon, ce Vïorn. Sans moi, il pourrait tourner autour de ma soeur comme un prédateur des savanes sur sa proie. Mais connaissant ma soeur, il risquait d´y laisser quelques plumes...
Enfin, mes parents vinrent à moi en dernier. Ma mère tenta de me retenir et elle y serait sûrement arriver si mon père ne s´était pas interposé. je lui promis de lui écrire dès que l´occasion se présenterait.
Pour finir, mon père me serra la main, son regard à la fois lourd, de voir partir son second fils loin de lui, et heureux, me voyant prendre mon destin en main. Il posa sa main sur mon épaule, et s´approcha un peu plus de moi.

- " Jay, je pense que tu feras un bon, un exemplaire soldat, là-bas !
- Je le pense aussi, père !
- As-tu tout ce qu´il faut pour ton voyage ?
- Oui, des provisions en grand nombre ainsi que de l´eau, je connais tous les relais ou recoins pouvant me servir d´abris d´ici jusqu´à l´Orglas...
- Et ta maîtrise ?
- C´est fait ! Vérifiée et contre-vérifiée, Sergent ! Si je suis bléssé, je n´aurais qu´un mot à prononcer pour me remettre d´aplomb...
- Et bien,...il ne me reste plus qu´a te souhaiter une bonne route, alors. Tâche de me faire honneur quand tu seras à la FIU. J´y avais mes entrées, tu sais...c´est même comme ça que j´ai connu ta mère... "

Un sourire se profila sur mon visage, pensant à cette remarque. Mon père parcourant les couloirs comme un voleur dans le seul but d´atteindre le dortoir des filles...

Je me mis enfin en route, regardant derrière moi et agitant le bras dans un ultime au revoir à toute la communauté. Je ne le baisais qu´une fois la butte dépassée et le village hors de vue. Un départ pareil, c´était un coup à vous luxer l´épaule à peine parti...

Ce n´est que plus tard que je vis enfin le dernier habitant de mon village. Il s´agissait de Proobel, qui tenait, faute de mieux, le rôle de sage du village. En entendant parlé de mages, de sages et d´évêques pendant mes soirées, j´eus une triste désillusion la première fois que je vis le vieux Proobel. Toujours niché dans les mêmes nippes, il fumait sans relâche le même mégot. Les plus racontars du village disaient que la quantité de tabac qu´il fumait aurait pu servir de revêtement de voies de voies entre ici et Casiorn, la plus grande ville située à moins de soixante kilomètres. Mais ses conseils pouvaient être précieux...si on prenait la peine de les écouter et de réfléchir à leurs sens.
Je m´approchais de lui, hochant la tête lorsque nos regards se croisèrent et il fit de même, la clope vissée au bec.

- " Alors, v´là donc un nouveau qui s´en part vers c´te bondieuserie d´univers-cité...
- Oui, je compte m´inscrire dès que possible ! Père dit que je peux faire mieux que ceux qui ont tentés jusqu´à maintenant...
- Oh, sans nul doute, jeunot...sans nul doute...mais fais quand même gaffe à ces raclures de première année qui s´prennent pour des fiers à bras...y´a rien de mieux pour te pourrir la vie pendant tes études...mais j´espéres sincèrement que c´est ton père qui t´a poussé à partir, et non une quelconque raison obscure... "

La façon dont il prononça ces derniers mots me mit d´instinct sur la défensive. C´était une période gâchée de ma vie, et je pensais l´avoir bien entérrée au fond de mon âme, mais Proobel la devinât comme si elle fut inscrite au beau milieu de mon front.

- " Je refuses d´en parler maintenant !
- Tu ne devrais pas...c´est en enfouisant les mauvais souvenirs qu´ils font le plus de mal quand on se les remémore...
- J´ai dis que...
- Que tu ne voulais plus les entendre. Je sais, j´suis pas sourd, mon gars ! Mais la perte de ton frère ne doit pas t´empêcher de devenir un bon guerrier. Les membres des hautes instances de la FIU sont fortiches pour deviner les secrets, bien plus que moi...que leur diras-tu si ils te le demande ? "

Je levais les yeux vers le sage, avec un regard bien entrainé sur le chat des voisins, mais autant jeter de la mousse sur un rocher dévalant une pente pour l´arrêter. Proobel le soutint jusqu´à ma défaite...

- " Je leur dirais...
- Oui ?
- Je leur dirais pourquoi je souhaites tant m´inscrire ! Je veux retrouver mon frère. Ou au moins venger sa mémoire ! Il faut que cela soit fait !
- Mmh, mmh, et ben, bonne route alors ! Je prie pour que cette pensée ne vienne pas obscurcir ton jugement, lors de ta formation ! On dit que les élèves qi manquent de discernement tombent dans le...le quoi, déjà ? Le truc sombre, tu sais, là...là où c´est mauvais...
- Une fosse à purin ? Un puits ? Un nids de Brise-mâchoires ?
- On dit qu´ils tombent du côté obscur...voilà ! Le côté obscur, fais-en bien attention !
- J´y penserais, Proobel - dis-je en m´éloignant. Je ferais tout pour l´éviter ! "

Quittant la compagnie du vieux sage Proobel, je marchais à vive allure pour rattraper le temps perdu. Hors de question de ne pas arriver au premier relais une fois la nuit tombée. J´étais certes aguerri au combat ( enfin, j´espérais), mais une meute d´animaux sauvages était ce qu´il y avait de plus dangereux dans la zone. Je hâtais encore le pas, fermement décidé à arriver à la FIU avant la fin de la semaine...

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 19:40:42

Chapitre 2.

L´oiseau planait haut dans le ciel, les ailes écartées, à la recherche d´une proie facile à traquer. Son ombre fugitive passa sur mon visage tandis que je le regardais.

Je me tenais au milieu de l´Orglas, le fleuve qui marquait la frontière entre les terres du Sélénos, et celles du Royaume d´Ivalice. Mettant mes mains en coupe, je pris une gorgée d´eau fraîche afin de détendre tous mes muscles. Après deux jours à marcher sous un soleil de plomb, cela me fit un bien fou.
Loin vers l´Est, les plaintes des Shoopufs se firent plus présentes. Bientôt, mon père et l´oncle Zfork irait chasser ces animaux pour leurs peaux et leur viande, mais sans moi. J´ai trop à faire cette fois-ci.

Tout en me passant une main mouillée sur la nuque, je me relevais, portant le regard toujours plus loin vers le Sud. Encore deux, peut-être trois jours, et la FIU serait enfin en vue. Je fis quelques pas en avant et j´atteignis la rive opposée. Un soupçon de mélancolie me titilla, j´étais sur des terres à présent complétement étrangères.

- " Ben, si on les connais pas, on va les explorer, ces terres, hey con ! "

Je me lançais cette remarque à moi-même, et l´envie de faire demi-tour disparut. Je me remis à marcher, décidé vaille que vaille à voir les lumières de l´université au plus tard demain soir.
Je passais alors sur une voie bordée de hauts arbres, sûrement les sous-bois de la forêt de Korinwood...dont le nom viens d´une affligeante méprise. Mon père m´avait raconté ceci, amusé, lors de son retour d´une mission dans cette forêt. Lorsque les premiers explorateurs humains firent de leur mieux pour combler les blancs sur les cartes, une fois en territoire inconnu, il suffisait de tomber sur le premier indigène du coin, et de lui demander à haute voix comment s´appelle cet endroit. C´est ainsi que lorsque les découvreurs tombèrent nez à nez avec les premières Vieira qu´ils croisèrent, la barrière des langues permit à de curieux lieux-dits de voir le jour, ne serait-ce qu´avec Korinwood, littéralement " Il est con, il reconnait pas une forêt"...
Avec cette histoire en tête, je m´enfoncais toujours plus profondément dans les bois, le soleil disparaissant dérrière les frondaisons des cimes sylvestres.
Je ne sortirais pas de cette forêt avant demain matin.

La nuit faillit me prendre de cours. La pénombre dans laquelle je me plongeais en avançant dans la forêt ne m´indiqua pas que le crépuscule était déjà présent. Seul le froid un peu plus mordant de la nuit, ainsi que la présence d´Aigrettes à col-rouge, ces oiseaux arboricoles nocturnes me mirent la puce à l´oreille.
Par chance, je découvris alors une petite clairière sur ma droite, les arbres environnants formaient une sorte de dôme, idéal comme protection si la pluie venait s´ajouter au rendez-vous. En me rendant au centre de la clairière, je vis qu´un reste de feu de camp trônait parmi les branches cassées. Le précédent voyageur pouvait aussi bien être passé il y trois jours, comme il y a cinq ans. Je fis de mon mieux pour les flammes s´élèvent à nouveau...voilà qui réchauffa un peu l´atmosphére.

Entamant une cinquième ration, je notais dans un recoin de ma tête de faire quelques provisions. Dans cette forêt, la chasse serait facile, peut-être même plus qu´à la maison.
Sortant ma couverture du sac, je m´allongeais près du feu. Ne dormant que d´un oeil, comme on me l´avait appris, je restais attentif à l´environnement alentour. La balade qui m´avait décidée à partir choisit ce moment pour venir me titiller l´esprit.

- " A l´aventure, compagnon, je suis parti vers l´horizon, j´aurais mieux fait de rester chez moi, la suite -crac- vous le dira...?!"

Crac ? Le barde avait beau être suivi par deux autres chanteurs, et nous étions réunis tous autour d´eux, mais il n´y avait jamais eu de " crac" dans cette musique jusqu´à présent...à moins que...

J´eus juste de réflexe de rouler sur le côté, prenant l´épée de mon père d´une main peu assurée, qu´une puissante patte ornée de griffes vint s´abattre là où se tenait ma tête il y a peu. La lame de mon arme déplaça quelques bûches, et derrière les braises qui s´envolaient vers le dôme, je vis la forme d´un Keurl qui me dévisageait, conscient qu´il allait devoir se battre pour mériter son repas.

Je fis deux pas en arrière, pour me mettre hors de portée des coups de griffes du Keurl. La bête fit deux pas à son tour, et s´arrêta. Je vis son poitrail se gonfler, comme si la panthére luttait contre un mal intérieur. Elle ouvrit la gueule d´un coup, et la lueur magique d´un sort se voyait au fond de sa gorge, elle attaquait !
Un nouveau roulé-boulé sur ma gauche me permit d´esquiver le rayon lancé contre moi. Dans mon dos, l´arbre se pétrifia et s´écrasa au milieu de la clairière, faisant voler les braises dans tous les sens. J´eus à peine le réflexe de présenter ma lame en travers de mon corps, que le Keurl me sauta dessus. Sa mâchoire fut bloquée par mon arme, et ses griffes me labourérent le bras gauche. Tombant à la renverse, je réussis à me dégager en poussant l´animal d´un pied de pieds dans les côtes...un geste qu´il n´appréciât guère...

Chacun de nous se remit debout, tantôt chancelant, tantôt grondant. Réunissant mes forces, je pris la garde de mon épée à deux mains, et avança le pied gauche en avant. S´il fallait essayer quelque chose, c´était bien ça...

Comme prévu, le Keurl s´élança vers moi. Je fis alors décrire un arc de cercle à mon arme, traçant un sillon dans la terre meuble. La panthére ne s´attendait pas à cette manoeuvre, et une profonde estafilade fit son apparition sur toute la partie gauche de son visage. Sans attendre un moment, je ramenais l´épée vers moi et tenant fortement la garde, je lançais l´arme en avant, pour un puissant coup d´estoc.

La lame de mon épée s´enfonça d´une main dans le poitrail de la bête. Le Keurl tomba sur le flanc, l´épée plantée ; il battit désespéremment des pattes dans un dernier réflexe post-mortem. Je n´eus pas l´envie de la récupérer immédiatemment.

Ce n´est que maintenant que je vis la gravité de la blessure que m´avait causée l´animal. J´utilisais alors mon unique capacité de guérison assimilée, mais elle me fit un maximum d´effet, je me sentis plus léger. A cette instant, une légère musique me traversa l´esprit, au fond de moi je savais que j´avais acquis plus d´expérience...

Récupérant mon arme, je me servis du Keurl comme ressource de nourriture. La viande de Keurl etait forte en bouche, mais après ce combat elle me semblerait un véritable délice.
Je récuperais mes affaires, éparpillée a cause du combat. Le sac était ouvert en grande partie à cause d´un mauvais coup de griffe. La couverture n´avait pas survécue, elle. Elle brûlait, alimentée par les tisons du feu de camp. J´étouffais les flammes sous mes pieds, avec ce qu´il en restait, elle pourrait me servir de poncho.

Une fois le tri fait, je m´allongeais le long de l´arbre abattu. Je restais encore éveillé pendant un long moment, puis la fatigue du combat eu raison de mon attention. Je m´enfonçais dans les ténèbres du sommeil, trop fatigué pour repousser un second assaut.

Je priais pour ne pas avoir d´autres visites innoportunes durant la soirée.

Je fus exaucé...

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 19:43:03

Chapitre 3.

Je me réveillais, bercé par les chants d´oiseaux de la forêt. Une légère brise soufflait parmi les arbres, faisant chanter les ramures.
Le combat de la nuit dernière m´avait laissé un goût pâteux dans la bouche, et ce n´est pas de la viande de Keurl, ni de l´eau claire qui allait arranger les choses.
Je m´étendis, ce qui fit craquer quelques os de mon dos. Le soleil pointait ses rayons sur ma figure à travers une trouée dans les feuillages touffus des arbres centenaires.
J´examinais mon bras, encore endolori. Grâce aux premiers soins pratiqués hier, la blessure s´était rapidement refermée, et la cicatrice serait à peine visible. Une broutille.

Je ramassais mes affaires, et éteignit le reste du feu de camp. En balayant les derniers tisons ardents du feu, je remarquais alors quelque chose d´étrange au beau milieu du foyer.
Me penchant pour examiner l´objet, j´eus la surprise de trouver une...qu´est-ce que c´est que ce truc d´ailleurs ?

On aurait dit un collier ou un pendentif, mais la forme rappellait celle d´un scarabée. Un frottement du doigt et je vis que le bijou avait gardé tout son éclat malgré la nuit passée au milieu de la chaleur.
Je fis passer la broche scarabée sous les rayons du soleil, le reflet sur son dos renvoya un chatoiement de couleurs oniriques sur les arbres alentours. Je décidais de l´épingler à mon gilet de cuir, cadeau de ma mère qui lui fut offerte par un NuMou de passage dans notre village.
A tout hasard, je scrutais de nouveau le centre du foyer mais la perspective de trouver un nouveau trésor s´estompa. Il ne sert à rien de forcer la chance...

Deux heures plus tard, je sortais des sous-bois de Korinwood. Le chemin qui serpentait à travers les arbres laissait la place à une voie plus importante. Plus loin, la route fit un détour, contournant un imposant pic rocheux.
La Dent de Gaïa ne voulait dire qu´une chose, la FIU ne pouvant plus être loin...
Marchant à grandes enjambées, je fus au pied de la Dent une heure plus tard. C´est alors que j´entendis des voix, derrière le coude formé par un éboulement rocheux. Le ton était menaçant, et de toute évidence, cela allait mal finir... Je décidais quand même de voir de quoi il en retournait.

- " Tu vas nous laissssser ton équipement, petit mog...
- Ouais, laisses-le, et t´auras pit´être la vie sauve !
- Kupo !
- Qu´essst-ce qui dit, le morveux ? Il résisssste ? Il veut mourir ? "

Trois contre un, la situation était clairement désespérée pour le Mog. J´évaluais la distance à parcourir à découvert pour arriver dans le dos du plus petit humanoïde aux apparences de lézard. L´homme semblait plus près, mais étant donné que le chef de ce groupe était de la même race que celui que je visais, cela permettrait de m´en servir comme monnaie d´échange...
Je m´avançais, doucement, dégainant le plus lentement possible mon arme. J´espérais tout simplement que le Mog aurait assez de jugeote pour ne pas me faire remarquer.

- " Ecoutes, je te laisssse trois sssssecondes pour que tu abandonnes ton équipement !
- C´est déjà trop long, pour un Mog !
- Jamais, kukupo !
- Un, deux...
- Non ! ! "

Je serrais fermement l´épaule du lézard, la lame de l´épée sous la gorge.

- " Laisses tomber ton plan, l´iguane ! Et dis a ton pote de pointer son arc dans une autre direction !
- Tu veux jouer aux durs avec nous ? Tu pourrais perdre trés faccccilement...
- Je ne crois pas, non. "

A ces mots, la lame glissa un peu sur la gorge de mon prisonnier. Une goutte de sang perla de la blessure, et descendit le long du cou. Voyant que je ne plaisantais pas, le chef fit signe à l´archer, qui rangea son arme.

- " Bien, alors maintenant, toi et toi -désignant tour à tour le chef et l´archer- vous allez poser vos armes et vous éloigner au plus vite...par là ! "

Je désignais le chemin qui remontait vers la forêt, par lequel je suis venu jusqu´ici.

- " Et Alcest ? " fit l´archer ? Au moins, j´appris le nom d´un des pseudo tortionnaire du Mog...

- " Il attendra avec nous le temps nécessaire pour que nous pensions que vous vous êtes suffisamment éloignés, il vous rejoindra plus tard ! "

Je fis descendre ma lame le long du corps d´Alcest. Ecartant le bras, la pointe de mon arme visait directement entre deux côtes. Pas vraiment spectaculaire, mais terriblement efficace pour effacer quelqu´un d´un combat. Seulement, le chef fit un geste que j´identifia trop tardivement. J´eus le réflexe de me pencher sur la gauche, de façon à être caché par le corps que je tenais fermement par l´épaule. L´épée de mon attaquant siffla à mon oreille. Un coup manqué, tant mieux, désormais, il se retrouvait sans arme.
Seulement Alcest, mon prisonnier, tourna rapidement sur lui-même, m´échappant par la même occasion. Faisant fouetter sa queue, il me jeta à terre en un rien de temps. Le chétif Alcest se révélait un bon adversaire. Je chutais sur l´épaule droite, ce qui me fit lâcher mon arme. Jetant un coup d´oeil désespéré au dessus de mon épaule gauche, je le vis armer un puissant coup de crosse, le genre de coup qui vous assomme pour...pour un très long moment. Je levais la jambe gauche pour parer, mais l´arme toucha ma cuisse, la douleur cuisante du coup m´arracha une larme.
Balayant le sol au pied d´Alcest avec mon autre jambe, je créais un nuage de sable et de poussière, qui le gêna suffisamment pour que je puisse reprendre mon arme et faire face.

Seulement...

Seulement, Alcest ne bougeait plus. Il ressemblait dorénavant à une statue, bien que les efforts qu´il fit pour se libérer de son immobilité furent voyants. Tous ses muscles étaient tendus à l´extrême, ses yeux me jetant un regard mauvais.
C´est alors que je vis l´homme monté sur un Chocobo. Cuirassé, cape blanche flottant au vent, je ne saurais dire sur l´instant ce qu´il avait de plus impressionnant dans ces contrées, sinon cet homme...Il s´approcha alors de mon adversaire, et lui tendit devant les yeux une petite carte rouge. Puis il la laissa tomber aux pieds d´Alcest, le recto de la carte était frappé d´un dessin de crosse de magicien, sur lequel était placée une croix.

- " Alcest le Vangga, pour utilisation interdite de crosse, sanction de trois jours dans les geôles du Palais ! "
La carte se mit à briller intensément, et Alcest disparut dans un flash qui imprima sa silhouette sur ma rétine. A genoux dans la poussière, je me frottais les yeux... Puis ce fut le tour du chevalier de disparaître de la même façon.
Un coup d´oeil autour de moi me révéla que l´archer et son coéquipier Vangaa s´étaient enfuis sans demander leurs restes.

Ce fut le Mog qui me soigna. Cherchant au fond de sa sacoche un objet de soin, il en sortit une fiole et me demanda d´en boire le contenu, ce que je fis sans attendre...

- " Euh...
- Merci beaukupo ! Peu de gens auraient fais face à deux Vangaas, surtout face à Alcest.
- Ce lézard est connu ? "

Le Mog, qui répondait au nom de Sully, jeta un regard affolé dans toutes les directions, inquiets de savoir si d´autres personnes se tenaient dans les environs. Puis il me refit face, l´index face à la bouche.

- " Chuuut ! Ne dis jamais kupo ! Si un Vangaa t´entends dire de lui que tu l´as traité de lézard, d´iguanes ou de quelque kupupo de proche, tu peux être bon pour kukupo ta tombe dans la minute qui suit...
- Ah ? Ok, j´esaierais de m´en rappeller. "

M´appuyant sur mon épée, je me mis à nouveau debout. Sully m´aida et époussetta la poussière qui maculait mes vétêments.
Je lui demandais alors ce qui amenait un Mog si loin dans ces terres. Sa seule réponse fut son bras tendu vers le Sud-Ouest. La silhouette de l´Université se détachait sur le ciel bleu azur, les bannières claquant au vent. Je ne sais pas si c´était normal, mais une demi-douzaine de dragons -du moins, cela semblait être des dragons- volaient en tournoyant au niveau des plus hautes tours de la FIU.

- " Ceci est ma destination, kupo ! Je vais faire comme mon père et mon grand-père ont fait avant moi !
- Alors toi aussi, tu te rends à la FIU ? Tu comptes suivre quelle formation ?
- Je veux être magicien...magicien du temps. " , précisa-t-il...
- " Magicien du temps, ce n´est pas difficile ? Il faut suivre une longue préparation pour le devenir, parait-il...
- Kupoui ! Mais je connais déjà un sort, et je kupense être de taille pour cette tâche !
- Tu connais un sort ? Tu aurais pu t´en servir contre eux, non ?
- Kuponon, j´ai bien essayé, mais ils se sont séparés et je n´ai plus eu aucuns pouvoirs en peu de temps...
- Hinhin... c´est bien dommage, t´as eu de la veine que je passe à ce moment.
- Oui, encore merci, kupo ! "

Sans m´en rendre compte, nous nous étions mis en marche dès que nous avons commencés à parler de nous. La FIU n´était maintenant plus qu´à moins d´un kilomètre, mais le portail d´entrée était caché par une butte soudaine.
Ceci n´empècha pas une sourde rumeur de monter jusqu´ici.

Dépassant l´élévation, nous fîmes alors face à l´entrée de l´Université. Le portail, ma foi, devait bien atteindre les dix mètres de hauteur. Seuls les ingénieurs Mogs ont pu construire pareille entrée. Et la machinerie permettant de déplacer tout ce bazar devait bien prendre, euh, au moins une aile entière du bâtiment.

Sully tira légèrement sur ma manche, et me répéta son avertissement tout bas. Avec le nombre de Vangaa présents, je pensais qu´il serait utile de suivre ce conseil.
En avançant vers la porte, j´observais du mieux que je pu les participants aux inscriptions. Sully me fit un rapide résumé. Vangaas, Mogs, Humains, mais aussi NuMous et Vieira. Toutes les races des contrées avoisinantes étaient représentées. Mis à part les Moombas, ainsi que les Ronsos. Ou alors faisaient-ils partis du même peuple ? Bah, va savoir...
J´étais là pour m´inscrire, pas pour écrire une dissertation sur les peuplades connues d´Ivalice et des royaumes attenants.

- " Attenkupo ! "

A cet avertissement, je fis un pas en arrière. Un chocobo arriva au galop, monté par un jeune garçon. Il passa si près de moi qu´une plume de chocobo resta plantée dans mes cheveux. Je la pris dans ma main et fit courir mon doigt dessus. La texture soyeuse était agréable et la lumière semblait la traverser.
Je me la raccrocha dans les cheveux, au-dessus de l´oreille droite. Sully me dit alors d´avancer un peu plus. Un groupe de NuMous fit son apparition, perchés sur le chemin de ronde le plus bas de la muraille. Le premier déplia un parchemin roulé sur lui-même et entama la lecture du document.

- " Chers jeunes gens ! Encore une fois, toutes les espèces natives d´Ivalice ont répondues présentes pour une nouvelle session d´examen ! Nombre de vous ont déjà une idée arrétée sur leurs carrières, et beaucoup changeront d´avis en cours de route ! Seuls quelques uns auront l´honneur de devenir Champions de l´Ordre de la FIU, voir même Chevaliers ! Mais soyez-en sûrs, tous les efforts que vous fournirez ici vous transformeront et feront de vous des personnes exceptionnelles ! Mes très chers amis, bienvenue à la FIU ! "

Les grandes doubles portes s´ouvrirent, actionnées par d´immenses verrins hydrauliques. Le bois -sûrement du Séquoïa géant de la Passe de Lutia- grinça par intermittence. Le soleil, qui a ce moment se cachait de l´autre côté de la muraille, déchargea sur la foule agglutinée devant la porte toute sa lumière. Le tableau semblait irréel. Pour nombre des nouveaux inscrits, on penserait accéder au Paradis.
Des Vangaas, escortés par des NuMous formèrent des rangs pour les inscriptions. Je sentais leurs regards pénétrants sur nous, cherchaient-ils à détecter des élèments perturbateurs ? Cela était une réponse possible. Mais je n´avais que faire de cete idée, ou des gardes postés tout autour de moi. Je ne souhaitais qu´une chose, obtenir a mon tour le passe d´entrée pour l´Université !

Je voyais le bureau d´inscriptions, mon coeur tapant comme un fou dans ma poitrine ! Sully était devant moi. Il se retourna et me sourit, tout en me lançant un " relax" qui n´arrivait pas à me calmer.

Encore un pas.
Le soleil rasait à présent la muraille Ouest, je profitais alors de ses derniers rayons de chaleur.

A nouveau un pas, en avant. Le soleil, à moitié caché par les bâtiments, m´éblouit. Je n´osais même pas lever la main pour me cacher les yeux !

Sully était passé à son tour, maintenant je fis le dernier pas qui me conduisit au bureau. L´ombre titanesque du bâtiment m´engloba. La Vieira qui s´occupait de l´acceuil me dévisagea un instant, mais je ne devais pas être le seul inscrit qui était fou de joie et d´impatience qui se présentait à elle.

Fébrilement, je tendis la main pour recevoir le passe d´accés à la FIU. Prenant un sadique plaisir, la Vieira ralentit ses mouvements, me faisant passer une éternité le bras ballant au-dessus du bureau. Finalement, elle me le donna.

Je retournais plusieurs fois la carte dans mes mains, n´osant pas y croire. Mais elle était belle et bien réelle.

Sully m´attendais à l´entrée, juste devant la grille qui donnait sur la cour intérieure.

Nous nous regardâmes, chacun avec sa carte dans la main, puis d´un commun accord de la tête nous faisions tous deux un pas en avant.

J´étais arrivé !

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Niveau 9
23 août 2004 à 19:45:59

Chapitre 4, première partie.

Je jetais un regard alentour. La cour intérieure, qui ne servait -m´a-t-on appris plus tard- que pour les inscriptions et les rassemblements festifs, était d´une superficie incroyable. On aurait pu y faire tenir quatre fois mon village.

- " C´est kubeau, mais c´est kupetit ! "

Je tournais prestement la tête en direction de Sully, c´est lui qui fit cette remarque. Je m´apprêtais à le contredire, mais quand on sait que les Mogs sont capables de créer des battants de portes hauts de dix mètres pour les universités humaines, on peut se demander à quoi ressemblerait une ville Mog pleines d´ingénieurs...
Je souriais, la pensée d´une fourmilière se dessina en moi. Des bâtiments gigantesques, pour une multitude de petits habitants. Toujours avec cette curieuse image en tête, je repris mon inspection.

Les murailles étaient vraiment imposantes. Déjà qu´à plusieurs kilomètres cela m´avait marqué, alors maintenant que j´étais à leurs bases, c´était un coup à attraper un torticolis si l´on restait le nez en l´air trop longtemps... Détachant mon regard du mur, je le fis courir le long du rempart Ouest. Des stands de nourriture, ainsi que des vendeurs d´armures, d´armes, et d´objets en tous genres faisaient étalage de toutes leurs marchandises. Un marché à domicile.
Ou comment trouver le matériel nécessaire pour les bleus, sans se fouler. Quelques estrades étaient en train d´être placées. Un quelconque magicien qui allait faire montre de ses talents pour les novices, ou un spectacle de jongleurs Mog. Certains étaient renommés.

J´observais à présent l´Université en elle-même. Elle était...imposante. J´eus beau chercher un mot qui était plus à même de correspondre, mais aucuns ne vinrent. Magnifique, tout simplement magnifique. Les plus hautes tours devaient culminer à deux cent mètres. Je me demandais s´il fallait un appareillage spécial, ou un sortilège pour respirer normalement quand l´envie de vous promener dans les derniers étages vous prenait.
Redescendant lentement jusqu´à la base, la pierre paraissait blanche, comme de la craie ou de l´albâtre, et, chose curieuse, elle blanchissait de plus en plus au fur et a mesure que le jour déclinait. Les portes noires de jais du bâtiment central s´ouvrirent en grand, et un homme sortit du hall d´entrée qui se trouvait derrière. Il était suivi par un Vangaa, dont la stature semblait refléter plus d´autorité, et peut-être plus de savoir vivre, que la majorité de ses congénères. Les deux hommes furent bientôt rejoints par une magicienne qui apparut à leurs côtés. J´aurais eu envie de dire comme par magie, mais cela aurait été déplacé...
Des soldats rassemblèrent les nouveaux inscrits plus près de l´entrée.
L´homme qui était sortit du hall en tête prit la parole.

- " Jeunes gens ! Dorénavant, vous faites partis de l´Académie ! Ce qui veut dire qu´à partir de maintenant, vous serez tenus aux ordres qui vous seront donnés, et que vous vous soumettrez aux lois qui seront promulguées chaques jours ! Je me nommes Mertens, et voici mon aide de camp, Becks ! Quand je ne serais pas là pour vous donner des ordres, vous n´écouterez que lui ! Voici Shara -il désigna la magicienne- et Enfield ! "

A ce moment, une jeune femme se matérialisa à ma gauche. Incroyable ! J´avais beau être sûr qu´il n´y avait rien ni personne dans un rayon de dix mètres autour de moi, la Vieira était apparue dans la seconde où elle fut nommée. Sa démarche, féline et souple, trahissait le temps passé à chasser et traquer dans la forêt. Mais son regard, ou le peu que j´ai pu apercevoir, était dur. Elle ne traquait pas que les animaux dangereux, les êtres humains devaient avoir déjà dû faire partie de son tableau de chasse.

Les quatres personnes s´étaient réunies devant les nouveaux. Ils scrutaient encore les rangs que nous formions. Avaient-ils aussi peur d´une attaque interne ? Et qui serait assez fou pour attaquer la FIU ? Si une nation déclarerait la guerre à Ivalice, il suffirait de la moitié des élèves de dernière année, ainsi qu´une poignée de professeur pour anéantir toutes armées.

Einfield pencha légèrement la tête vers Mertens, qui hocha positivement la sienne.

- " Bien, il est temps que vous fassiez connaissance de vos quartiers. Vous allez former quatre groupes bien distincts et vous suivrez vos professeurs correspondants . "

De toute évidence, Sully et moi allions être séparés. Quoi de plus normal ? Un soldat ne pourrait peut-être pas suivre la voie des arcanes, sauf s´il me prenait l´envie de changer de métier...mais non ! Mon but était de venger mon frère, et pour cela, la force m´était nécessaire. La carrière de soldat m´était toute tracée. A la rigueur, paladin serait pas mal. Cela me permettrait de...

- " Alors, jeune homme, on rêvasssssse ? "

Le Vangaa me sortit de mes pensées. Le groupe dans lequel j´étais incorporé avancait déjà vers les portes de l´Université. Je ramassais mon paquetage, et fis un geste en direction de Sully, et me précipitais à la suite des bleus du dernier rang. Nous franchîmes l´arcade de pierre, conduits par Becks.

- " Messieurs, rassemblement ! "

Ca y est, la formation commençait. Même pas une nuit pour se relaxer. La plupart des jeunes présents semblaient abasourdis par tant de rapidité, mais nous formions à présent un regroupement à peu près respectable. A peu près seulement. Ce que n´oublias pas de nous faire remarquer le Vangaa.

- " Regardez-moi çççça. Une sssacrée réunion de moutards à peine ssssortis des jupons de leur mère. Dorénavant, comme on vous l´a préccccedemment dit, vous êtes désormais membres de la FIU. Ce qui veut dire obéir aux ordres immédiatemment ! Bien ! Vous êtes iccci dans le hall central. Pour les idiots qui sssse ssseraient déjà foulés un doigt, l´infirmerie est en haut de l´essscalier de marbre. Ceci -il pointait le doigt vers une cabine creusée dans le mur. Des Mogs dirigés par un NuMou s´activaient derrière les carreaux- est l´accueil. C´est iccci que vous viendrez poser vos requêtes, demandes et que vous releverez le courrier que l´on daigne vous envoyer. C´est également là que vous prendrez connaissance de votre emploi du temps. Les dortoirs se trouvent au sssecond étage, dans l´aile Est. Avant de vous laisser vous effondrer sur vos matelas, vous passsserez dans l´armurerie. Certains d´entre vous ont une arme sssur eux, mais si elle ne vous est plus d´aucune utilité, vous pourrez l´échanger dès maintenant au comptoir. Pour finir, sssachez qu´une fête d´acceuil sera cccélébrée dès huit heures tapantes.... Repos ! "

Une fois le speech de l´igua -Vangaa, pas iguane, Vangaa- du Vangaa terminé, les recrues formèrent une seule et même ligne, en direction de l´armurerie. Ils avaient déjà compris que la FIU leur permettait d´échanger gratuitement leur arme contre quelque chose de plus consistant.
Mon tour arriva. L´homme derrière le comptoir était de grande taille. Il se pencha vers moi, un brin de paille coincé aux commissures des lèvres. il me laissait le choix parmi une demi-douzaine d´armes différentes, mais une seule attira mon attention.

- " Je me verrais bien avec l´épée Filou, là-bas !
- Té, que tu as de sacrés yeux, pitchoune ! Tu as reconnue une arme du premier coup d´oeil. Et tu es le seul à me la demander. Tous les autres voulaient quelque chose qui tape fort. Bande de cougourdes, c´est un coup à se faire du mal, hé ! "

Je me rappelais les paroles de mon père. Mieux vaut connaitre les faiblesses de son ennemi, que frapper comme un sourd sans aucuns résultats. Et comme cette arme pouvait me permettre d´assimiler la technique " Analyse", c´était tout bon pour moi.

Je passais alors à l´acceuil, prendre l´emploi du temps qui m´était attribué. Le carton était accompagné d´une clé, portant le numéro quatre-vingt six.
Puis je me dirigeais vers l´escalier. Mes pieds s´enfoncaient d´un demi-centimètre dans la fourrure rouge et touffue du tapis qui l´ornait. Je passais devant divers vitraux et tableaux, chacun représentant un événement marquant de l´histore d´Ivalice ou de la FIU. Un Vangaa tenant deux épées curieuses au-dessus de sa tête, sur fond de village brûlé. Un humain, apparemment un magicien. Un Mog dans une armure de fort belle facture. Un NuMou, sûrement un érudit. Et tant d´autres...

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Niveau 9
23 août 2004 à 19:49:21

Chapitre 4, seconde partie.

Le second étage était plus frais que les autres. La brise lègére de la nuit courait dans le couloir principal. De nombreuses recrues cherchaient leurs salles, le nez vissé sur le carton remis à l´acceuil. Quatre numéros étaient inscrit sur une plaque, elle-même fixée à côté de la porte en acajou de la chambre.

86. Voilà ma salle de repos. Il n´y avait encore personne à l´intérieur, je m´octroyais d´avance le lit du fond près de la fenêtre, et rangeais mes affaires dans le casier attenant.

- " Merde ! "

La voix me fit retourner. Une Vieira cherchait à penetrer dans la chambre. Elle avait les bras chargés d´une seconde tenue et d´un deuxième arc qui paraissait usagé. Elle tentait de se retourner dans l´encadrement de la porte, sans succés.

- " Je crois que c´est ton arc qui gêne... Attends ! "

J´avançais vers elle, et déplaçais l´arme qu´elle portait en bandoulière de façon à se qu´elle puisse entrer. Elle se retourna alors vers moi et me remercia. Puis d´un pas grâcile, elle prit le second lit proche de la fenêtre. Après avoir posée ses affaires, la jeune fille se retourna, et me tendit la main. Ses yeux étaient d´un vert de jade éclatant, et j´eus l´impression qu´elle lisait à quelques centimètres derrière les miens, directement dans le cerveau.

- " Je me nommes Firys. Enchanté de faire la connaissance de mon premier compagnon de chambrée.
- Moi de même. Moi, c´est Jay.
- Oui, je sais, j´étais derrière toi dans la file d´attente pour les inscriptions. J´ai entendu ton nom à ce moment.
- Ah, bien, bien...
- Ouais !
- Ouais !
- Humm....
- Kupo la compagnie ! "

Sully se tenait à l´entrée, lui aussi les bras chargés de nouveaux trésors de l´Université. Un livre, probablement de sorts, une crosse, et une robe de mage. Damned ! La section Soldat était-elle la moins bien fournie de la FIU ? Je me dirigeais vers mon ami quand il fut percuté par un Vangaa de grande taille. Le mog disparut sous une avalanche d´objets de magicien et de guerrier. Le nouveau venu se dépêcha de retirer Sully de sous les décombres. Le reposant par terre, il s´excusa et entreprit de ramasser l´amas de matériel à terre, puis il se dirigea vers le lit du fond qui faisait face au mien. Sully s´installa à son tour, et les quatres cohabitants de la chambre vinrent se rejoindre au centre de la pièce.

- " Heureux de faire votre kuponnaissance, a tous. Mon nom, c´est Sully. Et je vois, kupo, que la séparation fut kupukourte, Jay. "

Je repondis à Sully d´un simple sourire. Je n´avais pas envisagé que les administrateurs de l´Académie placeraient les nouvelles recrues dans l´ordre de passage pour l´acceptation d´entrée.

- " Vous vous connaisssez ?
- Sully et moi, nous nous sommes croisés sur la route. Au niveau de la Dent.
- Oh !
- Kukupo ! tu m´as sauvé la vie, tu veux dire ! Ce kupo vangaa s´apprétait à me dépouiller, et je suis sûr, kupo, qu´il m´aurait abandonné aux animaux kupo !
- Pardon ?
- Il veut dire " aux animaux sauvages"...
- Ah ! -le language Mog resterait encore un mystère pour moi-
- Et bien, puisque l´heure est au présentation, je m´appelles Firys. Je viens de la ville de Muscadet.
- Moi, c´est Fafnir, mais tout le monde chez moi m´appelle Faf´.
- Quand à moi, c´est Jay. Je débarque des terres du Sélénos, un peu plus au Nord de Koringwood. "

Nous nous racontâmes les raisons qui nous poussèrent à nous inscrire. J´évitais soigneusement le sujet concernant ma famille, et mentit en déclarant que mon père m´avait poussé à essayer l´Université, lui-même venant d´ici. Mais je sentais que Firys ne l´entendait pas ainsi. Sa curieuse façon de vous fixer de ses yeux avait je ne sais quoi d´étrange. Peut-être était-ce moi qui me faisait des idées. Après tout, c´était la première fois que je voyais une Vieira d´aussi près.
Les récits faits par Firys et Fafnir -Faf´, comme on prit l´habitude de l´appeller- nous firent oublier le temps qui passait. La Vieira avait à peine finit son histoire que l´horloge murale sonnait les huit heures. Deux déflagrations se firent entendre à l´extérieur. Je me retournais, près à faire face à un éventuel danger.

- " Ce n´est rien, kupo. Juste des fusées d´artifice.
- Hum ? d´accord... "

Je regagnais ma place. Faf´ avait tourné la tête vers la fenêtre pour observer les lueurs éclatantes par l´ouverture, Firys n´avait pas bougée. Son calme était incroyable, elle semblait voir la vie évoluée au ralenti.

Un grognement sourd venant de mon estomac me fit penser que je n´avais que très peu mangé aujourd´hui.

- " Qui viens avec moi voir ce que vaut cette fête ? "

Sans demander notre reste, nous descendîmes tous dans la cour. Le hall était bondé de monde et atteindre la sortie me mit déjà en nage. Par contre, tout le monde s´écartait devant l´imposante masse de Faf´. La prochaine fois, faudra penser à le faire passer devant moi.
Dehors, le tumulte était incroyable. Les mages faisaient usage de leurs sorts, soit pour lancer de nouvelles fusées, soit pour illuminer un spectacle, soit pour allumer leur pipes qu´ils fumaient en toute tranquilité dans un recoin frais de l´esplanade. Faf´ leva le museau, et huma l´air de la cour. Puis il me tapa sur l´épaule, et m´indiqua une direction. Celle vers laquelle la foule était la plus compacte.

- " Là, buffet, nourriture. "

Trois mots pour le Vangaa, mais qui exprimait tout à fait son état, et le mien. Il ne serait pas dit qu´une petite centaine de personnes empêcherait Faf´ de manger. Je le laissais alors marcher en tête, fendant la foule. Sully marchait entre nous. Pour le Mog, être abandonné au milieu de tous ces convives équivaudrait à mourir piétiné. Seule Fyris marchait à l´écart. La foule ne semblait pas être un obstacle insurmontable pour elle. Elle se déplaçait avec grâce, comme toutes les représentantes de son espèce. Nous arrivâmes enfin au stand.

Les plats étaient nombreux, et copieux. Toutes les spécialités culinaires étaient présentes, que cela vienent du Nord, du Sud, de l´Est ou de l´Ouest.
Faf´ commanda pour deux et pris un plateau dans chaque main. Je m´apprêtais à le suivre, mais Sully me fit comprendre que je ferais mieux de commander quelque chose moi-même. Quand mon tour arriva, je choisis un bol de nouilles orientales, escorté de trois brochettes de volaille. Je traversais alors les rangées de bancs, tentant de discerner Faf´ au milieu de la cohue. Ce qui fut relativement aisé. Avec ses deux mètres de haut, Faf´ était aussi difficile à manquer qu´un élémentaire de feu au beau milieu d´une tempête de neige. Sully sur les talons, nous le rejoignîmes sans attendre, bientôt rejoints par Firys.

Les plats semblaient succulents, et la tentation de goûter à ceux des autres était forte. Quoique Fyris n´avait pris qu´une salade...

- " Tu vas tenir le coup, rien qu´avec ça ?
- Oui, j´ai l´habitude de manger peu.
- Dommage, tu devrais esssayer le ragout de Ssshoopuf. Délicieux. "

Faf´ disparaissait derrière une montagne de victuaille. Ce qui était grandement impressionnant ! Non pas que Fafnir ait pris autant de nourriture, mais les plats qui composaient son menu arrivaient presque à nous le cacher !
Sully sortit alors une bouteille de sous son gilet. Apparemment, il était fier de son action. Une bouteille de vin rien que pour nous, alors que les autres devaient payer pour obtenir une pinte ! Ce n´était pas certes très honnête, mais le vin était bon, et nous mit de bonne humeur.

Une nouvelle salve de fusées éclata au-dessus de nous. Levant tous les quatre la tête vers le ciel, nous vîrent les échardes de lumière former de curieux motifs. Une tête de NuMou, puis une autre de Vieira. Un mélange d´alchimiste confirmé.

Réunis tous les quatre, heureux, sous un ciel étoilé, nous portâmes un toast à nos existences.

Je n´oubliais pas mon village, mais je me sentais chez moi.

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Niveau 9
23 août 2004 à 19:51:44

Chapitre 5.

. . .DONG, DONG, DONG...

J´ouvris difficilement les yeux. L´espace d´un instant, j´eus du mal à me souvenir où je me trouvais. Le soleil inondait déjà la chambre, la lumière pénétrant par l´ouverture béante de la fenêtre. Elle tombait en cascade sur Fafnir. Il remua, et n´allait sans doute pas tarder à se lever à son tour.
Une porte s´ouvrit lentement, entre deux casiers. Sully en sortit, recouvert d´un peignoir blanc. La vapeur s´évadait de la pièce par laquelle il apparut.

- " Kupo ! Ca va ? Tu fais une drôle de tête, tu kupo...
- Ouais, ouais, je sais, c´est le vin d´hier je pense !
- Va te kupo une bonne douche, ça ira mieux kupaprès ! "

Je me leva, et entra dans la nouvelle pièce. La salle de bain était carrelée de marbre blanc piqueté de tâches noires. Le chandelier disposé au plafond faisait jouer d´étranges reflets sur les murs.
Il y avait quatre cabines. Comme quatre lits, quatre casiers, quatre occupants. Une disposition somme toute logique. Sully avait déjà utilisé la cabine qui se trouvait à gauche en entrant. Je pris la première à droite, ayant la flemme de faire trois pas pour m´installer au fond. J´ôtais ma tunique et fis couler l´eau. La chaleur et le bien-être envahirent mon corps raidi par la fatigue. J´ignorais où se trouvait la source d´eau chaude la plus proche mais les ingénieurs Mogs avaient réussis à l´amener jusqu´ici. Fermant les yeux et plongeant la tête sous le jet d´eau, je m´imaginais sans peine les réseaux de galeries qui devaient s´étendre sous la terre, jusqu´à... jusqu´à... allez savoir, l´Orglas ? Une entreprise titanesque. Et les mages qui s´occupaient de chauffer l´eau. Quelle quantité de magie était utilisée pour alimenter en eau chaude cette Université ?

- " Ssssalut !
- Mmblgblm, kof, kof, ark... euh, salut Faf´... "

Un instant, la silhouette de Fafnir éclipsa la lumière distribuée par le chandelier. Il s´installa dans la seconde cabine de gauche et se désaltera. Lui aussi devait avoir mal au crâne. Après tout, c´était normal vu le jeu auquel nous avais convié Sully. Une fois la bouteille de vin finie, nous nous étions alors payés chacun une pinte. Le but du jeu consistait alors à la finir le premier. Celui qui finissait en dernier devait alors payer une tournée aux autres et le jeu recommençait à nouveau. Sans s´en rendre compte, nous avions réquisitionnés un tonneau à nous quatre. Ou alors, Faf´ avait fait preuve de diplomatie pour expliquer aux autres qu´il s´agissait d´une fête privée. M´en souvenais plus, mais la bière était fraîche.

- " ´Jour... "

Firys venait de se lever, elle aussi avec une figure de déterrée. Je commencais à croire que Sully avait tout manigancé pour boire autant qu´il le voulait à nos frais... J´arrêtais le jet d´eau, et me séchais rapidement avec la serviette disponible, et remis ma tunique. Le service d´étage était déjà passé et de nouveaux vétements pendaient sur les crochets près de la porte d´entrée. Je me changeais rapidement, et rejoignit Sully. Il lisait avec grande attention une page de son livre. Je jetais un regard au-dessus de son épaule, tâchant de savoir ce qui l´intéressait à ce point. Peine perdue, la page était griffonnée dans une écriture étrange. On aurait dit à peu près tout et n´importe quoi. Si ces gribouillis reflétaient la puissance magique d´un quelconque sortilège, alors je devais être un redoutable mage quand j´essayais de dessiner une fleur à trois mois. Je n´osais pas le déconcentrer et m´éloignais de lui. Le carton qui me fut remis à l´accueil attendait sur la table basse. Un rapide coup d´oeil m´apprit que mon premier cours avait lieu dans une heure, en salle 107, la mention " cours théorique" écrite à proximité. La barbe ! Rien de pire que quitter son lit pour rejoindre un cours qui risquait de vous endormir si vous y prêtiez attention. J´avais hâte de participer aux cours pratiques. Rien ne la remplace.

Firys sortit des douches, suivie de peu par Faf´. Fafnir prit sa tunique et ajusta son armure de cuir. Nous détournâmes le regard tous les trois, afin que Firys puisse se changer. Les nuages s´effilochaient en altitude, poussés par un vent venu du Nord. J´en profitais pour jeter un bref coup d´oeil vers le bas, la cour était en train de reprendre vie subtilement.

- " Dépêches-toi, Firysss, j´ai faim !
- Deux secondes, je finis juste d´ajuster ma chemise !
- Tu veux qu´on t´aide ?
- Très drôle... "

J´ignorais pourquoi j´avais lancé cette remarque. Une idiotie vite dite, vite oubliée. La première d´une longue série que j´étais sûr de réaliser.
L´estomac de Faf´ gronda, tel la sentence d´un ultimatum. Il me jeta un regard que j´interprêta comme " si elle n´est pas prête dans les dix secondes qui suivent, j´y vais". Je tentais de modérer ses ardeurs.

- " Ca y est ! On peut y aller !
- Enfin !
- J´ai une faim de kupo.
- Qué ? !
- De loup. Il veut dire une faim de loup !
- Ah...
- Tu ne kupo rien au langage de mon peuple ?
- Pas grand chose en effet... "

Sully tenta de m´enseigner les rudiments de sa langue. Il était clair que j´aurais besoin au plus vite d´un remède contre la migraine. Nous descendîmes au rez-de-chaussée, et gagnâmes l´aile opposée aux dortoirs. Le flair de Fafnir nous fit arriver en vitesse à la cantine.
Qui était à demi pleine. Je vérifiais à nouveau l´heure, grâce à la pendule proche. Non, les cours ne commençaient que dans cinquante-cinq minutes. Alors pourquoi y avait-il si peu de monde ici ?

- " C´est aussi un test ! Les examinateurs n´indiquent pas où se trouve la cantine, aux nouveaux de se débrouiller pour la trouver.
- Mais pourquoi ?
- Cela leur permet de voir qui s´en tirera le mieux pour subsister pendant un trop long combat. Et cela leur permet de mater les rebelles. Quand on doit faire des exercices sur plusieurs kilomètres le ventre vide, n´importe quel dur devient alors aussi doux qu´un agneau...
- Mais comment sais-tu tout ça ?
- Ma soeur à passer trois ans ici.
- Alors, vous vous inssstallez ? "

Fafnir et Sully ne nous avaient pas attendu. Tous deux engloutissaient leurs petits-déjeuners. Tout du moins Faf´. Il était incroyable de voir la quantité de nourriture qu´un Vangaa pouvait avaler. Nous les rejoignirent après nous être servis au self. Firys ne prit qu´une tasse de café et un petit pain. L´exact contraire de Faf´...
Sully, penché au-dessus de sa tasse avait encore les yeux rivés sur son bouquin. Au bout d´un petit moment, il referma le grimoire, et ferma les yeux. Firys, sirotant toujours son café, leva un sourcil interrogateur dans sa direction. Je ne compris pas tout de suite ce qu´il faisait, jusqu´au moment où la carafe d´eau qui trônait au milieu de la table se mit à miroiter d´une lueur bleue pâle. Sous mes yeux, je la vis qui commençait à geler. Ce qu´elle fit en moins de dix secondes. J´étais étonné. Sully avait maîtrisé un nouveau sort en quelques minutes. C´était à se demander quel potentiel magique ce petit être était prêt à déclencher en plein combat.
Il se rejeta en arrière, et ouvrit les yeux. Voyant l´état dans lequel se trouvait le récipient, Sully fut heureux de lui. Son prochain cours, nous dit-il, s´annonçait bien plus facile qu´il ne l´aurait cru lui-même.
Firys se leva alors, repoussant sa tasse de la main.

- " Bon, j´y vais ! Mon cours va bientôt commencer, et je dois rejoindre mon groupe dans la cour !
- Ah ? Exercccices physiques ?
- Non, je crois que notre premier cours est...sur le déplacement en terrain difficile. On s´entraîne dans la forêt !
- Arh, la chance ! Je suis cantonné aux cours théoriques. "

Le métier des armes m´apparaissait alors de moins en moins bien loti.
La Vieira nous gratifia d´un clin d´oeil et sortit de la salle. Elle nous souhaita la bonne journée avant de disparaître au tournant de l´embrasure de la porte.

Fafnir et Sully la suivirent peu de temps après. Tous deux paraissaient heureux de commencer enfin les cours. Seul à la table, je finissais mon plat, sans toucher au café. De toute façon, il avait gelé dans la tasse en même temps que la carafe.

. . .DONG...

L´horloge me rappela que le cours allait commencer. Retournant dans le hall, je grimpais quatre à quatre les marches qui m´emmenaient au premier étage. La salle 107 fut facile à trouver. L´amphithéâtre de la salle était plein à craquer. Au moins cent, cent cinquante personnes attendaient de commencer les leçons. Je me trouvais une place près des fenêtres. Peu de temps après, le professeur entra dans la pièce à son tour et referma la porte.

- " Chers élèves, laissez-moi tout d´abord vous souhaiter la bienvenue dans la célèbre Université Académique d´Ivalice, ou comme elle fut nommée à l´époque par les sages et les érudits, la Final Ivalice University. Bien, maintenant que c´est fait, veuillez soulever le plateau du bureau devant vous et prendre une feuille et une plume. Notre premier cours reflétera l´importance stratégique du bon placement d´un combattant face à l´ennemi. Comme vous le montre le diagramme qui se trouve sur le tableau de gauche, vous remarquerez que... "

La plume dans la main, je n´écoutais que brièvement les paroles du prof. Tournant la tête vers la fenêtre, je fis perdre mon regard dans le lointain, par delà les murailles et les champs environnants.
Au moins mes camarades s´amusaient.

Enfin, j´espérais...

erkaior
erkaior
Niveau 5
23 août 2004 à 19:58:19

dsl mais sa me fait trop peur de lire sa, je di po ke c po bien,je juge po,mai sa me decoourage,tu devrai metre chap par chap doucement :)

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 19:59:03

Chapitre 6.

- " . . .et n´oubliez pas d´étudier les conséquences pratiques d´une attaque portée simultanément par plusieurs membres de votre équipe sur un ennemi. Bonne journée ! "

Enfin ! Le cours était terminé. Comme la plupart des élèves présent, j´emportais avec moi une feuille sur laquelle s´étalait trois phrases comme " attaquer l´ennemi par derrière vous garantit une réussite totale de votre attaque", " utilisez les éléments du décor à votre avantage" ou " si vous êtes accompagné d´un archer, évitez de trainer dans sa ligne de tir". Bref. Beaucoup de bla-bla pour des méthodes de combat que n´importe qui aurait appris par lui-même dans une bataille. Je pliais la feuille en quatre et la rangeais dans la poche intérieure de mon pourpoint. J´en extirpais également le carton qui me servait d´emploi du temps.
Ah ! Quelque chose de mieux ! " Techniques de combat de niveau 1 " , salle 49. Voilà qui allait me réveiller. Le cours ne commençait que dans quarante minutes, je fis alors un détour par la cantine. C´était avec plaisir que j´y retrouvais Fafnir. Lui aussi venait de terminer son cours. Je vis à son air ravi que lui aussi avait dû assimiler une technique.

- " Ouaip´ ! Cçça sss´appelle " Emousssé " ...ççça reduit la forcce et l´impact des attaques adverssses.
- Super ! En combien de temps l´as-tu apprise, cette technique ?
- Pas longtemps. Une fois que tu sssais comment t´y prendre, l´assssimilation de la technique est un jeu d´enfant.
- Tu saurais me l´apprendre ?
- Non, je ne penssse pas. Tu ne posssedes pas la bonne arme. Et tu dois la manier pendant un moment pour réussssir à t´en sssouvenir. "

C´était vrai. Ce n´est pas pour rien que mon père m´avait entrainé durant trois jours pour que j´apprenes à retenir " 1er soin". Il m´avait dit que lors de l´apprentissage, l´âme de l´utilisateur -ou un truc approchant- était reliée par un lien mystique à l´arme. Plus le temps passé avec cette arme était long, plus l´assimilation était rapide. Et cela fonctionnait de même quelques soient les armes, les métiers et les personnes. Seuls quelques uns y parvenaient plus vite que d´autres.

- " Ben, tu me prêteras ton épée ! Allons dans la cour d´exercice, j´en profiterais pour l´apprendre ! De ton côté, tu pourras alors apprendre la technique " Analyse" !
- Sssoit, allons nous entraîner ! "

Il finit son verre et se leva, me rejoignant sans attendre pour sortir sous le soleil.
A l´extérieur, la cour n´avait plus du tout le même visage qu´hier. Là où se bousculaient des fétards, des jongleurs et des musiciens, il ne restait que des estrades dont on se servait aujourd´hui pour expliquer aux recrues comment faire passer sa lame dans la défense d´un adversaire. Les cris de joie avaient faits place aux ordres criés par les maitres d´armes et les incantations de combat emplissaient l´atmosphère. Faf´ et moi, nous nous dirigeâmes vers une partie de la cour qui n´était pas spécialement utilisée. C´était la zone d´entraînement sur mannequin. N´importe qui pouvait y entrer et s´entraîner. Seul un NuMou surveillait l´endroit. Si l´envie vous prenait de servir de mannequin et de vous battre contre un adversaire réel, il suffisait d´en faire part à l´examinateur.

Faf´ se mit un peu à l´écart et m´observait. Je me postais devant un mannequin d´entraînement et dégainais l´arme de mon compagnon. Elle était plus lourde que la mienne, ce qui jouait un peu sur ma rapidité à la contrôler. Je fermais les yeux, tentant de sentir le lien psychique s´établir. En rouvrant les yeux, j´eus la surprise de voir le mannequin se teinter de couleur étrange. Du vert, du jaune et du rouge. Respectivement, les zones qui vous indiquaient comment mettre à mal votre adversaire. Le rouge désignait sans nul doute les parties sensibles du corps humain, comme la gorge, la zone du coeur, ou la jointure des bras.

- " Penssse à un ennemi puissssament cuirasssé. "

Perdu dans mes pensées, la voix de Faf´ me paraissait lointaine, mais je réussis à l´entendre. Immédiatemment, réagissant aux influx chimiques qui traversaient mon cerveau, les couleurs chatoièrent et se placèrent différemment. J´avais à présent devant moi un mannequin dont l´armure semblait la plus lourde possible. Ce n´était qu´une illusion, mais elle faisait son effet. La zone du coeur, peu de temps avant rouge sang vira intégralement au vert pâle, indiquant qu´aucunes blessures ne seraient envisageable à cet endroit. Par contre, le cou et la gorge brillaient d´une lumière vermeille intense, et la section où le bras rejoignait le corps était dans la même situation.

- " C´est dingue ! Ca te permet de connaitre immédiatement les points faibles de tes adversaires aussi ?
- Oui, l´un ne ssse fait pas ssssans l´autre. " Emousssé" réduit les dégats de l´attaque ennemie, à condition de savoir où frapper ! "

Je rendis l´arme à mon ami, et lui tendit la mienne à mon tour. La grande main du Vangaa eut quelques difficultés à la saisir, mais il y arriva. Je lui expliquais alors à quoi servait " Analyse". Tout en m´écoutant, Faf´ se dirigea vers le mannequin et le fixa. Fermant à son tour les yeux, il utilisa la technique sur sa cible.

- " Cette technique n´est pas a proprement parler, utile pour nous autres, guerriers et soldats ! Mais en tant que support, elle peut grandement aidée si on rencontre un ennemi coriace, comme un flan ! Elle t´apprends à reconnaitre les faiblesses physiques, mentales et magiques de ta cible ! Ouvre les yeux quand tu te sens prêt et dis-moi ce que tu vois pour le mannequin ?
- Cçça alors ! Je vois toutes ssses faiblessssses... il est vulnérable au feu...
- Ouais, normal...
- Et, et il ssssait très bien nager !
- C´est du bois, Faf´ !
- Ah, ouais, c´est vrai... "

Une cloche se mit à tinter dans la cour, aussitôt suivie du carillon de l´Université. Fafnir revint vers moi et me rendit l´épée. Toujours avec son sourire aux lèvres, il se plaça l´index sur la tempe pour me dire qu´il venait de l´assimiler à part entière. Ce qui ne m´étonnait guère, les Vangaa étant de sacrés combattants, il paraissait normal qu´ils retiennent les techniques de combat plus rapidement que les autres. Me serrant la main -la vache, encore un peu et il me la broyait- il s´éloignait vers son prochain cours. Il disparut dans le hall d´entrée, mélé aux autres étudiants qui changeaient de salle au même moment.

Nouveau coup d´oeil sur l´horloge. Encore vingt minutes à attendre. Je décidais de m´entraîner à essayer " Analyse". Je fixais le mannequin de bois et me concentrais. J´avais les yeux braqués sur lui, comme si j´attendais à ce qu´il bouge le premier. Les informations s´inscrustèrent sur ma rétine, lentement mais sûrement. Le sort me fit un rapide état de santé du mannequin, et identifia les principales faiblesses élémentaires. Je tentais alors de me souvenir de la technique " Emoussé" de Fafnir. Les idéogrammes de l´analyse s´effacèrent et le mannequin devint légèrement coloré. Mais à part une teinte subtile de vert clair, je ne distinguait rien d´autre. J´abandonnais, conscient qu´il fallait encore m´entraîner avec l´arme du Vangaa. Après avoir soigneusement rangé mon épée, je refis le chemin inverse vers le réfectoire. Une fois arrivé, je me versais un grand verre d´eau fraîche. Cela me désaltera, et je m´assis à cette table, attendant tranquillement que s´égrainent les dernières minutes avant de retourner en cours.

- " La clé de la réusssite, ccc´est la conccentration ! Tâchez de vous représenter votre arme comme le prolongement de votre corps ! "

Nous étions tous debout, le professeur passait entre les élèves. Ariot, car tel était son nom, nous expliquait comment appliquer les techniques assimilées au cours d´un combat.

- " Pour le moment, je vous conssseille de fermer les yeux, cccela vous aidera ! Mais n´oubliez pas que pendant un combat, votre adversssaire profitera de votre inattention sssi vous vous amusez à faire ççça ! "

Chacun d´entre nous prit son arme en main. Contrairement à ce que le prof nous conseilla, je fixais mon regard sur le dos de la personne devant moi. Les caractères mystiques de l´analyse mettaient un peu moins de temps à apparaître, signe que je commençais à mieux la maîtriser.
La silhouette devant moi s´entourait d´informations diverses. Humain, pas de résistances spéciales, faible face au feu, au froid. L´analyse poussa même la chose jusqu´à me préciser l´équipement que portait ce type. Une épée courte, une chemise de soie, un pantalon, rien de spécial sur lui. Je surpris un mouvement du coin de l´oeil. Papillon, insecte, faible face au froid, au vent, à la gravi... Rhaa, saleté d´insecte. Me rendant compte de cette erreur, l´analyse disparut. Le papillon se glissa vers le balcon de la salle, entre deux rideaux agités par le vent. Je suivis l´insecte du regard, et m´arrêtais sur un oiseau noir qui se tenait sur la balustrade. Un corbeau bien plus gros que la moyenne, d´un noir intense. La lumière semblait aspirée par son plumage. Il s´envola, perdant quelques plumes au passage.

Le reste du cours se passa sans problèmes majeurs. Je finis l´assimilation sans peine, comme de nombreux élèves se jour-ci. Je redescendis encore une fois vers le hall, traversant l´endroit pour trouver la salle de mon dernier cours de la journée. C´est là que je vis Firys qui revenait de son entraînement en forêt. Elle marchait encore à l´écart de son groupe, comme elle le faisait avec nous. Je vis également qu´elle était la seule à être parfaitement propre, les autres membres ayant leurs tuniques tachées par la boue, la terre et l´herbe.
Firys croisa mon regard et me fit un signe de la main. L´examinateur de son groupe finit le cours sur une appréciation générale de la classe, puis tout le monde se sépara, probablement trop heureux d´aller se reposer.
La Vieira vint à mes côtés et me dit qu´elle passerait le reste de l´après-midi dans la chambre à attendre notre retour. Elle regagna le hall, je vis que beaucoup de personnes présentes tournaient la tête vers elle. Son allure, sa présence, à moins que ce ne soit son corps, captivait tous les regards, même le mien.

Le soleil rougeoyait sur les nuages bas, quand je sortais du cours d´alchimie pour première année. Pas un mauvais cours, mais les essences des produits utilisés pour la créations de potions et d´éthers avaient relancées la migraine qui s´était assoupie ce matin. Sortant le premier de la salle, j´utilisais " 1er soin" pour faire disparaitre mon mal de tête. Les ondes bénéfiques du sort se propageaient en moi. Je décidais de regagner la chambre, à l´étage au-dessus. En entrant, je vis que tous les autres étaient déjà arrivés. Firys était accoudée à la fenêtre.

- " Ca y est ? Tu as finis tes cours ?
- Ouais, enfin ! Vivement demain que ça bouge un peu plus !
- Je kupo que n´aurons pas à attendre aussi longtemps ! "

Fafnir s´approcha de moi et me tendit une feuille de papier. Elle portait le sceau de l´Académie, c´était un document officiel.

VEUILLEZ ATTENDRE DANS LE REFECTOIRE A DIX HEURES PRECISES.
D´AUTRES CONSIGNES VOUS SERONT COMMUNIQUEES.

LES HAUTES INSTANCES DE L´UNIVERSITE
KZ. DT. VA.

Je pris une douche rapide, et passais une autre tenue. Nous descendîmes ensemble au réfectoire. J´ignores si la demande de la FIU y était pour quelque chose, mais nous mangeâmes sans appétit. Même Faf´ ne prit qu´un plateau à moitié plein. Sully resta pensif au-dessus de son assiette, Firys mangeait distraitement son plat, jetant plusieurs coup d´oeil autour de nous.

Tournant la tête, j´observais les aiguilles de l´horloge murale.

Il était l´heure...

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 20:02:33

eRkAiOr :

Je poste juste les chapitres... pas la peine de se presser a tous les lire d´emblée, faut prendre son temps c´est tout...

Enjoy :-)

SGT23
SGT23
Niveau 9
23 août 2004 à 20:06:56

Chapitre 7.

L´horloge sonnait dix heures.

L´ambiance devenait plus étouffante, à mesure que nous attendions. Hormis nous quatre, la salle était vide. Des Mogs et des Vieiras finissaient leur service, rangeant tables, chaises et vaisselles. Puis elles nous laissèrent seuls dans le réfectoire.

Deux personnes s´approchèrent alors. Une Vieira, vétue de voiles gris foncés avec une écharpe qui lui couvrait la bouche. Ses yeux bleus glissaient sur nous, scrutant chacun de nous en détails. Mais ils étaient bien moins fureteurs que ceux de Firys, sur ce coup-là, impossible de la battre. L´homme qui l´accompagnait fit le tour de la table et restait dans l´ombre. Une attitude discrète, une large cape, des vêtements sombres, tous les signes distinctifs d´un voleur.

- " Bien, vous êtes venus ! Vous n´êtes donc pas aussi pleutres que la plupart des nouveaux !
- Qui êtes-vous, kupo ?
- Plus tard, les présentations !
- Non, Shade, attends ! Nos amis ont droits à une explication. Je m´appelles Iris, et voici Shade...
- Ouais !
- Nous sommes tous deux des élèves de deuxième année. Si vous êtes là, c´est parce que nous avons besoin d´un coup de main.
- Quelle type d´aide attendez-vous d´élèves de première année ? "

Firys n´avait pas qu´un corps superbe, ou des yeux magnifiques. Elle savait trouver les questions intéressantes.

- " Les questions, c´est nous qui...
- Relax, Shade, laisses-moi faire ! Comme vous le savez sans doutes, l´Université forme des combattants de tous types, mais gère également les problèmes territoriaux d´Ivalice, et même ceux des pays voisins.
- Iris, on va prendre deux plombes à expliquer ça à des bleus ! La mission risque de nous passer sous le nez !
- Shade, la ferme ! Donc...oui, alors, l´Université offre l´opportunité aux habitants des terres d´Ivalice des poser des requêtes afin de résoudre divers problèmes.
- Ils possstent des annonccces pour qu´on les aide ? Où çççà ?
- A la taverne ! Les dirigeants de l´Académie forment alors des groupes composés d´élèves de différents niveaux pour les résoudre, ces problèmes...
- Exactement Shade. C´est pourquoi nous avons obtenus l´autorisation de vous engager à nos côtés pour une mission facile. Cela permettra de vous améliorer et gonflera vos états de service. Vous êtes avec nous, ou pas ? "

Nous nous regardâmes. Nous étions tous d´accord pour participer à la mission. Iris sortit une feuille de sa sacoche, ainsi qu´un crayon. Elle plaça la feuille entre nous, afin que nous puissions signer l´accord de mission. Shade la récupera et la rangea sous sa tunique.

- " Bon, puisque c´est réglé, on pourrait peut-être se dépêcher ?
- Oh kupo, quel est le but de cette mission ?
- Les fermiers environnants ont avertis l´Université que des bandes de Gobs pillent régulièrement les réserves de nourriture. Nous allons enquêter, et éventuellement résoudre l´affaire.
- On va ssse battre contre des voleurs de poules ?
- Ca te gène, le Vangaa ? "

Iris fit signe à son compagnon de se taire. Il était vrai que la perspective d´un combat tomba un peu à plat. Nous autres, courant derrière des Gobelins chapardant des volailles...

- " L´Université se doit de protéger les fermiers. Ce sont eux qui nous permettent de subsister, une grande partie de leur récolte nous est attribuée. Répondre à leur requête est plus que nécessaire, c´est vital pour la communauté.
- . . .Je n´avais pas pensssé à ça !
- Un Vangaa qui pense ? Tiens donc, c´est la meilleure ! "

La réflexion de Shade fit mouche, aussi bien pour Faf´ que pour nous, et même pour sa compagne, Iris. Le Vangaa se sentait prêt à régler le problème immédiatement en mettant les points sur les " i", et accessoirement, son poing sur la figure du voleur. Mais il se calma rapidement. Nous traversâmes la cour, elle était déserte. Une lune jaune, celle des NuMou, glissait dans le firmament étoilé, éclairant notre chemin. Nous prenions la direction des champs.

Les nuages s´étaient rassemblés depuis quelques minutes, cachant la lune et faisant baisser la visibilité. Voilà deux heures que nous étions cachés dans les hautes herbes, à proximité d´une ferme.

- " Vous êtes sssûrs qu´ils vont venir ?
- Oui, ne vous en faites pas !
- Si ça se trouve, ils se sont enfuis depuis longtemps ! A force de perdre du temps à tout vous expliquer...
- Là, un mouvement ! "

De la lisière des bois proches, une forme sortit. Un Gobelin, deux, trois, cinq, sept, dix, douze... Ce n´était certainement pas " des voleurs de poules". Ils étaient bien trop méticuleux dans leurs mouvements. C´était une bande organisée.

- " Firys, toi qui a un arc, trouves toi une bonne position de tir. Nous lancerons l´assaut aux premières fléches que tu lanceras. "

Firys ondula tel un serpent dans les herbes, s´éloignant de nous. Iris fit un signe de la tête à son ami, qui partit de son côté. Faf´ et moi étions devant, couverts par la magie de Sully et de l´élémentaliste Vieira.

Un Gob fit le tour du bâtiment central de la ferme, s´éloignant des siens. Il fut cloué au mur par une flèche de Firys. L´assaut commençait. Un second Gobelin fut éliminé par notre amie Vieira, mais il eut le temps de glapir, avertissant ses congénères. L´effet de surprise était total mais ils se ressaisirent vite. Ils remontaient déjà vers l´endroit où Faf´ et moi étions cachés.
Un nouveau cri, une nouvelle victime. Firys était, cette nuit, l´incarnation de la mort. Elle fauchait les Gobs avec une telle vivacité et facilité. Faf´ bondit alors sur ses pieds, et se rua sur la première ligne de Gobelins. Je le suivis. Les Gobelins avaient beau être supérieurs en nombre, Fafnir s´en sortait très bien. La rapidité avec laquelle il maniait son arme vous faisait jurer qu´il en utilisait plusieurs au même moment. La tempête de lames du Vangaa s´abattit sur les deux premiers Gobs, qui tombèrent dans les herbes.

Rejoignant Fafnir au milieu des ennemis, nous nous mîrent dos à dos. Les Gobs attendaient le moment opportun pour tenter de nous toucher. L´un d´eux s´effondra encore, une flèche plantée dans le cou. Cela les motiva assez pour se rapprocher un peu plus et combattre.
Je parais l´attaque portée par mon adversaire de gauche, l´épée en biais, faisant glisser sa lame vers le Gobelin à ma droite, afin qu´ils se gênent mutuellement. Emporté par son élan, le Gob planta son épée dans le sol, m´exposant son dos. J´en profitais alors pour le décapiter. Me retournant vers celui de droite, une nouvelle flèche l´atteint dans l´oeil droit. Son regard indiquait sa surprise totale. Il s´effondra lui aussi, sur le corps du précédent. Faf´ avait déjà finit les siens.

Un cri strident nous fit tourner la tête. Sully, accompagné par Iris, avaient transformés leurs victimes en torches humaines. Les Gobs tentèrent de s´éloigner, hurlant dans la pénombre. Peine perdue, ils finirent par tomber à terre, rongés par les flammes.
Shade sortit des ténèbres à son tour, il essuyait la lame de son poignard sur le bas de sa cape sombre.

- " Ca y est, il n´en reste plus un seul ! PLutôt simple comme mission, n´est-ce pas les bleus ?
- Ouais... "

Après l´excitation du combat, c´est tout ce que je trouvais à dire. Mes mains étaient prises de tremblements. Bizarre, je n´avais jamais ressenti ça auparavant. Le voleur me fit la remarque.

- " C´est parce que tu as aimé ça ! Tu verras, tu vas vite y prendre goût, à l´odeur du sang...
- Shade, fermes là ! C´était votre premier vrai combat ?
- Kupoui !
- Cçça sse pourrait...
- Non.
- Moi non plus, si on compte les bêtes sauvages... "

Nous en restions là. Iris et son compagnon, Shade, nous emmenèrent à Cyril, la ville proche de l´Université. La taverne était éclairée par de nombreux flambeaux, et les rires et les cris des consommateurs s´entendaient à dix mètres. Iris nous fit attendre dehors. Elle en ressortit seule, une lettre dans une main, un sac dans l´autre.

- " Tenez, ceci est la déclaration de finition de la mission de ce soir. Vous serez gentils de la donner à l´accueil à votre arrivée. Cela vous permettra d´obtenir le droit de rater les premières heures de cours. Surtout n´oubliez pas de la donner, ok ? Ceci -elle nous tendit le sac, un tintement métallique se fit entendre- ceci est votre part de la récompense. On nous en avait promis 1000 Gils une fois la mission terminée. Shade et moi en avons gardés 400. A vous de vous partagez le reste. 150 Gils chacun pour une mission aussi simple, c´est une bonne affaire, croyez-moi. Maintenant, vous m´excuserez mais on fête ça avec des amis. Bonne nuit à vous et ne vous éloignez pas trop du chemin pour revenir à l´Université. "

Sortant de la ville, la lune refit son apparition, sur l´horizon. La lumière rasante faisait ressembler les champs ondoyants à une mer agitée, coupée par la ligne claire de la route. Le voyage nous prit moins d´une demi-heure pour revenir à l´Académie. Je remis la lettre que m´avait donné Iris à l´accueil. Le NuMou de garde me demanda alors de quel groupe de combat je faisais partie. Ne sachant trop quoi répondre, je lui donnais nos noms et le numéro de la chambre à laquelle nous étions placés, ainsi que les noms des deux élèves de seconde année, Shade et Iris. Je lui dit également que la mission fut un succés complet, ce qui n´éveilla en lui aucunes émotions ou félicitations. Il classa la lettre afin qu´elle soit envoyée le plus vite possible.

Je montais à l´étage, trop content de retrouver mon lit. Mes compagnons ne m´avaient pas attendus, je les comprenais. J´entrais lentement, mes amis dormaient déjà. La porte grinça un instant.

- " Mmh, moins de bruit !
- Désolé ! "

Après avoir refermé la porte, j´avançais à tâtons dans la chambre, cherchant à rejoindre mon lit. C´est alors que je m´effondrais à plat ventre sur le carrelage de la chambre.

- " Kupo ? Qu´est-ce qui se kupasse ?
- Rhaa, merde, je me suis pris les pieds dans ta crosse, Sully !
- Mmh, taisez-vous tous les deux, j´aimerais dormir !
- Je suis kupo, Jay, vraiment kupo...
- Euh, d´accord...
- Il vient de dire " désolé", et maintenant, vous la fermez !
- Ok, encore pardon, Firys.
- Mmh... "

J´atteignis enfin le lit, la traversée m´apparut après coup comme un véritable parcours du combattant. Je me changeais rapidement et m´allongeais sans attendre sur le matelas frais. Les rideaux au-dessus de moi s´agitaient dans la brise tiède de cette nuit mouvementée.
Mais nous étions soudés, quel que soit le combat auquel nous étions opposés.

- " Bonne nuit !
- Kupo !
- Mmmh...
- Ccc´est fini ? Vos gueules ! "

Nous étions soudés.

Sauf lorsqu´il fallait dormir.

SGT23
SGT23
Niveau 9
27 septembre 2004 à 02:58:11

un chtit :up: pour la forme
( la vache y´a longtemps que je suis pas passé)

Masterbow
Masterbow
Niveau 10
27 septembre 2004 à 13:40:35

J´ai essayé de lire...Mais j´ai vite été perdu.

Désolé. :|

Sinon, pour ce que j´ai lu, c´est très bien écrit. :hap:

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