Suite
L’odeur du pain grillé me réveilla doucereusement. J’ouvre les yeux, regarde autour de moi. Snake est prostré devant la table à manger, et déguste un petit déjeuner copieux. Wolf, lui, flâne sur le balcon et se fume un joint. Je me lève, et exclame un timide « bonjour », avant de prendre la direction de la salle de bain. Je pénètre dans la douche toujours aussi fatigué, et allume l’eau. Je ne peux m’empêcher de lâcher un cri strident. L’eau est glaciale, j’ai oublié de tourner le bouton du « chaud ». Une fois à bonne température, je languis dans la petite cabine, puis sort tranquillement. Serviette en main, je m’essuie et entend Snake au téléphone. Je ne peux pas distinguer clairement la conversation, mais la voix fébrile de mon second m’inquiète. J’enfile mon pantalon, ajuste une chemise, puis sort de la salle d‘eau. Snake, la tête dans les mains, regarde la table sans dire mot:
« Qui a t’il, Snake? Tout va bien? »
Pour toute réponse, les mains de Snake se lèvent au ciel. Après un court silence, il me regarde, et me dit:
« C’est Luigi… il nous a pris en filature hier, et s’apprête à faire irruption chez toi.
_ Mais qu’est ce que tu racontes! Les hommes de Luigi savent ou je crèche?
_ Je suis désolé, Bear… »
Je le regarde, dégoûté de son imprudence de la veille, et hurle:
« Wolf! Rentres, dépêche toi. »
Sous le charme de l’herbe, il met un certain temps à comprendre, puis pénètre dans le salon d’un pas léger. Dans un plongeon pittoresque, je m’affale sur le lit, et attrape mon gun sous l’oreiller. Discrètement, je jette un coup d’œil dans la rue, en bas de chez moi. Une limousine noire y est garée, flamboyante.
« Ils arrivent. Tenez vous prêts. Sortez vos armes et postez vous à mes côtés. La meilleur défense, c’est l’attaque! »
Dans un même geste, mes seconds dégainent un pistolet de leurs vestes, puis une fois à mes côtés, ouvrent la porte de mon appartement. Un garde du corps énorme en costard cravate est sur mon paillasson. Sans aucun scrupule, je lui loge une balle dans la tête, et poursuit mon chemin.
« Il faut qu’on atteigne le parking. Il y a sûrement des hommes, en bas, mais si on arrive jusqu’à la voiture, on pourra s’en sortir sans trop de dégâts. »
La cage de l’ascenseur s’ouvre, on rentre dans l’étroite cabine. Mon doigt, automatiquement, appuie sur le bouton « -1 ». Dans un grincement, l’appareil descend en enfer. Stressé… voilà ce qui définit Wolf et Snake. Ils tremblent, transpirent et ne cessent de vérifier que leurs armes soient chargés. Les portes s’ouvrent, les balles fusent. Derrière une vieille Peugeot, deux hommes nous attendaient. Armés de mitraillette, ils tirent en tous sens. Je plonge sur ma droite, me mettant à l’abri des balles à l’arrière d’une camionnette. Heureux, je vois que Wolf n’a pas perdu de ses vielles habitudes. Encore devant l’ascenseur, il tire sur nos assaillants, qui se voient forcés de se cacher pour se protéger de la vague déferlante envoyé par mon second. Snake, quand à lui, s’est réfugié au fond du parking et tente de contourner les ennemis pour les prendre par surprise. Il traverse l’allée du parking, et se retrouve en face de moi. Prudemment, il continue d’avancer, et arrive juste derrière les hommes de Luigi. Trop occuper à se protéger des balles de Wolf, ils n’entendent pas que Snake s’approche de plus en plus, dirige son pistolet vers eux, et tirent deux balles distinctes. Snake se relève, range son arme, et prends les deux mitraillettes:
« Ca peut servir .
_ Bon boulot, allez, à la voiture. »
Ma BMW sport blanche métallisée nous ouvre ses portes, et on peut enfin quitter cette endroit.
« Et on va ou, maintenant? Déclare Wolf.
_ Direction chez toi, Wolf, je m’exclame d’un air amusé.
_ Chez moi? Mais c’est le bordel, et rien n’est rangé et….
_ Ne t’en fais pas, ça ira, répond Snake un sourire aux lèvres.
Le garage s’ouvre, et on sort dans l’avenue St.Park
